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Full text of "Consultations choisies de plusieurs médecins celebres de l'université de Montpellier sur des maladies aigues et chroniques. Tome second"

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CONSULTATIONS 

CHOISIES 

DE PLUSIEUKS MEDECINS CELEBRES. 
TOME SECONVi 


' I lïi I j 11 rt| üH|iitijîifjj iftipîpïïpS^ 

0 1 2 3 4 5 6 7 


Wljil 

8 




CONSULTATIONS 

CHOISIES 

PE PLUSIEURS MEDECINS C^LEBKîS 
de L’UNIVERSITÉ 

DE MONTPELLIER i I 

SUR 

DES MALADIES AI GÜES ET CHRONIQUES^ 



- r Durand, rue faint Jacques , à faint laiîJ? 
Chez> &auGrilFon, 

^ PI s s OT fils, Quai des Auguffins, à la SageCe. 

M. C C, XLTIII. 

'A[vee Jf^rohation & Prmlegs du Roi. 

88958 



T A B LE 

Pes Confultations contenues 
dans le fécond Volume. 

PREMIERE CONSULTATION; 


^'Vr me Dyfurie , page i 

Çonfultacion II, Sur une ajfeBim hypii- 
chondriayue , y 

Confulcatîon III. Sur me fièvre maligne ^ 

^5 

Coiifultation IV. Sur la maladie épidé- 
mique dAigucmortes. Fièvre maligne 
. .e^idémique ^ 25 

Çonfultacion V. Sm un rhume de foim 
trine^ ' .3 

Confultaiiou VL Swe une fièvre qu&tU 
dienne^ yy 


^^4 


Tms IL_ 






^ TABLE 

Confultation VII. Sur me AffeBîm- hyJL 
térique, 44 

Confultation VIIL Sur une Le^re , 52 
Confilium IX. Dyjuria , &c. j S. 

TraduBion de lu Confultation précédente ^ 

Confultation X. Sur une fuppuraüon h 
roreille , avec dureté douie , - 99- 

Confultation XI. des ulcérés fcrophuleux'. 

& vénériens au palais.,. 7S 

Confultation XII. Sur une affeBton hyf, 
térique & cacheBtque , 8 k 

Confultation XIII. Sur une affeéîion mé-^ 
lanchoîique é'kyjiérique y ' 94;- 

Confultation XIV. Sur un fiux'hémor¬ 
roïdal avec enflure aux chevilles , goûte 
aux- orteils , jaunijfe au vifage & aux' 
teux , diflculté dèrelpïrer , pléthore ,.i>ou]^' 
donnementd’oreille, &e,. 102. 

Confultation XV. Sur un rhumatifl. 
me , avec engourdtjjemens , imtement, 
doreille , flkxion au' nez. , rougeur ,, 
dartre vive a la face , hémorrhoides „ 

' ni,; 

Confuîtatron XVI, SUr une vérole dau-^ 
teufe, iiœ 

Confalt^ion XV I I. Sur me godé^ 



DES CONSULTATIONS.. iij 
tre a ta mqus\ iij 

Confulcacion XV 111 . Swr wne Colique 
NeŸhréüque , 133 '’ 

I. Mémoire. Sur les vertus admirables de 
la poudre de chauff'etrape[CA^cijKAVA ) 
pour guérir la colique néphrétique , qui 
fe prépare fidellement par tes fleurs P or-' 
talez, & Teifonniere ,, ^poticaires - Ar- 
tifies a MontpeîUer. 

rr. Mémaire. Remede pour la Colique Né¬ 
phrétique y 145^ 

III. Mémoire. Remede pour l'a Colique 
Néphrétique & pour la; Goûte. 
Confultatioii XIX., Surune gonorrhée en 
imagination ,, 14g’ 

Confultatioii X X» Sur des vapeurs 
convulflves , ou' plutôt épileptiques ,, 
15.7 

Confuîtatioii XXI. Sur un délire ma- 
niaque,^ 

Cbnfultacibii XXII. Sur une anaflarque ÿ 

^75 

Confülxarfon XXni. Sur une- colique Itu 
teftinale & hyflérique 182^ 

Confulcation XXIV. ^ur me fifl'ute U- 
chrymde commençante r§2> 

Confultation XXY.. Sur une goûteflereine 
mparfaiië^ ' 



îv TABLE 

Coiifultatîon XXVÏ. Sur une dartrê 
croHteufe alaface y 199 

Confultation XXVII. Sur des obflruBions 
AU foie y& kla, poitrine , 2.04 

Confultation XXVIII. Sur des fleurs 
bïanehes 5 , z 11 

Confultation XXîX. Sur une vomique 
des poutmans , z 13 

Confultation XXX. Sur m priapïfine 
prefque continuel , zi9 

Confultation XXXI. Sur me jaunijfe avec 
piflement de Jkng périodique f zzz 

Confultation XXXII. Sptr me êpL 
lepfle, iiS 

Confultation XXXIII. Sur me hydre- 
Ÿifle afcite y 23.0^ 

Confultation XXXIV. Sur me gonor^ 
rhêe virulente, 234 

Confultation XXXV. Sur me hydropû 
fie afcite y 23 ^ 

Confultation XXXVI. Sur une hemopty- 
fie périodique. 241 

Confultation XXXVIL Sur un aflhme 
humide , 244 

Confultation XXXVIIL Sur une 
moptyfie y 24 S 

Çon fültation XXXIX. Sur des maux ek 
. tête y avec engourdijfement de toutes les 
parties du corps , ^ 2 j(î 



DES CONSULTATIONS, v 
Confultàtion X L. Sur un refie de go-- 

norrhée , ^ z6i 

Confultation XLI. Sur une rétention dum 

rine, 166 

Confultation X L 11 . Sur un vertige ^ 

2.7 1 

Confultation XLIII. Sur me chaleur 
dentrailles y & de poitrine y avec des 
boutons au vifage , 27 5 

Çonfulcation XLIV. Sur une mélancho- 
lie jointe a la vérole , 281 

Confultation XLV. Sur un tintement 
' doreille y 

Confultation XLVI. Sur un abjc'es au 
col de la vejfie , 288 

Confîlium XL VIL Vro agro qui peripm 
neumonia offeBus fuit ^ & quem nuntt 
fhthifi laborare fufpicio ef , 

Tradudîon de..la préscdente. Four un 
malade attaqué de péripneumonie , & 
qu’on foupçonne aBuellement l'être de 
phthijte , 962. 

Confultation XLVIII. Sur une fluxion. 
fur le poulmen y 

Confultation XLIX. Sur une paralyfte^ 
50X 

Confultation L. Sur des obflruBions au 



tj TABLE 

Confultation L I. Sur me paraïy^e 
311 

Confilium LU. De dolore nephritm , 

313 

TracîuéHon de la Confultation précé¬ 
dente. Sur une douleur néphrétique , 
310 

Confultation LUI. Stu" me perte blan¬ 
che, 

Con/îiltation LIV. Sur un vomijfement 
de fang, 332 

Confultation LV. Sur un rachitïs, 337 
Confultation LVI. Sur une mélanchoUe' 
Avec maHvemenr involontaires, 343 

Cbniîlium L V11. dyfuria cum mmorr 
finori , 34:9 

Traduction Ae fa Confaltatîon précé¬ 
dente. Sur me' êyfurie avec trnneuf 
du firotum , 3 j'3 

Confilium LV IIL _ Marcor cum dolore- 
membrorum, 3 57 

Traduction de la Confultation précé¬ 
dente. Sur une maàgreur avec douleur 
dans tes membres , 3<$4- 

Confiliuna L l'X. Ox.An , five nartum 
ulcHS ^ 371, 


ms CONSULTATIONS, vij 
■Tradudion ,dc la Confultation précé¬ 
dente. Sur un ozjène ^ ou ulcéré fèr^ 
dide des narines , 377 

Confultation LX. Sur une dyjkrie jointe 
a Vafchme, 385 

Confultation LXL Sur des vapeurs, 
avec plupeurs fâcheux fÿmptomes, 387 
Confultation L X I I. Sur une perte 
blanche avec enflure des extrémités , 
391 

Confultation LXIIL Sur me mêlant 
choîie , 3^7 

Confultation LXIV. Sur des naufées é", 
vomijfement , 40a 

Confultation LXV. Sur me infomnie 
avec maux ^eflomac , 40 S 

Confultation LXVL Sur mé douleUTj 
à un genouil , 414 

Confultation L X V ï I, Sur une perte, 
blanche accompagnée de plufieurs au^ 
ires accidens , avec foupçon de vérole, 
4 7 

Confultation TXVIIL Sur une ajfeàion 
hypochondriaque , 42,^ 

Confultation LXIX, Sur me paralyfie 
de Hêfophage , 43 a 



vnjTÂBLEDES CONSULTATION SJ 

Confukation LXX. Sur m fcorhuty 
445 

Confuîtatioii LXXI. Sw un md aux 

TenXj 


Eîa dô la Tatle du- fécond Volume»' 


CONSULTATIONS 


t 



CONSULTATIONS 


C H O I S I E S 

DE MEDECINE. 


CONSULTATION PREMIERE, 

Sur une Dyjkrïe, 

N a eu foin de garder le pre¬ 
mier mémoire, & on l’a con-' 
cilié avec le fécond que l’on 
a reçû depuis peu. Il eft die 
dans le premier que les Médecins & 
les Chirurgiens iTavoient pas été d’ac¬ 
cord fur le caradere particulier de la 
maladie pour laquelle on demande 
confeil j les uns prétendant qu’il s’agif- 
foit d’un ulcéré bu d’une earnofité dans 
l’uretlire , dans le voilînage du col de la 
velîie ;les autres jugeant qu’il y avoir 
Tome IL A 








% Consultations choisies 
unç pierre ou UH autre corps étranger., 
dans la velEe , auquel on devoit attri¬ 
buer tous les accidents. 

On, aiïure dans le fécond mémoire 
que Mèffieurs les Médecins de Genes les 
plüs-experimentés ont éxaminé la mala- . 
die & les-accidents qui l’accompagnent, 
d’une maniéré à ne lqifle% aucune équi¬ 
voque dans le jugement qu’ils, en por¬ 
tent , en avançant avec toute certitude , 
qu’il n’y a ni.pierre ni autre corps étran-; 
ger dans la velïie -, il femble même qu’ils 
ont dirpenfé’ Monfieur de fe faire fon¬ 
der , & de fe fervir du feul moïen uni¬ 
voque pour fe convaincre des faits qu’ii^ 
prennent fur leur compte. 

On va fuppofer far la garantie de 
Melîieurs les Médecins que Monfieur- 
le malade eft exempt de pierre & dC' 
toute excroifiance &; fongofité dans la 
veffie, -, mais^malgré cette fuppoficion. le,-, 
fond de la maladie ne fe diftingue pas 
dânsTout fon jour, comme on va le dé-, 
montrer.par les réflexions fuivantes. 

Dans la fécondé relation, Monfieur 
afiure. que fa derniere . chaudepilTe a 
été traitée dans les réglés , & qu’il n’a f 
|amais eu de maladies de galanterie que-, 
de. cette efpece. Le fens qui fe préfents. 


I» i M 1 ï) FC I N s, 5 

ce que Ton vient d’avancer , doit 
faire penler qu’il a eu d’autres cliaude- 
piflès, tnais non des accidents d’une cil 
pece difïèrente. Il reftc' donc incertain 
s’il n’y a- pas eu d’autres chaudepiffes qui 
oiK précédé celle à qui l’on attribue tous 
les défordres. 

Il eft conftant par la première rela¬ 
tion que la chaudepilîè dura un an êc 
demi ou^ environ , avant que Mon-" 
fieur fe déterminât à employer les in- 
jedions, Gii ne conçoit gueres qu’une 
maladie de cette efpéce , quand elle eÜ: 
traitée fuivant les regles,pui{ïè continuer 
pendant un fi long efpace de tems, à 
moins qu’elle n’ait porté un caraderede 
malignité extraordinaire , ou quelle ne 
foit tombée fur un fang déjà entiché du 
levain vénérien , ou mal difpofé d’ail¬ 
leurs par le tempérament Si des maladies 
héréditaires. 

On alïùre auffi dans la première re¬ 
lation que la chaudepille traitée félon les 
réglés de l’art a obligé les Médecins ^ 
pour corriger les accidents furvenus 
apres les injedibns, à fe-fervir de trois 
differentes cures dans trois divers tems 
que l’on ne détaille point ici pour ne pas 
îember dans de^ répétitions. Les rem©^ 



"4 Consultations choisies 
des employés dansées traitements font 
tirés des ancivénériens les plus efficaces 
qu’on donne par la bouche 5 on y a mê' 
me joint quelques ondions mercurielles , 
faites/au périnée & aux parties voifines. 
Cette pratique ne s’accorde point avec 
un traitement méthodique qui ait pré¬ 
cédé les iiijeétions , parce que dans ce 
cas-là" il feroit très-ruperflu , ou pour • 
mieux dire,très-défavantageux à la fan- 
té du malade. De ces faits il eft aifé de 
conclurre que Monfieur n eft point d’ac¬ 
cord avec la maniéré d’agir des Méde¬ 
cins loifqu’il dit que fa chaudepifTe à 
été guerie dans les formes. 

Pour, déveloper d’une maniéré fim- 
ple & naturelle l’idée qu’on a de l’état 
préfent de Monfieur, on croit pouvoir 
avancer que le col délia veffie foufFre, 
félon toute les apparences ^ la portion 
du canal de l’urethre qui l’avoifine ; ainfi 
l’on foupçonne un racourciftement dans 
une portion du col de la veffie & dans 
le commencement de l’urethre, & en 
même tems une difpofition baveufe, ou' 
dans une portion du col de la veffie ^ ou 
plus avant dans lé corps de la veffie. La 
précaution que prit le Chirurgien litho- 
£®mifte de mettre au bouc d’une bougie 


E Me © E C I N I. y 

un cerat propre à confommer la carno- 
iïté , & le dégagement du canal qui fui- 
vic cette manoeuvre , donne auffi lieu de 
foupçoEî«er que le commencement de 
Turethreell: afFèdé de quelque végéta¬ 
tion , ou excroifTance, ou carnofîté. 
Pour s’éclaircir de ces dernieres circonC- 
cances ^ il convenoit de faire fonder le 
malade , & on auroit découvert par cet 
expédient s’il y a des obi|acles ou non , 
en de-làdu fphincler, ou’vers les profta- 
tes, ou fi le fiege du défordre fè trouve 
plus loin. 

On demande la maniéré de traiter la 
dyfurie , ou ardeur d’urine , fa fortie 
lente & douloureuie , & fa difpofition 
glaireufe j mais le Confeil avouera in- 
genuement que la cure ne peut être re¬ 
gardée que comme difficile, & quelle 
doit être éxécutée en deux tems. 

Dans le premier on le propofera de 
changer la tilTure du fang , en le divi- 
fant avec beaucoup de ménagement , 
Sc en lui fourniiTant beaucoup de bau¬ 
me & d’onétuofité , pour travailler en- 
fuite à détruire le levain vénérien que 
l’on croit encore caché dans le fang par 
rapport aux cures défedueufes qui ont 
précédé , & qui font ^ en quelque ma- 
A iij 



^ CONS^LTATIOÎÎS CHOISIES 

Aiîere des démoiiftracions de ce que î’oh 
avance. Sans cette précaution , il fcroît* 
lemeraire d’entreprendre le traitement 
-des accidents locaux, c’eft-à-dire de la 
carnofité dans l’urethre, ou du racour- 
cilïement & dans ce canal & dans le col 
-de la veffie. 

Dans le fécond tems^ayant fait précé¬ 
der les remedes propofés pour mettre le 
iang en bon état, on pourra travailler 
à la cure de la carnollté feche , ou à cel¬ 
le de la- carnefîté & du racourcillèment 
tout cnfemble. Pour cela on fe fervira 
de differentes efpeccs de bougie , faites 
-de cordes de boïaux , ou de toile cirée 
roulée. On-procurera des fuppurations, 
fi-on le juge néceffaire par des onguents 
^>u emplâtres, que Pon portera fur les 
.parties malades avec des bougies. On 
aura foin d’employer les fondes de 
plomb difïèremrnent graduées,pour élar¬ 
gir le canal dans, les endroits où il fera 
îetreci. On ne négligera pas les injec» 
' lions relâchantes & déterfives, que l’on 
fora palier dans la veffie, fuivant le be- 
' ibin, & enfin on fiiivra dans toutes ces 
manœuvres les réglés que la bonne chi¬ 
rurgie de. une longue expérience dans le 
traitement de ces fortes de maladies ont 



bIe MiDÊcï^r'É; 
fait rêMarqaer comme les plüs furfcs, ^ 
les plus avatiEagéufes. On croit au refte 
pouvoir aiTurèt qu’on ue cônrioit quà 
Paris^ ou Montpellier, ou il foit ppffible 
de trouver des perfonnes capables de fè 
charger Me ces fortes de cures. Ce fera 
à Monfieur à prendre fon parti, fiiU 
vaut fa confiance. 

A Montpellier le 11. marsj 7 4 4, 
Signé, Montagks. 


C O N S U UT ATI O N IL 

Sur uns ajfeÜion hypochondriaque. 

L Es nouvaux accidents que Mon^ 
fîeur détaille dans fon dernier mé¬ 
moire peuvent fe réduire à des attaques 
de douleurs plus ou moins vives , qui 
tantôt ont commencé par le bras, tan¬ 
tôt par la jambe , pour s’étendre à là tê¬ 
te , dans l’eftoraac ,& âuttès parties , 
principalement du côté droit ; a des bat¬ 
tements d’artere qui fe font fëntir dans 
toutes les parties du co'rps , principale¬ 
ment dans le côté gauche ; a dès frilïbns 
qui fouvent deviennent les avant-ebu- 
* Cette confultation eftiine faite de la deri 
niâce du premier volume. 

A ny 





I Consultations choisies 
rcui's d’une fievre qui dure quelques 
jours ; à un ferrement qui afFede la tè- 
te. Ces fymptomes font fuivis vers 
les cinq heures du foir d’une cefTatioia , 
ou intermittence du pouls , d’un grand 
trouble à la tête , de piqueures dans les 
] ambes & ailleurs, de fentiments, tantôt 
de froid, tantôt de chaud,dans les mêmes 
parties j ou un peu plus tard il furvient 
des êl^/ations dans le pouls , tantôt 
avec frïïïbn , tantôt fans friiïbn. Des 
douleurs dans le genre nerveux fe met¬ 
tent de la partie avec des fifflements 
dans les oreilles, & des bruits imitant 
celui du tambour , qui femblent avoir 
Icur /îege dans la tête ; une maigreur ex¬ 
traordinaire fe foutient depuis Içng- 
tem^ • mais les idées triftes , la conf- 
ternation continuelle , la crainte d’une 
mort prochaine , à l’arrivée du moindre 
accident nouveau, ou celle d’une mala¬ 
die des plus incommodes & au delTus de 
toutes les relîbarces humaines, & une 
pppofition elTentielle à efperer quelque 
chofe de flatteur pour l’avenir , fe fou- 
'tiennent avec la même force depuis le 
corumencement de la maladie ; ^com¬ 
me ce font les fymptomes les plus inter- 
reffants ^ & furJefquels les remedesles 



B ï M E D î C I N E. ^ 

plus appropriés ne fçauroient agir , ils 
font auffi les feuls qui n’ayenc pas été 
fujets à des variations , & qui feront 
des obftacles aux effets favorables que 
.foii devroit attendre de la Médecine. 

Il eft trcs-inucile d’examiner les cau- 
fes de cette foule de fymptômes pré- 
fents & paffès J elles font toujours les 
mêmes, & on ne peut révoquer en dou¬ 
te qu’ileft toujours queflion d’une fe- 
chérefîè , d’un épaiffifement, & d’une 
fauraure dans la mafTe.du fang ^ ôc d’mi 
état fpafmodique dont tout le fyftcme 
des folides fê reffent, mais qui a porté 
d’une maniéré ptus marquée fur le gen¬ 
re nerveux & membraneux , & même 
fur les filets blancs qui donnent origi¬ 
ne aux nerfs avant leur fortie de la tê- 
te. 

Les indications fe préfentent auflî les 
mêmes ; on va pourtant uii peu varier 
k maniéré de les remplir ; ou par quel¬ 
ques nouveaux remedes, ou par la pré¬ 
férence donnée à ceux que Monfieur 
a le mieux rupporté. 

Dès que la belle faifon fera arrivéïe-^ 
en commencera par purger Monfieur 
avec la médecine qui lui a déjà été coil- 
feillée ôc dont il a fait répreuve^ 

’ Âr 



*0 CoîfSTJltÂTlONS CHOISIES 

Immédiatement après Monfieur boi¬ 
ra pendant fîx matins un bouillon fair 
avec un morceau de jarret de veau ^ 
deux fcrupules de racines d^énula cam- 
pana concairée, deux écreviflès de ri¬ 
vière ctouâees dans l’eau chaude ôc 
ccrafées dans un mortier,^ & une peti- 
îé poignée en tout de feuilles de chico¬ 
rée amere & de fcolopendreo. On jette¬ 
ra dans le pot fur la fin de la co 4 ion ^ 
une pincée de fomraités feehes & fleu¬ 
ries d’hypericum». 

Pendant les fix matins fuivants Mon- 
£eur ulèra du bol ci-joînt, avalant par 
deflus chaque dofe une ou deux rafles 
dlnfufion de feuilles feehes de citronel- 
le préparées à la maniéré du thé , avec 
îa précaution_de repurger à la fin,. 

B & L, ^ 

Prenez; quinquina en poudre un Êrrir- 
puie ; poudre de guttete douze grains y, 
faflran de mars apéritif préparé à la ro- 
fée du: mois de maifix grains ; pilules de 
cynoglofle deux grains ; faites un bol 
pour une dbfe avec le fyrop capillaire.. 
On le. divifera en trois^ ou quatre pilu¬ 
les.. ■ ' 



è Ê ‘ M E g ÎÈ e I N' C- fr 
Pendant les fix rnatîtïs fuivants , bii 
reviendra aax mêmes bottillons, & toitÉ 
de fuite au même bol & à la même in- 
fufîon auffi pendant fix nouveaux ma¬ 
tins , réitérant la même médecine à la 
fin. 

Moniîcur boira enfuite pendant dou¬ 
ze matins un grand verrè , ou uirô 
écuellée médiocre de petit lait, qu oiî 
tirera du lait de chevre caillé avec là 
prefure ordinaire , & quon feparera 
pendaiît la liuic de fon frornage , en le 
iaillànt égoutter à travers un lingei On 
le clarifiera le matin avec le blanc d’oêiiî , 
Sc on y jettera pendant cette clârifîcai. 
tian une pincée de fommités de petrté 
centaurée, auxquelles on donnéra uné 
ébullition de quelles minutes avec lé 
blanc d’oeuf , y éteignant en mêmé 
tems quelques morceaux dé fer rouiliéè 
& rougis au féü. ‘ 

Suppofé que le petit lait paiîè bien, biî 
le continuera encore pendant dix ou 
douze matins , êc on pourra eiï dbiî- 
ùer Une fécondé prifé vers les‘quâtfè ôiî 
cinq heures du foif, avec la préêàiÉiôil 
de repurger après le terme marque pôuf- 
f ufage du petit lait, éc de dilïoüdré 
dans chaque ptife un peu de fuerey 
A 



iz Consultations CHOISIES 

Les chaleurs étant arrivées , ou, t* 
faifou permettant de recourir au demi- 
bain domeftique y Monfieur le prendra 
le matin pendant cinq jours de fuite ^ 
avalant à la forcie un bouillon de pou¬ 
let altéré avec les feuilles de chicorée 
âmere , ou de creiTon de fontaine. S’é- 
tant repofé quatre ou cinq jours,.il re¬ 
viendra au même demi-bain & au mê~ 
me bouillon de. poulet, finiffànt par la 
médecine ordinaire. 

Après une intervalle de dix ou douze 
|ours Cl Monfieur a bien fupporté le 
demi-bain , il elTayera le bain entier 
&.le prendra pendant fix matins , bu¬ 
vant à la fortieune écuellée de petit lait 
préparé comme il a été dit o-defiiis „ 
êc s’étant repofé quatre on cinq jours ,, 
& les bains réuififiant d’ailleurs , il 
les réitérera encore pendant fix autres; 
matins avec la prife. de petit lait à la 
fortie^ 

On èxaminera après ces douze baiiîs 
cqmraent le malade s’en eft-trouvé 5, & 
s’iravoit lieu d’être content de leur ufa- 
ge après, une fufpenfîon de. neuf on 
dix jours J. il rcviendroit denouvcan m. 
bain , ou au demi-bain', pendant deux 
leprifes. de fix jours chacune avec les 



DE M e d e c I n 1, îf 
circonftances déjà marquées ^ & on em* 
ployeroit le purgatif a la fia. 

Pendant le tem's des bains, fi Mon*" 
lîeur avoit quelque frillon , on lui don - 
neroic le foir à l’heure de fon coucher , 
de jour à autre , uir petit bol fait avec 
dix-huit grains de quinquina Ôc douze 
grains de poudre de guttete qu’on in- 
corporeroic avec tant foit peu de fyrop 
de capillaire. 

Suppofé que Monheur pallè de mau- 
vaifès nuks , il eft abfolurnent néceflaire 
qu’il prenne le loir à l’heure de fon 
coucher les pilules de cynogloflè , 
eorrimençant par quatre grains, & en 
augmentant la quantité par grain, juf*' 
qu’à être parvenu au nombre de huit. 
On pourroit fubftimer aux pilules de 
cynogloflè , la teinture anodyne de Sy¬ 
denham ^ commençant par huit ou dix 
gouttes , que l’on mêleroît avec une 
cuillerée d'eau ou de vin. On augmen- 
teroitdans la fuite la quantité des gout¬ 
tes , de deux en deux , ou de trois en 
trois, juiqu’au nombre de-vingt, vingt- 
cinq , ou même trente, fi le malade s’en 
trouvoit bien. 

En cas que pendant le cours des re¬ 
cèdes il fur vînt des palpitations, de 



ï4 Consultations choïsiïs 
cceur , & des foiblefTes ou intermittent- 
CCS de pouls confidérables, on fe fervi- 
roit durant les attaques de la potion 
fuivante. 

J V L E P, 

Prenez eau de mclilTe fimple trois on¬ 
ces ; eau de fleurs d’oranges une once j 
d'iiîolvez-y poudre de guttete & fuccin 
préparé,de chacun quinze grains; tein¬ 
ture de caftorcam vingt gouttes ; fyrop 
d’œillet ou d’écorce de citron fit drach¬ 
mes ; fartes-un julep qui fera pris par 
cuillerées. 

On ne croit'pas devcît confeîller des 
remedespour l’automne , fans avoir été 
informé des effets qu’auront produits 
ceux que l’on vient de prefcrire ; ainfl 
dans ce cas-là on en donneroit avis & 
on envoyeroit tout eafemble un précij 
de ces remedes. 

On paflè fous fllence le régime de 
viVre, parce qu’il en a déjà été aifez par¬ 
lé dans les autres confultations,. On ne 
lèauroit fe. laflèr d’exhorter Mônficur à 
s’aguerrir fur fes accidents , & même 
à les méprifer ^ s’il efl poflible ; ou pour 
le moins à. ne pas fe laîfler abbattre d’ir- 
'Mû maniéré fi forte à rnèfurê ^u’il fur- 


BeMed-îCIIîî. ïf 

'^ent de nouvelles attaques ^ ou qu’il fe 
mêle quelque accident nouveau. La 
diffipation & l esercicc conviemienÊ éga^ 
iement. 

A Montpellier le 16, mars i 7 4 4^ 

Sigm jMontagne, 


CONSULTATION l I U 

Sitr me fievre maligne , 

L a maladie pour laqueRd on demaii-^ 
de confeil ^ femble avoir déjà fair 
des progrès très-cenfîderables j & lî 
l’on fait attention à la fievre continue 
accompagnée de redoublemens , à l’é- 
ryfipele qui a porté fur tout le viiâge ^ 
au gonfismeiit des amygdales qui s’eft 
mis de la partieà l’affe.i£rement de la 
tête du malade , & enfin à fon étacd’af* 
foup^Ülèment qui neft pas équivoque 3. 
puifque les paupières relient fermées ^ 
l’on verra qui! eft ici queftion d’une fie¬ 
vre putride , mais qui porte avec elle 
quelque chofe de fourd , ou un fond de 
malignité particulière. Les pullules qui 
fe font formées à la face^, & qui ont pa— 





iS Consultations cuorsifs 
ru charbonneufes , ceHe qui eft placés 
fur la langue , & qui devient noire pen¬ 
dant le redoublement ,, & enfin le hoc- 
quet que Ton remarque auffi dans le 
furc du redoublement, confirment ce 
que Ton vient d'avancer , & rendent le 
prognoftic que l’nn peut porter très- 
defavantageuxjpour ne pas dire funefte,. 

On ne fçaurait difcoiivenir que les ac¬ 
cidents que l'on vient de détailler n’^ayent 
été produits par on fang extrêmement 
feCj englué, & acrimonieux , & que cet¬ 
te diipoficîon des liqueurs ne Toit aélueî- 
iemenc entretenue par une pourriture 
très éxaltée , & que les premières voies 
founiiflènt continuellement à la maflè 
du fang. 

L’état d’aiToupilîéraent donne Heu de 
foupçonner un engergement des li¬ 
queurs dans la tête , >=/ le hocquet doit 
faire ei'a,i.adre une difpofition inflam¬ 
matoire dans, rorifice luperieur de l’ef- 
tornicdont les progrès relient fort in¬ 
certains. , ; 

Les vues que Ton doit avoir pour ti¬ 
rer tout le parti poffible de l'état pré- 
f, nt de Monfieur, fe réduifent à préve- 
nir les inondations',, ou les dépôts,dans, 
îes, priiivspaux, vifeeres, 5, nuis. fur-Louç. 



. » E M E D £ C I N E. 17 

(^ans la tête , dont les parties fuperieu- 
res font attaquées d’éryfipele • à délayer 
& addoucir la maffe du fang trop fou- 
CTueafe -, à évacuer la pourriture qui par 
Ion mélange avec, le fang en entretient 
le défordre , & enfin à calmer , ou à 
faire tomber les redoublements. Lorf- 
qu’on aura fufSfamment vuidé la pour¬ 
riture furabondante , ,on fe flatte que 
ces indications pourront être remplies 
par les remedes fuivants. 

Les fecours les plus propres pour 
prévenir ’ les engorgernents du fang 
dans les parties les plus néceflaires à la 
vie , font les faignées auxquelles on a 
déjà eu recours , mais dont on ne fixe 
, poinç le nornbre , ni les efpeces parti¬ 
culières , par rapport aux pieds ou aux 
bras. Il n’eft donc permis de propo- 
fcr un plus grand nombre de faignées, 
que d'une maniéré conditionelle , ni de 
donner la préférence à celle .du pied ou 
à celle du bras , ne connoiflànt point 
jufqu’od on les a portées , ni leurs, 
effets particuliers ; ce fera à Monfîeur 
le Médecin ordinaire à décider fur une 
matière qui nous efl inconnue , Sc à Ce 
regler fur 1 état des forces & fur les 
circouftances qui accompagnent la 
ladie. 



vi’g CoNS^Ti;TÂtI'Oî« CHOîilES 

Il eft dit dans le mémoire qu’on a dé¬ 
jà fait un grand ufage des adoucifTants ; 
•ainfi on eft d’avis qu’on le continue , & 
qu’on fè fervc de la ptifane de poulet, ô 
. onpeut facilement avoir de quoi la faire 
eu bien des ptifancs émulfionnées, ou ■ 
des ptifanes de ris, oud’avenat. Oa eft 
aufli d’avis que l’on donne pour nour™ 
.riture au malade des crèmes de ris ou - 
d’avenat à l’eau , alternativement avec > 
des bouillons qui ne foient pas forts , 
•-& qui feront fots avec le poulet & la' 
jeune volaille. 

Suivant ce qu’on avance dans la rela¬ 
tion , le malade n’a pas encore été pur- 
-gé , ainft on ne doit pas perdre-un mo¬ 
ment pour en venir à la purgation, s’il 
n’y a rien qui s’y oppofe, & l’on choi- 
fira l’intervalle de deux redoublements' 
pour donner la médecine. On lacom- 
.pofera fuivaiit cette formule. 

TV RG AT 10 N. 

Prenez une once de pulpe de tama- 
-Æins *, rhubarbe concaftee une drachme j 
-fleurs de pêcher & de violettes de cha- 
•cunes deux pincées -, faites bouillir dans 
;Une fiiflifante quantité d’eau de fonrai- 



D 1 M i 1 -K t. Î9 

jïi ; mettez infufer à froid dans une li- ' 
vre de colacure deux drachmes , ou 
deux drachmes & demi, de fenné mon¬ 
dé ; diflolvez dans ia liqueur coulée une 
fécondé fois, deux onces de manrie de 
Calabre -, faites une potion pour deux 
dofeSjqui feront prîtes le matin à quatre 
heures de diftance l’une de l’autre. 

On aura foin de faire prendre un 
bouillon dans l’intervalle des deux ver¬ 
res de Jâ purgation , c’eft-à-dire deux 
heures après le premier & deux heures 
avant le 'fécond. 

Suppofé que le malade eût des foi- 
bleffes, ou le pouls abbatu, on fè fer- 
vîroÎE de tems en teitis entre les bouiU 
Ions de la potion fuivante donnée par 
cuillerées. 

J V L E F. 

Prenez eaux de chardon-benît & de 
'bardane de chacune deux onces ; difTol- 
vez-y confedîon alkermes 5 c d’hya¬ 
cinthe , de chacune un gros ; fyrop d’œil- 
îets une once ; faites un julep qui fer® 
pris par cuillerées. 

Comme il eft abfoîument nécefïat- 
re de procurer une évacuation abondaus 



io Consultations choisies 
te , s’il eft permis de la faire ayant 
egard à l’état des forces , on ajoutera 
deux ou trois grains de tartre ftibié au 
premier verre delà médecine ci-delfusj 
on eu ajouteroit même quatre,, fi îê ma¬ 
lade étoit aUbupi ; mais s’il ne fe trou¬ 
ve pas dans cette fituation , on fe con¬ 
tentera de deux ou trois , &, fuivailt 
l’effet qu’ils produiront, on en ajoute- 
roit un ou deux au fécond verre , ou 
bien on s en difpenferoit fi les premiers 
avoient agi fiiffifamiUent. 

. Les lavements émollients 5 e' rafrai- 
chiffants doivent avoir, leur place. Si on 
le jugeoit nécefiàire , on rendroit ces 
lavements purgatifs, en faifant bouillir 
dans la décoftion la pulpe tirée d’un 
quarteron de cafTe en bâtons, ou bien en 
dûTolvant dans la décodion coulée une 
once de catholicum; 

Pendant les redoublements, fi la nc- 
ceflité l’éxigeoit, on auroit recoprs à la 
faignée , qu’on feroic plus ou moins 
grande fuivant les indications. 

Si le malade paflbit de Tetat d’aflbu- 
pifTement à celui de l’infomnie , on don- 
neroit le foir une émulfion ordinaire 
avec demi-once , ou fix drachmes^de fy- 
. rop de pavot blanc. 



D E M E D I C I N E. Il 

Le trakePxienc des maladies de cette 
efpece fe réduit ordinairement à purger 
de deux en] deux,ou trois en trois jours,. 
avec des remedes en deux verres, & 
fuivant la formule donnée ci-delTus.On - 
a foin d’aiguifér le premier verre par 
l’addition de quelques grains de tartre 
ftibié ; ou bien l'on s’en difpenfe , fui- 
vant l’abondance des évacuations, 

. On a confeillé de mettre du fenné 
dans la Kiédecine ci-delTus, parce que 
l’on ne parle d’aucune .tendon doulou- 
reufe dans le bas ventre -, mais d cette 
dtuatîon avoir changé ,. on retranche- 
roit le fenné , ou bien on en diminue- 
roit lar quantité , ajoutant aux médeci¬ 
nes la pulpe de calfe,qu’on ferait bouil¬ 
lir avec les tamarins & là rhubarbe, 

Suppofé que le hocquet fut vioJent, 5 c 
qu’il parût même hors du redoublement, 
on éviteroit d’aiguifer la médecine par 
le tartre ftibié. 

Le train de la maladie le permettant, 
on obferveroic’ de purger de deux eil 
deux, ou de trois en trois, jours avec la 
même médecine toute dmple & fans 
tartre ftibié , auffi fouvent qu’on le ju- 
geroît néceffaire, n’étant pas permis de 
fixer le nombre des purgatifs j on coii- 



l ^ Consultations choisies 
dnueroit l’ufage des mêmes ptifanes ic 
la meme nourriture 5 on placeroic à 
propos les lavements, ou la potion pref- 
crite ci-deflus, ou enfin Témulfion avee 
le calmant, luivant les variàtions des-' 
accidents, 

Suppofé que le redoublement réfiftât 
à-l’a<âion des purgatifs fouvent réitérés, 
©n donneroit dans le tems du calme , 
dans les intervalles des redoublements 
line décodion de quinquina. 

Il n’eft pas permis de propofer une 
plus longue fuite de remedes, parce que 
les événements de la maladie peuvent 
changer tous les projets , ôc dans le 
fond on ne fçauroit avancer rien dans 
îetat où le malade fe trouve que d’une- 
maniéré condîtionelle. On laide à la- 
prudence de Monfieur le Médecin ordf- 
ïîaire les difièrentes modifications qu’il 
pourra convenir d’employer dans la 
difpenfatîon des remedes. 

A Montpellier le î 8. mars 17 ^ 
S^né , M O K-T A G N I. 



DE M e D E C I K E. 


îf 


CONSULTATION IV. 

Siir la maladie épidémique 
d’Aiguemortes. 

Tievre maligne èpâemique . 

■^T Ous fouffigaés Gonfeillers’ Mcde- 
dns dù Roi, PtcfeïTe.urs en l’U- 
niverfité de Médecine de Montpellier 
nous étant tranfportés le jour d’hier ^9. 
de.ee mois à la ville d’Aiguemortes, & 
ayant viiité tous les malades le foir de: 
notre arrivée,& tout aujourd’hui, avons, 
trouvé ce qui fuit, fur environ.vingt- 
cinq malades que nous avons examinés. 

Cette'maladie commence d’ahord par- 
un grand froid , des maux d’eftomac, 
fouvent des vomilTements ou des envies 
de vomir, & un grand abbattement- de 
forces : enfuite fuccedent une »;fievre> 
avec un peu de chaleur, un pouls, fai¬ 
ble , petit, inégal, & peu fréquent, qui 
eft fuivi d’une douleur de côté ordinai-. 
nement vers le bas des côtes , que nous 
avons jugéetre en même tenus intérieure 
& extérieure. Alors il furyient de tema 
en tems.une toux^fans.crachat pour i’or- 




14 Consultations choisifs 
binaire , quoique pourtant quelques 
înalades ayent craché dù fang ^ ainfi 
qu on nous la rapporté. Parmi les ma«i 
lades quelques-uns fe plaignent de la 
tête, & la plupart l’ont libre. Le bas 
ventre eft pour l’ordinaire élevé, & ten¬ 
du , & même douloureux. Les malades 
ont prefque tous la langue chargée , & 
pluiîeurs feche & brune fans être alte- • 
rie ; il n’y a d’ailleurs aucun change- ' 
ment conliderable dans les urines. Les 
déjedions font bilieufes & piquantes 
& l’on nous a rapporté que quelques 
malades avoient fait beaucoup devers 
par haut & par bas. 1 

Nous n’avons obfervé des éruptions 
que dans trois nialades j fçavoir dans 
deux des parotides ,& dans un feul du 
pourpre rouge ; outre cela nous avons , 
védeux malades qui ont foulFert des 
hemorrhagies^onfi'dcrablesj’un par les 
Barines, & l’autre par le fondement. 

Pour mieux découvrir la nature de ce 
mal, nous avons fait ouvrir en notre 
préfence les cadavres de deux hommes, 
©ù nous avons obfervé ce qui fuit. 

Le poulmon s eft trouvé fort adhérent 
des dfux côtés , tant à la plèvre qu’au 
diaphragme , extérieurement livide en 
plufieurs 




!>^eMedecine, l~f 
plufieurs endroits , enduit d’une ma¬ 
tière lymphatique d’un jaune verd , 
fort vHqueufe ; toute la lubftance du 
pGulmon étoit engorgée d’un fang noi- 
tâtreî,’& d’une lymphe épailîè de même 
couleur à peu près, & de même con- 
fiftance que celle qui enduifoit la fur- 
face de ce vilcere. La plèvre étoit pàrfe- 
mée de plufieurs points gangreneux,&en 
phlogofe prefque da ns toute fonétendue. 
Enfin nous avons trouvé dans laeavké 
^e la poitrine de ces deux fujets une 
médiocre quantité d’eau d’un jaune 
verdâtre , & dans l’un des, deux de 
cette même eau dans la cavité du pé¬ 
ricarde plus qu on y en trouve ordi¬ 
nairement. 

Ayant enfuite pâlie au has-ventre 
nous n’y avons trouvé rien de particu¬ 
lier , excepté que dans l’un des deux 
cadavres la bile étoit verdâtre. 

De ce qui vient d’être obfervé nous 
avons conclu que cette maladie eft 
une fievre maligne épidémique qui por¬ 
te principalement à la poitrine ; & ce 
qui confirme cecaradere de malignité 
c’eft que la plupart des malades font 
bien-toc faifis, qu’ils perilTent en nom¬ 
bre , 8c qu’ils font enlevés brulquemeut 
Tome IL B 



2(j . CONSÜITATIONS ÇHOTSIES 

k quatrième OU le cinquième jour de V 
leur maladie , quoique peu de tems i 
avant leur mort ils parufïent ne pas de¬ 
voir périr fi promptement. 

Ayant procédé à Texamen des caufes 
qui ont pû donner naifiance à cette ma- • 
iadie populaire , nous en trouvons trois . ' 
qu’on doit regarder comme générales, ' 

1°. Les accès de fievre opiniâtre qui /î 
avoient régné l’été & l’automne der¬ 
niers. x°. Les mauvais aliments dont 
les pauvres gens ont ufécet hiver , & ; 

fur-tout ce carême,s’étant nourris de har 
ricots , de mauvaifes châtaignes, de ; 
merluche gâtée , de poifion Talé appelle ' ] 
vulgairement harençades , de figues fe- 
ches , &c. 5 ^. L’intemperie de l’air qui 
a été fort froid çet hiver & pendant 
long tems, 

A ces caufes générales l’on doit ajou¬ 
ter les caufes fuivantes, qu’on peut re-. / 
garder comme particulières aux habi¬ 
tants d’Aiguemortes. Sçavoir Les. 
raauvailès eaux, & le mauvais air du 
pars. 1 °. L’imprudence où font tombés., 
ja plupart de ceux qui ont fuivi les exer¬ 
cices de la^ miffion , qui, fortant des 
Egliffes où il faifoitfprt chaud , s’expo- 
pofifient fans gar^r aucune précaptipiv 
à i-’air froid, ' 



© E M S » E C I K 1. if 
Uon doit ol>lerver que ce qui a rcii- 
4 u eacGçe cette maladie plus meuttriere , 
c’eft que la plûpatt des pauvres qui ont 
été attaqués, n<>a-feiilemeiat iront point 
appelle du fecours dans le commence¬ 
ment , mais meme ont fait quantité 
de remedes très - dangereux , les uns 
ayant pris l’huile avec le duc de rhue j 
d*autres du Yinalg^te, de Teau falée , des 
foupes fort chargées cfail , &c , Sé 
n’aïant voulu ni fe faire f^ùgner ni té 
purger. 

De ce que nous venons de dire, il eft 
évident que jufqu’à préfent cette mala¬ 
die a été funefte au plus grand nombre 
de ceux qui en ont été atteints, & qu’il 
eft à craindre qu’elle ne fe foutienne en¬ 
core quelque tems fi le froid perfiftè, 
3 c fi l’on ne remedie à la nature des 
aliments & à la mauvaife conduite des 
malades, ce qui interefie le public. 

Pour prévenir les fuites fâcheufes de 
cette maladie, nous eftimons i®, qu’il 
faut procurer aux pauvres de bons ali¬ 
ments , & aux malades de bons bouil¬ 
lons, 

1°. Qu’il faut avoir attention de leur 
fournir les fecours dont ils ont betbiii 
dès l’entrée de la maladie, les empêchant’ 
Bij 



iS Consultations choisihs 
d’emploïer les remedes populaires ^ 
pour cet effet obliger les parents des 
malades j & à leur défaut les proches 
voifîns,d’avertir Meffieursde la police, 
dès qu’ils fçauront que quelqu’un vient 
de tomber malade , afin qu’on leur en¬ 
voie au plûtôt des Médecins , ou au¬ 
tres perfoiines de l’art, comme Chirur¬ 
giens ou Apoticaires. 

3 A l’égard du traitement nous ne 
içaurions donner qu’un plan général 
pour fervir de guide dans les cas par¬ 
ticuliers. 

On mettra d’abord les malades au 
bouillon, qu’on leur donnera de qua¬ 
tre en quatre heures pendant tout le 
‘cours de la maladie , & pour boifTon 
■«Drdinaire de la ptifane de capillaire dé¬ 
gourdie , qu’on leur fera prendre abon¬ 
damment. 

On faignera les malades dans le com¬ 
mencement 5 fur tout lorfque le pouls le 
permetcra,qu’ils fe plaindront de la dou- 
■ leur du côté"; qu’ils auront difficulté de 
refpirer , mal de tête, ou quelqu’autre 
fymptôme qui demande la faignèe. On 
ne tirera chaque fois que cinq ou fix 
onces de fang ; il eft . mieux d’y revenir 
que de faire de grandes, faignées, pour 



B E M £ D E C I N E.' ^ 19 

éviter l’abbatement dü pouls qui arri¬ 
ve facilement aux malades -, cependant 
on ménagera le nombre des faignees 
& on s’en abftiendra , lof Ique le pouls 
ièrafoible ou mauvais. * 

Le remede le plus elîèntiet eft le 
purgatif; il faut donc s’eii fervirle plu¬ 
tôt qu’il ferapoffible , & faüs perdre de 
tems. On donnera la préférénce à lâ 
manne, & à la calïè, dans quelque înfu- 
fioii adoucilTante & laxative , comme 
de fleurs de mauve , de violette , de 
pêcher j on joindra toujours à ces pur¬ 
gatifs de la poudre' aux vers , & , dans 
le cas ou le bas-ventre fera douleureux, 
de l’huile d’amandes douces. On don¬ 
nera ces purgatifs en lavage en deux 
verres & quelquefois entrois. On.pour- 
ra ajouter dans certains cas , comme par 
exemple , iorfque le bas-ventre ne fe¬ 
ra pas douloureux , un grain de tartre 
ftibié foluble à chaque verre, dans la vtie 
d’aiguifer le purgatif On pourra aufli 
employer quelquefois le fenné , mais 
en petitê dofe, c eft-à-dire environ deux 
drachmes ou deux ^drachmes & demie , 
obfervant d’ajouter à cette infufion de 
fenné demi-poignée de fleurs de mau¬ 
ve ou de violette, & faifint dilToudre 
B iij 



JO CoHSULTATIONS CHOISIES 

deux onces de manne dans le premier 
verre & une once & demie dans k fe^ 
cond. 

On purgera de deux jours l'un, au¬ 
tant qu'il .kra poffible ; & même lorf- 
que les forces le permettront, & que la 
pourriture parokra abohdante , on 
pourra foutenir l’évacuation du joui 
précédent, en faifant prendre les jours 
d’intervalle une legere ptikne de fenné 
êc de poudre à vers^ 

On ne négligera pas les iavements , 
que l’on donnera tous les jours, même 
de la. purgation , lorfque l’évacuation 
n’aura pas paru fufSfante , & les jours 
d’intervalle. Ces lavements feront faits 
tantôt iimplement avec Tèau & l’iiuile,, 
tantôt avec une décoétion de graine d;e 
tn & de fleurs de mauve , 3 c deux ou 
trois onces d’huiles d’amandes douces ,, 
tantôt avec la décodion de cinq ou Cm 
onces de bâton de caffe concaflee, 
une poignée de mauve. 

On donnera de tems en tems de pe¬ 
tites potions cordiales, où Ton ajoutera 
de la coraline en poudre , & où l’on 
a emploiera pas le mercure doux.^ 

A l’égard des narcotiques , on en 
afera febrement & en psîite dofe 


» E MEDECINE. 31 

{*euîefflent dans le cas pu le pouls fe 
fôütîendïà ,Sc lorfque les malades fouf- 
friront des douleurs vives. 

Comrne lexpedoratibn éft difficile 
on donnera dé terns en tems du felana 
de baleine à là dofe d’'une deini-drach- 
me, ou d’une drachme y dans que^ües 
cnillèreés de bouillon chaud. Enfin l’on 
pourra ajouter quélqüefôis aux potions 
cordiales, vingt ou trente grains d’anti¬ 
moine diaphorêtiqüe , ou uiie derïiw 
drachme de thériaque vieille. 

Délibéré à Aiguemortés le 30. mars 
2744. Sigfié , Hagdenot, Fixés, 


CONSULTATION V. 

Sur un rhume de fmfrine. 

L e rhume de poitrine hc la toüX plus 
ou moins fa'tîguàiïtè dont Mon- 
fiéur a été attaqué cet hitêr , & dône 
il lui rèfte encore des împreffions, ôè 
ceux qu^'il à efïüyés depuis quelques àil- 
fiées , pareillement chaque hiver , Ont 
été produits par la cottftitütion vicieüfe 
de la lymphe bronchiale,devenue grbC, 
Biiij 




yi Consultations choisies 
uere, acrimonieufe, & propre à s’arrêter 
dans Tes couloirs , à les engager , & à 
occanonner une diftribution gênée du 
fang dans les capillaires voifins des glan¬ 
des gonflées, & obftruées, & par ce 
moïen une légère dirpofition phlogtf- 
tique , & une fenfibilité , à laquelle on, 
doit rapporter les fecoulTes de la toux. 

Comme les évacuations de la peau à 
la faveur de la tranfpiration, & celles 
des poulmons, font extrêmement dinii- 
nuées pendant Thiver, les matières qui 
dévoient s’échapper, par ces organes fe- 
cretoires ^ font retenues dans le fang 
qui a déjà pris une plus, grande confîften? 
ce, en augmentant le volume, & le ren¬ 
dant plus falin & acrimonieux. Ges 
changements doivent fe communiquer 
à toutes les liqueurs qui compofent la 
maflè du fang , & cela eft arrivé d’une 
maniéré plus marquée chez Monfleur 
dans la lymphe bronchiale, chaque hk 
ver depuis fix années,. 

Pour en être coavaincu, on remar¬ 
quera que les rhumes de poitrine ont 
.pris la place d’un rhumatikne fâcheux 
dont Monfîeur fat faifl par l’adion d’un 
froid auquel il fut expofé. Il eft donc 
aaturel de penfer que les matières qui 



B E MEDECINE. 3 J 

Teftent dans le fang chaque hiver par 
le défaut de la cranfpiratioti, ont trou..' 
vé plus de difpofition à former un al¬ 
liage avec la lymphe bronchiale qu'a¬ 
vec la lymphe mufculaîre , qui dans le 
commencement avoit été dérangée par 
préférence. 

Les vues que l’on a eues dans le 
traitement du rhume de Monheur, ont 
été de diminuer le volume du làng , & 
de prévenir de plus grands engprgei 
ments dans lés tuïaux capillaires 'des 
poulmons, de calmer les irritations 
les fecouflTes de la toux , de rectifier les 
digeftions, & enfin de divifer avec 
beaucoup de ménagement la maflè dii 
fang,_& d’en corriger l’acrimoniedomid 
liante. Voici les remedes qu’on a d’a¬ 
bord eraploïés pour remplir les pre-i 
mieres indications, auxquels on joindra 
ceux qui font propres à remplacer ceux 
qui font reliés en arriéré à caeife du dé¬ 
part du nialade. - 

' On a d’abord fait faigner deux fois 
Monfîeur du bras, &' on lui-' à 'fait 
prendre chaque'Ibir un.julép avécVqtiâ^ 
tre bu cinq cuillerées d’eau de lys-, & 
fix drachmes de fyrop de pavot blanc. 
Il a ufé pour fa boi^n d’une ptifahé 



^4 CoNSUXTATtONS CtlOISIES: 
taire avec les feuilles feches de capillaîk 
le les fleurs de violettes infufées à 
la maniéré du thé. Apres les précau- 
«îons ,, oii Ta purgé fiiivant cette for¬ 
mule» 

TURGATtONo. 

Prenez moelle de cafle récemment 
extraite non mondée de fes noiaux 
deux onces j pulpe de tarharins fix 
drachmes -, rhubarbe eoncaflée une 
drachme j fleurs de violettes deux pim 
céesj; faites bouillir dans l"eau de fon¬ 
taine ; diflolvez dans huit onces de co* 
lature deux onces de manne de €ala- 
i>re J: faites- une potion qui fera prife le- 
înatin., 

Monfîeur a bu enfuite pendant dîk 
^tlns un bouillon aînfl compofé., 

ÏÏ O V I L L oisr.. 

Prenez deux. éerevilTés dé rivière? 
étouffées dans l’eau ehaude y. Si pilées 
dans un mortier de marbre; feuilles de: 
bourrache & de chicorée Jàuvagè de: 
chacunes une dèmipoigiiée ; feuilles de 
lierre ter relire feches une pincée ; feites 
un bouillon avec, un, moreau de collefe 
de mouton». 



ni MEDECINE. 

On le repurgera avec ta même mé¬ 
decine y ou ici , ou dans l’endroit où il 
dpit le rendre. Immédiatement après 
Monfîeur prendra pendant douze matins 
sette opiate-. 

O F I A T E, 

Prenez conièrve de buglofe trois 
drachmes 5 aiitiheâtique de Poterius, &■ 
blanc de baleine, de chacun deux drach¬ 
mes ; conferVe d’aunée & benjoin en 
larmes, de chacun une drachme & de¬ 
mie ; extrait de rhubarbe une drachme ; 
faites avec le fyrop de capillaire une 
opiate, qui fera divifée en. douze prifes 
égales.. 

Monfîeur boira chaque matin par 
deflùs ta prife de cette opiate une écuèl- 
iée de petit lait qu’on tirera du lait de 
êhevre ou de vache , caillé le foir avec 
la prefure ordinaire ^ & qu’on féparera 
de fon fromage en le laifîant égoutter 
pendant la nuit à travers un linge, le 
clarifiant le matin avec le blanc d’ceuf.. 
On difîoudra dans le petit lait coulé un 
peu de fucre roïal ^ & on aura recours 
au même purgatif à la fin.. 

Suppofé <^ue Monfieut relie traiiquiL- 



3 <3 Consultations choisies 
ie dans fon quartier apres ces remeder ;; 
il prendra pendant dix - huit ou vingt 
matins une écuellée de lait de ehevre ou [ 
de vache ainlî prépare. • ' 

Prenez douze onces de run ou Tau- ■ 
tre de ces laits, & douze onces d’infulîon i 

de feuilles feches de eapill^ke préparée | 
à la maniéré du thé, que vous jetterez ■ 
dans un vaiflfeau propre pour expofer 
le mélange à un feu très-doux ; on écrê- 1 
mera à mefure que la pellicule fera for- j 
mée , continuant de même jufqu’à la 
diminution du quart. On dilToudra dans 
la préparation du lait coulé un peu dé y. 
bon fucre , & on finira par la même ; 
médecine. : * i 

Uautomne prochain, pour prévenir ~ j 
le rhume quia accoutumé de venir dans 
l’hiver, Monfieur reprendra les mêmes 
bouillons , la même opiate âvec îe petit 
lait par defiùs , & enfin te même lait ' 
coupé , avec les, précautions confeillées 
ci-defiiis. 

La fituation où Monfieur fe trouve 
nç. permet pas qu’on le charge d’un 
grand nombre de remedes. j mais, il elt 
abfolument néceflaire qu’il 'obferve un 
bon régime de vivre, & qu’il fe nour- 
rifie avec des. potages à la viande j dn 




DE MEDECINE* 57 
bouilli Sc du rôti-, s’abftenant des ra¬ 
goûts , des falades , des fruits cruds , 
& de tous les aliments grolïie'rs, îndi- 
geftes, pu échauffants. Monfîeur boira 
très-peu de vin & extrêmement trem¬ 
pé ; & , s’ileft accoutumé à prendre dû 
caée ou du chocolat, il doit en aban¬ 
donner l’ufage , & boire à leur place le 
matin une infuhon de capillaire, ou une 
infufion de thé avec les fleurs de tuffi- 
lage., - 

A Montpellier le lo. mars 1744» 

êigm ,Montagne. 


CONSULTATION VL - 

Snr une fièvre quotidienne, 

L Es accès de fièvre intermittente de 
diffèrentes efpeces dont Monfieur a 
été fatigué depuis très - long-tems, 8 c 
qui fubfîftent encore fous la forme de 
quotidienne,doivent naturellement être 
attribués au caraéfere épais & vifqueux^ 
de la lymphe digeflîve, quî;,if aîant tra- 
yaillé qu’imparfaitemeiit les aliments 




CoNSTILTATrONy CHOrStîff ' I 
expofës à (bn abtion , a communiqué fés i 
mêmes qualités vieieulès au chyle, &r ' 

È ar une luice nécelTaire à. toute la maf- 
: du £àng avec laquelle il s’en: mê¬ 
lé journellement. 

L’état de la ly mphe digeftive, & de 
toute la malTé des li qu eur s ,que l’on vienc 
Rétablîteft démontré par les obftruc- 
tions que Ion diftingue dans le lobe ^ 
antérieur du foie „ par îa renîtence & la 
douleur fixe du côté droit à la hauteur 
des cartilages des fauffès côtespar les ■ 
. Tents & par les envies de vomir aux? : 
quels le malade efo fujet.. 

Les fatigues de îa guerreles blelEi* ‘ 
les confidérables ^que Monfieur a rç- i 
fucs , îè féjiour dans un pars extrême- i 
ment marécageux:, le mauvais airreair J 
& les autres aliments chargés dé fübf- i 
tances grolîîeres & falînes dont îîa fait | 
tifagc, ont agi de concert pour dé- : 
langer les digeftions’ Sc troubler Tcecou ; 
Komie des differentes dépur^ions fi néi 
ceflaircs à. l’entretien; dé la fanté j & 
comme leur impreflibn à été permanen- ; 
te, 5c qu’elle' a duré loag-tems:,, les i 
changem-cnts qut font forvenus onr été | 
difficiles à corriger ^ 8 c ont réfiffé àan€? i 
grande qua-vâté de Eienedes. dont ou ^ ' 
ufage;. 




DE Médecin;F.- 
Fout délivrer Monfieur des accès 3c. 
^es autres accideiics; qui fout le lùjet: 
de cette Confultatioh , ou doit fe pro^ 
pofèr dé reétifier lés digeftions , de dî-- 
vifèr la malle du fang fans y mettre fe 
feu, de earriger les embarras qui fe 
trouvent dans le £bie ^ & de lui redon¬ 
ner , aulîî-bîen qu’aux autres couloirs., 
la liberté dé fes fonélions^ On efpere 
que ees indications lèront remplies pac 
fe moïen dés reœedes Vivants.. 

Monfieur ,,étant arrivé chez lui yCom-» 
mencera par s’y- repofer pendant neuf 
©u dix feurs, après léfquels on lui ti¬ 
rera deux palectes de fang du bras j,.fe 
purgeant le lendemain, avec cette mé¬ 
decine. 

FVRGATtON^ 

Prenez rbubarbe èoncalTée une drach¬ 
me 5 . fleurs de pêcher deux pincées j;fai*- 
tes bouillir dans l’eau de fontaine -, in^ 
fulèz dans huit onces dé eolature follfe 
eules de fenné une drachme & demie ^ 
& diflblvez dans la liqueur paflee une 
feconde fois fyrop dé i ofes folutif une 
©nce ; tartre ftibié trois grains ; faites. 
^ potioii qui fera prtfe fe matiii^ 



4-0 . Consultations choisies 

Snppofé que dans la fuite Monfieüc 
ne -pût pas garder les médecines en H-, j 
queur , on le purgeroic avec ce bol, i 
lui faifant boire par detlus plufîeuts caf- 
fes d’une légère décodion de fleurs de ; 
pêcher. 

BOL. 

Prenez rhubarbe en poudre une de- 
mi-drachme',poudre de Cornachini quin*-: 
ze grains -, faites un bol avec le fyrop de 
chicorée compofé, 

. Immédiatement aprèsMonheur pren- ; 
dra pendant neuf ou dix matins vers ' 
les iix heures un bouillon fait avec un ; 
morceau de collet de mouton , une | 
drachme de racine d’énula campanà" i 
concaifée , 5c une poignée en tout des [ 
feuilles de creflbn de fontaine &. de 
chicorée amere. On jettera dans le pot I 
fur la fin de la codion dix ou douze | 
cloportes lavés & étouffés dans le viri i 
blanc 5 on diflbudra dans deux ou trois i 
- cuillerées du bouillon coulé dix-huit ou 
vingt grains de tartre kalibépu martial 
foluble, 5c on réitérera la potion purgai 
tive à la fin fans vomitif, fi Moiifieuf , 
peut la garder,, ou à fon défaut le bol 


BE M ï Æ) E C I N E. .45 
confeillé ci-deiTus avec la décodioii de 
fleurs de pêcher. 

Pendant tout le tems de l’ufage de 
cés bouillons, Monsieur boira ve^rs les 
dix ou onze heures du matin, & les 
quatre heures après midi ^ un verre d’u¬ 
ne décoftion faite avec une drachme & 
demie de quinquina, & une petite poi¬ 
gnée de feuilles de chicorée amere, dans 
une quantité fuflSlante d’eau de fontaine 
pour qu’il en relie deux verres, dont on 
fera prendre la colature aux heures 
marquées. 

Après ces remedes, s’il relie des ref- 
fentiments d’accès , MonlicuE aura re¬ 
cours à l’opiate fuivante , qu’il prendra 
pendant dix matins, lailTant un jour 
d’intervalle de tems en tems , d’une 
prife à l’autre, s’il fe trouvoit échauffé, 
& âiant foin de fe repurger à la fin.^ 

OPÎATE,- 

Prenez poudre de quinquina, & çon- 
ferves de petite abfynthe & de kynor- 
rhodon, de chacun trois drachmes j faf. 
fran de mars apéritif préparé à la rofée 
du mois de mai une drachme & demie 5 
cloportes préparés, & extrait de rhu-* 



4 î CoNSulTAtlOpfS CHOrSIÊS ^ 

barbe , de chacun une drachme -, faîtes f 
avec le fyrop de capillaire une opiàte | 
qui fera partagée en dix prifès égales. | 

Monfieur avalera par deffùs chaque. | 
prile une ou deux taflès d’infufion de ■ 
feuilles feches de ckrônélle préparée à 
la maniéré du thé. - 

Pendant le cours de ces remedes, > 
Mônheur uîera de tems en tenrs entre 1 
les deux repas pour fa boitTbn ordinaire v 
de rinfufîon d’un noüet de fix dracftj- 
mes de limaille de fer rouillée dans reau :: 
de fontaine ; ou bien de l’infufion de la ;; 
boule d’acier , qu’on laîlïera dans l’eau ; 
de fontaine autant de tems qu’il fera i 
nécelTaire pour que l’infufion prenne la 
Couleur de la petite biérre avant de reti¬ 
rer la boule. , 

Suppofé que ces remedes n’acbevafl , 
fent pas d’emporter les accès , Monfieut --j 
boiroit pendant neuf ou dix matins les i 
eaux de Curenfac qu’il feroit apporter | 
chez lui , ou bien celles de Vie fur les 
frontières d’Auvergne. On àuroir foin ^ 
de faire dégoudir ces eaux en lesbuvant, ; 
difloivant le premier jour de la boiflbn 
dans le premier verre deux- onces de 
iyrop de fleurs de pécher & vingt-cinq ' 
gros de rhubarbe en poudre.^ ce quo» 



Î> F. M E D I C I N E. 45 

oBfèrveroit auffi d*exécBter le dernier 
jour de la boiflfon dans le dernier ou 
pénultième verre. 

Pendant tout le tems des eaux Mon- 
fieur prendroît vers les quatre heures 
de haprès midi , ou tous les jours ^ ou 
pour le moins de deux en deux jours> 
une drachme de quinquina dans un ver¬ 
re d’eau de fontaine. 

Moniîeur aura foin pendant la durée 
de ces accès, qui viennent ordinaire¬ 
ment le foir,. de le priver du fouper 
de fe contenter ou d’un bouillon , ou 
d’un ris au bouillon, ou d’un potagej, 
ou après la fin de Taccès ,, ou pour le 
moins deux heures- auparavant s’il ar- 
rivoit dans la nuit. Il doit auffi d’ailleurs 
garder un régime de vivre pendant long- 
tems , & fe nourrir avec des potages à 
la viande, du bouillli & du rôti ; s’abs¬ 
tenant des ragoûts , de la patiflètîe, de 
la friture, des lalades, des fruits cruds 
des légumcs>& de tous les'aliments’grof. 
fiers, indigeftes ^ ou incendiaires. 

A Montpellier le 8. avril 17 4 4» 
Sj^né J, M O N T A 0 N E. 



44 Consultations choisies 


CONSULTATION VIL 
Sur une AffeUion hyftérique, 

L Es pefanteurs que Madame a reffèn- 
ties depuis long-tems à la tête, & qui 
fe renouvellent encore par intervalles j 
les coilvulfions qui ont paru dans les 
differentes parties de fou corps , & qui 
étoient de peu de durée; les palpitations 
qu’elle rapportoit, tantôt au cœur, tan¬ 
tôt à l’eftomac ; les douleurs pafTageres 
dans quelques endroits de fon corps ; 
les gonflements qu’elle juge fixés à la 
tête , au col, & .même à la langue ; la 
difficulté de prononcer dans'certains cas; 
les laffitüdes dans les bras ou dans les 
jambes ; les agitations confidérables 
avec des vertiges qui s’y joignent à l’ar¬ 
rivée d’un bruit imprévu, ou de quel¬ 
que accidein particulier ; les battements 
légers qu’on diftingue quelquefois fur 
la paupière ; les petits tiraillements des 
levres ; les vents qui fortent fréquem¬ 
ment de labouche ; mais fur-tout les idées 
triftes ôc défagreables que ces differents, 
accidents excitent dans fon efprit; la 





DI M E B E C I N ï.' 4 j 
crainte de tomber dans une'apopléxie on 
quelqo’autre maladie fans rcflburce, ôc 
la maigreur qui fubfifte il y a déjà plu- 
fîeurs années ; tous ces accidents, dis- 
je; ne permettent pas de méconnoître la 
tnaladie pour laquelle on demande con¬ 
seil, & que l’on doit regarder comme 
une afFeâiion mélanchoUque ou yapo- 
reufe, & ftérique.. 

Pour peu d’attention que Pon fâlîè 
à la nature des differents fymptômes 
que l’on vient de détailler, mais iur-tout 
aux agitations, à la grande feiifibilité , 
& aux peines d’efprit auxquelles Madame 
eft devenue fiijette, fans pouvoir s’en 
défendre, à l’arrivée de la moindre cîr^ 
conftance inopinée, on conclura qu’ils 
loue les productions d’un fang fec , acri¬ 
monieux, & fufceptible de mouvement 
tumultueux, & en même tems de la 
roideur ou tènfion fpafmodique de tout 
le genre nerveux. 

Comme Madame avoir beaucoup 
d’embonpoint avant Ibn mariage, on 
juge que les grolîeiïès qu’elle a déjà e£- 
fuyées ont détruit le baume Sc le mucir- 
1 âge lé plus fin de la maffe du fang , & 
que ces defordres ont été confîdérabler- 
ment augmentés, pat les digeftions de- 



4^ Consultations choisies 
venues fougueufes, mais fùr-tout pa^ 
ies reflexions continuelles,& inquiétan-! " 
tes qu elle a faites fur fès incommodités, 
à mefure qu elles fe font développée s y 
& fe font rendues opiniâtres. Les ali¬ 
ments Jalés & épicés dont elle a abufé, 
ont pareillement contribué au dérange¬ 
ment des digeftions, & à l’état vicieux 
tîu chyle qui s’eft formé journellement 
& a- pafle dans le fang. 

Pour traiter méthodiquement les ac¬ 
cidents qui font le fujct de cette Con- 
fukation , on doit fe propofer de rec¬ 
tifier les digeftions , de rendre la maflè 
du fang plus fluide & plus coulante, d’en 
corriger la fougue .& l’acrimonie qui 
ont pris le deftus , d’aftbuplir le genre 
nerveux, & de diminuer la force & la 
vivacité de fes ofcillations. On efpere 
que ces indications feront remplies pat 
le moien des remedes fuivants. 

Il ne paroit point que la faignée fok 
indiquée 5 cependant s’il y avoir des 
marques d’abondance de fang , ou que j 
fon remarquât un mouvement de chaf« j 
leur dans le pouls, on feroit une fai-r 
gnée du bras, dont on fe difpenforoitû ' 
la malade étoit dans une fituation con^ 
traire, & on purgeroit de cette maniete, 



S> E M E D E C I N E.’ 

TV RG AT I O m 

Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬ 
mes y rhubarbe conçaffée une drachme ; 
fleurs de mauve & de pêcher, de cha¬ 
cunes deux pincées. Faites bouillir dans 
l’eau de fontaine, & infiifex dans huit 
onces de colamre une drachme & de¬ 
mie de fenné mondé 5 diflblvez dans la 
liqueur palfée une fécondé fois deux on¬ 
ces de manne de Calabre 5 faites une 
potion qui fera prife le matin. 

Immédiatement après Madame boira 
pendant lîx matins un bouillon fait avec 
un morceau de maigre de vea,u, une 
drachme de racine de pivoine mâle con- 
caflee , deux écrevilïes de riviere étouf¬ 
fées dans l’eau chaude & écrafées, dans 
un mortier , & une poignée eh tout de 
feuilles de creffijn de fontaine & de 
chicorée amere. On jettera dans le pot 
fur la fin de la codion une dixaine de 
cloportes lavés & étouffés dans le vin 
blanc. 

Pendant les fîx matins fuivans, Ma^ 
dame ufera de l’opiare ci-,joiuce , ava¬ 
lant par defiùs chaque prife une ou 
deux talfea d’infufioa de feuilles fecheî 


%8 ■ Consultations choisies 
<dc citronelle préparée à la maniéré da 
thé , & réiteranc la même médecine à- 
Ja£u. 

O ? I AT E, 

Prenez conferve de kynorrhodon 
ideux drachmes ; poudre de guttete une 
drachme & demie ; cachou & confer- 
■ve'd’aunée , de_ chacun «ne drachme ; 
extrait de rhubarbe deux fcrupules. Fai¬ 
tes avec le fyrop de capillaires une opiate 
^ui fera partagée en fix prifes égales. 

' On reviendra enfuite aux mêmes 
l)ouillons,& d abord après'à la même 
opiate , & à la même infufîon pendant ' 
iîx nouveaux matins chacun, avec la 
précaution de finir pat le même pur- 
gatifi^ , 

Ces préparatioiisaiant précédé,Mada¬ 
me boira pendant douze matins un 
grand verre ou une écuellée médiocre ' 
de petit lait de vache caillé avec la pre- 
fiire ordinaire, & qu on féparera de Ibn 
fromage,en le laifTant égoutter à travers 
un linge pendant la nuit, pour le clari¬ 
fier le matin avec le blanc d’un œuf. 

On y jettera pendant cette clarification 
htdt cloportes lavés &: étouffés dans le 

vin I 



, ^S> E l^ï î D E C I N S. 4 ^ 

■Vin blanc , & une pincée de flears de 
fureau ou de tilleul, auxquels on don¬ 
nera une ébullition de quelques tninu- 
tes avec le blanc d’eeuf, y éteignant en 
même tems quelques morceaux de fer 
îoaillés & -rougis au feu ;j on -ditroudra 
<îans le petit lait coulé un peu de fucre 
îoïal, & on repurgera à la.fim 

On examinera avec attention TefFet 
de ces remedes, & , fi Madame s’eri eft 
bien trouvée , on lui redonnera les mê¬ 
mes bouillons ,& enfuitela mêmeopia- 
te^avec la même infufion par defîus pen¬ 
dant fix autres matins cbacun :; & aiant 
eu recours à la même médecine , on réi¬ 
térera pendant douze ou même quin¬ 
ze matins la préparation de petit la't 
que Fou vient de preferire , avec la pré¬ 
caution d’emploïer le purgatif à la fin, 
5’il furvenoîc des mouvemens convutllfs 
on fe ferviroit de cette potion, 

J V L E F, 

Prenez eaux de mélKTe fîmple , trois 
onces ; eau de deurs dbranges une on- 
. ce , di(lblvez-y poudre de guttete vingt 
grains ; teinture de caftoreum vingt-qua- 
tre gouttes ; fyrop de limons fix drach- 
Tme IL C 



jë Gonsultatioks choisies 

mes ; faites une potion pour prendre par 

cuillerées. 

Les chaleurs étant arrivées, Madame 
prendra pendant cinq matins le demi- 
bain domeftique tiede , oii elle demeu¬ 
rera une heure ou environ chaque fois ; 
buvant à la fortie une ou deux taf- 
fes d’hifufion de feuilles feches de citro- 
nelle , ou de fleurs auffi feches de til¬ 
leul. S’étant repofee trois ou quatre 
jours , elle reviendra au demi-bain ôc à 
rinfufion à la fortie pendant cinq nou¬ 
veaux matins j & enfin après une autre 
fufpenfion de trois ou quatre jours , el¬ 
le reprendra cinq autres matins le de¬ 
mi-bain avec l’infufion. 

Huit ou dix jours après les derniers 
demi-bains, Madame boira pendant dix 
ou douze matins les eaux d’Amphion , 
mais tiedes, ou dégourdies. La quantité 
de ces eaux par rnatinée n’excedera pas 
celle de'deux pintes mefure de Paris, On 
dïflbudra le premier jour de la boiflon 
dans le premier verre deux onces de 
manne & vingt-cinq grains de rhubar¬ 
be en poudre. On en fera de même le 
dernier jour dans le dernier verre. 

Si ces eaux ne p'afloieilt pas bien, & 
<5u elles càufaflcht des maux de tête, 



® î M e d ec i-mî, 

Il faudroit en abandonner Tufage, & 
|5urger Madame-en les quittant. 

L’automne -procbain on aura recours 
à la même médecine, aux mêmes bouil¬ 
lons 5 & à la même opiate avec la mê¬ 
me infudoii pendant deux alternatives 
de fîx jours chacune J. comme il a été 
marqué déjà ci-deîTus, & avec la pré¬ 
caution d’emplofcr le purgatif donné 
dans le même ordre 5 pour commencer 
après ces vingt - quatre jours le petit 
lait J & le continuer pendant douze ma¬ 
tins , repurgeant de même. 

Immédiatement après Madame pren¬ 
dra pendant un mois ou cinq femaines 
le lait d’âneffe entier, commeiaçant par 
un grand verre, 5 c montant peu à peu 
ju^ues à la quantité d’une écuellée. 
On mêlera à chaque prife une couple 
de cuillerées de la fécondé eau de chaux. 
Fpendant tout le tems du kit Mada¬ 
me avalera de deux en deux jours dans 
la première cuillerée de foupe à l’heure 
de ion dîner une poudre faite avec dou¬ 
ze grains de poudre de gutcete, & huit 
grains de faffiran de mars apéritif prépa¬ 
ré à la rofée du mois de mai. 

Pendant le cours de ces rcmedes , 
Madame obfervcra un bon régime de 

Gi 



Consultations-CHOISIES 
vivre , & fe nourrira avec des potages 
à la viande, des crèmes de ris au bouil¬ 
lon ou à l’eau, du bouilli &” du rôti ; 
elle s’abftiendra des ragoûts, des fala- 
des , des entremets , des fruits cruds, 
des légumes, & de tous les aliments 
greffiers, venteux ,indigeftes,ou échauf¬ 
fants. Elle fe diffipera par la promena¬ 
de à pied , à cheval, ou en voiture , 
par la fréquentation des concerts & des 
compagnies, où elle pourra s’amufer 
d’une maniéré agréable , & par toutes 
les occupations propres à croifer le 
penchant qu’elle a à faire des trilles 
attentions for les incommodités. 

A Montpellier le i 6 . avril 1744* 
Signé , ,M o N T A G N E. 


consultation VIII. 

Sur une Lepre. 

L e Confeil alîèmblé a vilité & exa¬ 
miné avec toute l’attention poffible 
le corps du jeune malade en entier & à 
nud , il a trouvé que les deux extré¬ 
mités inferieures depuis le haut des cuif. 
fès jufques aux pieds, & les deux fu- 
périeures depuis les épaules jufques au 






CE MEDECINE. ^ J 
poignet , étoient couvertes de dartres 
crouteufes, ou écaîlleufes, & blanches, 
qui dans difïèrents tenus, mais fur-tout 
dans rhiver,étoient beaucoup plus con- 
fidcrables, fourniiîbient de grandes fup- 
purations, & caufoient continuellement 
dans la nuit une démangeaifon infiip- 
portable. Le malade ell forcé quand il 
eft échauffé dans le lit, ou même avant 
de s’y mettre , de fe gratter rudement, 
êc jufques à faire couler le fang avec 
abondance ; 8c de tems en tems, Ior£- 
que les dartres font dans leur force, il 
a beaucoup de peine à étendre les ge¬ 
noux , les jarrets reftent un peu pliés. 

Comme l’état dartreux dont on vient 
de faire mention a été la fuite d’une 
mauvaife teigne que le jeune malade 
eut au vifage & à la tête _ peu de tems 
apres fa naiffance , 8c qu’elle s’eft foute - 
nue depuis jufques aujourd’hui, malgré 
Un très-grand nombre de remedes ex¬ 
térieurs &'intérieurs qu’on a mis en 
ufage chaque année régulièrement, 
le Confeil croit pouvoir regarder , fans 
craindre de donner dans des idées ba¬ 
zardées , la maladie comme une lepre 
confirmée , & comme l’e^t de la dif- 
pofition feche, épaifïè, & acrimônîeufe^ 
C üj 



^4 CoNSUlTAXrONS eufoiSIES; 
de tout le corps de la lymphe ôc par 
conféquenr de toute la malTe du fang , 
qui peut fe communiquer fur - tout en, 
couchant dans- les mêmes linges, ou pair 
les habits. ^ " 

Quoique le peu de fuccès des reme- 
des dqa emploïés çaroiflS: exclurre tou¬ 
te efpérance de guérifon , le Confeil eft - 
d.’avis de faire une nouvelle tentative ^ 

& , pour parvenir à la guérifon , on va 
fe propofer d’entretenir les digeftions 
dans le bon ordre 5 , de procurer à k 
lymphe, & aux autres parties întegraiv 
tes du fang mie diviiion douce Sc mé- 
- nagée , de les humecïer & les adoucir , 
eny jetrant beaucoup de fahftances onc- 
tueufes mucilâgineufes -, & enfin de 
lecaurir au remedeTpécifique que l’ex- 
périenee a démontré le plus folide pour 
deifecher & détacher les croûtes dar^ 
treufes, & détruire la caufe particulière 
Sc cachée, à-kquelledn-doit les rappor¬ 
ter. On fe flatte, autant que le carede^ 
" re de la maladie le permet ,,que ces in~ 
dications. feront remplies par le moïen 
des remedes fuivants. 

On commencera par feigner incef* 
famment le malade du bras, & le lende¬ 
main on le purgera, avec une once de 



Jtî E M 5 D È C I N, E. 55 
faîtiarins, une drachme de rhubarbe 
concafTée , & une demi - poignée de 
fleurs de violettes, dont on fera une dé- 
Godion, dans un grand verre de laquel¬ 
le on laiflèra infufer pendant la nuit à 
froid deux drachmes & demie defenné , 
diflolvant le rnatin dans rinfufîpn coulée 
trois onces de manne. Cette médecine 
fera partagée en deux verres qu’oti 
donnera à deux heures de diftance l’uii 
de l’autre. 

Immédiatement après le malade boi-r 
ra pendant dix matins un bouillon fait 
avec un morceau de maigre de veau ou 
de collet de chevreau, les cuilïès de cinq 
ou fix grenouilles écorchées & écrafées , 
une once & demie de chair fraîche de 
ferpent du pais coupée par tranches &' 
pilee dans un mortier , & une poignée 
en tout de feuilles de creflbn de fontai¬ 
ne & de beccabunga , réitérant la 
me médecine à la fin. 

Il prendra enfuite pendant dix matins 
îe bam domeftique tiede, ou il demeure¬ 
ra une heure chaque fois, avalant à b 
fortie une écuelle de petit lait qu on 
aura préparé en caillant le lait avec la 
prefure ordinaire, Ôc féparé enfuite de 
fbii fromage en le laiflant égoutter à 
’C ii i|; 



jS CONSTÎXTATÎONS CHOISIES 
travers un linge , &c que Ton aura enffii 
.clarifié avec le blanc d^ceuf, avec la pré¬ 
caution de revenir au même purgatif 
après la dixaîne,, pour recommencer le 
même bouillon marqué ci-defTus, & le 
continuer pendant dix autres matins 
avec le purgatif après ce terme ^ qui fera 
fuivi de Fufkge des mêmes bains domef. 
tiques , du petit lait pendant une autre 
dixaine qu on terminera de même par 
la médecine ordinaire. 

Après ces remedes le malade ufera pen* 
dant vingt matins d’un bouillon fait avec 
la chair ^ le fang , le foie,&: le cœurjd’une 
tortue d’une grolîeur raifonnable , deux 
ccrevifTes deriviere étoufl-ées dans l’eau 
chaude & écrafees dans un mortier , & • 
ùne poignée de feuilles de crefTon. d*eau 
ou de chicorée amere. Aiant repurgé à 
k fin des bouillons ^ on réitérera les 
bains domeftiques le matin pendant 
une douzaine de jours ^. Ôc après une 
intervalle d’une disaine de jours le ma* 
lade boira pendant neuf matins les eaux 
d’Yeufet » mais tiedes ou dégourdies. On 
difibudra le premier jour de la boifToii 
dans te premier verre deux onces de 
manne & vingt-cinq grains de rhubar¬ 
be en^udre j on en fera de même le 


t> 1 M E D î CI Nï. 57 
«fernîer jour dans le dernier verre. 

Monfieur s’étanc repofé une femaine, 
& la première boiflon des eaux aiant 
bien réufîî ^ ü reprendra les mêmes eaux 
pendant une fécondé neuvaine avec les 
mêmes précautions ; enfin après une 
interruption d’une douzaine de jours , 
& vers la fin du mois d’août, on au¬ 
ra encore recours aux bains domefti- 
ques , Sc au petit lait pendant douze 
ou quinze jours. Ces préparations aiant 
précédé, le malade fe rendra ici pour 
prendre le feul remede que l’on regar¬ 
de comme capable de fournir des refi- 
fources de quelque efficacité. 

Pendant le cours de ces remedes le 
malade gardera un bon régime de \n- 
vre, & il fe nourrira avec des fou pesa 
la viande, des crèmes de ris au bouil¬ 
lon ou à l’eaudu bouilli & du rôti , 
s’abftenant des ragoûts, desfalades , des 
fruits cruds, des légumeÿ, & de tous les 
aliments“groffiers , indigeftes, ou incen¬ 
diaires. Il fe feryira pour calmer les de— 
maiigeaifons incommodes de la pom¬ 
made qui lui fera donnée par un des 
Confultants, 'fur-tout s’il s’en trouve 
bien, 

A Montpellier îe ïz. mai 17 44. 
Signé , Mo N t A e M 4 . C v 



Consultations choisies 



C O N S ^ L I U M: I X.. 


-Byfuria-^, &c^. 

'» T T Rîhæ excredo ,, modb.'fïîllâtrnr. - 
s»- pleno canali fabta - 

asaliquodes: fed' rarius fangpinis- cuiui 
aapauco fed ffeqnendus cum multo, 
aadotio- permixd, incerpolatus miétiis - 
j 5 rn©do magis ,,iBodb- minus incommo- 
» d'a dyfuria j-xhordæ; a radice pénis ad- 
a extremum balanum tenfæ fenfado 
âj-modo magis modo minus ingrata ; co- 
a» Io£ interdum^ urihæ flammeus , iiliufl. 

que- multis pardçulis filamentofis &: 

2» gludhofîs confperfum- fedimentum ÿ 
s» talîa j^ïnquam, {yjmpcomiata _,.quibus h .. 

pliiribus annis clariffitnus ager aâredusv 
^ eft, crafTæ frefînofæ, melancholicaj^ 
SD làifæj fanguineæ ma(îæ- diathefî ^ 

^-debili fblidorum-colii veilcæ-, illiurque;- 
» quorumdam. vaforum fangmneorumî 
Æi; varicofo contextuii,, fuos.. natales de^. 
® buiiTé cenfémus . 

Yariarum eauiarum dbplîcisvrdîj^ 
» œm? felldotum tum fluîdbrum fèdulan^r 
bic: de: induâria, filenti» 




È E MEDECINE. 
sf praetermittimus , ut pote quæ îii aliis 
» confulcadonibus explanata fît. 

« Supra affignatis fymptomatibus 
» illorumque ancecedentifcfiis adjundfcis 
» exâûs perpenfis, co dirigendara cu- 
» ram præprimis ftatuimus , uc digef- 
» tioiium laudâbilis œconoœia fervare- 
» tur , ranguini débita fluxilitas ferva- 
» retur , nimia falfedo demuiceretur , 

* folidorum eollivefîcae débilitas ^va- 
>» ricofîa fanguineorum vaforum difîpofî- 
» do corrigercntur.- Prædiâis . imica.- 
» tionlbus lenientium , mucilasinofo- 
» rum ,, & bâlfaiïiiçorum remèdiorum 
» longo ufu in bac urbe eonlukum fuit ^ 
» & in futurum eafîletn indicatioiies im-, 
a» plere fiibfeqûentiuïn 'medicaminum* 
» auxUio pro vkili conaBimur. 

JS Redux in patriam æger per aliquof 
js^dies otio induîgebir , & deindedeca- 
j» bitur Tena cubiti & extrahentur ran'-- 
as guinis unciæ od?co'; per ;fex dies fin-- 
3» gulo- mane capiet hoe jufculum.- ' 

» Semin. papaver. alb. eontus.. 8C 
s» in nodul. fufpens,^^. fi folior. pimpi-- 
3» nelL êc cetêrac. aa. m. cunï guilL 
^ gaHinae. junior;,. f., jufeulumv 

« Sequentt uidmuî& jufcuïlîns:' maii^ 



£& CoNStTLTATIOHS CHOISIES 

J* ^ Tamarind.. pji’g- 1* j- pulp. caC 
» récente extrad. &c à nucl. non put- 
» gat.|. ij. fal Epfon. 5- )• malv. p. 

M ij. bull.,in».aq. font, ad, | riij. in co- 
» laruE. dilîblv. mann., Calab: ij. f.. 

â» pot. fumenda mane, cum regimine., 

M. Bibét poftea per aliosfèsdies ma». 

» ne fùprâpræfcriptuEn jufculum^& fa- 
» binde uteatur æger clariffiim5& hoca 
P feptima matuxina balneo domeftieote- 
» pido per decem dies. Potabk pcÆ 
w egreffum libram nnam feri e lade 
« capriâo eum fioribus cynacæ fylvef- 
aatris extradi ôc parati, & fecunduœ! 
» artetn eîariÉcatî , addendo clarifica-. 
» tîonis rempote flor, gaiEi lutei p. 

» Interjedo uiiius bebdomadæ inter- 
» vallo balneum domefticum & ierum; 
» tadis per novos decem dies mane- 
»9 îterabuntur.. His rcmediis abfolutis ^ 
» purgabitut corpas. 

9î Ineunte menfîs odobrk futuri fine ^ 
^ ufum ladis afinini incipiét æger illuf- 
& per duos roenfes ilium fîngu- 
»Io mane continuabk , admixtis cuique 
» dofi fécundæ aquæ calcîs- cochlead-- 
as ribus duobus, & addito al ternis diebus. 
*» primo ejufdem ladis coehleaxi fequen- 



D 5 M 1 D E C r N R 
'» 'iL Carallior. rubror^ præparator. 
> gr. XV, lacrymar, fanguin. draeon. &: 

» terr. Japoiiic. aa. gr. x, mifcef. pulvis 
» pro una dofî. 

« Hora ceQæ pet duos aiSgnatos 
» menfes ofiàm vel cremorem aryzæ 
» cum la^te vacGino vel caprilio corne* 

» dat æger ^ futnpto laâris iiiitio & fî* 

» ne catbarcica jam praifcripto. 

Ineunte mcnfe marcio facuro feea^ 
» bitur ruflfus venacubitij & edecenmr 
»unci<2 Hovem fanguinis , exhibita 
» eadem potione purgance ,.^îabitur peir 
» decein d/ies mane hoc jufciiium. 

« Radie, nymph. 5 ’ vj. femini. 
» quatuor, frigidor. major, in iioduL 
** fufpeiifor. ^ f cane, ftuvîat. in âq„ 
»» calii. excinét. Ôc în mprtar. marmoE. 
» conçus. n°. ij. foUor. fcolopendr. & 
» chicor, fylveft, aa. m. f. balauftioEo. 
» p. j. enm fruftuL carn. vitulin. f. juC- 
s» culuna. 

»» Sumetur cathartîcum jufculis finitiSj^. 
M & poftea ad laétis afîhini ufum màns 
,»■ ad decimum ufque dicm teaü pro-- 
a» cedetar , obfervata , ut iam diltura 
» ell , cum illo aquæ fecundæ caU 
a* cis mixtione, fîmulque affiimpto ù~ 
methodo puhere fupra 



CONSWXTATÎO'NS CHOISIIS ' 

» gnato & iteraco pharmac© purgaRte 
» in fine,.- 

arToco æftatfs fuiuræ eurrîculo ai- 
«•ternatim adhibebuntur per deecm; 
»• dies mane primum jufculum Sc bal- 
w nea dom'eftiea cam fero ladîs poib 
» egreifam e balneo relidis mterval- 
» Iis convenientibus ^ & ira proeeden- 
» do lit vigihti iufeula & tocid'em balneæ 
» cum fero làdis- interpolare & fiiccel- 
» lîve capiancnr,. - - ' . 

M Exaduni viræ regimen oblervabie 
39æger claiiffimus jlufculis- & offis ear- 

neis y creœoribus orizæ cum jurcul® 
V vel aquâ fadis . earnibus elixis & af- 
» faris fed boni fucci & fadlis codio- 
» nis vefcetur. Omnibus alimentis nL, 
» mio fale veî lubftantiis aromaticîsü 
â» çcnfperils , flatuofîs, & pardbus craf- 
»> ficribas onullis, vel fiomaclium quo-^ 
» quo modo gravantibus y vino & ii- 
» quoribus omnibus ardentibus abftine-- 
»'btt. Titabit præterea rhedaS j.curfuSy, 
3> 6 c .omnes peregrinationes quæ fine’ 
» fuccufriGnibü& vioientis peragi mm 
» poiTunto. 

I>arum*MonrpeBidîg:iisiï^, jam 

•Mou ^ Ei. 


rssFMEiïrcî'îî' 2. 


TradnSüon de h Cbnjdration ÿréhsdent^i„ 

I A fortie de Tudi-ïe quf (èfrfcquer^ 

^ quefois goutte à goutte, & très- 
fbavent à plein* canal 5; la fortie d’une 
petite quantité de cette liqueur qui eft: ' 
quelquefois-,, mais rarement accompa¬ 
gnée de lang qui fe trouve plus fou- 
vent dans une grande quantité d’urine 
une dy.fùsie tairtôt plus tantôt moins in¬ 
commode j: le fentiment -d’une corde: 
tendue depuis la. racine de la.verge juf- ' 
qu’à rèxtrêrnké du gland'; la couieur 
.quelquefois enflammée de l’urine , èc 
fon fédimenc parlèmé; de beaucoup de 
particules fîlamenteufes Sf gfuantes ; ces. 
accidents dis je , qui fatiguent le ma¬ 
lade depuis plufleurs années , font l’effet: 
dune dîfpofltion épaffle, téfineufe y mé- 
Jàncholique-, Sc falée de la mafle dit 
feng, ôt en même tems de, la* foiblefle 
du tiflu des fblides dont le eoldela veC- 
fie efl compofé, de la difpofition vs- 
Biqasufo (te quelques vailleaax fanguinsï 
de cette partie»» 

Mous nous difpenforons dé faire rcS 
h. Eed^-diÆ des diverfes-, caufos. élol- 




6^4 CoNSTJLTATiaNS- CHOÏS-lEff 

gnées de ce double vice des folides ic » 
des fluides , parce que nous l’avons faî¬ 
te dans d’autres coiifultations j mais 
après de mures réflexions fur les acci- 
dens d’âne nous avons fait rénumera- 
tion , & fur ceux qui y étoient précé¬ 
demment [oints y. nous eftimons, corn»; 
me nous Tavons fait ci-devant ^ que 
l’objet du traitement doit être d’entretei- 
îiir l’œconomie louable des digeftions ^ 
& la fluidité convenable du fang, d’en, 
adoucir racrimonie qui a pris le defluS jj, 
de rétablir tes folides qui compofen-t- 
le col de la veiîie , & de remedier à k 
difpofitioii varîqueufe de fes vaifleaux- 
fanguins. 

Il nous paroît que ces indications fe¬ 
ront fuffifamment remplies par l’ufage 
des remedes que nous allons confeiller,, 
& que c’efl avec raifon qu’on a em¬ 
ployé pendant îong rems dans cette vil¬ 
le les remedes adouciflâiis , m.acilagi- 
neux ^ & baliamiques. 

^Le malade étant de retour chez lur^ 
fe repolè'ra pendant quelques jours 
puis il fe fera ouvrir la veine du bras ^ 
d’où on lui tirera hait onces de fang ; ît 
prendra enfuite tous les matins peiî^ 
dant fis jours ie bouillon fuivant.,. 



de MEDECINE. <35 

B OV I L L O N. 

Prenez graine de pavots blancs con- 
caiTée, & enfermée dans un noüet, une 
demi once; feuilles de pimprenelle & de 
cetefâch, de chacunes une demi-poi- 
ghéc ; faites un bouillon avec un jeune 
poulet. ' 

Le lendemain du dernier bouillon > 
le malade prendra le matin la médeci¬ 
ne fuivante. 

BVRGATÎON. 

Prenez pulpe de tamârins une once 5 
moelle de caflTe récemment extraite , & 
non moiidée de fes nofaux, deux onces j, 
fel d’Epfom une drachme ; fleurs de 
mauve deux pincées î faites bouillir le 
tout dans l’eau de fontaine , & diflbî- 
vez dans huit onces de colature deux on¬ 
ces de manne de Calabre ; faites une 
potion pour prendre le matin. 

Le lendemain delà médecine le ma¬ 
lade fe remettra pendant fix nouveaux 
matins à l’uiàge des bouillons précé- 
dens, après îefquels il prendra pendant 
dix jours à fept heures du matin le baia 



Consultations chcnsïls 
domeftique tiede. Il boira à la forti'e 
du bain une chopine de ped't laie tiré du 
lait de chevre en le failant pailler avec 
les fleurs de la chardonnette , qu’on 
clarifiera fuivant les réglés de fart, & ; 
cù l’on ajoutera dans le rems de la cia- 
rîncation une pincée des fleurs de eaillc- 
îait jaune. 

Après une fufpenfion d’une femaine 
le malade reprendra le bain domeftique 
& le petit lait pendant neuf autres jours ^ 
ayant foin de fe repurger à la fin de 
leur ufage. 

A la fin du mois d’odobre prochain 
le malade' fe mettra à Tufage du lait : 
d^âneflè , qu’il continuera tous les ma¬ 
tins pendant deux mois , mêlant dans 
chaque prife deux cuillerées de là Te-. ' 
conde eiu de chaux , & de deux jours 
Tun dans la première cuillerée de laïc 
là poudre fuîvante. 

POVDRE, " 

Prenez corail rouge préparé 'quinze 
grains ; fang dragon en larmes& ca¬ 
chou , de chacun dix grains j faites une 
poudre pour une dofe^ 

Le malade praidra à fbn fouper pem 



Ü E M E D ï C I N I» 
cane roue l’ufage du laie d anefle, une 
foupe , bu une crème de ris, au lait de 
vache ou de chevre , fe purgeant au 
commencenaent & à la fin du lait avec 
la medecine ordinaire. 

Au commencement de mars prochain 
on faignéra encore le malade au bras , 
d’où on lui tirera neuf onces de fang • de 
après lavoir purgé avec la même mé¬ 
decine , on lui donnera les dix matins 
fuivants un bouillon compofé comme ü 
fuir. 

bovillon. 

Prenez racines de nénuphar fix âvachr 
mes ; des quatre femences froides ma¬ 
jeures pilées & enfermées dans un noüet 
une demi-once ; deux écrevîfles de ri¬ 
vière étouffées dans l’eau chaude , & 
pilées dans le mortier de marbre ? feuil¬ 
les de fcolopeiidre & de chicorée fauva- 
ge, de chacunes une demi-poignée; ba- 
kulles mae pincée ; faites un bouilloit 
avec un morceau de veau. 

On reprendra la médecine à la fia 
des bouillons ,, & on recommencerai 
le lait d’ànelTe tous tes matins jufqu’aii 
dix de mai, obfervant, comme il a étc 
dit d’y mâer cous. Les jouraîa feco&r 



1 


68 Consultations choisies ’ 
de eau de chaux , ôc de deux jours fuu f 
la poudre abforbente , fe repurgeaiit k l 
la fin de l’ulage du lair. ^ ? 

Pendant tout l’été prochain le maîa- j 
lade prendra alternativement le matin 
pendant dix jours le premier bouillon , 

& les bains domeftiques & le petit lait à 
la fortie, laiflant entre ces remedes les 
intervalles convenables , & fe condui- 
faut de maniéré qu’il prenne alternati-' 
vement vingt bouillons & autant de 
bains fuivis de petit lait. 

H obfervera un régime éxaél, vivant 
de bouillons ÔC de foupes gralTes , de 
crèmes de ris à l’eau ou au bouillon de 
viande , de bouilli & de rôti, mais de - 
bon fuc & ailes à digérer. Il s’abftien- 
dra foigneufement de tous les alimens 
falés , épicés, venteux , & chargés de 
fuc épais , ou qui pefent far i’eftom.ae 
par quelque caufê que ce foit ; du vin , 

& de toutes les liqueurs ardentes. Il évi¬ 
tera encore toutes les voitures & les' 
voyages , qui ne peuvent fe faire fans 
des fecoulTes violentes» 

Délibéré à Montpellier le j. juis 
î74p. Signé ^ Montagne. 



© E M E D E C^I N £.' 6 ^ 


CONSULTATION X. 

Sur HfiejHppuraùon a roreille , avec damé 
dôme. 

L a fuppuratîon furvenueil y a déjà 
quelques années à l’oreille droite , 
& qui, quoique prefque finie, a lailfé de 
ce côté-là à Monfieur une dureté d’ouic 
très-confiderabie ; celle qui a paru de» 
puis à l’oreille gauche & qui fe trouve 
accompagnée d’une petite carie placée 
à l’entrée du canal extérieur, fournillànt 
aéluellement un peu de pus & ayant oc- 
cafionné une dureté de l’ouie moindre 
du côté gauche, doivent être regardées 
comme l’effet de quelque petit abfcès 
formé dans le canal extérieur de chaque 
oreille. 

Il eft naturel de penler que les glan- 
'des febacées qui féparent la liqueur jau¬ 
nâtre de ce conduit ont été naturelle¬ 
ment foibles, ôc que cette même liqueur 
devenue grolîîere & acrimonieufe s’efl: 
arrêtée dans Ton filtre , & y a produit 
quelque petit phlegmon qui s’eft ab- 
cedé en differents tems ^ & s’eft rendu 





yO CoîïSlTSyATIONS CHOISIES 
fiftuleux , pour le terminer prelque fans 
remedes du côté droit, au lieu que le 
petit ulcéré placé du côté gauche n'a 
pû encore fe delTecher par rapport à la 
carie que Ton touche en fondant l’entrée 
du canal. 

Comme la dureté d’oreille plus forte 
du coté droit & moindre du côté gauche ' 
îi’a jamais été précédée de tintements, 
ni de bourdonnements , on juge que la 
membrane du tambour a été aéèétée & 
que fa ftruéfure naturelle a été déran¬ 
gée ; ainfî c’eft à ce défordre qu’on doit 
attribuer la diminution de l’oufe. 

Le caraétere épais & acrim.onieuxde 
la liqueur Jebacée dent on vient de par¬ 
ler ci-defîus en fuppofe un fembiable 
dans la lymphe , & dans tout le rehe de 
la mafTe du fang, fans qu il foit permis 
de déterminer précilement s’il y a quel¬ 
que vice héréditaire qui s’y trouve ca¬ 
ché , & dont on n’a pas de marques cer-, 
raines. 

Pour tirer tout le parti poffible de la 
dureté des deux oreilles qui fait le fu- 
jet de- cette confulration , on doit fc 
propofer d’entretenir les digeftions dans 
le bon ordre , de procurer Une divifion 
douce &ç ménagée à la mafle du fang , 



DE M E » E C I M E. yi 

d*eii corriger l'acrimonie dominante , 
de détruire la carie & la fuppuration,qüe 
Ton diftiiigue fur-tout du côté gauche , 

& d’emporter le* vice organique que 
Ton a droit de foupçonner dans la mem¬ 
brane du t ambour des deux oreilles-. Ou 
fe flatte que ces indications feront rem¬ 
plies, autant que le progrès de la ma¬ 
ladie peut le permettre, en fe fervant des 
remedes fuivants, 

Mônfîeur, étant arrivé dans le lieu ou 
il doit faire quelque féjour , prendra 
pendant une douzaine de matins le bain 
domeftique tiede, où il demeurera une 
heure chaque fois, avalant à la fortié 
un bouirion fait avec un jeune poulet, 
une drachme de fquine coupée par tran¬ 
ches , Ie 5 CLiiflès de cinq ou ux grenouil¬ 
les écorchées & écrafées,& une poignée 
eu tout de feuilles de chicorée amcre 
& de creflbiî de fontaine. On aura foin 
de purger à la fin des bains & du bouil¬ 
lon fuivant cette formule. 

P V RG AT TON. 

Prenez pulpe de tamarins fîx drach¬ 
mes 5 rhubarbe, cortcalfée une drachme j 
fleurs de violettes & de pêcher de cna- 



7z Consultations choisies 
cunes deux pincées ^ faites bouillir dans 
l’eau de fontaine , êc infufer dans huit 
onces de colature une drachme & demie 
de fenné ^ dilTôlvez dans la liqueur pal- 
fée une fécondé fois deux onces deman- 
ne de Calabre j ,faites une potion pour 
prendre le matin. 

Pendant les doi ze matins luîvants , 
Monlïeur boira une écuellée de petit lait 
qu’on tirera du lait de chevre caillé le 
fbir avec.la prefure ordinaire , & quoii 
feparera de fou fromage en le laiflant 
égoutter pendant la nuit à travers un 
linge , pour le clarifier le matin avec 
le blanc d'œuf. On y jettera pendant 
cette clarification. huit cloportes lavés 
& étouffés dans le vin blanc , & une 
pincée de lommités feches & fleuries 
d’hypericum , auxquelles on donnera 
une ébullition de quelques minutes avec 
le blanc d’oeuf^ dilîblvant dans le petit 
lait coulé un peu de fucre roïal. 

Immédiatement après , Monfieur 
boira pendant dix matins les eaux d’Yeu- 
zet, ou celles de Somaret, qu’on fera 
tiédir en les buvant. On aura foin de 
diffoud] c le premier jour d^ns le pre¬ 
mier verre deux onces de manne & 
deux gros de fei d’Angleterre, On ,cii 



bïMedecine. 75 
fera de même le dernier jour dans le der¬ 
nier ou pénultième verre. 

Pendant le cours de ces remedes on. 
lavera foir & matin les deux oreilles en 
y injedant avec une petite ieringue un 
peu du remede fuivant. 

1N1EC7ÎON, 

Prenez rofes rouges, fleurs de roma, 
tin & de camomille , de chacunes une 
pincée ; faites-les bouillir légéremenc 
dans une chopine d’eau de fontaine - 
diflblvez dans la colature deux onces de 
miel derNarbonne 5 faites une injeCHon 
pour iufage. 

Ayant employé cette injeéfîon pen¬ 
dant quelque tems, on pourra le ièrvir 
enfuite de l’eau de frene qu’on tirera 
des branches vertes dé cet arbre qu’on 
brûlera par un bout , ramaflànr par 
l’oppofé l’eau qui s’écoulera , & y mê¬ 
lant quand elle fera ramaflee le tiers 
d’eau de vie ordinaire. On fera couler 
un peu de cette eau dans l une des oreil¬ 
les alternativement, engageant le mala¬ 
de à refter un peu couché fur le côté 
oppofé. 

Dans le mois d’août Monfieur pourra 
Tome /, D 


74 Consitltatioms • choisies 
fe rendre à Bagnols , & s’y faire donner 
quelques douches à la tête, obfervant 
dans le terns de la douche de tenir un 
peu de cotton effilé dans le conduit 
externe de chaque oreille. On ne fixe 
pas le nombre des douches, cependant 
elles n’excederont pas celui de cinq ou 
üx ou fept tout au plus. On pourroit 
tenter de feringuer un peu d’eau de la 
fource dans chaque oreille , & conti¬ 
nuer deux fois' par jour cette înjedîon , ' 
fi le malade s’en trouve bien ; mais on ■ 
Tabandonneroit fur le champ fi elle 
caufoit quelque défordre. 

Monfieur le nourrira pendant le tems 
de ces remedes avec des potages à la 
viande, dea crèmes de ris au bouillon 
ou à l’eau , du bouilli & du rôti : il 
s’abfciendra des ragoûts , de la patifiè- 
rie , des entremêtsv, des falades , des 
fruits cruds, & de tous les aiimens grof- 
fiers , indigefies , ou incendiaires. Il 
garantira Tes oreilles contre le grand 
froid,& l’humidité', fur-tout s’il voya-, 
ge. 

A Montpellier le 11. juin 174 4. 
Signé J M O N T A G N E. ^ 


DE MEDECINS. 


7S 


CÔNSULT ATON XL 

Sur des ulcérés ferophuleux & ‘vénériens 
au palais. 

L Es uiceres qui ont paru depuis . 

quelque tems au fond du palais de 
Moiiüeur , ôc qui ont déjà fait des pro¬ 
grès coiifîderables , rabbaidètrsenc du 
voile de ce même palais fur lequel les 
ulcer-es ont beaucoup travaillé ,& celui 
de la luette qui a été forcée de fuivre 
fallongement du voile , de telle , forte 
que ees deux corps appuyant far la balê 
de la langue & fur les amygdales & 
gênaut plus ou moins la déglutition,font 
les elFets & les produârlons des fucs 
épais & âcrimonieux dont les parties 
font arrofées, & principalement de la 
^mufcofité falivale. 

La grande quantité de raufcofté d’ün 
mauvais caradere qui fortit par le nez 
du malade , il y a un an ou environ, 8 c 
"’k perte de Todorat & du goût qui fe 
mirent de là partie , donnent lieu de 
foupçonner quil fe paffe depuis long 
tems quelque chofe de fourd dans les 





7^ Consultations choisies 
lames offeufes du nez & dans la menw 
brane pituicaire qui les enveloppe. Com¬ 
me le malade a eu des glandes au col, 
on a lieu de craindre que le levain 
écrouelleux a travaillé clandcftinemenc 
fur les lames fpongieiifes du nez , ya 
capfé une carie qui a peut-être même 
porté fur les os palatins, & occafîonné 
les ulcérés qui ont percé le voile du pa¬ 
lais , fon allongement, la defcente 
& celle de la'^lueite. 

lîes fridions que Monlîeur a reçues 
la derniere fois , Sc qui avoient été pré¬ 
cédées par de très-longues préparations, 
paroiflent avoir détruit le levain véné¬ 
rien compliqué avec le fcrophuleux jain- 
fi le^Confeil ne juge pa? , du moins pour 
le préfent , qu’on doive s’attacher au - 
levain vénérien , mais feulement au 
fcrophuleux. On 'conviendra pourtant 
que l’alliage de ces deux differents le¬ 
vains rend la cure du vénérien très-diffî-* 
■cile-, mais en abandonnant la vue de ce 
dernier, oiypourra mieux feconvaincre 
s'il conviendra de travailler encore fur 
îles réftes, fi tant eft qu’il s’en trouve. ^ 
Pour procéder avec réglé dans le trai¬ 
tement des accidents qui font le fujët 
• de cette confulration , on doit fe pro- ' 



Bî MïDîCINE. 7/ 

pofèr d’entretenir TtEConomie des di- 
geftiônSjde procurer une divifipn douce 
& ménagée à la malTe du fang de !uî 
redonner de la douceur &c de ronduo- 
iîté, de guérir les ulcères qui fe préfen- 
tent 5 de détruire la carie que l’on a lieu 
de craindre dans les lames fpongîeules 
& les os palatins , & de redonner au 
voile du palais ,& à la luette le rellort 
qui leur manque en les fixant dans leur 
première fîtuation. Les remedes que 
Ton va dérailler ont femblé au Confeil 
les plus propres à remplir ces indica¬ 
tions. 

Süppofé que le malade n’ait pas été 
purgé depuis quelque terns , il Iç fera 
avec la ^édecine ordinaire , qu’on tire¬ 
ra des autres confuitations;& immédia- ' 
tement après , il prendra pendant une 
vingtaine de jours un bouillon fait 
avec un morceau de jarret de veatï,unc 
drachme & demie de racine de fiquine 
coupée par tranches, la chair , le foie, 
le cœur, & le fang, d’une tortue d’une 
groileur raifonnable , & une poignée 
en tout de feuilles de beccabunga êc de ' 
crefion de fontaine. On aura la précau¬ 
tion de repurger à la fin de ces bouil- 
Jons. / 



fS CoNSUiTATIONS CHOISIES 

Le malade prendra enfuice pendant 
dix matins le bain domeftique tiede,où 
il demeurera une heure chaque fois, & 
avalera à la fortie une écuellée de lait 
de chevre coupé avec parties égales d’u¬ 
ne legere décoétion de fquine,&: écrémé 
jufqu’à la diminution du cinquième ou 
du quart. 

Après cinq ou fîx jours de repos , 
Monfîeur boira pendant neuf ou dix 
matins les eaux d’Yeuzec,mâis tiedes ou 
dégourdies , fuppofé qu’il puiffe les avar¬ 
ier, fans urie grànde contrainte. Oi#dif- 
foudra le premier jour de la boilTon dans, 
le premier verre deux onces de manne 
& viqgt grains de rhubarbe en poudrCi 
Onen ferade même le dernier jour dans, 
le fermer verre. : 

• Le malade^étant relié tranquille pen¬ 
dant une dixaine de jours,feprendra en-^‘ 
core pendant une fécondé dixaine lés 
bains domeftiques , & il-boira à la for-^ 
tie un bouillon fait avec un jeune pou¬ 
let , une drachme Sc demie dé racine 
■^«ie iquine coupée par tranches , & une 
• poignée de feuilles de crelTon de fontai¬ 
ne. On finira par le purgatif. 

' On éxaminera pour-lors avec atten¬ 
tion l’état de la bouche de Monfieur, §6 



D E M E D E C I K E. 7^ 

îe ckaiigeraeut furvenu dans lesixlceres 
& dans les differentes parties du palais ^ 
& Cl on remarque que les chofes aient 
pris un meilleur train , on pourra enco¬ 
re avoir recours aux botiiilons de tor¬ 
tue pendant dix-huit ou vingt jours, & 
on (uivra la compofition qui en a été 
déjà donnée , purgeant au commenee- 
cement & à la fin. On pourra auffi don¬ 
ner durant ce même tems le foir à rheu- 
re du coucher une écuellée de lait de 
vache ou de chevre écrémé, 8 c coupé 
avec parties égaies d’une décodion de 
fquine. 

Mais fi,malgré lesremedes propofés 
ci-deffus , les ulcérés avec les autres ac¬ 
cidents fe fouteiioient ,ou avoient .aug-' 
mente, on aura foin d’en informer. 

Pendant tout le cours de ces remedes , 
on panfera plufieurs fois dans la jour- 
‘née les ulcérés avec le feul miel blanc, 
bien choifi, qufoii étendra fur un petit 
morceau de linge , ou fur un petit plu- 
naaceau très-mince. Comme il fera dif¬ 
ficile que le plumaceau ou le linge avec 
le miel tiennent bien, on réitérera fou- 
vent le panfement, ou bien on frotte¬ 
ra les ulcérés avec le miel tout fimple- 



So Consultation s choisis 

On fe fervira en même tems de Tean 
de Balaruc pour gargarifer une couple 
de fois par jour j on pourra même e 
feringuer par les narines,mais avec dou¬ 
ceur , ou bien en faire refpirer par le 
malade , afin qui! en palTe par le nez. 

Suppofé que les eaux de Balaruc ne 
produifent pas un effet alfez avanta¬ 
geux , on pourra employer à leur place 
le gargariie Imuivant. 

G ARG ARIS ME. 

Prenez des feuilles de crpllon de fom 
taine & des fomœités de ronces, ou à 
leur place des feuilles de vinca pcrvm^- 
CA, de chacunes une bonne demi-poi¬ 
gnée ; .^d’^écorce de grenade concalTée 
demi-once; de balauftes & de rofes rou¬ 
ges dé chacunes une pincée, dont on fe¬ 
ra une décodion dans la quantité d’eau 
néceflàire pour qu’il refte une livre de 
coiature, à laquelle on ajoutera quatre 
onces de gros vin rouge, dilTolvant dans 
le mélange deux onces du meilleur miêi 
blanc & deux onces de teinture de lac- 
^que, ou à fon défaut pareille quantité 
d’eau vulnéraire. Ce gargarifme fera 
mis en ufage en le faifant tiédir à mefure 
qu’on voudra l’employer. 



DE M E D 1 C I N E. §I 

^11 auraikfoin plufîeurs fois pax jour 
'de relever la luette & le voile du palais 
avec une petite fpatulc. On aura aujE 
recours une ou deux fois par jour à la 
poudre füiyante, que l’on portera fur la 
luette & le voile du palais avec la même 
fpatule, laiflant cette poudre attachée 
aux parties , & retirant la fpatule. 

PO V DRE. 

Prenez d’amidon , de balauftes en 
poudre,& d’antimoine diapborétique,de 
chacun deux drachmes, dont vous com- 
poferez une poudre. 

On pourra dans la fuite fe fervir de la 
poudre fuîvante à la place de la pre¬ 
mière. . 

AVTRE POVDRE. 

Prenez de tutie bien préparée, de ca¬ 
chou brut réduit en poudre, & de co¬ 
rail rouge préparé , de chacun trois 
drachmes ; d’a um de roche réduit en 
poudre,une drachme, que vous mêlerez 
exadement eniemble pour former une 
poudre. i 

On obfervera de fe fervir de ces dif¬ 
ferents remedes alternâcivement,& non 
D V 



8 l CoNSFLTÆTÏONS CHOISÉES 

tout à ta fois ; & après différentes teiï- 
tatives ^ on donnera la préférence à 
ceux qui paroîtront les plus utiles. - 
A fégard du régime de vivre, Mon- 
fîeur s^en tiendra à celui qui lui a déjà 
été prefcrit dans les autres confuira-- 
îions, donnant avis de tenis en tems. de 
fon état. 

A Montpellier le 13.juin 1744, 
, M O N T A G N E. 


CONSULTATION XII. 
une àffèBion hyflerique & cacheÜiqm^ 

D Ans la relation, qui nous a été comv; 

muniquée on ne dit rien fur les 
difpofîcîons du fang de la famille dont 
Madame eff fortie4 ainfî on laifTe indé¬ 
cis fî elle a hérité de quelques difpofi- 
tions fcrophuleufes, fcorbutiques, ca- 
cheétiques, &c. 

On aifùre dans cette meme relation' 
que Madame a des obftruétions dâiis le 
bas-ventte , qu^on a diftinguées claire- 
snent en les touchant 5; mais on ne déter-^ 
laine pas quels font les, vifceres aâèéiés % 



DE MEDECINE/ 0y 
on avertit fimpleanent que dans certains 
tems elle couchoit avec peine fur les 
côtés, mais fur^tout fur le gauche. 

La fteriîité dans laquelle Madame eft 
tombée , & la fuppreffion ou. petite 
quantité de fes écoulements menftruels, 
qui ne paroiflent que très-rarement,dont 
lient lieu de foupçonner quelque/vice 
local dans la matrice -, ainii il auroic été 
convenable qu’un accoucheur expéri¬ 
menté, & bon anatomifte ^eût examiné 
avec attention l’état de ce vifeere j '& 
qu’on eût-eu la précaution de nous en 
informer. 

Dans l’énumeration des remedes 
qu’on a employés pour le traiternent dé 
Madarhe J on parle du mercure :& des 
pilules de Belofte , dans lefquelles le 
mercure entre très-certainememenr. Lei 
praticiens les plus expérimentés regar¬ 
dent ce remede comme fpecifique peur' 
les maladies-de galanterie^ On aîièu de 
foupçonner que l’époux de Madame en 
a été attaqué ou avant , ou depuis foii 
mariage , & ipi en avoir communiqué 
des impreffions qui éxîgeroient Fufage de 
ce fecours. Dans cette fuppofition , il' 
auroit été nécedaire qu on eut expliqué 
les accidents de galanterie de Monfietîr 
D'v| 



84 Consultations choisies 
leur traitement, ceux dont il avoir fait 
part à Madame /Se la méthode fuivie 
dans la cure. 

Comme on eft perfuadé de l’habile¬ 
té & de l’experience de la perfonne qui 
a dreffé la relation , on juge que fi les 
<iirconftances détaillées ci-delfus avbienc 
lieu en partie ou en total, elle auroic 
eu la précaution de ne pas les palîèr 
fous filence. On va donc tabler préci- 
fement fur ce qui eft énoncé dans la 
reiation pour en tirer les indications qui 
peuvent conduire à une cure methodL 
que, nous réfervant le droit de la chan* 
ger , fi on nous donnoic de nouveaux 
éclairciflements. 

Les accidents dont Madame eft fati¬ 
guée , & qui ont pour époque un avor¬ 
tement fâcheux qui lui arriva il y a fix ans 
ou environ, doivent,fuivant la relation, 
fe réduire à une dimmution très-confi- 
derable des réglés, qui ont paru depuis, 
quoique très-rarement 8 c en petite quan¬ 
tité ; à des obftruélions dans les vifee- 
rcs du bas-ventre très rnarquées ; à des 
douleurs rhumatiques mêlées de bouftëes 
de fievre , & accompagnées d’une op- 
preffion de poitrine très-incommode j 
à des accès de fievre tierce furvenus de 



DÉ MEDECINE. 
tems à autre ; à une douleur de tête 
violente, à un dégoût prefque conti¬ 
nuel , à de l’iéquentes, i omgueSj & for¬ 
tes convuliîons, à des douleurs dans 
lé bas-ventre avec une conftipatioh ha¬ 
bituelle , & à -une inflammation qui a 
paru fur. la gorge & conftamment iîxée 
fur les ïéux ùc les paupières qui fe trou¬ 
vent très-gonfiées J & abreuvées d’une 
lymphe épaiffe , avec des douleurs plus 
ou moins vives dans les ïeux , difficul¬ 
té à fupporter la lumière , des tiraille¬ 
ments dans ces parties ,&c une infom- 
nie trop fréquente. Les paupières d’ail¬ 
leurs fe trouvent collées le matin l’uné 
contre l’autre , par une chaflie épaiflé. 
Madame a perdu la couleur naturelle 
de fon tein , qui tire préfentement für le 
pâle ou le jaune j elle fe plaint d’une pe- 
fanteur dans les membres Ôc d’une pa« 
refle qui font journellement des pro¬ 
grès J elle a été fujette à des boutons 
qui fe font diffipés par l’ufage des to¬ 
piques. 

Pour peu d’attention que l’on fafle 
au grand nombre d’accidents que l’on 
vient de décrire , on ne fçauroit mé- 
connoitre le caraéiere de la maladie pour 
laquelle on demande confei4& qu’on 


CoNSTfLTATION'S CHplSlES 
doit regarder comme tine affedion va,* 
poreufe hyfterfque , & mêlée de quel¬ 
que chofe qui tient du cacliictique. Oiî 
conclurra de plus que tous ces iymptô- 
mes, malgré leur complication, ont été 
produits .^font aéluellement entrete¬ 
nus par la fechereliè , répaiffiiiement ^ 
êc la faumure , de la portion lymphati¬ 
que du fang & des autres parties inte* 
grantes qui le corapofent. ^ 

La furpenfion ou diminution confi- 
derabie des écouiemencs menûruels a 
beaucoup contribué à troubler la dépu¬ 
ration & l’affinage dont la malîe du 
iàng a befoin, & mêrhe a caufé les obfc, 
îrudions des vilceresdu bas-ventre qui 
ne nous font connues que Confufement, 
Les digeftions fe font reïTenties niécel- 
fair ement de la diipoffiion vicieufé de 
la lymphe digeftive, §c le mélange con- 
îinuel d'^un cbyle mal travaillé dans les' 
principaux tuïaux de la circulation ^ 
multiplié de plus en plus le défor dre des 
liqueurs quia ffiivil-avortement, ouïes 
eaufes qui Tont précédé,& fur iefquelîes 
nous ne pouvons rien dire de précis. 

Pour fuivre les réglés de la bonn^ 
ptàtiquedans le traitement des accidents 
4écailiésci-deffiis 3 , le Confeil juge qu^ 


DE Médecin î. 2j. 
l’on doit fe propofer de rétablir Toeco- 
nomie des digeftions , de rendre la lym¬ 
phe & les autres parties intégrantes dtî 
fang plus fluides ôc plus coulantes, d’en , 
diminuer la raumure qui a pris le delFus ^ 
de débarrafler les vifcerés du bas-ventre 
qui font obflrués & de leur redon¬ 
ner la liberté de* leurs fonctions, 8 c 
en particulier à. la matrice , celles 
des écoulements menftraels. On efpe- 
ïe que ces indications, pourront être 
remplies par le fecours des remedes' 
qu’on va avoir l’honneur de confeiller» 

Suppofé que les ïambes de Madame 
ne foi eut point enfléeSjComrne on a lieu 
de le croire,on commencera par une fai- 
gnée du pied, dans laquelle on tirera 
deux palettes de fang , & le furlende- 
main de la faignée on purgera fous cette 
formule, 

P V R G jit IO jsr. 

Prenez rhubarbe concaffée une drachi- 
me ; fleurs de violettes deux pincées 
faites bouillir dans Teau de fentaine 
dilîblvez dans* huit onces, de colature 
deux onces de manne de Calabre , & 
une once de fyrop de fleurs de pêcher, 
f âites une potion qui feraprifelernatiru 



dt Consultations ^ choisies 

Si cette médecine ne. purgeoit pas af- 
fez, on y ajoiitefoit une drachme de 
follicules de fenné. 

Immédiatement après, Madame boi¬ 
ra pendant fix matins le bouillon fui- 
vant. 

BOV IL ION. 

Prenez racines de pivoine mâle con- 
calTées une drachme; deux écievilïes de 
riviere étouffées dans l’eau chaude , & 
pilées dans le mortier de marbré ; feuil¬ 
les de pimprenelle &c de fcolopendre de 
chacunes une demi-poignée ; douze clo¬ 
portes lavés vivans, & écouffés dans» le- 
vin blanc ; faites un bouillon avec un 
ieune poulet. - 

Pendant les fix matins fuiyants Ma¬ 
dame üfera du demi-bain domeftiqué 
tiede, ou elle demeurera uneheure cha-^ 
que fois , avalant à la fortîe une on 
deux taffes de feuilles feches de meliffe 
ou citronelle préparé^ à la maniéré du 
thé , pour revenir pendant fix nouveaux 
matins aux mêmes bcMÎllons, & réité¬ 
rer le même purgatif à la fin. 

Madame boira enfuite pendant une 
dixaine de matins cette préparation de 
petit lait. 



3b E MEDECINE. 

PETIT LAIT. 

Prenez une chopiiie de petit lait tiré 
du lait de chevre en le faifant cailler 
avec les fleurs de chardonnette , & fé- 
paré de fon fromage en le laiflant égou- 
ter à travers un linge j clarifiez-^le avec 
le blanc d’ceuf , , ajoutant dans le tems 
de la clarification fommités fleuries & 
feches de mille pertuis une pincée , & 
huit cloportes lavés vivans & étouffés 
dans le vin blanc , de maniéré qu’ils 
bouillent légèrement pendant le tems'- 
de la clarification ; diflblvez dans la co- 
lature autant qu’il faut de fucre roïal. 

On tentera de nouveau d’abord après 
le demi-bain domeftique tiede pendant 
neuf matins avec l’inflifion de feuilles 
feches de citronnelle à la fortie,pour re¬ 
prendre encore le même petit lait, les 
demi-bains étant de nouveau finis ^ pen¬ 
dant dix nouveaux matins , terminant 
ces remedes par la médecine ordinai¬ 
re. 

Vers le vingtième du mois d’août 
Madame boira pendant fix matins les 
eaux de Spa ^ qu’on aura foin de faire 
dégourdir ou tiédir en les buvant. La 


$0 CoNSULTATÏOKS CHOISIES 
quantité de ces eaux pour chaque ma¬ 
tinée n’excedera pas celle d’une pinte 
demie dans le commencement,& celle 
de deux pintes mefure de Paris dans la 
fuite, lî elles palTent bien. On diffou- 
dra le premier jour de la boiHbn dans 
le premier verre deux onces de manne 
& vingt-cinq'OU vingt-huit grains de 
rhubarbe en poudre -, on en fera de 
même le fixiéme jour dans le pénultie- . 
me verre.. 

Avant de commencer la boidbn des 
eaux , on examinera fi les pieds ou les 
jambes de Madame font enflés, & dans 
ce cas-là on éviteroit la boiflbn. On en 
feroit de même fi les.obftrudions du bas* 
ventre étoient très - confiderables, ou 
fi les eaux ne paflbient pas bien. Mais 
fi au contraire leur boiflbn a bien réuf- 
fi pendant le tems marqué ci-deflus, on 
lahîèra repofer Madame pendant quel¬ 
ques jours , après lefquels elle recbrn- 
mencera la boiflbn & la continuera 
pendant fix matins avec les mêmes pré¬ 
cautions pour le purgatif. 

Les chaleurs de l’été étant tombées, 
Madame fera relfaignée du pied & re¬ 
purgée avec la même médecine, pour, 
prendre immédiatement après pendait 


B E M E D ï C I N E. 

neuf matins ce bouiilonjréicerantla mê-^ 
me médecine à ia fin. 

BO,V ILLO N, 

' Prenez racines d’année & de pivoine 
mâle concafTées, de chacunes une drach¬ 
me ; deux écrevilîès de rivière étouffées 
dans Peau chaude & pilées dans le mor¬ 
tier de marbre ; feuilles de chicorée 
fauvage & de crefTon de fontaine , de 
chacunes une demie poignée ; douze clo¬ 
portes lavés vivans, & étouffes dans le 
YÎn blanc ; faites avec un morceau de 
veau un bouillon ; & diffolvez dans trois 
cuillerées de la colature tartre martial 
fbluble dix-huit grains'; avalez cette fb- 
lution & buvez par deffus le relie d® 
bouillon. 

Pendant les douze matins fuivants 
Madame aura recours à la même pré¬ 
paration de petit lait'confeillée ci-defl 
fus, avalant crois quarts d’heure,ou une 
heure auparavanr^ce bol^ & employant 
à la fin le meme purgatif. 

B 9 L. 

Prenez poudre de guttete & falTra»’ 



Consultations choisies 
de mars apéritif préparé à la rofée da ; 
mois de mai, de chacun douze grains ; 
cloportes en poudre Sc extrait de rhu¬ 
barbe , de chacun fix grains 5 faites un 
bol pour une prife avec le fyrop des 
cinq racines. 

Suppofé que ces remedes eulTènt pro¬ 
duit de bons effets , on redonneroit à 
Madame les mêmes bouillons, le mê¬ 
me bol , & le même , petit lait dans le 
même ordre,& avec les mêmes circoiif- 
tances prefcrites pour leur premier ufa- 

, ge-* ■ 

On pourra baffiner les ïeux une ou 
deux fois-par jour avec ce collyr^ 

. CO L LT R E. 

. Prenez eaux de fenouil de rofes , 
de chacune quatre onces ^ dilToivez-y 
une once de vin émétique •, faites un 
collyre qui fera employé tiede. 

Si mieux on n’aime employer celui 
cjui fuit. 

^VTRE COL ETRE. 

Prenez graines de fenouil ' doux une 
drachme j fleurs de camomille & de me- 



DE MEDECINE. 9^ 

îilotde chacunes une plncée;faites bouil¬ 
lir légèrement, puis infufer dans une 
chopine d’eau de fontaine, DilTolvez dans 
la colature un gros de tuthie préparée , 
& deux gros de fucre candi • faites un 
collyre pour s'en fervir au befoin< 
Pendant i’hiver Madame ufera trois 
fois la femaine dans la première cuille¬ 
rée dé foupe,à l’heure de fon dîner, du 
faffran de mars apéritif préparé à la ro- 
fée du mois de mai, à la dofe de huit à, 
dix grains. 

On paîîè fous hlence leTrégime de vi¬ 
vre, comptant que Monfîeur le Méde¬ 
cin ordinaire pourra le confeiller plus 
. à propos, & fe regler fut les differents 
changements dont la maladie eft fufcep- 
tibie, & qu’on ne fçauroit prévoir. 

A Montpellier le 2.0. juin 174 4. 
Sigrié , M O N T A G N E. 



04 Consultations choisies 


CONSULTATION XI IL 

Sur ms ajfeÜion mèlancholiqus 
& hyfierique. 

L Es maux & la pefantcur de tête ’ 
les éblouilîements, le vertige, l’ab- 
batement de refprit, le trouble & la 
confülîon des idées "dont Madame eft 
fatiguée, fur-tout dans le tems de Tes at¬ 
taques de vapeurs ; la fufîbcation plus 
«U moins violente; la palpitation da 
cœur ; l’envie de vomir ; le vomiiïement 
communément mêlé de matières bilieu-- 
fes ; les cardialgies & la foibielTe qui 
les accompagne -, le gonflement & les 
grouillemens qui fe font fentir dans le 
bas - ventre ; les inquiétudes quelques 
fleures après avoir mangé, êc même le 
matin fans avoir rien pris ; les coliques 
très-fréquentes; la douleur des reins; 
les laflîtudes générales ; les douleurs va¬ 
gues; la' couleur jaune qui paroît de 
tems en tems dans différents endroits 
de la peau ; les pertes blanches qui pré-- 
cèdent ou fuivent les rouges ; l’augmen-- 
tation de prefque toutes les incommœ- 





BE MEDECINE.* 

Allés ënopcées avanc !e dévelopemenc 
des mois ; leur fufpenfion trois ou qua¬ 
tre jours après qu’ils ont fini, &: leur 
retour après ce terme j la^ fenfibiiité de 
la malade au moindre chagrin ; la craiiT- 
te 6c latriftelfe qui agitent prefque fans 
ceflè fon efprit *, & les idées défagréa- 
bles qui redoüUent dès qu’il Survient 
quelque nouvelle circonftance j tous 
ces accidents, dis-je , càraderifent par¬ 
faitement la maladie pour laquellé on 
demande confeil, & que l’on doit re¬ 
garder comme une afiedion aiélancho-. ■ 
Tique hyltérique. ; 

Cette foule de fymptomes, malgré 
leur complication, dépend néai^Tsoins de 
deux caufes également fimples, c’eft- 
à-dire , de répaiffiflêment & de la fau- 
mure de la mafiè du fang, & en naême 
tems de la trop grande élafticicc ou ten-, 
fion fpafmodique du genre nerveux. 

Le tempérament vif & bilieux de 
Madame prouve clairement l’état vi¬ 
cieux des fluides & des folides que l’on 
vient d’établir , ^ qui a été confidéra- 
blement augmenté- par les mauvaifès 
digeftions, & par les embarras qu’on 
a lieu de foupçonner dans le foie. L’a¬ 
bus que la rnalade a fait des alimenEs 


5<5 Consultations choisies 
cruds ■& indigeftes en afavorifé le' 
progrès, auffi - bien que les embarras 
de la matrice, marqués par les pertes ' 
blanches. A toutes ces caufes on peut 
joindre les groiïélTcs déjà nombreùfes', 
-& très-incommodes, par lefquelles 2vla- ‘ 
dame a pâlie. 

Pour-tirer tout, le parti poffible des 
accidents énoncés ci-delTus, on doit fe 
propofer de rcdreflèr les fonctions de 
ieftomac,de le rendre moins fenlîble, 
de procurer une divilîon ménagée à la 
jmafle du fang, d’en diminuer la faumu-- 
rc qui a pris le deflus, de redonner au 
foie 6 c aux couloirs utérins la liberté 
de leurs fonétions , & enfin d’alïouplir. 

& de détendre le genre nerveux qui a 
perdu là foupleire. On efpere que ces 
indications feront remplies par le moïea 
des remedes fuivants. 

On commencera par donner quatre ; 
foîrs de fuite à l’heure du coucher le re» 
mede ci-joint. . ' 

POTION. 

Prenez d’eau de menthe 8 c d’arthe- - 
mile, de chacune deux cuillerées ^ de fel i 
d’âblynthe quinze grains j de fyrop de J 
limons^ < 



B î M E D s C I N E. ' ^ 

limons fix drachmes ; de teinture ann- 
dyne de Syndenham quinze gouttes , 
dont on fera un mélange exaét. 

Après quatre jours d’ufage de ce petit 
pilep , Madame fera purgée avec deux 
lcrupules de rhubarbe concalîee , deux 
pincées de fleurs de pêcher, & une pin¬ 
cée de fommités de petite abfynthe ^ 
dont on fera une décodion , dans un 
grand verre de laquelle on laiflera in- 
fufer pendant la nuit à froid une drach¬ 
me & demie de fenné , dîffblvant le 
matin dans nnfuflon coulée une once & 
demie de manne & une once de fyrop 
de chicorée compofé. 

Pendant les cinq matins fuivants 
Madame prendra un bouillon fait avec 
un morceau de collet de mouton , une 
drachme de racine de pivoine mâle con- 
caflee, d'eux écieviflès de riviere étouffées 
dans l’eau chaude & écrafées dans un 
mortier , & une petite poignée de feuil¬ 
les de chicorée amere. On jettera dans 
le pot fur la fin de la codion huit ou 
dix cloportes lavés & étouffes dans le 
vin blanc,que l’on fera légèrement bouil¬ 
lir durant quelques minutes avant de 
couler le bouillon. 

Pendant les cinq matins fuivants j 
^l'orne ll^ E - 



.«sS C^ÎNSUtTATlOîîS -SHOTSÎES 

Madame ufera de ce bol, avalant paf- 
rdeffùs une bonne talfe d^infufion de' 
feuilles feches de citroneiie préparée à 
h maiiiere du thé. 

B O L. , 

Prenez de poudre de guttete ^ de 
conferve de kynorrhodon , de chacun 
quinze grains- d’extrait de genièvre & de 
îhubarbe.de chacun huit grains ; de tein¬ 
ture anodync de Sydenham fx gouttes 5 
mêlez le tout enfcmble , & y ajou¬ 
tez quelques gouttes de fyrop de ca- ' 
piiiaire pour former un bol. 

Aiant réitéré la même médecine à 
îa fin de ces remedes, Madame pren- 
ÆÎra pendant cinq matins le demi-baia 
domeftiquetiede^où elle demeurera uaë 
heure chaque fois, buvant à la fortie le 
fooinlion concilié ci-deffiis ; pour re¬ 
venir d^abord après au même bol & à 
îa même infufîon pendant üx autres 
•matins , qui feront fuivis du mên^ 
purgatif - 

Madame, s'étant repofée pendant une 
femaine , aura recours au demi - bain 
domèftîque tiede pendant fix matins V 
fe fervant de la même infurion de eh- 




-s "E M e D E Cl N'E. 

-trcnélle à la forcie, &, après quatre jours 
de repos, elle ufèra encore du demi- 
î)am'& de l’infulion pendant iix autres 
•matins.. 

Après une iufpeolÎGn d’une Semaine 
la malade boira pendant fix matins 
les eaux d’Yeuzet, mais dégourdies-oà 
îîedes. La quantité de ces eaux par ma- 
;tinée n’excedcca pas celle de deux pin¬ 
tes, ou de deux pintes ôc demie , mefu- 
re de Paris , qu elle avalera dans Tefpa- 
'Ce de deux heures en différentes repri^ 
fes. On diiibudra le premier jour de la 
boiflbn dans le premier verre deux on¬ 
ces de manne , -& vingt grains-de rhu- 
ibarbe en poudre. On en fera de même 
le dernier jour dans le dernier verre. 

Si les eaux ont bien palîe.. Madame 
en interrompra la boiflbn pendant cinq 
■ou fîx jours, après lefquels elle la re¬ 
commencera, pour la continuer pendant 
fîx matins avec les précautions déjà 
prefcrites. . 

On verra après ces remedes l’état oâ 
la malade fe trouvera , , fi les demi- 

Isains lui avoient été favorables, elle ea 
reprendroit encore une demi-douzaine 
le matin avec l’infuhon de méliffe à la 
ibrtie. 



lOO Constjltatioks choîsies 
L’automne prochain Madame , aiant 
été purgée , emploiera pendant cinq 
matins les bouillons prefcrits ci-defTus 
& d’abord après le bol, auquel on ajou¬ 
tera huit grains de cloportes en pou¬ 
dre , avec l’infufion de mélillc pendant 
fix nouveaux matins -, & aiant réitéré le 
purgatif 5 elle reviendra aux mêmes 
bouillons & au même bol, avec l’infu- 
.fîoii durant cinq matins chacun , finif- 
fant par la même médecine. 

. Suppofé qu’avant de recommencer 
les premiers touillons le vomiiTement 
fubfiftât g on fe ferviroit pendant quatre 
foirs du julep antiémétique , avant de 
venir au purgatif. - 

On compte qu’après l’ufage des bouil¬ 
lons & du bol que l’oii vient de fixer à 
dix jours chacun, l’eftomac fera en état, 
de fupporter le petit lait ; ainfî peardant 
les dôme matins fuivants, Madame e» 
boira un grand verre qu’on tirera du lait 
de vache ou de chevre caillé le foir avec 
la, prefure ordinaire , ôc qu’on féparera 
de fon fromage en le îaiiTant égoutter 
pendant la nuit à travers un linge, pour 
le clarifier le matin avec le blanc d’œuf. 
On y jettera pendant cette, clarification 
.Luit cloportes lavés &: étouffés dans le 


DE MEDECINE^ lOÏ 

vin blanc , &: une pincée de fommités 
de menthe , auxquels on donnera une 
ébullition de quelques minutes avec le 
blanc d’œuf, y éteignant en même tems 
quelques petits doux touillés & rougis 
au feu. On diflfoudra dans le petit laie 
coulé un peu de fîicre roïal, & on re¬ 
purgera à la fin. On fuppofe pour l’exé¬ 
cution de ce remede que Madame ne 
devienne pas enceinte. 

Pendant l’hiver, Madame ufera trois 
fois la femaine. dans la première cuil¬ 
lerée de foupe à l’heure de fon dîner , 
du fafîfau de mars apéritif ptiéparé à 
la rofée du mois de mai, à la dofe de 
fix ou fèpt grains; fuppofant toujours 
l’exemption de grolîeffè. 

Il eft abfolumenr nécefl^ire que Ma¬ 
dame garde un exaéfc régime de vivre ^ 
quelle fe nourrifife avec des potages à 
la viande, du bouilli & du rôti. Elle fe 
privera des ragoûts, de la friture , de 
la patilTerie , des falades , des fruits 
cruds, des légumes 8 c de tous les alt- 
ments venteux , indigeftes, ou échauf¬ 
fants. 

Les remedes 8 c le régime de vie que 
l’on vient de propofer feront très-inu¬ 
tiles , û Madame ne prend le parti de f® 
E iij 



'toi. 'CôNSTrLTATïONS CMOîSîES 
îraiiquillifer, & de modérer fes inquié- ‘ 
tudes, & Tes vivacités. Elle a befoiii de 
fe diffiper par la promenade , par la: 
fcéquentation des compagnies, ou elle 
pourra prendre des plaifîrs honnêtes 3,, 
& par toutes fortes d’occupations amu- 
fentes, & propres à croifer le panchant 
quelle a à, réfléchir fur Tes incommo^ 
dites, & à s’allarmer fur le. dénouement 
qu’elle en doit attendre. 

A Montpellier le 14. Juin 1 7'4-,4^ 

St^fîé ,, M O K T A G N. E.- 


CONSULTATION Xi^ 

Sur un flux hémorroïdal avec enflure auxc 
. chevilles ^ gante aux orteils , jamijfâ^- 
m vïfage & aux leux , dijpcuhé dé- 
rejpirer'-, flethore ^bourdonnements d.o^- 
reille , &e. 

L e flux hémorroïdal dont MonfleuÉ' 
a elfuyé depuis, quatre ans dîffereiiv 
tes attaques,, tantôt plus fortes & Ion-' 
gües,, tantôt moins violentes & moins; 
fréquentes mais qui pourtant n’ont: 
EoiiîE .cédé.; en. entier ni.au. tems j ni aux: 



B ï M f D E c ï k^e; rof 
yemcdes j les légères enflures qui ont’ 
paru pendant un an aux chevilles ; les- 
accès de goûte’ qu il a Icntis aux gros 
orteils des deux pieds , mais qui n’ont 
pas eu de fuite 5 la couleur jaune da 
fort vilâge & du blanc des ieux ^ la di- 
' minution de" fon embonpoint de fès 
forces y quoiqu’il ait confervé fsn ap¬ 
pétit ; la difficulté de refpirer qui fur-' 
vkrtt lorfqu il fatigue ou qu’il monts ; 
l’état de plénitude & de force de foff 
|?oals, fans fievre 5 le battement fixé dans: 
Fintérieur de la-tête , fur la poitrine , 
fur l’épine jufqu à l’os fàcram , avec un 
bourdonnement d’oreille; la fortie d’une; 
hémorrhoïde qui donne priacipaiemenf 
du fang lorfquil va au baffin ; fe, pe«' 
■fanteur d’èftoœae ^ les rapports dcfo- 
deur des: œufs couvés r-l’état pâteftx de" 
là bouche ;; la plus gtande conlifteneç' 
& i’acreté de fa falive^ i’augmentatioffi 
des battements des artcres de là tête j, 
qui précédant l’arrivée du âiix hémor.» 
rhbidaf; & enfin la douleur qui fur vient' 
par fois aux deux genoux avec înfom- 
nie ou interruption du fommeil 5 tous> 
ces accidents, dis-ic; font les produc¬ 
tions d’un fàiig^fèc 5. épais , & acrim©^»/ 



204 Consultations choisies 
La conftitution vicieufe des liqueurs 
que Ton vient d’établir , & qui étoit at¬ 
tachée au tempérament bilieux , fenfi- 
ble , & plein d’ardéiir & de feu, du ma- 
iadCj, a été extrêmement augmentée par 
foii intempérance dans le boire & le 
manger, dans le commerce avec les - 
femmes , par les fatigues outrées de là 
chalïe , & par celles qu il s’eflr données 
fans aucun ménagement pour fuivre les 
événements, de fes affaires domeftiques. 
Le flux üémorrhoïdal extrêmement 
abondant, en diminuant brufquement 
la quantité du fang néceffaire pour les . 
fonctions de la vie, en a troublé l’oeco- ' 
nomie > Taffinage qui doit fe faire jour¬ 
nellement de la maffe du fang dans le 
fyftême vafculeux a été dérangé ; les 
digeffions font devenues imparfaites, & 
félon toutes les apparences la feparation 
de la . bile dans le foie n’a pas été libre\ 
comme Tiétere , Sc la couleur jaune du 
vifage le prouvent évidenîlnent» Les 
changements furvenus dans les. fluides 
ont porté leur impreflîon fur les foli- 
des , qui ont perdu leur foupleffe, & 
font tombés dans un état de roideur 
ou tenfîon fpafmodique,. 

Il neft pas également aifé de déter* 


»s Medïciîte, 105^ 
toiner fî les deux gonorrhées viruleii- 
fes dont Monfieur à été attaqué autre¬ 
fois , n’ont pas influé & n’influent pas 
encore dans le dés^elopennent, & l’o- 
pinârreté des fymptômes détaillés ci- 
deflùs , parce que l’on ne connoîc 
point les remedes emploies pour le 
traitement des deux maladies de ga¬ 
lanterie , ni quel a été leur caradtere. 
On ignore fl elles font tombées fur les 
bourfes ,, fl elles ont été accompagnées 
d’accidents violents ^ fl on les a fuppri- 
mées par des inledions, fl on s’eft fervî 
de remedes convenables-, fl pendant 
leur ufage le malade a gardé le régime 
de vivre néceffaire pour que les fecour& 
travaillent folidement fur la-caufe^ 

En attendant dTautres écTairciflements', 
fl on juge à. propos de les' donner , le 
Confeil croit que,pour fliivre les réglés 
de la bonne pratique^on doit fe propofeir 
de reélifler les digeftion', de divîfer la 
mafle du fang fans y mettre le feu 
d’en corriger l’acrimonie qui a pris le 
deflüs , & de:, redonner au fyflême 
des fciides. k fouprelle qui fui manque. 
On efpere: que ces indications feront: 
ïempfies pat le moien des remedes fuii- 



€ôksultatiow« choisies 

Suppofé que le flux; 'hémorrhoïdà!: 
ïi’exifte pas aduellement, on commen¬ 
cera à; purger. Moiifîeui fuivanc cetce- 
forraule.-- 

■ EU R G AT 10 M 

Prenez pulpe dé tamarins une oncc^' 
inoëlle dé calfe récemment extraite, & 
BQU mondée de Tes noiaux deux onces"-- 
riiubarbe concaflee & feï d’Epfom dé; 
cbacuii une drachme v fleurs de mauvé:' 

de, pêcher, de. chacunès une demi- 
poignée; faites bouillir dans l’eaudê fon¬ 
taine dîflblvez dans une. chopine de- 
ccslature deux onces & demie dé man- . 
ne; dé Calabre ; faites une potion pout: 
^lîx dofes , qui ' ferontpriles de matin 
îaîflànt entre elles, deux heures d’inter— 
Valico 

Mais il en- recevant cette Cônfaita^-. 
Hon,, Ip malade avoit fon flux hémor— 
îhoidal, on attendrok qu’il fût fufpendu ;; 
ôn pcurroit rnêmé faire une pecite lai— 

' gnée du bras, II on la jugèoit néceflaire,. 
jLÎna , foit que l’on purge , foit que l’on .' 
ïenvoïe la purgation, on donnera pen¬ 
dant. dix; matins un bouillon fait avec.: 
.ma.jéwnê-’pQ.ukt. ^ leseuiilès dé quatre.:0a-r 


' JJX' M"e B E C Î N I; ÎÔ7 

dnq’grenouilles écorchées & écrâfees ^ 
^eux- écrevîfTes de rivierè étouffées 
dans rèau chaude & écrafées dans un 
mortier, & une poignée en tout de feuil¬ 
les de pimpinelle & de millefeuille, Sc 
de fommités d’orties gtiéchès, fe fer¬ 
rant de la liiédecine confeillée ci-dedus ■ 
à la fin,. ' 

Pendant les douze matins fîiivants 3, 
Monfîeur boira^aine-écuellée de petit' 
Jàit qu on tirera du lait de chevre ou 
de vache caillé le foir avec la prefùre^ 
■ordinaire , 8 c qu’on féparera de fon fro¬ 
mage en le laiflant égoutter pendant la-, 
nuit à travers un linge , pour le clari-- 
fîer le matin avec le blanc, d’œuf. On ‘ 
y jettera pendant cette clarification une ’ 
■pincée de fommités feches & fleuries- 
d’hypéricum , y éteignant en même" 
îëms quelques morceaux- de fer -rouil-- 
ll's & rougis au feu,.. On difloudra dans:.i 
lè petit lait coulé deux cuillerées de fuc^ 
d’orties bien dépuré un peu de fùcre-' 
roïâl, Tepur|eant. à-la fin avec le 
me rernedl. ^ 

Gn pourra' tenter enfuite' pendane: 
îîeuf matins le demi-bain 3,. & mêmffî 
dans la-ifuite le bain domeftiqae entier ^ 

âlié"demi=^aüiïéüfEt.ç.où'ie rmiade-dd»' 



io8 CoNStîLTÂ'noîrs cîtoisîeî 
nieutera une heure chaque fois, ava-^- 
lant a la fortie unt bouillon fait avec 
uu jeune poulet, deux écrevilTcs , Ôr 
une demie poignée de fommités d’orties 
gtiéches. Gn aura foin de faire tenir les 
pieds hors du bain , par rapport aux 
leaeres attaques de goutte qui ont para 
autrefois^ 

Si ees remedes jnr eunn bon fticcés ^ 
qu’il ny ait point d’enflure marquée 
au pied , ni d embarras dans le bas- 
■¥entre,.cu la poitrine , qurpuiflènt s’y 
©ppofer 3, Monflêur prendra pendant ' 
neu f jours les eaux de Cranfac, ©u celles 
de Vie , mais tiedes ou dégourdies. Oa 
difloudra le-preçnier jaur de la boifloa 
dans i'e premier verre: deux onces de- 
manne & une onœ de fyrop de rofes- 
fokîdf • on en fera de-même-le dernier 
|0ur dans le dernier ou pénultiémeverrew 
Oivexatminera lequel de ces deux re- 
medes a p-aru leplus favorable-, & ,après 
quelques jours de repos on réitérera©a 
îes bains,, ou la boi(rQadeseaux.,iaver 
les mêmes précaurons , fuivant que- 
Fon. croira devoir donner la préféren¬ 
ce à l’un ou à l’àutreo,, 

L’automne prochain , Monfleur res* 
fxeoditâ pendant dix. malins, les. pre-r 



9 % M S' » ï C T N tf. î<5^ 
ïnîers'bouillons conlèiliés ci - deflus 3, 
auxquels on ajoutera une douzaine de 
cloportes en vie quon aura lavés Ss 
ccouiTés dans le vin blanc y& d’abord 
après la même préparation de petit lais 
avec les mêmes précautions pour le 
purgatif déjà prefcrites pour le premier 
uTage de ces remedesî 
Suppofé que le petit lait ait bien paC. 
fé , & qu’il n’y ait ni obftruétion dans 
le bas - ventre ni enflure aux jambes 
qui méritent attention, on aura recours 
d’abord après au lait d’àneflè entier, que 
Monfleur boira le matin , & qu’il con¬ 
tinuera pendant une couple de mois , 
ill’eftomac s’en accommode, rnêlant à. 
chaque dole. deux cuillerées de la fecon-- 
de eau de chaux» Le lait du matin aians 
bien pafle, pendant une dixaine de jours,, 
îe malade mangerait le foir à l’heurç 
de Ton fouper ou un. ris, ou un avenat, 
ou une foupe, au lait de vache ou de 
chevre , fe purgeant, a la fin avec la me- 
me médecine. 

On a'oucera de deux en deux, jours à 
îa première cuillerée du. lait du matin 
mie poudre faite avec vingt-cinq grains 
de corail rouge préparé , & douze grains 
4 e-cachou brut léduit en poudreu 


ITO CÔNSyflT'ATTbm- CHÔÏSÏES- 

On poLirroit au refte quand le maîa-i- 
de fera, préparé emporter avec lè fer. 
rhemorrhoïdè qu’on a remarque four=- 
nir beaucoup de fang, puifqu elle pa— 
roîc lorfque le malade va au baffin ^ 
s^il s’èn préfentoic. quelqu’autre ou fe.-? 
fêrviroic de la même opération. 

Durant l’biver j.Mbnfîeur uferà de 
tems à'autre 3,.ou le foir ou le matin 
du lait de vache en guife-d’aliment, &' 
trois fois la femafne dans la première * 
èuiiierée de foupc a Tiieure de fan dî¬ 
ner, du fafE'an-de mars apéritif pré'-" 
paré à là rofée du mois de mai la . 
dofe dé huit -OU dix grains. 

Pendant le cours de-, ces remedes g, 
Monfieur doit fe nourrir avec des po¬ 
tages à la viande , du bouilli & du rod y, 
s’abftenaot des ragoûts ,^^d& là friture ,, 
de la patiiïérie. ^ des falades, dés fruits- 
cruds, & dè tous les aliments venteux^, 
groiïïers 3 Jndigeftes-,.ou échaupàncs# 
ïî s’en tiendra à une maniéré de vicf 
très-frugale, boira. très-peu de vin ôc" 
extrêmemèm trempé ; •&, s’il paiîojtder 
mauvaifes-.nuits , on lui donneroit le;’: 
&1C 5,,„ou Ib fyrop dè*:'pavot blanc avscs 

dèuxoM-troii.cuiileréesid’eaü-de.pjanciiivs' 



V ç M e'd e c; I K- Ei, ■ ïa 
0U îès gouttes aaodynes de SydenEam j., 
ou les pilules.de cyiioglolTe,- 

A ^Montpellier le juin 1744,. 
Signé M O N -T A s N K. 


CONSÜLXÀTI-ON- XV..:- 

^ m rhumatifme , avec engourdïjfements 
tinîemênt doreille , fluxion au nez,, rou^ - 
geur , dartre, jvivje a la face , hémor^.- 
rhoides^. 

E rhunîatiiîné dont 'Madame-a été' • 
affligée peu dé tems après quelles 
réglés ont difparu ': lés engo.urdiiièraents- 
de differentes parties du corps y,qui lui 
ont fuccedé qui fe font fentir fur— , 
îout“à::ià tête, avec des tintements d’o— 
'reille ; la ffuxion qu’elle? a au. nez? 
puis une de fes couches ; les ■ rougeuîss 
& la dartre vive dé la face & enfii!:? 
lés violentes attaques d’hémorrhoïdes ^, 
reconnpiffent pour câufes fépaîffiflè— 
ment-, la fecEerelTe, &: racreté, des li¬ 
queurs ^ . rabondance: du fang , & uner' 
trop grande fenffbilité & tenfion dans.- 
le genre nerveux,, Ea - nature particui- 
liere det toutes - eeS'ffndifpofidons- dé— 
fmcnîrê:. le.- eâraclere; qqe- ao.us. établi!^. 





'élï CoKSUlTATIONS CH^rsiÊf 
fons dans la raalïè des humeurs , Si 
prouve claireraenc, que les fucs lym-r 
phaîiques en ont reçu une impreffioiî 
rrès-forte. Quoique le mémoire qu’oie 
nous a communiqué lailïe quelque 
choie à delTrer fur-tout ce qui a piécé- 
dé ^ & ne nous inrtruife point alTez des:- 
eaufes éloignées qui ont pu delTecher le 
faiig J & le rendre acrimonieux l’on en: 
découvre trois qui ont produit ce fâcheux 
effet j fçavoir le tempérament vif & fec 
de la malade naturellement propre 
à faire prendre aux liqueurs cette . 
tournure vicieufe , les, groflèfles & les- 
couches nombreulês ^ fo-it bonnes foie 
mauvaifes, qu’elle- a eiTuyées, & qüL 
ont dû nérc{r.iîrement répuifer , 6e pri¬ 
ver le fang de la partie ondueufe 
balfamiquê , & enfin la terrible épreu¬ 
ve oi elle fut mife l’a^nnée paflee par¬ 
la perte de Monfieur. fon fils aîné ^ qui ^ 
|ettanc un dérangement général dans' 
rœconomie des -folides & des fluides,, a 
agité- irrégulièrement la ma-ffo de ceux- 
ci 5,& en a diflîpé Les parties-, fereiifes . 
& volacileSo: - • • 

Pour ce qui concerne la tr-dp.^ grande^ 
quantité du iang ,,eUe eft ici b'enconf- 
tàtée par k conftitution phléEoriqiie 



D E M 1 D E C î N ïr î î f 
ûiiguîne de la malade par les- réglés 
abondantes qu’elle avoir autrefois ; par 
les pertes confidérables qui fuivoient fes^ 
couches, fans que cela les rendît plus 
fâcheufes ÿ & enfin par les fymptômes 
qui font fut venus , ou, qui ont augmen¬ 
té, depuis que l’écoulement périodique a 
eeflTé , comme boutons , rougeurs à la 
face y hémorrhoïdes. Enfin Tirritation 
& l’ébranlement du fyftême nerveùx qui 
conftituent ici des vapeurs naiilantes , 
font bien prouvées par l’attention que 
Madame fait à fcs maux , par la fraïeur 
extrême qui lui fait craindre un acci¬ 
dent finiftre, fans que Ton voye un fon- 
demerit folidc de cette crainte , par les 
tintements d’oreiile,& autres circonftaa- 
ces. Cet état des nerfs & de tous les fo^ 
lides dépend des caufes déjà énoncées 
qui ont defièché & appauvri le fang, & 
aînfi roidi & tendu les filets nerveux.. 
Les chagrins fur-tout furvenus dans le 
tems de la ceffation des réglés , ont eu 
îa principale part à cet effet. 

A tout ce que nous venons de dire^ 
nous devons joindre le vice des digef- 
tions , le grand nombre des gtoiTeifes,, 
la pléthore , îa tenfion des nerfs, 6c le 
mauvais caractère des liqueurs j, aiani: 





'sr4 Consultations choisies; 
dû de touce néceffitéintcreflTer l’eftomas" 

’ &- les fucs digeftifs ; & les rougeurs auî 
Tifage avec la fatigue que Madame- 
éprouve après le repas, nous indiquenc: 
que la digeftioii eft précipitée: 8c tumuU 
uieufe & que fon ceconoraie' naturel* 
îe eft troublée. . ' ' 

Toutes ces caufes étant étabiies ,,11- 
•fera aifé de déduire en particulier teus^ 
les maux qui affligent Madame j.. de la-, 
diftention ôc engorgement des yailTeaux: 
%mphatiques des parties membraneu- 
fes, ou des ctmloirs cutanés par des 
fijcs englués & acrimonieux :,dela corn- 
,preffion que foufSrent en conféquence’ 
les vaiffeaux fanguihs , déjà furchargés- 
d’un fang fuperâu j.ûonî rîfiûe ordinairr 
Sii: fermée ; du plus grand abord de ce; 
fang vers les arteres & veines hémpr- 
rhoïdales ,,,qui ne lui permettent pointr 
ane libre fortie ; de la cqiigeftion de ce^ 
, même fang vers les parties, fupérieufes'i; 
êc enfin dés fecoafies irrégulières deS'^ 
filets nerveux. ■ 

Le mal ^.tel qtfil eft aujourd’hui,, ne' 
préfente rien de fort dangereux, & qui' 
puitïè porter coup à la durée des joursi 
de Madame 5 'il fera rébeliè ^ difticite' 
à. détruire 5 , L’expériencet'nous âppre?. 


© E M E D 2 C î N F. Tlÿ:’ 

Ifraiit que tout ce qui eft rhumatifanc 
dartreux , ou vaporeux , réfîfte affèz'. 
opiniâtrement aux remeàes; ron croit: 
cependant pouvoir fe flatter d’adoucir 
infiniment toutes ces incomn;îodités^, ôc 
d’en obtenir même à la longue une 
guérifon parfaite.. 

Pour atteindre à ce but 5,. les indica¬ 
tions que l’on a à remplir ^^font de tenir 
les digeftions en réglé , de donner à, 
toutes les liqueurs leur fluidité naturel¬ 
le , fans y jetcer la fougue & Pincendie 3. 
d’en émouifer & d’en temperer l’acre-, 
té , de diminuer le volume du fang ^ 

' d’eir empêcher le trop grand abord ver^ 
la tête, ôc de rendre les filets nerveux, 

■ Couples & flexibles. 

Le Coirfeil foufligné ëfl: unânîme- 
ment convenu de fatisfaire k toutes^ 
ees vues par les remedès fuivahts.. 

L’on commencera d’abord par tirer 
à la malade deux palettes de fang da 
pied. Si cette première faignée la fou» 
lageoit notablement, en en feroit une: 
autre du bras le lendemain. On pur-^ 
gera.apès avec la médecine fuivante. 

P V .RG AT 10 N.. 

Prenez, moaile; de.caflè: récemiflenè: 


î ï Consultations choisies 
extraite une once & demie 5 fleurs de 
mauve & dé pêcher, de chacunes une 
dcmi-poignce ; rhubarbe choiiie & con- 
caflee cryftal minéral ^ de chacun 
une drachme ; faites bouillir légère¬ 
ment dans une rufiifante quantité d’eau 
de fontaine 5 diflplvez dans douze on¬ 
ces de colature , trois onces de manne 
de Calabre j mêlez,& faites une potion, 
pour deux dofes qui feront prifes le 
matin. 

Madame prendra enfuite tous les ma¬ 
tins pendant fix jours le demi-bain do- 
meftique d'eau tiede où elle reftera 
une heure , & au fordr elle avalera un 
bouillon fait avec un jeune poulet, les 
cuiflès de quatre ou cinq grenouilles, , 
une écreviflè de rivïere lavée au para- 
vant & étouffée dans Peau chaude , une 
drachme de racine de pivoine con- 
caflee Sc une poignée de feuilles de 
chicorée amere de jardin. L’on ne doit 
ajourer les grenouilles & tout le refte 
.au poulet, qu à.ia derniere heure de la 
'^coétion. 

Madame ufêra après pendant cinq 
fours des eaux de Vais afïbiblies, en j 
ajoutant le tiers d’’eau commune. Elle 
cnavakra tous les matins douze verres. 


B E MEDECINE, llf 

ôbfervant d’ajouter au premier , le pre¬ 
mier jour, deux onces de manne , de 
même que dans le dernier du dernier 
jour. L’on examinera ii les eaux ne por¬ 
tent point à la tête , dans lequel cas ou 
en fuipendroit l’ufage, & on les ren- 
droit enfuice purgatives le troifiéme 
jour avec la manne. L’on réitérera en¬ 
core deux fois alternativement les 
bains que l’on prendra en entiers, fi la 
malade les fupporte, avec le bouil¬ 
lon par delïlis, & les eaux minérales. 
L’on ajoutera aux fix derniers bouil¬ 
lons cinq à fix cloportes lavés & étouf¬ 
fés dans le vin blanc. 

Après quelques jours de repos, Ma¬ 
dame avalera pendant douze jours cha¬ 
que matin, un grand verre de petit lait, 
tiré du lait de vache ou de chevre cail¬ 
lé avec ta prefiire ordinaire , qu’on fé- 
parera de fon fromage en le laifiànt 
égoutter à travers un Unge,,pour le cia-* 
rifier d’abord après avec le blanc d’œuf. 
On y fera bouillir pendant la clarifica¬ 
tion , une bonne pincée de feuilles de 
fumeterre. Après-le petit lait. Madame 
fe purgera avec la médecine ordonnée, 
& pafièra tout de fuite à l’ufage du lait 
^ âneire,qu elle continuera jufqu au mois 



’îlS CoKSÜLTATIONS_, CHOISIES 
de janvier. Elle en prendra cTaborâ 
le matin une écuelléej quelques jours„ ■ ,| 
-après .. Cl elle le fupporte bien , on lui 1 
■en donnera le matin ôc le Ipir,, aiant 1 
•foin alors de fouper vers les fix heüres 
avec une crème de ris à l’eau au bouil¬ 
lon ou au lait de vache , ou un avenat, 

©U une foupe ordinaire. On ajoutera au 
lait d’ânelTe une ou deux cuillerées de 
la fécondé eau de chaux , Sc pendant 
• tout le tems de fon ufage , l’on prendra 
trois jours de la femaine une poudre 
compofée avec dix grains de cachou 
brut, douze grains de coraux rouges ‘ 
préparés, autant d’ieux d’écrcvilTes, & 

•de poudre de guttete. 

Pendant l’hiver , Madame prendra 
le matin une tdffe d’infiîhon de mé- 
■ liflê-ou citronelie,-faite à la maniéré da ' 
thé, avalant akernativemenn pendant 
, ûx jours vingt grains de poqdre, de 
guttete, ou neuf à dix grains de faffiraa 
de inars apéritif préparé à la rofée du 
mois de mai , la première le matin & 
la dernicre dans la première cuillerée de 
foupe. 

Au .printemps prochain , fon fera 
«ne fa%née du bras à Madame ( ce fe- - 
cours doit être emploie cet automne. 


® î M S 3 > £ C î-îT 

êc méirs plus fouvent, fi i aboodancÆ ) 
du faug pxenok le deflus. j Uon xepur- 
gera Madame, elle reprendra les bouîl- 
Ions,&le petit lait dans lequel on étein¬ 
dra trois doux rougis au feu, demême 
que dans celui de l’automne, ce qa’cia 
.avoit oublié de marquer. Elle paflera 
ièniuite à l’ufage du lait de chevre^^ . 
quelle prendra mêmedeux fois le jour, 
éc qu’elle continuera long-tems, fe pur- 
îgeant ap/ès. Dans les chaleurs de l’été 
•die reviendra aux bains êc aux eaux 
minérales. 

La malade dok manger peu, s’abfte- 
mir des ragoûts, fritures ,pacii΀ries^ 
-& de tout aliment de haut goût, fe 
nourrir de crèmes de ris , d’avenat,de 
rôti, de bouilli, de poiffon frais de ri¬ 
vière cuit fur le gril ou préparé à i’eau 
& au fel, & d’autres alimënts humec- 
îants On lui confeiile de faire tous les 
Jours un peu d’exercice,, d’éviter toute 
idée triftede fe diffiper & de varier 
ies amufemeris. Ce genre de'vivre fer- 
vira autant que les remedes à mettre 
- jen fuite fés maux, qui d’ailleurs noue 
rien de dangereux & d’allarmant. 

A Montpellier le ti. juillet 1744» 
Signés , LazermEj Montagne, 

CouB-ïIAIGNE , G 0 MBAI.US JEB.^ 



îio Consultations chotsîes 


CONSULTATION XVI. ^ 
Sur une virole douteufe. 

L Es petits ulcérés qui parurent il y a 
quelque tems fur la couronne du 
gland , & fur la peau qui couvre inté¬ 
rieurement le prépuce de Monfieur, 
avoieiit été produits par les fucs lym¬ 
phatiques &fanguins devenus trop grof- 
iiers,&quf,apres s’être arrêtés dans les 
glandes fébacées du gland, & du pré¬ 
puce, avoient formé de petits phleg¬ 
mons , & pris la tournure d’une fup- 
puration imparfaite , comme la liqueur ' 
jaunâtre qui découle de ces petits ulcé¬ 
rés ne permet pas d’en douter. Le re¬ 
tour de ces petits ulcérés arrivé depuis 
reconnoît la même caufe , & une nou¬ 
velle fuppuration dans les glandes feba-; 
eées de ces mêmes parties, où les ulcé¬ 
rés fe font renouve' liés. 

La formation des petits phlegrpons 
dans les glandes fébacées dont on a fait 
mention, fuppofe un état d’épaiffiilè- 
menc & d’acrimonie dans la matière 
lymphatique qui s’écoule naturellement 
dans ces glandes, & par conféquent la 
même. 



®E Me»ECIKE. lit 
inlme conftitudon vicieufe répandue 
dans toute la maffe dufang -, mais il n’eft 
pas il ailé de décerroiner fi le dcfordre. 
des liqueurs cft une fuite du tempéra-, 
raent du mabde & dbne caülè ordi¬ 
naire , ou fi fon doit l’attribuer à un 
levain vénérien caché dans le faiig, & 
quia été communiqué par Tapprochc 
d’nne femme gâtée. 

Il eft confiant que les petits ulcérés 
ont paru pour la première fois après 
un commerce fufpeft, & les perfonnes 
qui les ont exajninés d’abord ont jugé 
qu’on devoit. les regarder comme ^e 
petits chancres-, cependant ils fè font 
diflipés dans peu de jours par de fîm-‘ 
- pies lotions d’eau tiede. Le retour de, 
ces petits ulcères donna lieu à un nou¬ 
vel examen, Se püifque le Médecin ou le 
Chirurgien ont été d’a,vis d’emploïer la 
ptifane fudorifique qui diffipa ces acci¬ 
dents, ils ont cru qu’ils étoient entre- 
I tenus parmi levain vénérien. 

On a eu occafion de voir quelqu’uns 
de ces petits ulcérés en dernier lieu , Sc 
on les a trouvé défigurés, 5 c femblables 
à de petites écorchures, fans callofités 
& làns aucun fîgne démontré de vérita¬ 
ble chancre. 

Tome JL V 



il! CONSÜLTATIONS CHOISIES 
Sur ce que l’on vient d’avancer , il 
refte un foupçon violent que les petits 
ulcérés qui font le fujet de cette Con- 
fultarion , reconnoillènt pour caufc pri¬ 
mitive un levain vénérien, qui a paffe 
dans lefang de Monfieur par le moïen 
du commerce qu’il a eu avec une fem¬ 
me d’une vertu très-fufpeéte. Cette idée 
paroit d’autant plus folide qu’il eft d’un 
tempérament fain , & extrêmement ro^ 
bùfte, qu’il n’a jamais eu d’autres maux 
vénériens , qu’il fort d’une famille où 
l’on jouit d’une bonne fanté, & qu’il 
n’avoit jamais été fujet à de pareilles in¬ 
commodités avant le commerce en quef- 
.tion. 

Pour ne-pas. donner dans un parti 
qui tienne de la précipitation, le Cou* 
icil eft d’avis que l’on commence par 
redifier les digeftions, & par adoucir, 

en même tems humeéter, lâmalTe du 
farig ; aiaiit foin^de joindre quelques lé- 
gérnncififs, dans la vue de corriger 
-le fond d’épaiffiftement & d’acrimonie 
qui eft démontré dans les liqueurs. On 
fe propoieraen même tems d’emporter 
la caule de ces petits ulcérés ^ fi elle eft 
(impie & non vénérienne , ou de pré¬ 
parer le fang au feui remede fpécifique. 



SB MirvïCïSE; îi^ 
Capable (ie guérir radicalement , il le 
levain vénérien a occafionné ces ulcé¬ 
rés. Monteur aura d’ailleurs le tems de 
s’obferver , & de s’allùrer par les évé¬ 
nements il ce qui e,ft eaeké dans le 
fang ne le développera pas par des 
figues non équivoques. On va donner 
un-détail des remedes qui paroifient le 
plus propres à remplir les indication* 
combinées qu’on vient de propofer. 

Monfieur commencera par prendre 
pendant dix matins les .eaux d’Ÿeuzet 
qu’on aura foin de faire tiédir , ou dé¬ 
gourdir , en les buvant.. On difloudra le 
premier jour de la boifibn dans le pre¬ 
mier verre deux onces & demie de-man¬ 
ne , & vingt'grains de rhubarbe en 
poudre ; on aura les memes précau¬ 
tions le dernier jour dans le dernier on 
pénult-îéme verre. 

Immédiatement après, Monfieur bor-’ 
ra pendant une douzaine de matins un 
bouillon fait avec un jeune poulet, ou 
un .morceau de maigre de veau, une 
drachme & demie de racine de Iquine 
coupée par tranches, deux écrevîfièsde 
riviere étouffées dans l’eau chaude & 
écrafées dans un -mortier , & une poi¬ 
gnée en tout de feuilles de chicorée 
F ij 



IZ4 CoNStri'TATIOKS CHOISIES 
amere &de pimprcnelle *, il fera purgé à 
la fia avec une once de tamarins ; une 
drachme de rhubarbe concalTée , & de- 
mi-poignée de fleurs de mauve ; donc 
on fera une décoélion , dans un grand 
verre de laquelle on laiflerainfulèr pen¬ 
dant 4â nuit deux drachmes de fenné j 
dillolvant l'è matin dans i’infufion deux 
onces de-manne. - 

Pendant- les vingt ou vingt-cinq ma¬ 
tins fuivants--, Monfieur prendra une 
icuellée de lait de vache ainfî préparé. ' 

Prenez douze onces de décodîon 
d’orge-entier '& autant délaie de va¬ 
che-, que vous -jetterez dans un Yaiflèaii. 
propre pour expofer le'mélange à uii 
feu très-doux -, on écrémera à rriefurc 
que la pellicule fera formée , & on 
continuera de même jufques à diminu.. 
tion dd quart, di flot vaut dans la co^ 
iattire Un peu de fucfe roïah, & aiâht 
ïeco.urs-^ au même -^purgatif à-la fin. f 
" Monfieur bafîînera là partie-affedée 
de tems'en tems le matin, avec un 
mélange de parties égaies d’eau tiede 
4 c de vin- blancou bien avec un pe* 


0 E MEDECINE. ï i f 

^’eau tiede à laquelle il ajoutera quel¬ 
ques gouttes d’eau-de-vie ordinaire , 
ou bien d’eau vulnéraire, autremenc. 
dite eau d’arquebufade 5 il pourra aülîî 
jetter un tant foit peu de cerufe en,pou- 
dre fur les petites écorchures fi elles s’ir- 
ritoient, ou bien fe fervir de l’onguent 
rofat bien récent, ou d’un cerat com- 
pofé avec l’huile d’amandes douces , & 
la cire blanche, & récemment faicjèït 
y ajouteroit ou un peu de cerufe , ou un 
peu de litharge réduite en poudre im¬ 
palpable.. 

Enfin, Monfieur peut emploïer un 
peu de charpi râpé , & l’appiiquet 
îûr les endroits entamés , :faifànt cou¬ 
ler le prépuce furie charpi , &lè teUant 
fixé par le moïen d’un bandage for l’en- , 
droit affeété ; il changeroit deux fois 
par jour le charpi, qui dans fa fimpli- 
cité fournit un des fiecours les plus fo- 
lides pour pareilles incorhmodités. 

Le printemps prochain , Monfieur 
fc fera faigner du bras , & fe purgera 
avec la médecine confeillée ci-deflus , 
pour prendre d’abord après les mêmes 
bouillons, auxquels on àioutera les coif¬ 
fés d’une^ demi douzaine de grenouil-^ 
les, & qui feront fuivis du lait de cher 


'^4 COHSULTATIOKS CHOISIES 
Yre coupé avec la décoétion d’orge, 
obfervanc le même ordre & les mêmes 
précautions prefcrites pour rautomne. 

S’il furvienc quelque chofe de nou - 
veau, Monlîeur aura la bonté d’en don¬ 
ner avis, & s’il paroifllbic quelques fï- 
gnes de l’exiftence d’un levain vénérien , - 
B prendroic fa derniere détermination 
pour paffer par le grand rcmede ; ce 
que l’on l’exhorte auffi de faire abfolu- 
Eient s’il venoic à fe marier, pour fe 
mettre en tranquillité fur les événe¬ 
ments qu’il devroit craindre ,-Sc pour 
î«i-même.& pour fon époufe , ^ pour 
les-enfants qui poüxroient provenir de’ 
fon mariage. 

Pendant lé cours de ces remedes, 
Monfieur fe nourrira avec des potages 
à la viande, du bouilE & du rôti-, il 
évitera toutes fortes de débauches & 
d’exçèsj&s’àbftiendra des ragoûts,des en¬ 
tremets , des falâdes , des fruits cruds, 
& de tous les aliments groffiers , in- 
digeftes , ou écbaufFaiits. 

Délibéré à Montpellier le 25. feptenî- 
bre 1744. Signé ^ Montaoke.. 



DE MEDECINE. lij 


CONSULTATION XVII. 
Sur uneGou'étre a la Nuque, 

L Es deux tumeurs contiguës & pla¬ 
cées à la. partie poftérieure & 
périeure du col qui om commencé à fe 
former depuis fept.ou huit ans ou envi¬ 
ron pour s’augmenter jufqu’àu point où 
elles font aujourd’hui, doivent leur ori¬ 
ginel: leur âCcroilTement à là congef- 
tion d’une matière lymphatique dans 
.quelques glandes conglobées ,&à celle 
d’une matière fébacée ou grailfeufe dans 
les véficules ou poches du corps cellu.- 
laire qui fournit le fîege des tumeurs. 

Il eft très-difficile de déterminer fans 
donner dans le hazard , s’il y a une ex- 
travaration réelle des matières ramaflées 
dans les tumeurs , ou fi elles font enco¬ 
re renfermées dans leurs tuyaux de con¬ 
duite qui fe font prêtés à leur adioa & 
à leur volume ; mais en maniant les tu- 
fheurs dans toute leur étendue , on dîfi- 
tingue clairement des duretés lympha¬ 
tiques dans le voifinage des parotides,& 
Mil gonflemeac molalfe dans le centre 
F iiij 





,'ï;hg Consultations choïsies 
de chaque tumeur, 6 c dans l’endroit de 
leur adoiïement. 

Le caradere épais & groffier de la 
lymphe 8 c de la matière fêbacée ou hui- 
leufe contenue dans les tumeurs eft une 
fuite nécelïàire d’une femblable confti- 
tution répan Jue dans toute la malle du 
fang. On ne fçauroit y méconnoître 
d’ailleurs un fond d’acrimonie , fi on a 
égard au tempérament plein d’ardeur & 
dé fendu malade , à la fatigue occàfioiï- 
née par Ton commerce 6 c fes voyages-, 
êc enfin à l’abus qu’il a fait du vin de¬ 
puis long-tems» Les indigeftions aux¬ 
quelles il eft fu}et,& la diarrhée bilieufe 
qui terminent cette incommodité , ne 
permettent pas de douter que les fonc¬ 
tions de l’eftomac n’aient été dérangées", 
& . que le mélange d’un chyle mal tra¬ 
vaillé dans le fang n’ait entretenu fou 
état vicieux , auffi bien que fes prtf-' 
grès. 

Comme il n’’eft point permis de fe 
fervir du fer pour détruire les tumeurs 
qui font le fujet de cette con fui ration , 
êc qui ont beaucoup de rapport aux gbuë- 
tres, ou aux loupes de differente efpece, 
^on va feulement fe propofer de reftifier 
les digeftions , de rendre la malTe da 



C î M E D E c î K ï. 119 
îâiig plus fluide & plus coulante , d'ert 
corriger l’acrimonie qui a pris'le deflùs , 
& de préparer ^ un égout aux matières 
renfermées dans les tumeurs, (ans expo- 
fer le malade aux inconvénients de l’o¬ 
peration par le fer. On fe flatte que ces 
indications feront remplies par le moïen 
des renredes fuivànts. 

On a confeillé à Monfieur d’allei: 
boire les eaux de Balaruc,dans îidée dé 
remplir en partie la première indication, ' 
d’autant plus qu’il eft extrêmement fu- 
jet à la bile.; Après qu’il fe fera rendu 
chez lui,, & qu’il y aura pris quelques 
jours de repos ,.onle faignera du bras, 
& on lui tirera deux: boniaes palettes 
de £ang ,, pour le purger le lendemain 
avec une once de tamarins , une drach¬ 
me de rhubarbe concaflee & deux pin¬ 
cées de fleurs de pêcher , dont on fera 
une décoction,dans une.livre dé laquelle 
on laiflèra infufer pendant la nuit deux 
drachmes 5 c demie dé fenné, diflblvânt 
le matin dans l’infu.fion coulée deux on¬ 
ces ou deux onces & demie de manne. 
Cette médecine fera partagée en deux 
Terres que Monfleùr boira à deux heu¬ 
res de diftance l’un de l’autre. 

Fendant les dix matins fuivànts, Mon- 
Ev 



ifo CoWSTJITATIOW CHCîrsrES 
fieur boira un bouillon fait avec un moti 
ceau de maigre de veau „ ou de coller 
de mouton , une drachme de racine de- 
fquîne coupée par tranches , deux écre- 
vilTes de rivière étouffées dans l’eau 
chaude , & écrafées dans un mortier , 
tme poignée en tout de feuilles-de cref- 
fon de fontaine, & de chicorée amere^ 
On jettera dans le pot fur la fin de la 
eoffion douze ou quinze cloportes la¬ 
vés, & étouffes, dans le vin blanc. Oit 
réitérera la même ‘taédecine à la fin. 

Pendant les douze matins fuivantsî 
Monfieur ufera du bol fuivantV& ava¬ 
lera par deffus une ou deux tafïès d’înfu- 
fion de théou de feuilles feehes de cfi- 
Êronelle préparée à. la maniéré du thé,, 
terminant l’ufage du bol par le purgav 
tif'prefcriî ci-deffus^ 

B O U 

Prenez antimoine diaphoretique ^ 
cloportes préparés ,, de chacun quinze- 
grains ; faff an de mars apéritif prépa¬ 
ré à la rofée de mai, dix grains ; extrait: 
de rhubarbe fix grains •, faites un bot 
avec une ruffifante <q«antké de %rop de 
çâf iliaire^ ^ 


B E M E D E C I H 1. r^T 

Monfîeur boira enfuite pendant doû- 
ze ou quinze, matins une écuelléede pe¬ 
tit lait qu on tirera du lait de vache le 
fbir avec la prefure ordinaire, & que 
î’on réparera de fon fromage en le laifL 
faut égoutter pendant la nuit à travers 
un linge ^ pour le clarifier le matin avec 
le blanc d’œuf ; on y jettera pendant 
Gctte ela-rification huit cloportes lavés 
&: étouffés dans le' vin blanc , que l’oft 
fera légèrement bouillir durant quelques 
minutes avec le blanc d’oeuf, y étei¬ 
gnant en même tems deux ou trois 
doux rouiilés & rougis au feu , & re¬ 
pu rgeant à la fin avec la médecine or¬ 
dinaire^ 

Pendant l’hiver 'Monfîeur prendra afc" 
teniativement trois fois la femaine un 
bol fait avec quinze grains de cloportes 
en poudre qu’on incorporera avec quel-" 
ques gouttes de fyrop de eapiiîairejpour 
avaler ce bol le matin, & par deflùs une' 
©U deux tafîés de thé , ou dix grains de 
faffiran de mars, qu’il enveloppera dans 
la première cuillerée de loupe à l’heure 
de fou dîner^ 

Le. printemps prochain on aura re-- 
■cours- aux 'mêmes bouillons , an pre-- 
Eiier. bol ^ &. en&ite au petit laitol^ 



ï ji Co-ïC5irî.TA7IOK& CHOISÎfS 
férvâiit en tout ce qui a été confeiire:; 
pour le premier ufage de ees remedes.^ 
On pourra durant cette mêtne fàifoii 
appliquer aa centre de chacune de ces 
tuniears une pierre à cautere , feifant 
même l’application d’une fécondé pierre „ 
fi l’on jugeoit que l’efcarre de la pre¬ 
mière n’eût pas porté aflèr loin dans le 
corps de la tumeur. Cette opération 
pourra fe faire en deux temsjî on le ju¬ 
ge néceffaire, laiflànt deux ou trois jours, 
dlatervalle de l’une à l’autre.. On mé¬ 
nagera la- féparation des efcarres fui- 
vant les réglés ordinaires, & on les élar-* 
gira avec le biftouri-, fi cette attention 
paro-ît nécefiaire. On entretiendra ces 
deux égouts, & fi l’on voyoic que les 
tumeurs dimmuaflënt beaucoup par leur 
moïen on prqfiteroit de cette dirai-' 
nution' pour les détruire peu à peu en 
entier fuppofé que les ckconftances 
favorifaflènt cette entreprilè , qui der 
mande beaucoup de prudence une 
parfaite connoiflance de la bonne Chi^* 
rurgie. Si dans la fuite- on ne trouvoit 
^s fon cornpte à faire durer - ees-deux 
égouts 5,on les laifièroit fermer , comme 
on a accoutumé de le pratiquer à l’égard' 
<&s cautères, ordinaires^. 



/ E M E I> E C î- N E, Î5 J 

Pendant L’ufage de ces remedes Mon- 
£cur gardera un Wn régime de vivre , 
& fe nourrira avec des foupes à k vian¬ 
de , du bouilli & durod il boira trcs-^ 
peu de vin,& extrêmement trempé- ;;, ref- 
tera-tranquille chez lui, & s’abftiendra 
des ragoûts, de la padflèrie , de la fri-- 
ture, des éalades-, des fruits craàs, des 
legumes , & de tous les aliments giof- 
fiers, indigeftes, ou échauffants^ 

A. Montpellier le i8» offobre 1744, 
-Signé , M O H T A, G N- É. 


C O N S ü L T A TIO K XT I I I. 

Sur une- Coliqm Néphrétique-. 

O N voit très-clairémenrpar la rela¬ 
tion qui nous a été communiquée 
que Madame la-Confultante eft fujette 
à des attaques de colique néphrétique 
depuis un an environ , durant lequel 
tems elle a fouffert dix attaqucsî On à 
foin de nous faire obferver dans le mé> 
naoire, que ces attaques précédent de 
quelques jours fécoulèment. menftruel 
êc qu elles font terminées par des fables 
qui font châtiés dans les urines^ 



1^4 CoNsmirATro^s choisîis 

Monfieur Hori nous a aufli fait re- 
marquée que la mere de la Confultante 
cil fujecce à de pareilles attaques de co» 
lique , qui, à la vérité font moins vi- 
Tes & moins fréquentes. 

Cette maladie reconnoît pour caufê 
une foibleflTe dans les reins mêmes ,fea-- 
Toir une délicatelTe’ & un relâchement . 
dans les tuïaux fécrétoires de Turine ,, 
avec un état d’épaifîîflement dans laiym-- 
phe i ainli la matière deTurine en paflTant 
dans fes propres tuïaux fécrétoires n’é- 
t?nt pas âÎFez fluide coule avec peine; leÿ 
vailfeaux urinaires étant un peu foîbles 
ne peuvent chafler & fouetter cette ma¬ 
tière fèreafe /thargée de parties fablq^ 
nëufês. Il arrive donc que les petits 
grains de fable s’y dépofènt Sc par fau¬ 
te de véhicule , à la fuite du tems s’yr. 

, accumulent à Un point quils engorgent 
çà & là ces canaux ^ ce qui détermine 
mie attaque de colique néphrétique ^ 
qui fubfifle jufqu’à ce que ces graviers; 
foient tombés dans lès uretères 6c dans; 
h. veffie. , ' 

. Cet état de foibleffe dans les reins y, 
êc cet état d’épaifliflfement dans la paî^ 
tie Hanche du fe.ng ^ fe préparoient de' 
ïong tems chez Madame la- Cmîfultaii- 


& E M- î: D i e’ r N-1. rjf 
te, §C naturellement on doit foupçpn- 
Her qu’il eft ancien,quoiqu'elle n’ait Ibufi- 
fcrt d’attaques que depuis un an. 

, Âinli quant au prognoftic de cette 
maladie, pu doit s’attendre quelle ré- 
fîftera Imig-tems aux remedes , & que 
fi on lés negligeoit tant foit peu les at¬ 
taques deviendroient & plus- fortes^ 
plus ftéquentes dans- la mite ; que ce 
n’eft que par un ufagelon^ & métho¬ 
dique des remedes appropiiés dans ce 
cas qu’on peut prévenir ces incom-^ 
modités ^les guérir ,, ou du moins les- 
Éendre beaucoup moins fréquentes,, Sc 
moins domioureufes j, la malade eft en¬ 
core à tems par fon tempérament êc 
parce qu elle s\ prend de bonne heure. 

Les vues qu’on doit le prop'ofer pour 
J parvenir font de fecourir la malade: 
dans te tems même de l’attaque , êc eit^ 
fuite dé travailler à en prévenir d’autres.. 
C’eft pourquoi dans l’attaque de coli¬ 
que , il faut faigner la malade du bras 
fiiivant fon état de fuivant la fievre 
une fois,, deux fois que l’on ne peut 
abfolnment déterminer , ôt que nou^ 
lailTons à la prudence de Monfietir le 
Médecin ordinaire.. 

Dans le même tems ;le plus fâ r m 



Co-ÎÎWStTATIONy ca©ISrES 
mede , eft de donner à la malade une, 
potion anodinecomme il- paroîc qü’on 
a déjà fait, ajoutant uii grain del'auda- 
aum- à. la prenaiere prife ;■ &/uppofé que 
la malade n’en reifentît pas du foulage- 
ment, une heure après environ on luf; 
donnerok encore un demi grain , même 
ou un grain de laudanum,dans quelques 
cuillerées d’eau de lys ou autre eau 
convenable , ou bien on le mêleroic: 
avec deux onces d’huile d’amandes dou¬ 
ces récemment tirée.. Monfieur le Mé¬ 
decin qui a. déjà, ordonné des remedes à 
la maladp , rçaura mieux la quantité de 
calmant qu’il faudra dans ce cas.. 

Durant, l’attaque oii boira ou de l’eau 
de poulet , ou de l’eau de ris ,, ou de 
l’infufion des fleurs de mauve & on era 
boira beaucoup. On fe tiendra alors à 
des bouillons fort légers non point 
fiicculents.. 

Quant aux vues qu’on doit fe propo- 
fer pour' empêcher le retour des' atta¬ 
ques,, il faut s’attacher à reétifien les. 
digeftions qui doivent fe faire très-mal 
chez Madame la Gonfulcance , à les feu- 
tenir toujours-en bon état j on doit en- 
feite humeûer la maffe du fang U de !» 
- graphe ^ l'a divifex doucement ^.fans f 



BêMeDICINE. IJ-y 
occanonner de fougue, l’adoucir un peu, 
& enfin on doit tâcher de rendre les 
Euïaux urinaires plus fermes , en leur 
refticuant leur ton naturel. 

Pour cet effet on commencera ,auflî- 
tôt après la confultation reçûe , les re- 
medes fuivants, évitant de ne rien fai¬ 
re pendant, l’écoulement des menftrues , 
& pendant les attaques fufpendant les 
derniers remedes, fe contentant de ceux 
que nous avons^marqués ci-défliis. 

On fe fera faigner du bras , à la va¬ 
leur d’environ neuf onces de fang : le 
lendemain on fe purgera en deux verres 
avec fîx onces de.^batons de cafTe c6n- 
cafîes, qu’on fera bouillir pendant demi- 
heure dans ce qu’il faut d’eau pour for- 
mer deux verres de médecine. Sur la fin 
on y ajoutera une drachme de fel d’An- 
.glererre , ou à fa place une drachme de 
fel polychrefte , ou de fel végétal. Ort 
lai fiera ainfi le tout julqu^au lendemain 
fur les cendresxhaudes, pendant la; nuitt 
ayant coulé ôc partagé en deux prifes ^ 
dans la première on fera difioudre deux 
onces de manne , & dans la fécondé 
une once feulement. 

Le lendemain de cette médecine on 
commencera les. bouillons faits avec dét 



158 CONS.ULTATIONS CHOISIES 
mi-livre de veau , ou autrement huit 
onces de veau, ou de collet de mouton • 
une drachme de racine d^'énula campa- 
na concaflèe ; fur la fin de la codioti 
on ajoutera deux petites éereviffes de 
riviere lavées & écraiées en vie , & une 
poignée de chicorée amere de jardin t 
ayant laille bouillir ainfi après ces ad¬ 
ditions environ un gros quart dlieure , 
011 exprimera bien le bouillon 5 on ne 
prendra rien après jufqu’à midi. 

Ayant pris huit ou neuf de ces bouil¬ 
lons , on fe repurgera comme ci-deiTus, , 
pour paffer de fuite à fufage du lait d*à- 
nefle , ou du petit lait de vache , ou bien * 
à ropi.ate fuivante, qu*oii employeraau 
cas que. la malade ifeûc pas reftomâc 
en bon état, & que Monfieuc le Méde¬ 
cin ordinaire jugeât cette opiate néceC 
faire pour mieux faire palTer ie laitage, 

O ? I AT E, 

Prenez pour chaque prifè demi- 
drachme de conferve de fcynorrho- 
don , quinze grains de terre figillée pré¬ 
parée , autant de. corail préparé J fi 011 
a de bon extrait de rhubarbe , on pour¬ 
ra y en ajouter quelques grains j mêles 



deMidïcîne. «35" 
îetout enfemble avec ce qu’il faut de 
fyrop de lierre terreftre , ou de tuflik- 
que pour former un bol. 

On prendra ainfî cette opîate pen¬ 
dant quatre ou cinq matins , avalanr 
par deffiis une tafTe d’infufion de méiiiîe 
en maniéré de thé. 

Après quoi de fuite on pafFera au laie 
d’ânelTe qmon continuera ^ fi on peur , 
pendant un mois & demi ^ à la valeur 
d’environ douze onces chaque matin , 
y ajoutant un peu de fucre en poudre j 
on ajoutera encore à ce lait deux cuille¬ 
rées de la fécondé eau de chaux , cha¬ 
que matin des premiers jours , & fi le 
lait pafle bien enfuiie , on l’ajoutera de 
deux jours Tun feulement. 

Pendant l’ufage du lait, on prendra 
trois fois la lèmaine une poudre com- 
pofée avec douze grains de terre figillée, 
& autant de coraifidans quelques,cuille¬ 
rées d’eau de fleurs d’oranges. 

Si on n’a pas commodément du lait 
d’âiiefiè, on prendra le petit lait de va¬ 
che fait avec la prefure , à la même do- 
fe ^ & avec les mêmes attentions, qu’on 
clarifiera avec le blanc de deux ceufs, y 
jettant alors une bonne pincée de fleurs 
d’hypericum 5 qu’on continuera peiv 



Ï40 CONSULTATIOHS CHOÏSSES 

^ant trois femaincs, ou un mois, fioii . 
peut. Pendant îe refte de l’hiver on fe 
repofera , prenant feulement trois à 
quatre fois la femaine, fept à huit grains 
d’acier préparé à la rofée , à la première 
cuillerée de foupe , & le matin on ava¬ 
lera une taffe -d’infufion de mélilTe eii 
maniéré de thé. 

Au printemps on refera tous ces mê¬ 
mes remedes , continuant le lait d’ânef. 
fe alors pendant trois mois environ, ce 
que nous préférons au petit lait de vache. 

Dans l’été on prendra trois dixaines 
de demi-bain domeftique j un chaque 
matin, avalant à la fortie un bouillon 
de poulet tout hmple. On y reliera en¬ 
viron une heure -, on fe repofera douze 
a 'quinze jours d’une dixaine à l’autre. 

Dans l’intervaîlé on prendra cinq à 
fix: jours > ou huit jours même, les eaux 
d’AvailleSjObfervant d’y ajouter la man¬ 
ne à la première & à la derniere prife;’- 
en n’en boira que trois à quatre livres 
chaque jour ,, & on les fera dégourdir 
auparavant., Nous confeillons- d’ufec. 
une fois lemois duremede de Monfieur 
de Baville , décrit dans. Monfieur Tour- 
nefort & dans Chomel, ne faifant alors 
pendant les deux jours d’autres reraedes 



DE MEDECINE. I 4 Ï 
Tous ces fecours fout inutiles, fi 
en n obferve un bon régime de vivre • 
iis feroient même nuifibles, £ ou n’y 
etoic pas attentif, pendant l’uiage fur- 
tout des laitages. C’eft pourquoi on fe 
eondiiita avec fcrupule de la. maniéré 
•fuivailte pendant un an environ, fur- 
tout au moins pendaÿit les remedes. 

On fera toujours gras , fçavoir , en 
foupe bouilli & rod. On ne mangera 
point de ragoûts , ni autres chofes qui 
foieat épicées ou trop falées -, on ne 
mangera point de viande noire, ou très 
p.eu -, on ne mangera point du tout de 
cochon ; on évitera de manger du fro¬ 
mage, des confitures de quelque ^efpéce 
qu’elles foient, des fruits ou fecs ou ré-, 
cents 5 des herbes Ç des racines ,, des 
châtaignes , des laitages outre ceux que 
, nous avons marqués ,& non point au¬ 
tres niets qui foient préparés avec le lait, 
de crainte qu’ils ne s’aigriflent dans l’ef- 
tom.ac de Madame i elle ne mangera 
pas non plus'de patifTerie *, elle pourra 
feulement manger au deffert quelques 
bifcuiîs fort légers Si Vieil cuits ; elle 
boira de bonne eau de fontaine , y ajou¬ 
tant ta nt foit peu de vin, évitant les ii- 
- queurs ôç fyrops-, elle aura foin de ne. 



Î42. Consultations choisies 
pas beaucoup veiller , ôc elle fe cou¬ 
chera de bouiie heure ; elle évitera de 
s’échauffer ou par le travail , ou par 
des exercices violents, ou par conten¬ 
tion d’efprit : toutes ces attentions font 
abfolumenc néceflàires & eflentielles 
pour guérir. Nous faifons obferver 
qu’on ne donnera point 2e lavement 
pendant l’attaque de colique néphréti¬ 
que ; on ne faigne'ra même pas pendant 
ces mêmes attaques. 

Délibéré à Montpellier le 12. novem- I 
bre .1 7 4 4- Signés Montagne,^ | 
F i Z E s 5 & P E T I O T. i 

Le remede dont Monffeur dé BavlIIe 
Intendant du Languedoc , s’eft ifî. bien j 
trouvé dans lès attaques de colique né--. i 
phrétique efl: décrit dans Chomel pa-^ ♦ 
gedeux cent vingt-cinq tome premier,&: 
dans Tournefort, hiftoire des plantes 
ffes environs de Paris , page treize. 
Yoici la copie de trois differens mé- ; 
moires compofés fur fonufagejqu on ne 
fera point fans doute fâché de trouver icL- | 




D E î^î E B E C 1 N E. ' 14^ 


I. M E M O I R E. 

Sur les vertus admirables de la poudre 
de chaujfetrape ( calcitrapa) 
pour guérir la colique néprhétique ^ qui 
. fe prépare fidellement par les fieurs Par- 
talez. & Teifinniere , ApoPicaires Ar- 
tifies 4 Montpellier, 

C Ette excellsnte poudre a guerî dans 
cette Province un grand nombre 
de perfonnes qui en ont ufé , parmi 
îefquelles il y en a d’un grand mérite. 
De fi heureufes expériences lui ont don¬ 
né dans l’Europe une grande réputa¬ 
tion , qui en produit un débit confîdc- 
rabie. Les fenfibles douleurs que cette 
maladie caufe , obligent tous ceux qui 
les refièntent à chercher des remedes 
pour s’en délivrer - ils les trouvent dans 
Tufage de cette poudfb. On Ta donnée 
ci-devant différemment ; les uns la don- 
noient feulement le vingt-huit de la 
lune , les autres en donnoient trois prî- 
fes durant trois m,atins de fuite ; préfen- 
tement on a reconnu qu’il étoit plus fur 
4‘e guérir le .malade en lui en «^nnaiie 



144 Consultations choisies 
lîx prifes pendant trois jours coniecutifs 
matin & loir, dans quatre onces du 
meilleur vin blanc qu’on trouvera , & 
de conamencer a en prendre lorfque la 
douleur commence. 

Et pour faciliter au malade une plus 
prompte guerifon , on lui fera prendre 
pendant lefdits trois jours fur le midi. 
huit onces de ptifane faite d’eau de fon¬ 
taine, d’une pojgnée de pariétaire;, d’u¬ 
ne drachme d’anis & autant de falEafras, 
dans laquelle on fera^ fondre une once, 
de fucre candi, qu’on fera boire le plus 
chaud qu’il fe pourra^ 

Cette plante decakkrapa,ou chardon 
étoilé, croît en France en divers en¬ 
droits , & on a reconnu que celle qui 
vient autour de cette ville fait un plus 
grand effet que les autres ^ étant prépa-’ 
rée fidellement dans le tems que toute- 
la vertu de la plante réfide dans la raci¬ 
ne , cueillie le jour de la lune qu’on a 
remarqué qu’elle fait plus d’effet, choi-, 
fie exadement, rejectanc le cœur dt . 
■ première peau, ne prenant que la moyen- ' 
ne où réfîde fa vertu , qu’on fait fecher 
à l’ombre entre deux papiers, & on 
ajoute à chaque prife compofée d’une 
dïachine . dix grains de fon fel iis;e pour 



et MtDECINS. ' 

î& tendre parfaite , qui Tanimant de 
1 enciere vertu de toute la plante , lui fait 
produire de très-bons eflèts,d’où s’enfuit 
la guerifbn du malade. 

Pour éviter le retour de eette coliqaej 
&: de -femblables, douleurs , on prend 
fîx prifes de cette poudre ; fçavoir, trois 
prifes les-trois derniers jours de lâ lune , 
ïe matin à jeun , & les autres trois pri- 
fcs les trois premiers jours de la lune , 
le foir en fe couchant ^ on peut conti- 
îîuer autant de lunes qu’on le jugera 
iréceflkire. 


^ î I. M E MOIRE. 

Remede pour ta Collfue Néphrétique. . 

O ,N fait cueillir vers la fin du mois 
de feptembre la racine de chauflè- 
trape, en latin cardans ftetlams ou calci~ 
trapa. Après qu’on en a une .certaine 
quantité, que l’on a bien mondée , 011 
n’en prend que la petite peau , qui ell: 
une pelure fort fine , brune par dehors 
& blanche par dedans, que l’on fait fè- 
cher à l’ombre, & à l’abri de la poulEe- 
re. Quand elle eft bien feche , on la met 
Tome IL Q 




14^ Consultations choisies 
' en poudre fubtile ^ dont on .prend une 
drachme le vingt-huitième jour de la lune 
de chaque mois, le plus matin que Ton 
peut, dans quatre ou cinq doigts de viii 
blanc qui ne foit ni aigre nï au bas Le 
ioir du même jour que l’on a pris cere- 
mede , on fait infufer le remede fui- 
vaut. On met dans un pot de terre qui 
Ile fert qu à cela , & qui ne tient qu'un 
peu plus de demi-feptier d’eau .,une poi¬ 
gnée de pariétaire , herbe qui croit aux 
vieux murs. On la nettoye bien de tou¬ 
tes ordures & on la lave , après quoi 
on la met dans le pot avec une drachme 
der-bois de falTafras, uiiè drachme d’anis 
& pour un fol de canelle fine. On met 
ie pot devant un feu clair pour le faire 
bouillir l’efpace d’un m'tfirere. On re» ■ 
tire apres le pot de devant le feu, on 
le couvre de papier & de fon couvercle, 
& on le met fur les cendres chaudes. 

Le lendemain^vant de prendre le re.. 
mede, on remet le pot devant le feu 
clairç, pour le faire rebouillir un autre 
efpace d’un ^mijenre-. Quand cela eft fait 
on met dans une écuelle d’argent deux 
onces de fucre cand^en poudre. On 
verfè riiifufion par deflus avec e;xpreCp 
fion du marc, C^and-le fucre eft fon- 



DE M ï B 1 C ï N 1, ï 47 
éa , on le prend le plus chaud que l’oa 
|)eut, & on demeure après trois heures 
ians rien prendre, ce qu’il faut obferver 
âuflî après la prife du remede précédent* 


I I î. MEMOIRE* 

Remede la Colique NéphrMque ^ 
^our la Goûte. 

I L faut prendre le vingt-huitièmejouf 
de la lune de chaque mois-, le plus 
matin qivil fe pourra / une drachme de 
poudre de calcitrape, dans un verre de 
vinhlanc , & relier enfuite trois heures 
{ans rien prendre. Le même jour fiir le 
foir. I on mettra dans u0 petit pot qui 
ne fervira qu’à cela , un demi-feptieç 
d’eau J une poignée de pariétaire, une 
drachme de bois de lalTafFras , une 
drachme d’anis , 6 c pour un fol de ca- 
nelle fine , ôc l’on fera bouillir le tout 
devant un feu clair, Tefpace d’un mjè~ 
rere ; après quoi l’on couvrira le pot 
d’un papier & de fôn couvercle , & on 
le laillera fur les cendrés chaudes. Le 
lendemain matin l’on fera bouillir ce 
pot comme ci-devant j cependant Ton 




148 Consultations choisies 
mettra dans une écuelle une once de 
fucre candi en poudre , îk 011 coulera 
par deiïus rinfufion avec expreffion du 
marc , Ôc dès que le fucre lèra fondu , 
l’on prendra ce remedé le plus chaud 
que l’on pourra , ne prenant rien que 
trois heures après. L’ufage de ces deux 
remedes ne change rien , foit à l’égard 
de d’exercice que l’on fait ordinaire, 
ment, ou du régime de vie. 


, CONS Ü LT ATION XIX. 

Sur une gomrrhêe en imagination. 

M Onfieur fe plaint depuis quelques 
■années de dôuleurs plus ou moins 
inquiétantes, 8 c d’un feu prefque contL 
ttuei à la verge , dans le canal de Tu.- 
rethre., fur - tout dans le voihnage du 
gland, aux tefticules, 8 c au perinée. Ces 
fentiments de chaleur & de douleur s’é¬ 
tendent iufques dans le bas-ventre. La 
déleciion de l’urine eft; accompagnée 
d’ardeur , 8 c elle fort involontairemt nt 
quand le rbalade veut la trop garder j 
il .coule dans la journée quelques gout¬ 
tes d’une matière jaunâtre 8 c qui tache 





D E M E D I C I N i; I49 

m peu la chemife. A ces accidents fè 
joignent quelques douleurs dans la poi¬ 
trine après des applications ou des fati¬ 
gues un peu confîderables & il femble 
à Monfîeur que dans ces circonftances 
le poulmon s’attache aux côtes. 

Comme ces dilFerentes incommodC 
tés font farvenues , ou fe font fait fen* 
tir après le traitement d’une gonorrhée 
virulente & lès reraedes appropriés pour 
une guérifon folide , le malade craint 
^ue la cure qu’il, a effuyée n’ait pas. 
été complette , qu’il ne lui refte encore 
un levain vénérien dans le fang, & que 
ïa gonorrhée virulente ne recommence; 

Le Confeil ne voulant rien négliger 
pour mettre l’efprit de Monfieur en re¬ 
pos , en lui fournifllànt toutes les rellour- 
ces qu’il peut attendre de la Médecine , 
juge qu’il convient de faire les réflé- 
xions fui vantes 

La gonnorrhée virulente ayant été 
un peu négligée pendant quelques jours, 
on prit le parti de recourir à plufieurs 
faignées , à des ptifanes rafraichiflàntes 
êc tempérantes, à des bouillons adou- 
cilTants, à des émulfions, & à une dicte 
convenable. Le grand feu & les acci¬ 
dents âïant beaucoup diminué , on pur- 


îf® CONSUETATIONS CHOÎSIIS. 
gca avec une médecine en deux verres ^ 
on vint à Tufage du petit lait, on fè fer- 
vic des pilules ou entroient les prépa¬ 
rations de mercure- adoptées pâr les 
meilieurs praticiens, & on les continua 
pendant vingt-cinq jours pour le moins^ 
On ne négligea pas de donner la pti- 
fàne fudorifique pendant vingt ou vingt 
cinq jours. On fit fuivre l’umge du lait 
entier ou de fes préparations, aulîi-bien 
que la boilîbn des eaux minérales d’Yeu- 
zet , des bains domeftiques , & enfin on 
donna des friétions aux cuilîes , au pe- 
linée, & dans le voifi nage,avec la pom¬ 
made mercurielle ordinaire.. 

Les praticiens les plus experimentls 
M qui fe piquent de traiter les maux vé-.. 
aériens avec plus de régularité, ne fçau- 
roient difconvenir que lé traitement ne- 
jfoitdes plus méthodiques, & qu’il tfâit 
été- éxéeuté julqu’àu fcrupule, fur-tout 
s^àgifTant d’une gonorrhée virulente qut 
ae tomba point fur les bourlçs ,,qui îie> 
fut point cordée, ôc dont l’écoulement a; 
toujoiKs été abondant & long. 

Quoique Tbii dut naturellement regar¬ 
der le- malade- comme- radicalement 
guéri après la cure énoncée ci-délfus 5, 
fout le. m,i£.ttre dans, uneruteté. à toute: 



DÉ Medeci né. 
cpfenve , on Ta depuis fait palTer par le 
grand remede. On l’y prépara par vingt- 
cinq bains ou environ , par le petit lak 
qu’il prit da,ns le mêaie tems , par les- 
faigiiées & les purgations ordinaires en 
pareil cas-, & par un régime très-régu- 
fier 5 il reçut douze ou quatorze £ric~- 
tions & eut tout le corps entierensent 
couvert ; on employa fix onces de pom¬ 
madé faite dans la proportion reçue dé 
tous les praticiens. Le féjour dans les 
linges fut de trentèrciiiq ou trente-fix 
^ours , les urines fournirent avec abon¬ 
dance J le remede fut terminé par une 
lignée & une purgation , & pendant 
toute la durée le malade but le lait deux 
fois par jour,& obferva une diete éxaâfe. 
ïl revînt dans la fuite à l’ufage des eaux 
minérales & du lait ; on joignit même 
celui du baume de Canada par rapport 
au petit écoulement qui fublifte après 
le grand remede. 

Ces faits , qui Ibnt connus au mâhêe^ 
& dont ilj ne Içauroit difconvenir , ont 
engagé le Confeil à donner toutes lés 
attendons pour porter une décilion con¬ 
forme aux réglés de là plus laine prati¬ 
que , & il juge que les accidents qui fub- 
fiHent encore ne font nullemenc de^ 
G, iiij 



Consultations choisies 
pendants d’une caufe vénérienne , mars 
plutôt de râereté du fang attaché au 
tempérament , d’une foiblelîe des glan¬ 
des du canal de l’urethre , ou des prof- 
tates , & des impreffions qu’ont foufFer- 
tes les paxties affedées, principalement 
pendant la vigueur &c la durée de la go¬ 
norrhée. Il femble thème qu’on pour- 
roit aflfurec qu’on a en quelque maniéré 
abufé des remedes , far-tout dans le 
traitement dé la maladie,qui donne très- 
rarement la verole lorfque la cure eft 
des plus défedueufes. 

Les vues que l’on doit avoir préfente~ 
ment fe réduifent à divifer avec beau¬ 
coup de'douceür la mallè du fàng , à 
modérer fa fougue & fon acrimonie , à 
diminuer la fenfibilité du canal de l’u¬ 
rethre & du col de la vêflie, à redonner 
uux parties qui paroilTent encore affec¬ 
tées le reffort qu’elles ont perdu, & en¬ 
fin à deffecher ou tarir la foiirce du lé¬ 
ger écoulement qui rettc. On efpere 
que ces indications feront remplies par 
le moien des remedes fuivants. 

Monfieur pourra commencer par fè 
faire faigner du bras, & te îendemaih 
de la faignée on le purgera avec une on¬ 
ce. de tamarins la pulpe tirée d’mii quax- 



es Medîciîîî. Tf3 
teroii de cafîè en bâton fans la palTer, 
fine drachme de fel d’Epfom , de demi- 
poignée de fleurs de mauve , donc on 
fera une décodtion , dans deux grands 
verres de laquelle on laiflèra infufer 
pendant la nuit à froid deux drachmes 
de feiiné ^ diflblvant le matin dans l’în- 
fufion coulée deux onces & demie de 
manne. Cette médecine féî-a partagée 
en deux verres quon donnera à deux 
heures de diftance l’un de l’autre. ’ 
Immédiatement après ,, Monfieut boi¬ 
ra pendant dix matins un bouillon fait 
âv^c un jeune poulet,dans le ventre du¬ 
quel on mettra demi once de femences 
froides-, on ajoutera deux écreviflès de 
riviere étouffées- dans? feau chaude & 
écrafées dans un mortier , & une po:i- 
gnee en tout de feuilles de chicorée 
amere & d’endive, ou chicorée blanche, 
avec la précaution de repurget à lafiii 
avec le même-, remedé- 

Pendant les vingt-cinq qu trentè jours 
iuivants , Monfleur boira une ' écuellée 
de lait de vache, ou de chevre, que l’on 
aura légèrement écrémé à un feu très- 
doux 3 y mêlant chaque fois., deux cuÜ- 
îerées de la fécondé eau de chaux 
le lait du matin a.bien pafle pendant : une; 



Cot^SülTATIONS CHOISÏÎÎ 
«iixaîne de jours , il mangera le foiir âs 
fe):n fouper une foupe/ou un ris au lait 
d'e vache. 0'n purgera à. la fin, avec la- 
îïiédecine ordinaire. 

Suppofé que Monfieuc ne put pas-; 
avoir commo-.iement du làit de vacher 
©U de che.vre s.ji fe contcnteroit de boi- 
Ee le: matin une écuellee dè lait d-’âneflè;' 
h laquelle: 5 n ajouteroit deux cuillerées?: 
de la. fécondé eau de chaux , .finifiant: 
©oujoufs par le purgatif.. 

On, aura foin d’ajouter à la premierer 
^.iuillèrée dii.laît du matin , d’abord fept: 
©U huit, Sc enfuite une dixaine de gcuit=- 
tes du'baume qu’on a dbnné''iGi. 

Cès, remedes étant finis j.,on aura re-. 
cours à? l’înjeélion fuivante , que l’ons 
|>ou(ïeFa.dàns,lè canal de Türethre à lài 
:^veur d*uhe ferihgue foir 6 c matin 
aya-nt foin chaque foisvde remplir lé cas¬ 
sai deux ou trois fois , & d’y: recenk 
cette liqueur pendant quelques inftants-,, 
;©bfervânt de la, faire tiédir légèrement 
en s’èn fervâim, & delà troubler eii‘;re=^ 
siuanc: la bouteille auparavant.; 

• MN^jEQrw‘U:, , 
itenez. eau^de pIaMUî.&: de dfe 




3 E MEDECINE. 

chacune cinq onces j vin de Canarie oa 
mufcat, deux onces .j difTolvez dans ce 
mélangé tuchie préparée & trochifques 
Blancs de Rhafes de chacun une drach¬ 
me i faites une injeétîon pour l’ufage. 

On continuera l’ufage de cette injec¬ 
tion pendant une dizaine de jours, après 
kfquels on la fufpendra pour la réitérer 
enfuite fi la néceffité l’exige.. 

Suppofé que les accidents & l’écou¬ 
lement n’aient pas fini le prîncems 
prochain , Monfieur reprendra vers le 
commencement ou le milieu d’avril les 
mêmes bouillons , auxquels on ajoute¬ 
ra les çuilTes de cinq ou fix grenouil-les^ ^ 
faifant précéder la faignée & la purga¬ 
tion, ôc réitérant cette derniere à la fii>, 

t our revenir d’abord après à l’ufage du 
lit d’ânpire,ou à celui de chevre entier, 
qu’on donnera le roadn .à la dofe d’une 
écuellée avec le mélange de l’eau de 
chaux comme il a été dit & qui fera 
continué pendant un mois , terminant 
&n ufage par la médecine ordinaire. 

Pendant l’été Monfieur prendra deux 
ÆiFe-rentes dixaines de bains domefti- 
queSjOU le matin,mu t’après-'rfiidi vers les 
quatre heures ,, lailTant un intervalle de 
^uze joup d’une dizaine à l’autre , & 
G vj 



15^ Consultations cnorsrESf 

<îans le mois d’août prochain , il bofr^ 
pendant dix matins les eaux d’Yeufet,, 
ou celles du Cap verd dans le Bigorre , 
qu’il fera apporter chez luiv H aura foin 
de les prendre tiedes., & il düToudra. ' 
îe premier jour de laboilTon dans-le pre¬ 
mier ^erre deux onces & demie dé 
manne , & trois dradimes de rel d’An-' 
gleterre -, il en fera de même lé dernier 
jour dans le dernier verre^. 

Monûeur fe nourrira pendant le cours 
de ces remedes avec des foupes à la. 
viande du bouilli êc du rôti ; il s’àbf- , 
tiendra des ragoûts ^ des falades, des. 
fruits.. eruds:^.& de tous les- aliments de 
Êauc gout;^ greffiers indigeftes ,.ûit 
échauffants -^maisil doit ptinGipalement 
âba-ndonner les préjugés qu’il- s’eft for^ 
mé fur fou état préfent, & être perfua-: 
dé q.u’îl 11 a-rien à craindre du côté dit 
levain vénerien^qui a été plus-que fuifie 
famment détruit, après les remedes fei; 
plus efficaces & les , plus appropriés dont: 

' üa fait un fl long u{kge„. 

A, Montpellier le rô novembre -i 74^$^ 

. ^ M Q-.N. T A. G N.E.. 



B- E M E D’ E C r N E. 


^S.7 


CGNSULTATrON: XX. 

, ^,tÿ:r def vapeurs convuljîms , ou -plutôt épi^ 
leptiques', 

L Es vapeurs convulfives (Tout Mon- 
fieuE a déjà eiluyc differentes atta¬ 
ques depuis, le vingt - fepc novembre 
fept eent quarante-trois font ciaire- 
meiic (Témoiitrées- par les differents 
fymptômes détaillés dana la relation , 
mais fur-tout par les mouvements con>- 
vülfîfs que l’onarcmarquésAans les-dif- 
ferentes parties du.; corps, pendant l’ac^ , 
CCS, par les convulfions prefque géné¬ 
rales , & par la perte de connoiflànce 
qui s*eft mife dé la partie.- 
On doit regarder les, attaques de va¬ 
peurs convulEves, qui- font, le fujet de- 
cette confuitation ,, comme.,dépendan¬ 
tes dü caraâ:ere-cpais., lourd^.& pefiint-a 
de la malË du fang^., êc d’un vice orga.» 
sique fixé dans le eerveau.- 

L’état de& liqueurs que l’on vient d’é¬ 
tablir eff prouvé par lé tempérament' 
gras de MbnfieuT, par h. vîé fédéntaire: 
qufil a. coutume de. mener *,jgar L’abus 





^5*8 CoNSÜlTATIOîîS CJHOISÏÏÎ- 
qu’il'a faic des aliments pris en trop:* 
grande quantité 5. & par ion ,peu d’at¬ 
tention à éviter ceux qui font pefantg- 
& iiidigefteSo- 

Le vice organique que l’on foupçon^ 
ne dans le cerveau 3, femble démontré’ 
par les maux de tête & les pefanteurs» 
de cette partie , qui précédent & fui^ 
vent leS' attaques, mais principalement, 
par les obfervations anatomiques ,, qui? 
ne permettent pas de douter de ce que- 
Lbn vient d’avancer fur le vice local que; 
Bon a füppofé contribuer au retour des- 
attaques. 

Il eft d’ailleurs naturel' de convenir 
que les mauvaifes digeftions marquées- 
par les pefanteurs d’éftomae, par lesf^ 
naufées'. , par le vomiCfement , Sc par 
Tes bons effets qu’ont produits les pur-- 
gatifs , ont eu beaucoup de part au dé¬ 
veloppement des premières; attaques; y, 
& doivent enoccauonner de nouvelles 
i Bon ne prend le parti d’employer 1 er 
moieiis les plus efficaces, pour en réta— 
ilir,Boeconomieo, 

Pour fuivre les réglés de îa Bonne" 
pratique dans le traitement des vapeurs'? 
©onvulffves ,,ppur lefquelles on denfan— 
«le Gonfeil^, 011 doit fe pcogofer de. 



î3 SF M'E" îT^E crr N-r^ 
îa'é Tes cîîgeftions en réglé , de rendre^ 
îk maflè du'fang plus-fluide:&5 plus cou¬ 
lante de la- faire rouler avec liberté*, 
dans les vailîèaux da cerveau ^ & de.' 
corriger,s’il eft poffible, le vice organi¬ 
que que fouffre ce vifeere. Gii eipere::: 
que ces: indications feront remplies pm 
le moien; dés remedes fuivants.. 

On commencera d>abord par une fâw 
gnée du pied j..daiis laquelle on. tireras 
Muic onces dé fang, êc on pourroic mê¬ 
me la réitérer vingt-quatre ou vingt-fî»: 
heures après de l’autre pied', s’il y avoiEc 
dès figues d’abondance de fang , ou s’il* 
y avoir déjà ibng-tems que lé maFadec 
n’eût- été faigné. On purgeroîc lé len¬ 
demain ou le furièndémain dé la pre¬ 
mière ou fécondé.faignée de-la maniéré* 
fiiivante^. 

2 V:RG AT I O 

■ Ffenez" rhubarbe * eoneaflTée & feî 
d’Epfem de chacun une.dfachme ; faites;, 
bouillir dans l’èau dé. fontaine, & met- 
©ez infiifer dans une livre dé c-olature 
dèu» gros^ Sc dèmi dé fènné ^ difiblvez: 
dans, lai liqueun palTée une fécondé fomj 
^i£.Qii£e&s dê; manne, de Calabre 



CoksuitAtioks choisies^ ' 
tes une potion pour deux dofeSjqui fe« 
sont prifes à trws heures- de diftance 
î'une èe l'autre; 

On dilToudra feulement pour cette 
fois dans le premier verre trois grains 
de tartre ffiibié ,, ou trois- drachmes de 
vin émétique^ 

Immédraremenf après Monfîeur 
prendra' dix matins un bouillon fait avec 
un morceau de collet de mouton , une 
drachme de racine de valériane fauva- 
ge concalTée , quatre ferupules de celle 
de pivoine mâle auiîî concalTée , deux 
écrevilïes de riviere éroultéeS’dans Teau 
chaude & écrafées dans-un mortier-, &, 
une poignée en- tout de feuilles- de chi¬ 
corée arpere de crelTon de fontaine; 
On jettera dans le pot hir la. fin de* la 
coétion une douzaine de cloportes lavés 
& ét(^ffés d'ans le vin blanc , réitérant. 
Ik même, médecine àda- fin., mais fenss 
vomitif. 

Pendantl’êS'dix* matfns ruivantSjMdn- 
fieur ufera de Topiace feivanteavalant 
par deffus chaque dofe une ou deux taf- 
fes'd’infiiltomde feuilles feches deeitro-; 
belle: y. préparée à la maniéré du tbé:^ 
ic; ayant recou i s au mâme purgatif fin®- 
pleag-tès ïà.dixâin£u„ , . ... 



DE M E D E C I NE. 


O P I AT E. 

Prenez conferves d’année & de kyiior- 
rhodoiî de chacune deux drachmes & 
demie ; poudre de guttete , & antimoi¬ 
ne diaphoredque de chacun deux drach¬ 
mes 5 racines de valériane iauvage en 
poudre & cloportes préparés , de cha>- 
cun quatre fcrupules extrait de rhu^ 
barbe une drachme ; cinnabre d’anti¬ 
moine une demi-drachme -, faites avexr 
le fyrop des cinq racines une opiate qui 
fera partagée en dix prifes égales. 

Vers le quinze ou vingt mars pro¬ 
chain on reviendra aux mêmes bouil¬ 
lons & à la même opiate ,, obfervant les 
précautions déjà confeillées pour le pre¬ 
mier ufage de ces remedes. 

Ces purgations aïant précédé, Mon- 
fieur boira pèndant une quinzaine de 
matins une écuellée de petit lait qu oa 
tirera du lait de vache ou de chevre ^ 
caillé le fohr avec la prefure ordinaire j,, 
& qu^oii feparera de fou fromage , ea 
le laiffant égoutter à travers un linge 
pendant la nuit, pour le clarifier le ma¬ 
tin avec le blanc d^’œuf. On y jettera 
pendant cette clarification une pincée; 



I(j 2; CoNSifflTATrONS CHorSTES 
de- fleuxs de tilleuil,, & buic clop'orres 
lavés & étoufFés dans le vin blâne ^ 
auxquels on donnera une ébullition de 
quelques minutes avec le blanc d’œuf 
y éteignant en même'; tems deux ou 
trois petits doux rouillés & rougis aœ 
feu^Ôn dilFoudra dans le petit laitcoua. 
ïé un peu de fucre roial j, & on repur», 
géra à la fin avec la médecine ci-deiruSy 
Tans addition d’émétique. 

Cette préparation du lait- aïant été 
eniployée y u Ton peut avoir facilement 
les eaux de Balaruc y Monfieur les bow 
ra pendant trois matins-dilïblvant fe 
premier jour de la boijfibn dans le pre¬ 
mier verre deux onces de manne êc 
trenté grains de rhubarbe en poudre ^ 
& aïant la même précaution le dernier. 
pur dans le pémiltiéme ou dernier ver¬ 
re^ 

' 0h compte qu’après ces précaution^ 
Monfieus: pourra fupporterle lak entier^; 
ainfi. on lui donnera le matin peiidanç 
un mois ou cinq femsaines le lait d’ânef»- 
fe ©u de chevre entier , commençant' 
par un grand verre montant peu à 
peu jufques à la" quantité d’une écuellée.^ 
©n y mêléra chaque fois une couple de 
cuillerées dè la. fécondé eau. de chaos y 



© E . M E 0 E C 1 W Sv 1^5; 

Iforgeant à la fin avec la médecine or- 
dînaire^ 

Pendant tout le terns dü lait , Mon- 
fieur prendra de deux en deux jourç 
îe bol fuivant , avalant ua moment: 
après fa prile de lait». 

^ O L, 

Prenez poTU Jre de guttete douze grains ^ 
cloportes préparés, fafFran de mars ape- 
titif préparé, àlarofée du mois de raar^^ 
dé chacun huit grains ; çinnabre d’anti¬ 
moine deux grains Éites un bol avec: 
le fyrop de chicorée compofé.. 

Les chaleurs de l’été étant arrivées 
Monfieur prendra pendant huit ou rieuiF 
matins le demi-bain dbmeftique ou 
il demeurera mie heure chaque fois ; bu-^ 
vaut à la fortie une ou deux taflès d’în-^ 
jfiifion db feuilles fëches de- cicronelle. 
Après fept ou huit jours dhntervalle ,, 
Monfieur reviendra aux mêmes bains» 
s’il s’en eft bien trouvé, & prendra, e» 
fbrtant de ce demi-bain un bouillon fait 
avec un-; jeune poulet, deux écreviflès» 
en vie-, éc. une poignée de feuilles de 
chicorée amere-. Oirterminera cef> te- 
siedeagar le purgatif oïdinairei, 



ï é,4 CONSiriTAXIONS ghoisîes 

On examinera pendant dix à douzç 
jours l’effet desclemi-bains,.& s’il a été 
favorable ^ après une quinzaine de jours 
de repos , Monffeur réitérera les demi- 
bains dpmeftiquès pendant une dixain* 
de matins & avalera en forrant une 
écuelle de petit lait préparé comme ii a 
été dit ci-deffus ^ ayaiu foin de recoiirîs' 
à la médecine à la fin, 

Suppofé qu il arrive dés attaques pen¬ 
dant le cours de ces remedes ,, le" Coru 
féil eff d^vis de laifièr le malade en re¬ 
pos durant l’accès,, à moins qu’il ne fût 
accompagné de quelque accident qui 
menaçât de devenir funefte.. 

L’automne prochain on pourra ufer , 
des remedes confeillés pour le printems, 
dans le même ordre ^èc avec les mêmes 
précautions & fi le lait d’àneflè du ma¬ 
tin avoir bien réufli, on en coiitinueroit 
l’ufage plus long-tems. 

Tous ces remedes deviendront inu.- 
îiles, fi Monfieur n’obferve un éxaéi 
régime de. vivre. Il doit pendant quel¬ 
que tems éviter toute forte de con¬ 
tention d’^erprit èc d’agitation de l’ame 
mêlée de- vivacité. Le commerce des 
femmes doit être auffi fufpendu. Il s’abÇ- 
«kindra des ragoûts ^ des falades des 



I) £ MEDECINE. l 

fruits cruds, des légumes , des chatai- 
!gnes , & de tous les aliments de haut 
^ûc. , propres à former des vents 
g-roffiers , indîgeftes , ou échaulîànts. Il 
fe nourrira avec des potages à la viande, 
du bouilli & du rôti, fe contentant de 
deux repas par jotTi:, & foupant très- 
frugalement.; il boira très-peu de vin, 
& extrêmement trempé. 

Délibéré à Monrpelliej: le i®. Jan- 
’ider 1745 Signé , M o n x acné. 


CONSULTATION XXL 
Ssif Hu Délire imniaqHe, 

O N a lu avec beaucoup d'attendon 
le.mémoire qui nous a été ,com¬ 
muniqué on auroit, même fouhaité 
qu’on y eût parlé des difpofiîions de la 
famille du malade ; mais on laiflè indé¬ 
cis s’il y a quelque chofe d^héréditaîre 
dans la maladie qui fait le fujet de cette 
confultâtion. On va fuivre pied à pied 
Æe qu’on a trouvé à propos de nous ap<. 
prendre , & on va en profiter pour 
^epiifeiikr Ifs remèdes que i’expérience 




CONSULTÂTIOT^S CHOÏSÎK 

a démontré les plus efficaces dans de 
iemblablescas. 

Le dérèglement que ron remarque 
depuis quelque tems dans les occupa¬ 
tions les difeours g la maniéré de pen- 
fer , & dans toute la -cotrduite de Mon- 
fieur , l’emportement, l’air de hauteur 
& de dérifiou , & les autres circonftan- 
ces qui accompagnent le déiordre defa 
raifbiî, ne permettent pas -de mécon- 
lîoître la maladie pour laquelle on de¬ 
mande des remedes & que l’on peut 
regarder comme un délire maniaque. 

Il n’eftpas également aifé de détermi¬ 
ner les caufes qui ont occafionné ce dé- 
lire| mais , comme Monfieur étoit d’un 
tempérament robufte & vigoureux , & 
que d’ailleurs depuis une vingtaine d’aiv 
liées g il avoir été attaqué de violents 
accès de méiancholie , qui tantôt i’a- 
voit jetté dans une humeur fombre ou 
contrariante , tantôt dans des fcrupules 
outrés en matière de religion , tantôt 
4ans an dégoût pour la focieté & la 
compagnie, & tantôt dans des trans¬ 
ports amoureux, on a droit deconclur- 
re que la maflè de fon fang s’eft trouvée 
originairement épaifîè , rérîneure,& fuf- 
ceptibiéde mouvements tumultueux 



39 E ME.©Et:iîîE. 1^7 

,êc q«e les fibres de ion cerveau ont été 
trop tendues^ trop élaftiques^ & diljpo- 
iees à des aftêdions fpaimodiques. 

-Cet état vicieux tant des folides que 
des fluides a été d’abord excrêmement 
augmenté par le délire mélancholique 
qui a duré pendant plufieurs années,& a 
fait des progrès %. con-fidcrables que le 
iélire maniaque a pris la place du œé- 
lancholique , à mefure que la mafiè du 
fang efl: devenue plus épaifiè & plus ré- 
^ueufe, & que les fiferes du cerveau,de-: 
venues plus racornies ôc plus élaftiques ^ 
ont rendu riœpreffion des objets extrê¬ 
mement forte, & capable de retran¬ 
cher à famé la liberté de bien diftin- 
guer les idées , de les lier entr’elles ^ 
de les comparer , & de-juger & raifon- 
uer conféquemment, C^oique la chute 
que Monfîeur fit il y a quelques annéef 
puiflè avoir lailTé quelque impreffion 
fur le cerveau , il ne parole pas qu’on 
doive la regarder comme la caufe prin¬ 
cipale de la maladie , dont il eft ici 
queftion $ d’ailleurs on n’explique point 
dans la relation fi le coup porta violem¬ 
ment' fur la tête , fi le malade perdit la 
connoiCfânce , ou s’il tomba dans qùeL 
que aecidêiiî particulier qui air prou- 



1^8 CoNSUXTATIOT4S CHOISIES 

vé une commotion dans le ccryeau* 
■Comme cette maladie a commencé 
depuis très-long tems, & qu’elle eft en¬ 
tretenue par des caufes qu’il eft très-dif¬ 
ficile de corriger ,oa ne fçauroit difcon- 
venir que^la guerifon ne foit très-incer¬ 
taine , & cela d’autant plus que l’indo¬ 
cilité du malade croifera l’ufage desre- 
medeSjSc les differents fecoiirs que l’on 
pourroit emploïcr pour changer fa ma¬ 
nière de penfer,, & l’engager à occuper 
fon efprit par des objets entièrement 
©ppofés. 

Pour tirer le parti poffible de l’état 
préfent de Monfteur , on doit fe propo- 
îèr de reftifier fes dîgeftions , de ren¬ 
dre la maife de ion fang plus fluide & 
plus coulante, d’en diminuer la fougue 
Sc h raréfadion tumultueufe , d’aflbu- 
plir le fyftême des folîdes,, & de dimi¬ 
nuer la force & la vivacité des ofcilk- 
tions du genre nerveux & des fibres 
même du cerveau. On eipere que ces 
indications feront remplies par le moien 
des remedes fuivants. 

On commencera inceflàmment par 
fâigner Monfîeur du pied, êc on lui 
tirera huit à neuf onces de fang, réité¬ 
rant vingt quatre heures après la fai- 
gnée 



: ■© ’E M 1 -ï) Ï c î îî E, ' 

<g:i|re (îe l’autre pied , tiratK la inêîîie 
quantité de fang. : 

Imriîédiaterrsent après on efFayera 
4ô baignée Monfieur , &: de ki don¬ 
ner un tain domeftique - d’eau Irmple- 
meat dégourdie, avec la précaution de 
lai jetter de la même eau fut la 
Supposé -que le malade fbit afTez docile 
.pour fe iaiilir baigner ^,on -lui fer-à pren¬ 
dre deux baiiiE par jour , où il deneuïre--' 
îa trois' quarts d’àeure ou-utie beure cba-' 
que-.fbis -; on continuera de même jiff- 
^U'à ce qulcrn en air atteint le -iiombrc 
de douze , 'quinze ou dix - huit ; ôn 
donnera ' à la fortie de celui du ma¬ 
tin uii bouillon fait avec un morceau de 
veau GU un jeune pbulet, demi-once des 
femences froides mondé^ de enfermées ' 
dans UH nouer i; & une poignée en tout 
dès feuilles de chicotée amere de- de 
chicorée blanche. 

î?endaiic le cours de ces remedes il eft 
.abfolument .néceif^te' , que Z^hheur 
prenne le laudanum pour le moins le 
foir à l’beure du coucher , comroençanc 
par deux grains , & augmenfâiit enfuL 
te le calmant grains par grains, jufqu’à- 
ce qu’on trouve le point de le tranquilw 
fer en procurant le fommeil. . 

Tome IL H 



irjO- CoNSULTATlOÿîS .'CHOISIEg 

Suppofé que le malade ne veuille 
point avaler le laudanum , on elTayera fi 
on peut le lui donner fous la forme de la¬ 
vement avec l’eau fimple , à la même 
dofejque l’on augmentera de même par- 
grains; dans la fuite., fi la nécelîîté lexi. : 
g^. Ges lavements feront faits au quart 
de la dofe ordinaire , dillolvant le lau- , 
danum dans cette quantité de liquide j . 
on pr^ud:cette précaution pour que le- 
iavement réfte dans le: corps. : : 

Si on ne peut pas xecoucir aux lavéi 
mentS jjion donnera le calmant dans le 
vim, ou dans; quelque liqueur que le 
malade-aime , ou dans les aliments; 

Si on ed alfez heureux, pour que Mon-' 
fleur donne dans: rufage des bains &■' 
d.^ns celui des calmants , après qù’îl aui- 
ra. été rafraîchi. & humeé& pac quiiize^ 
ou dix~huiçd3.ains. , on.-le purgera avec 
une ptifane ainfî compoleei. 

. JP T h s-Mm E, 

T!rene;z;-uiie/oncc;de tamarins, la pul- - 
pe tireej de: quatre onces dê caire en bâ- . 
ton fans la palTer, & une drachme de fel 
d’Epfom , dpntrôn fera un#décoâ:ion', 
dans une livre: de laquelle on lailféra'^ 



E>E MEDECIN î. t76 
înfufer pendant- la nuit crois drachmes 
-de fené -, diflblvant le matin dans l’infu- 
fioii cQulëer trois onces de manne. 

La médecine ainfi préparée ferapar- 
. îagéeen .deux verres, que le malade boi¬ 
ra à deux heures de diilance lun de l’au¬ 
tre. On pourroit ajouter , fi on le trou- 
- voit à propos, au premier verre deux 
-grains de tartre émétique ; on en féroic 
de même dans le fécond. 

Mais fi le malade par lôn indocilité' ; 
ne veut pas ufer de la médecine qué 
l’on vient de prefcrire, on diflbudrà 
huit grains détartré émétique dans une 
chopine d’eau de fontaine, & on la lui 
donnera en quatre dofes dans l’efpacê 
de deux heures. 

Ayant laifle repofer le malade pen¬ 
dant dix jours après les bains & les 
bouillons , on pourroit revenir pendant 
une fécondé neiivaine aux bains deux 
fois par jour , & on feroit boire à la 
fortie de celui du matin un bouillon fait 
avec un morceau de jarret de veau , 
deux écrevilfes deriviere étouffées dans 
l’eau chaude & écrafées dansun mortier, 
une poignée delfeuîlles de chicorée blan¬ 
che ou verte, & dix cloportes lavés & 
• étouffés dans Le vin blanc réitérant k 
H ij 



Ï72 . Consultations choisîîs 
médecine ordonnée ci-deffus. Ou bieii 
le tartre émétique diilôut dans l’eau. Ou 
continueroit en même tems l’üûge du 
Jaudanum une fois par jour -, & , fl Ig 
malade n’écoit pas tranquile dans la jour¬ 
née, on lui en feroit prendre une demi. 
<iore le foir. 

Oiv fuppofe pour l’exécution de ces 
remedes que le malade le lailfera diri- 
ger ; mais fi par opiniâtreté il ne veut 
prendre aucun remede / on employera 
tous les moyens poflibles pour l’obliger 
à recevoir du fecours ; on fe fert quel¬ 
quefois des expédients violents , & on 
efi: forcé de maltraiter les malades j 
■mais ces fortes de telTourees deman¬ 
dent beaucoup de fagefiè & de précau¬ 
tion. Il convient pourtant de trouver 
q[uclqu.e perfonne qui foie capable de 
prendre une fuperiorité , & de faire 
craindre ces fortes de malades. 

Si je’ malade fe trôüvoit dans une fi- 
tuatîon d’erpri.t contraire , qu’onpût 
le déteaminer à prendre des remedes / 
on lui donneroit pendant vingt jours 
uneécuellée de petit lait de che-vre bien 
.clarifié le ,matin ; &, s’il palTokbien, ôn 
lui en feroit prendre une fécondé dofe 
-vers les cs^-uatre heures après midi. .Qn , 



H t M É D E e I K Ê. 175 ' 
éîÉiidtok davantage l’ufage de ce petit 
fait s’il réaffilToit ; on pourroit même 
entremêler.des bains avec feifu Ample¬ 
ment dégourdie , faifant avaler da piife 
de petit lait à* la fortie du bain. 

Enfin Tuppofé que le malade por¬ 
té à continuer ces remedes , oir aurok' 
fpin après un long ufage du petit lait 
de lui donner le lait de chevre entier 
le matin , à la dcfe d’une écuellée, 
& le foir à fon fouper une foupe an 
même lait, continuant de même pen¬ 
dant un mois, ou un mois.Sc demi, Sc 
employant de tems en tems le purgatifs 
On auroit recours à de nouvelles faig iéès 
du pied pendant êes remedés, fi on le 
jugeoit nécéfiaire , '& le laudanum ne 
fèroît pas oublié chaque jour. On pour-1 
roit fe fcrvirde tems en tems dc lapou- 
dre de guttete à la dofe d’une douzaine 
de grains , qu’on donneroit de deux en 
deux jours dans mne ou deux cuillerées 
^eau. de fl surs d'brangesj êe-un moment 
avant le petit lait ou lait du matin; : 

Si ces remedes produifoient un bon 
effet, & que l’on remarquât une difpo- 
fitiontranquiledans l’éfprit du malade ^ 
on pourroit lui procurer une fociété j, 
®u même le conduire à’ la campagne 5: 

Hiij - 



'».74 Consultations choisies 
pour tâcher de le diftraire de fès premîe- 
les idées, & de lui en fournir de nou¬ 
velles J & en même tems oppofées. On 
réîtereroic Tufage des bains domefti- 
ques, du petit lait, &c. 

. Tous ees remedes que Ton vient de 
propofer demandent que le malade foie 
devenu docile 5. mais, s^l eft dans une {î- 
tuation contraire , on fera forcé d’A- 
- bandonner les remedes, ou de lui faire 
prendre ceux que Ton pourra. 

A régard du régime de vivre , on jxu 
ge qui! eft inutile de la détailler, on fe¬ 
ra cependant en forte de nourrir le ma¬ 
lade avec des aliments doux & dune dî- 
geftioii aifée .& on réglera pour ce¬ 
la fur Tavis de Mon Geur le Médecin or¬ 
dinaire , qui pourra mieux-s’accommo- 
der à la difpojition de fon efprit, & aux 
variations qui arriveront plus ou moins 
fpuvent» ■ 

; I>élibéré à Montpellier le 17. février' 

1 74 5. Signiy M ON. T A G H 



D E MEDECINE. , 


- GONSirXTATTON XXII. 
Sur‘me anafar^ue, 

L ’Enflure ædémateuife,, qui,après avoîï 
commencé par les jambes , s’eft 
étendue dans toutes les diiFérentes par¬ 
ties du corps , mais fiir-tout furlaEace 
& les autres extrémiTés fupérieüres ; la 
fièvre '& la rfoif qui ifanc ^ la partie 
le dégoût., la foibleffe très-confidér-able , 
,& l’aflbapîflement dont M^nfieui: efl: 
attaqué-depuis -quelques mois , 'font les 
produétions dua fang épais, pefant, & 
faumuré’i mais dont la portion féreufe 
iè trouve ârréguiieremenc mêlée avec 
les autres parties intégrantes. 

Cet état des liqueurs avoît ^été an¬ 
noncé dès la treiîtKme année de l’âgê 
du malade,par des attaques d’aftfcme afl. 
fez violentes & fréquentes , •'& ^nfui- 
te par un afthme aéfcuel, qui a-duré au¬ 
tour de quatre ans. Maïs la vie féden- 
taire & méditative , & l’abus que Mon- 
fieur a fait de l’eau--de-vie, & delà, 
fumée du tabac , ont fceaucoup contri- 
à augmenter ces premiers 'deiôr» 
H iiii 





*7^' C'OMSïîLTÂTICfNS CHOÎSliS; 

dre&j foie en troublant rœconomie dcÆ 
digeftionsfoit en dîffipaiu le mucila¬ 
ge le plus fin de la. maflè du fang ,, &: 
en- racornifTant fa partie fibreufe ôr g!o<* 
buleufe. La bile.d’ailleucs s’eft relTentie. 
des. mauvaifes difpofitioiis des liqueurs 
en général, & a formé des embarras 
dans le.- foie , & peut-être même dans 
(quelques- autres vifeeres- du bas-ventre-». 

La ié.rofîté furnageante a relâché le- 
liffu: fibreux de tout-le fyftême vafem. , 
leuxmais fur-tout des vailTeaux blancs,, 
■êc a’eft arrêtée dans le corps cellulaire-^ 
^oiK .y produire les enflures j; on a mêi. 
me- lieu, de foupçoniier: que les-fibres duî. 
eerveatt ©ut fouflférc par raétion-de la ' 
.même: camfe comme HafFoupiÉlement: 
parok i'e- prouver , aulE, - :bieu que la. 
grande fciblefle». 

Pour tirer çout lé parti poffibledè- 
Mtat: préfent; de Monfieur, ou doit 
propoier de rétablir les digeftions , de- 
rendre la maflè; du.fang plus fluid'e Se. 
plus coulante ,,d’en corriger la.fâümure ' 
qui a pris le.delTus de procurer ufi mé¬ 
lange proportionné, des autres parties 
intégrantes, du fang. ayee la féroficé^ & 
jde- 'déterminer celle' qui .fiirabonde k 
.l£rieéyac.uée.QUvpâx. les.felks., -ou par: 



DE M E-D E C IN E. I77- 

ïcs filières urîneufes. On- efpere que ces 
indications feront remplies par le moïen 
des remedes fuivancs. • 

Comme les forces- de Monfîeur ne. 
permettent point de le purger d’une, 
maniéré à caufer,. des évacuations cpn,-- 
fidérables, on aura d’abord recours à, 
ià médecine fuivante. 

iVRG ATIO 

Prenez, tamarins une once 5 .rHub^r-. 
Be concaîTée deux fcrupules flèu.rs 
pêcher une pincée ; faites bouillir d^ns 
une Tuffifante quantité d’eau .da-fomai- 
ne J & dilRiudre.dans huit onces.de ço^~ 
Fature deux onces de manne, de.,-Gaiâ~, 
Bré.^&.un.gros de cpnfeétiqn haœech:^ 
Êiîtés une,potion qui Fbra.prifé. le mæ, 
'tin.- ■ 7. . -, 

Immédiatement apres Monfieur.boi- 
m: pqu.daat. cinq matins ,..,un ^bouillon 
ïajx .avec uné livré ou unedfvie & de- 
mîe'de ^.aîgre de veau,, qu’on, ,coupém 
en/ bmèBesiôuitranches allez minqes.j. 
une'drachme deiracine d’énula, campa- 
na concaïFéé, autant de celle d’angelh 
que ajflPcoîicairée, y., dés feuilles. de:clii^ 
sofééiamejxi &- de-crefion de fontaine 



TJ$. CoNSUlTATtONÎ CHOISIES 
bien hachées , en .tout deux poignées 
de rhubarbe en poudre demi -drachme.-,, 
de fàfE an de mars apéritif préparé à la. 
ïofée du mois- de- maiune drachme- 
&c demie,.qu’on mêlera avec la rhubar¬ 
be pour former une poudre,, dix-huit 
®u vingt doport.cs. la.vés &étoufFés-.dansi 
te vin blanc.- 

On placera les roueHes de veau, lès; 
plantes hachées & lesTacines-concafTées,^ 
couche par couche dansun pot de terre; 
dhine grarîdfeur CGnvènàbie,.& ganu'dè; ' 
ion couvercle,. Oh jettera fur ces cou¬ 
ches de la. poudre faite avec la rhu¬ 
barbe. & le fàfFran; de mars^.entremê- 
îàné,les dopoTtes; ;à proporcioihj oœ 
continuera, de même jufqu’à ce que on;, 
aura;, emploïc. toutes les drogues , & oin 
Yf ajoutera uiT verre d’eau;: de fbntaine 
ayant de placer le- couv ercle fur le pot 
&: le lutér.. Ces précautions âiant été- 
©bfervées on mettra le pot dans uios 
bain-maric ,‘IeTQir vers lès cinq HeUrés ^ 
on donnera- afci matières qui y Ictlt 
contenues une ébullition dé llx hèurea- 
OU; environ.. Oii déliitera lé matin , & 
«Jncoulera avec expreiïion pour don^ 
îier le bouillon à. Moniîeur avee le de-»- 
gte,' dé clwlést éoriveiiablÊ .5.' réicérâiÆ 



ÏS E M E D E G I K E. 
la même médecine à la fin , ïuppolê 
pourtant que l’état des forces le per-; 
mette. 

Pendant les, cinq matins fuivants, 
Monfieur ufera d’un fuc de plantes ain- 
fî préparé; ■ V ' ■ ! ' ' ^ 

SV c. 

Prenez cinq onces ou environ _cîé fuc 

de Grelin de fontàaïé ,■ & dé cfiicoTéd 

amere, bien dépurés, que,vous, niettrez 
dans ün petit-vaideaU ou pot de téf re , 
y mêlant une dixainè de clo.portçs lavés 
& étouffês dans le viiv blanc , & vin^t ^ 
grains détartré yitriblé j àïanx, couvert 
le vaiflèau on le plâcêrà furdes cendre»^ 
médiocréaleiit cbaudes bn làîder^ 
fiifurer ’ lès'màtîer'és ’pfettdaiit quelques 
%ures 3; ajant coûté te macia avec ex- 
pteffion , qn fera prendre à Monfieiir 
Ik'toîature,^^ ■ 'd'. ''d - ■ ^ 

On aura rccqür-s a îà'medecîné le fi-- 
^éme jour ^pour reyénfr'aux mêmes 
l'quillons confeîllés ci-deflùs V pendant 
cing nouveaux matins, & les termincc- 
|àf le purgatif... 

Pendant te cours de ces remedes on 
ItenéEâi dansi lav|bu^êé:'des cuiil^ 




CTcmSTJiTATTQjSrS. choisies-' 
de la. potioiv fuivauie pour, foutenir. lèfc 
ébrces^ 

.J- U L.E El ' ' 

Frënez eau dé eKardbn -henîrtroi^: 
©nces ; eau de fleurs d orangés une on» 
ee J, diflblvez dans liqueur confec-- 
tioris alksrmes & d’hyacinthe de cha^ 
euoe. une, drachme i;^iy.rpp dbeillets uner 
©aceafâUes..iiûejû|ep',a',p,reh 4 te£arrrqiU- ‘ 
îetées,. ' ' ^ ' 

Ivlonfieux. boira;, enfuite,.pendant', jfir 
matins umgrand>erré dè;peuc lairqu’pii' 
èrera, du? lait, dé 'vacHê c-aiîlé lé 'foir 
aEstec. la,.prefure ordinaire ,. qu ùn Té-- 
jiarera...de:lp.n iipmage: en, lé, la^flaiic 
e^puter pen^nç, 'la, nuit,, à'{tràvé'rs-, up;- 
Bhge’pour: léxlarifeX Te madn aXec,- lê} 
B.tanc d-opufl' On y: jettera péhdânt çéi“- 
îe^darificatian huit clopoiteS: layés.ôéî 
étouâes dans le vîïi blanc ,, une pin— 

eee- de.ibrrMpit.és dé |>ent chêne'^ ap^“ 

quelles’, on. donhera ühe- ébplliçipn dbi:' 
quelques minutes lé'blànc d'cédfX y- 
éteign^rnt eh- même tems une couple ,cid■ 
.e^6.uXirouil^és&rQug^s_a^.feu.Ondî^^bar- 
te. dans le, petit lait coulé un peu dér 
&eîâU;r.QîâiJ, repur^ra.»Ja. fin ^ 



B B M^e.d E-c rN" r. i5te 
^otxr revenir pendant- cinq autres ma^ 
BUS àl’ufage des mêmes fucs5.&y,aïans 
emploïé. le. purgatif à la fin ^..au même 
petit lait pendant fix nouveaux matins 
après' lefquels- on redonnera la; niême.* 
médecine- - ; 

On croît devoir oSferver qu’bn a& 
jngé. nécelTaire ,,à' caufe de la. foibleffe 
de. Monfieur „de. fe. fervir d’un purgatif^ 
êît reniement. 4'oux *, .mais fi les> £orcea 
avoient, augmente;,* on.ajouieroic dm 
feiné,..On daifièoe c,|iangemenKà la.pru- 
dènce de Monfieur le; Médecin ordinai¬ 
re^. M ais fi-au contraire le malade étoic: 
extrcmement abbattu j. on.ménageroic: 
glus ou moiiis^ la.fprce du pur.gatifi, SC. 
on le:: donneroit moins fouvento... ; . 

L’état: de.Monfieur déterminera aprèss 
ees remedes 5.isîi|'dbkd.es'^GontinBèrv- '&' 
on dbnnera. la. préférence, à ceux. quL 
auront le mieuxnéuffii,. 

; .boitrons ordttîaire fera une ptîfa-- 
. ne faîte avec le.s,feuilles..fecbes:,de^ca,- 
pfllàiiei-gi céfiès.yè fcoloperidré/aJa- 
quelle, qn,. ajaureEàlunrnoikt.^deT demV 
©ricè de limaille de fër rouillé, & qu’om. 
préparera apres une léger-e; ébullîtibm à 
la; manière- du. thé;. On pourroit' fttbfti;^ 
^j:. à.cme 0ifaae: une. dé£aéi:ioa.,iàfeî 




îSTï. CofNSULTATi'ONS Cl^OlSlSlS 
racines de chiendent, & de fruit de fey.» 
norrhx3îion: ou grattecul *, aloutant'àcha-- 
que bouteiUe de cette ptifane une de^ 
mi-drachme de tartre vitriolé. 

Oit nourrira le-malade avec de bpnÿ 
bouillons , quelques- foupes, & üit peuî 
de bouilli & dé rôtiféulemenc au dî¬ 
ner,. Il pourra faire ajouter un peu de 
viiï à fa ptifane à l’heure des repas 
^ prendre même daus là-journée quel¬ 
ques rotiesvUu: vin alRîibli par dé l’éau.1' 
Oit joindra- à cettê ’ nourriturq qnef. 
que jaune d%uf.. îdonfieuf. s’àbftiendfai 
de tous' les^'aliments de^ haut', goût, éé 
''de tous-ceux: qui: font cruds, grolïïers.,, 
& iiidigeftes ou pr-opres - à. inonder, 'le 
âng,;- - - - ’ - 

Délibéré à Montpellier le févr^ 
1.745. » Mfe HT A G H E. 


CO N S D'L T A TJ 9 h: XXEÏ.i 
mt ûoÜqHe'inteftlndt &' 

A Près av-oî« lu avec attendoiy la re¬ 
lation très-détaillée qui nous à-hb 
^somioauniquv.^; ÿ/ieftÎBne-ic^elsimaiâd^ 






B'E. M H-D E G r N 

«font la jeune Dame eft tourmentée 
avec tant d’obftinattoiT, eft une coli¬ 
que inteftinale-hyftérique caufée par les; 
vents, par racrimonie du fuc inieftinals, 
& par lesfpafmes dés Jibres des mtef- 
tins. Les caufes qui entretiennent ainft 
cette colique , font les mauvaiiès digei- 
tions, & le mauvais, caraéterc du fang ^ 
qui eft épais foc,, & acrimonieux.. 

Les dérangements des- réglés, & les 
pertes de foiigqai ont précédé, font voit 
qu’il y, a long-tems que le couloir Dceriui- 
n’eft pas libres & ces embarras de 1^ 
matrice- prouvent que la. portion lym¬ 
phatique du £àng étoît déjà épailfo dc;. 
puis, plufteurs années e mais comme h. 
l’occafton de ces embarras du couloir 
utérin le iàng fe portoit trop abon¬ 
damment vers: quelques vaifléaux fon— 
guins dé la: matrice que d’ailleurs 
Madame étqit ^dit-onpléthorique , ces 
vaifléaux forompoiént^ & le fong uteria: 
couloir abondamment par hémorrha¬ 
gie j & cfoff en conféquence de ces hé- 
îâorrhâgies ré-iterées que^ le fo,ng 
épuifé & appauvri' dé ce mudiége déuit 
& balfamiqué, dont il a befoin pour 
être- dans une fluidité homo-geae 5 drifo 
âant déjà, épais devenu -eacM^ 



rSî^L CÔNSüLTJbTîONS' CHOISIE?- 
plus , ôc en même tems fec & acrimooi 
nieux jxç qui a OGcalîonné trop de roi— 
deur & de fechereflè dans le fyftêmev 
nerveux& la- dîfpQÛtion prochaine:; 
aux fpafmes. à;la: moindre occafion. 

Un fang tel que- nous venons de lei 
îepréfènter ^, fournit des fucs digeftifs. 
de, même qualité ^.c’eft-à^^dire épais ^ te¬ 
naces ^&àciimonieux, d’où il réfulte des 
digeflions- imparfaites & fougueufes,,, 
avec produdian de ventsdê patticifc^ 
les gr0ffieresv.& d’acrinaonie,^ ; ' 
Les vues que.. Ton doit avoÎE- poag: 
sraiter^ ave© fuocès eette, maladie/.font: 
de mettre, les digeftions en réglé-^.dèi 
à>nner au fâng de-la fluidité , en rincL- 
fant: légèrementle détrempant & 1 -a-^ 
douciïTant y.: de readre libre le couloir: 
îiterin dé dosner du calme à la-ma-r- 
làde continuellement 5,,averd{ranE'qw’om 
ne fqaurair venir-à bour d’une telle raa-r; 
ladie-qu’au moïen dun sraitemeiiE: 
long & méthodique d un régime de- 
vivre bien obier vé. >' 

Ç!ëft pourquoi d entrée on- purgerai 
f& malade '’vec une once de racme de 
polypode5,..ôcdemî-poignée:de'fleurs, ae^ 
wolètces ^. dontron fera:. ei> demi-heureî 
#axi.v.eireside 'dé]co^:oiîï^ 


n i M E D t c r N E. 
en (fifToodra dans le premier verre de'^* 
onces de manne 5^^ de dans le fécond 
once de manne , ajoutant à chacun 
ces ven-es une onte d^uile d’àm’and^^ 
douces tirée fans feu , & récemment'’' 
L’on prendra le fécond verre deux heu¬ 
res après le premier , & un bouillon de: 
veau deux, heures après le fécond verre.^ 

Le lendemain de la purgation ,, ôn 
commencera^l’ufage de bouillons faits, 
avec huit ances- de m^ou dè veau , deux, 
écrevifles de rivière' pilées em vie f & k 
feur défaut dix. ou' dbuxe cloportes la¬ 
vés, & écrafës-.en vie ): deux drachmes- 
déraciné, de pivoine mâle, mie drach¬ 
me de, racine de valériane làuvage 
une poignée- de credbn dé fontaine. 

Âïant pris ces Bouillons douze jours 
de fuite on fe purgera comme aupara¬ 
vant pour pafler enfuite à, l’ufage dfc 
Fopiate fuivante., 

O F I A T E. 

Prenez confèrves de fe’^ilorrhodoiT^ 
daunée, de chacune deux drachmes dt 
demie;: racines, de valériane fauvage „ 
fiiccin blanc prépare, & cloportes aufli- 
ftégaréii ^ de. chacun deux- drachmes. 



ïSô Consultations choisiïs 
pilules de cynoglolîe deux fcrupules 5 
cachou brut eu poudre quatre fcrupu- 
les ; faites avec le fyrop de chicorée 
compofé une opiate molle , dont la dofe 
fera de deux drachmes, . 

L’on prendra le matin à jeun deux 
drachmes de cette opiate dans du pain 
à chanter , avalant -demi ^ heure apres 
ïin bouillon fait avec huit onces de 
collet de mouton , demi-poignée de 
uhicorée amete de ij-ardin, 

Aïant pris cette opiate quatre jours 
l’onprendra tout de fuite le petitdait de 
vache, caillé par le moïen-de la crème 
de tartre ou de la prefure. La dofe de 
ce petit kit fera de douze à quinze 
onces, que i’Ga prendra le matin à:jeu% 
mais 011 y éteindra trois doux de la 
longueur du petit doigt, rougis au feu, 
Qu le clarifiera avec le blanc de deut 
œufs ,yfaiknt bouillir pendant la cla¬ 
rification dix cloportes lavés dc écrafés 
en_vie , & raïant, coulé on y fondra 
une cuillerée de, fucre fin en poudre, ôc 
011 y ajoutera une cüiUcrée de k fécon¬ 
dé, eau de chaux t mais un moment: 
avant de prendre ce; perit kit, on ava¬ 
lera vingt grains de poudre dé guttete 
dans deux au trois cuillerées d’eau de 



UE Médecine. 1S7 
fîcurs d’oranges. L’on prendra, ainiît 
cc petit lait fix jours de fuite , après 
lefquels l’on reviendra à l’opiate quatre 
jours comme auparavanten fuite à lîx 
jours de petit lait ; encore à quatre jours 
d’opiâte , & enfuite à fix jours de petit 
lait. Après quoi on fe purgera avec la 
médecine indiquée. 

L’on palïêra enfuite à Lufage dès 
bouillons qui feront faits avec un jeune 
pouletdeux écreviffes de rivîere pilées 
en vie , une drachme de racine de pi¬ 
voine mâle , .une once de racine de va¬ 
lériane fauvâge 5 demi-poignée de pim- 
prenelle de jardin & autant de chicorée 
àmere aulE de jardin. 

Aïant pris ces .bouillons dix matins ^ 
on fe purgera comme auparavant, pour 
pâfTer enfuite à l’ufage du lak de chè¬ 
vre , que l’on prendra le matin à jeun 
avec un peu de fucre jufqu à la fin de 
juin ^ obfervant i®. D’ajouter a la pti- 
fc du lait , les huit premiers jours,, 
deux cuillerées de la fécondé eau de 
chaux. 2®. De prendre le refte du tems 
de l’ufage de ce laitj. de trois en trois 
fours ^ un moment avant le lait, une 
poudre compofée de douze grains de 
facciû blanc préparé. ^ de douze grahii, 



r§'8 CoNSüLTATi-oKs GHorsrïï 
^ cachou brut , de huit grains de çlow 
portes j,& fîx grains de fàfFran de marff 
apéritif; oii ava-lera eerte poudre dans, 
un peu d’eau de fleurs d’oranges.- 5®. De 
fe purger avec la. médecine ordonnée 
en quittant, ce lait,^ 

■ Je confeille de plus dès à préiènt de' 
fc mettre dans un ufage habituel duf 
laudanum ^ fans quoi les remedes ne 
réuffiront gueres-; ainfl tous les'jours’ 
l'a maiâde doit prendre quinze ou vingt 
gouttes de laudanum liquide de Syden-- 
fiam dans deux cuillerées- d’eau de fleurs' 
d’oranges, ce que Ton répétera dans la 
journée lorfque les - douleurs feront 
violentes. Au fotplus la iKturriture fera - 
du bouilli ,, , du rôti fin , & de la foupe à 
dîner &. à fouper (; & point de. viande à 
louper ) du poiflbn bouilli à l’eaU j OU- 
au court bouillon moitié eau moitié vin y 

t oînt de patiiièrie , bien peu de Tel, ôc: 

I boiflbn fera, toujours de l’eau pure, 

A Montpellier te 24. février 

s fïZ£S. 



CONSULTATION XXiV. 

^ur me fifinle lachrymde smmen^ânte^ 

O N ne Tçajiroiî: encore détecminer 
bien pr-écifément fi Monfieur le 
^■Çonrultant efl;:atcaqné d’ane fiftule Ta- 
chrymale ^ parce qu on n’a pas vû le 
pus évidemment fortir du coin de rceil 
Iprfqu’onJ’a prelTé ^ & qu’on n’a pu 
bien vérifier fi Tinjeâion faite -par les 
points laclirymaux lae pafferoit pas dans 
les nariaes,;cependan£ comme il eft atta¬ 
qué d’un larmoyement depu^ un an ; ' 
que le grand angle de roeiî ^roîc fonE 
altéré J que d’ailleurs Monfieur Gomba- 
lu.fier dijc lui avoir exprimé une matière 
purulente par le grand angle de l’œil 5 
on eft fort porté à croire qu il eft atta¬ 
qué d’une fifiiule lachrymale, du moins 
que cette maladie fe prépare très^-pror- 
chainement, 

La caufe de cette maladie doit être 
rapportée _,tant auximpreffions qu’ont 
caufées à cet ccll les vents violents, & le 
froid auxquels il a été expofé Long-tems 
.dans l’endroit que le malade habite 





tç'o CaNSTTLTÂTÎONS «HOISISS 
ce qui a épaiffi la matière , des larmes • 
qu’à la conftitution de la lymphe , qui 
eft épaiflê .& même acrimonieufe , ce 
qu’on déduittant des enchifrenements 
auxquels il eft fi fujet , que principa¬ 
lement de la chaffie abondante &: épaif- 
le que l’on voit au bord des paupières dé 
l’œil aftedé avec inflammation de fesd| 
bords , & de la face inté4?ure des p^u- 
pieres. L’on peut même prélùmer que 
les larmes ont entraîné une partie de 
cette matière épaiCe , qui a concouru à 
boucher le fac nafal, & a donné lieu 
à la formation de la fiftule lachrymale. 
Sur quoi le Confeil fouffigné eftime 
qu’avant, d’en venir à l’opération , il 
faut efla^r de rendre le cours des lar¬ 
mes libre par le moien des injections 
que l’on fera long-tems par les points 
lachrymaux. 

C’eft pourquoi inceflamment l’og ih- 
jeéterâ deux fois le jour par. les points 
l’achrymaux de l’eau de Bareges tiede, 

&, au défaut d’eau de Bareges, de l’eau 
d’orge. 

- Si cette injedion vient à paffèr dans 
quinze jours ou plutôt dans la narine , 
pour-lors on fera dans la fuite l’injec¬ 
tion avec un mélange de parties égales 




BE MlDECINSr Ï^I 

d’eau cîe Barlaruc & d’eau de Bareges, 
ou d’eau'd'orge. 

Mais s’il n’y a pas moïen après un 
certain terns de faire palTer rinjedioii 
( aiant été bien faite ; il y a peu de 
Chirurgiens qui connoiffent bien'éette 
Hianceuvre ) pour-lors ce fera une mar¬ 
que que la fiftule eft bien formée ; ce que 
i’on ■ oonnoicra atiffi fi l’on s’aflure, en 
expdmanr qu’il fort du pus par le grand 
angle de-l’œil : alôVs il faudra venir a 
i'opéfâri'on , mais reulement-au mois de 
ïïiâû ' ■ ' 

Mais, foit qu’il faille en venir àl’o^ 
pération, ou non , les injeélions de¬ 
vant être fuffifantes, dans l’un & l’au¬ 
tre cas comme la portioii lymphatique 
du fàng eft- épaifîe & acrimonieufé , foit ’ 
pour préparer àTopération; fok pour 
'favorifer l’efîèt des injeéfcions , & mieux 
procurer la déterfîon des voies des lar. 
mes , il eft nécelfàîre de fe conduire 
comme il fuit. 

Deux ou trois jours après être arrivé 
chez foi, le malade fe fera faigner du 
bîas', d’où l’on tirera environ huit on¬ 
ces de fang. Le lendemain de la faignce 
il- fe purgera avec une once de tamarins 
dont on fera deux verres de décoélion. 



Consultations choisies 
'OÙ Ton fera infufer toute la nuit fur les 
cendres chaudes deux drachmes de fen- 
né, demr-poignce de fleurs de pecher 
& demi-poignée de fleurs fle violette • 
diflblvant le lendemain m^tin dans le 
prcsiicr verre -de colature deux onces de ' 
manne , êc dans le fécond .une once 
reulement. 

L’on -paflèra enfuice à Pufage de 
'bouillons,qui feront faits avec ilx onces 
de collet de-mouton, deux écrevides. 
de rivlere pilées en vie , une drachme 
■Se demie de racine d’énula campana, & 
aine poignée de creflon de fontaine^ 
Aiant pris ces bouillons neuf matins, 
^n Te purgera comme auparavant, pour , 
.paflèreh mite à Pufage du laie de cheyre, 
•que Pon preudra le matin ù jeun juf- 
•qu’en mai, à la dofe de douze à feize ' 
onces, avec un peu de fucre, fe pur¬ 
geant en quittant le lait comme aupa- 
j;avanr„ 

Mais pendant'Pufage du lait, on 
prendra de trois en trois matins uirrao- 
ment avant le lait, une poudre compo- 
fëe de huit grains de cloportes prépa^ 
ris J de dix grains de cachou brut, & 
de dix grains de fuccin blanc préparé, 
avalant cette poudre avec trois cuille¬ 
rées d’eau de fleurs d’oranges. En 



DE M E D E C T N E. ïpj 
En mai on déterminera fi on doit fai¬ 
re l'opération. 

Cependant on obfervera un bon ré- . 
gime de vivre, faifant gras, mais feule¬ 
ment en foupc , bouilli, & rôti, & ne 
fàlant prefque pas les aliments. L’on 
pourra aufli manger quelquefois des 
ceufs frais, & même du bon poilibn ; 
mais feulement bouilli, ou à l’eau, ou 
mu court bouillon moitié eau moitié vin, 
fans épiceries, ou fur le gril, fans aucun 
aflaifonnement. L’on boira l’eau fimple- 
ment teinte de vin , & l’on évitera le 
vent, le froid, l’humidité , la fumée, & 
la pouffiere. 

Dès à préfent on baffinera rœil 
deux ou trois fois le jour avec un col- 
Jyre fait avec trois onces d'éau de ro- 
fes, deux onces d’eau de plantin, & de¬ 
mi-once de mucilage de graine de coin , 
8c lorfque l’inflammation <ies paupières 
fera paflee, avec Teau de Balaruc , em¬ 
ployant toujours ces lavages tied.es. 

Délibéré à Montpellier le i<5. mars 
Signé^ FizES , COMBALUSIER. 



Î54 Consultations choisies 


CONSULTATION XXV. 

Sht me goûte feraine imparfaite. 

L a diminution confIdéraBle de la yuc 
furvenue à Monfieur le Confultant 
depuis quatre mois, & qui eft allée tou¬ 
jours en augmentant , (ans aucùn-vice 
coufidérablc que l’on puilîe appercevoir 
d’ailleurs dans les ïeux , excepté un peu 
d’opacité dans les corps tranfparents, 
caraderilè une goûte feraine imparf îte 
dont lacaufeeft l’cbdruél'on imparfaite, 
de la fubftance médullaire du, nerf op¬ 
tique ou de la rétine , ou bien le trop 
de dilatation des vaifïèaux fanguins 
delà rétine, qui compriment fa fubfl 
tance médullaire & pulpeüfe , où doi¬ 
vent fe faire les impreffions des bouts 
des pinceaux de lumière pour la vifion. 
Il y a cependant lieu de préfumer vio¬ 
lemment une obftruétion aux nerfs op¬ 
tiques ; de préfumer encore une dif- 
poiîtion paralytique des nerfs auditifs , 
puifqu’on fe plaint de dureté d’oreil¬ 
le ; & celle des nerfs des jambes , 
puifqu’on s’y plaint par fois d’engour- 



Î5E MeDICïNE. ‘ Ï9f 
^ifïcments, & concinuellement de foi- 
blefle. 

Quoiqu’on puiflè rapporter la pro- 
àudion de cette goûte ieraine aux dif¬ 
ferentes intempéries de l’air, auxquelles 
on s’eft louvent expofé , il y a cepen¬ 
dant lieu de croire que ça été principa¬ 
lement le vice des fluides ^-qui en a"été 
ia caufe principale j puifqu’on ne peut 
pas douter que la mafle du fang ne foit 
épaifle , feche , ôc acrimonieufe , fi Ton 
fait attention que Monfieur eft fort fu- 
}et aux vents, qu’il eft fort /conftipé , & 
qu’il a été fujet à la fciatique & aux 
hémorrhoïdes 

Quoiqu’on ne puillè pas Ce promet¬ 
tre pofitivement de rétablir la vue, Ton 
ne doit cependant rien négliger pouf 
cela , puifqu’on y a eu réuffi quelque¬ 
fois j que d’ailleurs cette goûte feraine 
n’eft pas bien ancienne ; que de plus les 
remedes que l’on fera,bien loin de nui¬ 
re à la fanté, lui feront toujours pro¬ 
fitables 5 que par-là on pourra encore 
prévenir d’autres incommodités , qu’u¬ 
ne pareille mauvaife difpofition du fang 
pourroit occafionner. 

C’eft pourquoi deux ou troîs jours 
après être arrivé chez foi on le purgera 
lij 



i5>^ Consultations choisies 
avec fix drachmes de racines de po^ 
lypode, dont on fera un verre de dé¬ 
codion , où l’on ferainfufer deux drach¬ 
mes de follicules de fenné j demi-drach¬ 
me de rhubarbe concaflTée -, demi-drach. 
me de rapure de fantal citrin, & demi- 
poignée de fleurs de mauve , diflblvant 
dans le premier verre de colature deux 
onces de manne, & dans le fécond une 
once de fyrop de rofes pâles. 

- Le lendemain de la médecine on com¬ 
mencera fufage de bouillons, qui fe¬ 
ront faits avec huit onces de collet de 
mouton , deux écrevjlfes de riviere pi¬ 
lées en vie , une drachme de racine de 
valériane fauvage , autant de celle de 
pivoine mâle, ôc une poignée de chico¬ 
rée amere de jardin, 
t Aïant pris ces bouillons dix matins, 
on fe purgera comme auparavant, pour 
paflèr enluite à l’ufage du petit lait ,tiré 
du lait de chevre par la crème de tartre, 
La dofe de ce petit lait fera de douze à 
quinze onces , que l’on prendra le ma¬ 
tin à jeun, mais on le clarifiera avec le 
blanc de deux œufs,y faifant bouillir pen¬ 
dant la clarification douze cloportes la¬ 
vés & écrafés en vie, & l’aiant coulé 
on y ajoutera un peu de fucre & 'deux 
cuillerées de fuc de cerfeuil. 



DI Midïcini. Ï97 
Aïant pris ce petit lait un mois de fui¬ 
te , 011 fe purgera comme auparavant, 
pour paflèr tout de fuite à l’ufage du lait 
de chevre coupé avec partie égale d’une 
décoétion d’une drachme & deiîiie de 
racine de fquine ^ y ajoutant un peu de 
fucre j obfervant de prendre dé trois en 
trois jours , un moment avant ce lait 
coupé , & dans deux ou trois cuillerées 
d’eau de fleurs d’orange, une poudre 
compofée de dix grains de cloportes, 
dix grains de fafïran de mars apéritif , 
& de dix grains de fuccin blanc prépa¬ 
ré. En quittant ce lait vers la mi-mai, 
on fe purgera comme auparavant. Alors 
on viendra à Balaruc y prendre huit 
douches à la tête,en arrofant de cette eati 
le devant des ïeux ouverts. L’on trem¬ 
pera auffi cinq ou fix fois les jambes 
dans la fource. ^ 

Trois ou quatre jours après être revenu 
chez foi, on reviendra à l’ufage du petit 
lait déjà preferit, & on continuera pen¬ 
dant un mois, fe purgeant avant 8 c après 
tout comme ci-devant. Dans^la fuite du 
tems on prendra- trois fois la femaine, 
le matin à jeun, une grande talTe d’in- 
fufîon de m élilïe ou citronélle en ma¬ 
nière de thé , avalant avec les deux on 
liil 



spS Consultations choisies 
trois premières cuillerées huit grains 
de poudre de cloportes. 

Cependant des à préfent & dans la 
fuite du tems , on fe baffinera les ïeus 
trois fois le jour avec de rinfufion fui- 
vante que Ton aura fait tiédir. 

C O LLT RE. 

Prenez de la racine de valériane fau- 
vage mife en poudre grofEere,demi-on¬ 
ce ; de la rhue hachée une bonnç pincée ; 
on mettra le tout dans une bouteille- 
âvec une livre de vin blanc clairet, bif¬ 
fant toujours infufer le marc ^ & tenant 
ïa bouteille bouchée 5 on refera de cettè 
infuEon autant qu*il fera nécefbire dans 
la fuite. 

Au furpîus on fera gras, mais feule¬ 
ment en foupe!, bouilli & rôti fin j oii' 
pourra manger quelquefois des œufs 
frais, & même du poiuoivfur le gril, ou 
bouilli à feau, ou aii court bouillon 
moitié eau moitié vin. On boira le vin 
trempé , & Pon ne fouffrira ni froid ni 
humidité à la tête. 

Délibéré à Montpellier le lê. mars 
1745îZE s,Co mbalîIsî.£R» 



DE Mej>ECINE. 


^99 


CONSULTATION XXVI. 
Sur une Dartre creuteufe a la face. 

L a dartre crouteufe qui à paru de¬ 
puis quelque tguis fur la levre,rupé-. 
rieure de Monfieur, principalement du¬ 
rant le froid, a été produite par l'épaif- 
fîdèment & racrimonie de la lymphe 
cutanée, qui ^ s’étant arrêtée dans quel¬ 
que glande fébacée delà partie affec¬ 
tée , y a occafionné une légère fuppura- 
tion , & de petits ulcérés devenus 
crouteux dans la fuite. 

L’état de la lymphe cutanée que 
Ton vient d’établir en fuppofe une 
femblâble, & dans le corps de la lymphe 
en général , & dans les autres parties 
intégrantes du fang comme les petites 
glandes lymphatiques que l’on remar¬ 
que fous le menton, ^ qui font d’un 
caradere skirreux , ne permettent pas 
d’en douter. Ce qui eft encore confirmé 
par le temipérament plein d’ardeur & 
de feu du malade. 

Les fréquentes courfes à cheval, ,îès 
1 iii] 





ioo COKSUITATIONS CKOîSIïS 
veilles & la grande activité de Monileur, 
dans ce qu'^il fe propofe d^exécuter ^ ont 
beaucoup contribué à retrancher de la 
malTe du faiig le mucilage le plus fin , 

& àdéterminet les progrès qu’ont faits 
les difpofîtions vicieufes qui fe trou- 
voient déjà dans la maffe des liqueurs. 

Pour guérir la dartre qui fait le fu- 
jet de cette Confultàtion, & en préve¬ 
nir les retours dans la fuite , 011 doit fe 
propofer de reétifier les digeftio-ns, de 
procurer une divifîon douce & ména¬ 
gée à la malle du fang, & d’en dimi¬ 
nuer la fougue ^ l’àcrimoiiie, qui ont 
pris le delTus. On efpere que ces indi* 
cations feront remplies par le moïen des 
ïemedes fuivants. 

On commencera par faigner inceC- 
famment Monfieur du bras, & le len¬ 
demain de la faignée o>n le purgera avec 
une once de tamarins, la pulpe tirée de 
quatre onces de calfe en bâton fans la 
palier, une drachme de rhubarbe con- 
calTée , & autant de fel d’Epfom , dont 
on fera une décoétion, dans une livre de 
laquelle on lailfera infufer pendant la 
nuit à froid une drachme & demie de 
fermé , dilTolvant le matin dans l’infu- 
fîon coulée deux onces de manne > la 



6 i M E D ï C I K 1. lût 

îhédecine préparée fera partagée en 
deux verres qu’on donnera à deux heu¬ 
res de diftance l’un de l*aucre. 

Pendant tes dix ou douze matins 
fuivantSy Monfieur boira^ un boui^pn 
fait avec un morceau de collet de mou¬ 
ton ou d’agneau,fix drachmes de ràSfe- 
ne de lapamm acutum , les CuifTes de 
cinq ou fix grenouilles écorchées & 
écrafées , deux écrevifiès de riviere 
étouffées dans l’eau chaude & écrafées 
dans un mortier , & une poignée en 
ïont de feuilles de chicorée amere & 
de crefibn de fontaine, repurgeant à la 
fin avec la même médecine. 

Pendant les quinze ou dix-huit matins 
fuivans, Monfieur boira un grand verre 
GU une écuellée médiocre de petit lait 
qu’on tirera du lait de chevre caillé 
le foir avec la prefure ordinaire ^ & 

g l’on féparera de fon fromage , en le 
iflànt égoutter pendant la nuit à tra¬ 
vers Un linge , pour le clarifier le ma¬ 
tin avec le blanc d’œuf. Onjettera 
pendant cette clarification une demi- 
poignée de feuilles de furaeterre que 
l’on fera; bouillir durant quelques mi- 
aiïtes^ avec le blanc d’œufy éteignant- 
^ îïïênsc temS' deuxr ou trois- petits* 



à02 CoNSULTATrONS CBOISIES 
doux touillés 5 c rougis au feu , & fiiifC 
iànc par le purgatrfe 

Après ces remedesfi Monfieur peut 
tecouvrer facilement des tortues , i[- 
prçüdra pendant une vingtaine rie jours 

t que matin un bouiHon fait avec un 
rceau de maigre de veau ou un jeune 
poulet,, la chair ^ le foie lé fang & le 
cœur,d*une tortue d’une grofièur raifon^ 
lïabîe ÿ une ctracbme Si demie de raci¬ 
ne de fquine coupée par trancbes ^ 8 c 
inné poignée de feuilles de chicorée 
amere» On aura foîn de recourir à la 
médecine ordinaire à la fin, de ces bouil¬ 
lons.. 

Les chaleurs de i’érê étant arrivées 3, 
Monfieur prendra pendanc'neuf ou dix: 
matins fe batn domeftique tiédè , ou 
B d’emeutera une heure chaque fois,, 
îf pourra boire à la foi de un bouillom 
ie: poulet altéré avec un peu de biaiie 
Æelaitue &'un peu de cerfeuil. 

S’étant repofé pendant quelques 
|oors, il boira pendant dix matins lès 
eaux d’ifeuzet, qu’il pourra feire tranf- 

f orter chez lui , fi mieux il n’àime a:lleiî 
ir les iîéux. On difibudra fe pemier 
|Qut <fe la boiiïoa dans. le preniier: verre 


UE M E D E C r lî E. 2:05 
îRanne j 011 en fera de même le dernier 
jour dans le dernier verre. 

Enfin , Il Monfieur s’eft bien trouvé 
des bains domeftiques, il en reprendra 
encore une fécondé neuvaine, quel¬ 
ques jours après avoir fini les eaux mi¬ 
nérales.. 

Comme les dartres dépendent d’uns 
conftitution de fang dijfEcile à corriger ^ 
êc que celle de Monfieur reparoîr ordi¬ 
nairement danS' l’hiver , il pourra vers 
le quinze ou vingt de feptembre pro- 
ehain fe faire refaigner du bras,& fé pur-^ 
ger le lendemain, pour réitérer pendant 
Une vingtaine de matins les bouillons 
de tortue confeillés ci-defliis , & , lés 
àîant terminés par le purgatif , il re¬ 
viendra pendant autres vingt matins au 
petit lait de chevre préparé comme il 
a été dit, & qui fera fuivi d’une inéde- 
cine. 

On n*efi: point d’avis que Monfieut 
fé ferve d’aucüne application fur la dar¬ 
tre ; mais pendant le cours des remèdes 
confeillés il - gardera un bon régime de 
vivre , fe nourrifiant avec des potages 
à la viande , du bouilli 6 c du rôti, 5 c 
s”abfiemnt des ragoûts des falades 
desftuitseruds de tous les alirnents 
Ivj 



204 CoNSrtTATlOK'S CHOISTES 
grofïiers , indigeftes, ou échauffants^ 

Délibéré à Montpellier le jo. mars 
1745. Sifflé. ,, M ON.T A G N E. 


CONSULTATION XXVIL 

Skt des objiruBions au,foieata foitrmei: 

L a douleur plus ou moins, violente* 
que Madame reiTent à la hauteur 
des fau (Tes côtes du coté droit, & d'une* 
maniéré plus marquée, dans un certain; 
endroit de rhYpochondre. d*d même côtéy, 
«elle qui eft fixée entre les. épaules ;; la 
tenhon & le goniementque Ton diftiii- 
gue dans le foie 5 la difficulté de refpi- 
ler après la moindre fatigue J la foif ex¬ 
trêmement, incommode ,, les bouffées de 
chaleur Sc d’agitation dans le pouls^,. 
fcr-tout pendant la nuit- ou fur le foir ^ 
h. diminution de Tembonpoint 8 c les in¬ 
quiétudes qui fe mettent de. la. partie 
durant la nuit -y, tous- ces àccidens doL» 
vent être rapportés à ladifpofitionépaijC- 
fe ôc âumurée de la, maffè du‘fëhg , & 
des embarras qu’bn a lieu de fbupçon.-, 
Ber dans les poulmons mais qui font 
démontiés. dans 1 e. foiè. 





E M E D E C r K E" 2Crf 
Les grandes maladies que Madame 
a effiiyées, & qui ont toujours été pro¬ 
duites par un fond de porrrrrture, prou^- 
vent clairement que fes digeftions font 
dérangées depuis très-long^ tem^ ; ce 
qui avoir été annoncé même avant le 
mariage par un vomilfemenr habitué 
pour lequel on employa beaucoup de 
remedes. Les nombreufes groHèlFes par 
lefquelles la malade a palTéjGnt augmen¬ 
té le défordredes digeftions,.& dépouillé 
la malîè du fang dé fes parties- onélueu» 
fés & balfamiques , comme le vomilïê- 
ment qui arrive fréquemment , dans 
lequel on remarque les aliments avec 
leur caraélere ordinaire très4ong tems 
après qnils ont été pris ne permet pas 
d’en douter. Le volume ëc la pefantcur 
des enfans pendant leur féîour dans la 
matricea beaucoup troublé l’ordre dé 
- la. diÜribuiion du fang dans les parties 
inferieures , 8 c a occafîonné la foiblelîè- 
de certains vailTeaux de l’eftomac , avec 
fe vomiïTement de fang qui a: par-u dans 
certaines groflèires. Pat l’adion réunie 
dé toutes CCS caufes la bile s’eft refleiw 
tie des changements vieieax delamaffe 
des liqueurs, & a formé des embarras 
dans le foie on a même Mea de feup^- 



10(5 COKSITLTATIONS CHOTSIES 
conrrer que la lymphe bronchiale , Sc 
celle qui roule dans le fyftême lympha¬ 
tique, y ont participé, comme l’oppref» 
lion qui arrive après le moindre exerci¬ 
ce femble le prouver. 

Pour fuivre les réglés de la bonne 
pratique dans le traitement des accidents 
qui font le fujet de cette confultation ^ 
on doit fe proposer de rétablir l^œcono- 
mie des digeüions ,, de divifer avee' 
beaucoup de douceur la malTe du (ang ^ 
d'en corriger la fàumure dominante 5, 
de lever les embarras du foie, & de 
rendre beaucoup plus libre la dîftribu- 
sion du fang dans toute retendue des 
poulmons. On efpere que ces indica- 
dons feront remplies par le moïen des 
remedes que bon va confeilier. 

On commencera par faigner Macla=. 
me du bras,, & on lui tirera deux paier¬ 
ies de fang pour la purger le lei^emaiii 
av«;c cecte médecine.. 

FVRG^'TIO^^ 

Prenez rhubarbe concalfée une dracii- 
me ; fieurs de pêcher & de violettes de 
chacunes deux pincées ; faites bouillir 
dans l’eau de -fontaine 3, & dîffoLves^ 



BE MeD-ECïKE, I®f7 
^ans huit onces de colature deux onces 
ie manne de Calabre , & une once de^ 
fyrop de roTcs folutif ^ faites une potion 
qui fera prifc le matin, . 

Immédiatement après, Madame boi¬ 
ra pendant dix matins un bouillon faic 
avec un morceau de collet de mouton ^ 
©U de maiùre de veau , une drachme de 
raeine d'^énula campana , les cuii&s de 
quatre grenouilles écorchées & écraféeSy. 
deux écrevHTès de rivrere étouffées dans 
Feau chaude & éerafées dans un mor¬ 
tier , & une pec'te po'gnéc en tout de 
feuilles de, chicorée amere , & de creff- 
fondé fontaine. Oh jettera dans le pot 
fur la fin de la coction dix ou douze clo^ 
portes Pavés 6 c étouffés dans le. viœ 
blanc J Sc on réitérera la même méde^^ 
ci ne- à la fin. 

. Fendant les ffx matins fuivantsMa,- 
dame ufera de Fopiate ei-jointe, ayalanr 
par defïus chaque dofe une grande taf- 
£c d’infufion de feuilles fèches de lierre 
serreftre- ^ préparée à. la, maniéré im 
shéo. ■ 

& F r A T 

Prenez conferve de kyiiorrhodon deux: 
drachmes j antiheéïiqîie de Poterias., 



ZO? CoNSULTATIOîlS CHOrsiES 
conferve d’aünée,de chacun une drack; 
me ôc demie j clapottes préparés deux 
icfupules ; excraic de genievre &r de rhu¬ 
barbe ,, de chacun une demi-drachme ; 
faire& aree ïe fÿ^rop de capillaires une 
opiate qui fera-diviféeenllx prifes égales,. 

Madame boira enfuite pendanr^fîx 
nouveaux matins un grand verre ou une 
écuellée médiocre de petit lait qu on ti¬ 
rera du lait de chevre caillé le foir avec ' 
laprefuîe ordinaire, & qu’'GiT feparera 
de fon fromage en le laifîant égoutter 
îa nuit à travers'un linge, pour le clari¬ 
fier de grand matin a-vec leblauc d’œuf,.. 
On y jettera pendant cette clarification 
huit cloportes lavés & étouffes dans le 
vin blanc , Sc un nouée de feuilles fe- 
i|hes; de lierre terreftre, auxquelles on 
donnera une ébullition de quelques mr- 
Butes avec le blanc d’œuf. On difibudra 
dans le petit lait coulé un peu dé lucre 
roial ayanrrepurgé le feptiéme joury 
©n reviendra à la même opiate avec 
l’infufion pendant fîx matins;,, èc au mê^- 
me petit lait pendant fîx antres matinsr,, 
âïantfoîn de-recourir au pmrgatif après& 
fe-dernier jour du petit lait, 

€fei éxamiiiera l'efrerque les remede^ 
Siâtont produit g, & fi leS' bomUona-osf.' 



i> E Médecine. lof _ 
Heti réuffi, Madame les reprendra penr 
dant une fécondé dixaine de matins , 
&, les aïant terminés par le purgatif ^ 
on lui redonnera le même petit lait pen¬ 
dant dix-huit ou vingt matins , Sc ü fon 
eftomac s’en accommodoit bien, elle en/ 
prendroit une féconde dofevers les qua¬ 
tre heures du foir , obfervant d’employer 
la médecine ordinaireà la finde ces re- 
medes» 

Suppofé que Madame'palTe de mau- 
vaifes nuits ,. elle boira le foir à l’heure 
de fon coucher un julep fait avec trois 
ou quatre cuillerées d’eau de pavot rou¬ 
ge , une cuillerée & demie d’eau de fleurs 
d’oranges, & dembonce de fyrop de pa¬ 
vot blanc. On ajoutera fept ou huit 
gouttes de teinture anodyne de Syden¬ 
ham , fl le fyrop de pavot feul ne pro- 
curoit pas aflez de tranquillité , & daijs 
la fuite on augmenteroit le nombre des 
gouttes fuivant le befoîn. 

Pendant Tété Madame pourra alter¬ 
nativement prendre unbouillon fait avec 
un jeune poulet , deux écrevifles & 
une poignée de chicorée amere , durant 
une dixaine de matins , ou bien le petit 
lait preicrit eî-delTus, maisdonton se- 
tranchcroît les cloportes ^ fi on le tron» 



'210 Consultations choisies 
ve à propos. On purgeroit à la fin de 
Tufage de ces remedes fuivant le befoin. 

Mais fi Madame pouvoir recouvrer 
des tortues à la place de ces derniers 
remedes , elle prendroit pendant les 
chaleurs de Tété un bouillon fait avec 
un morceau de maigre de veau j la chair, 
le foie, le fang^ & le cœur, d'une tortue 
de grofièur raifonnable ; deux écrevilTes, 
ôc une poignée en tout de feuilles de 
chicorée amere & de pimprenelle ; la 
' médecine ordinaire feroit employée 
apres vingt jours de ces bouillons. 

L’automne prochain on pourra réité¬ 
rer les remedes confeillés ci-defiùs, fi 
Madame s’en eft bien trouvée , ou bien 
elle feroit donner avis de fon état aupa- 
/ ravant. 

Il eft abfolumenE néceftaire que Ma¬ 
dame garde un éxad régimefte vivre , 
& qu elle s’abftienne des ragoûts, de 
la friture & de la patiflerie , des falades,, 
des fruits cruds , des îegumes, des ch⬠
taignes de tous les aliments grofliers, 
indigeftes, ou échauffants, 

A Montpellier le 51. mars 1745. 
SJgaé Montagne, 



BB MîDECINE. 


Jllî 


CONSULTATION XXVIII. 

Sur des fleurs blanches. 

I L paroîc que tous les fymptômes dont 
la malade eft affligée ne provien¬ 
nent que de la difficulté que le fang 
menftruel trouve à s’écouler par les ex¬ 
crétoires, ce la matrice j car , cette diffi¬ 
culté étant uoefsîs pofée, il fera fort ai- 
fé d^’expllquer tous les maux qu^elle 
fouffre, ava43f, pendant & après Té- 
coulement, dont cependant le détail 
feroit ennuïeux, & affèz. inutile. Cette 
difficulté ne peut provetitr que de l’une 
des trois caufes fuivantes; fçavoir ^ bu 
de la grofliereté des liqueurs, ou de la 
vélocité de leur mouvement , ou enfin 
du rétreciflèment des couloirs mêmes. 
Car fi lès molécules fe trouvent 
trop groffieres, elles ne pourront paflcr 
qudvec peine par les couloirs. St 
les humeurs circulent avec une trop 
grande vélocité ,, elles ne s^rrêtent pas 
affez pour diftribuer les liqueurs conve¬ 
nables aux vaîffêaux collateraux, 3®^, 
Enfin.fi le calibre des vaiifeaux fecretoi- 




111 Consultations choisies 
res ou excrétoires iè trouve rétréci, îi 
eft évident que la fecretion ne pourra fe 
faire qu’avec peiné. 

Cependant la maigreur de la malade 
& fon tempérament délicat femblenc 
donner l’excludon à la première caufe , 
qui peut avoir lieu dans d’autres occa- 
fions 5 &,quoique le même temperamenç' 
nous faffe foupçonner la fécondé caufe, 
nous regardons la troifiéme, ou le ré^ 
trecilfement des couloirs,comme la cau¬ 
fe principale j la feule durée de la mâla-^ 
die femble confirmer cette, alTertion. 

Il s’enfuit de cette théorie que 
indications curatives doivent rouler fur 
les remedes qui humedent, qui rel⬠
chent , & qui font en état d’adoucir lé¬ 
gèrement. 

On commencera par une faignée du 
pied. Le lendemain, la demoifelle fera 
purgée avec deux verres de ptifane roïale. 
Après elle' commencera l’ufage des bains 
domeftiques,qu’elle continuera jufques 
à la fin du mois d’août , lailfant quel¬ 
ques jours d’intervalle fi elle fe trou¬ 
ve fatiguée , & dans ce tems elle pren¬ 
dra pendant fept jours de petites eaux 
ïafraichifiàntes , comme celles de Mai¬ 
ne , de Lodeve ou de fembiables. Ces 



DE MEDECINE. 
eaux lui fer virent pour boiiîon ordinai¬ 
re , ou routes pures , ou en forme de 
ptiiane y mettant le capillaire , ou la 
fcolopendre. 

Au commencement de feptembre , 
elle fera encore faignée & purgée com¬ 
me ci-deifus. Four lors-elle commen- 
CÆrale petit lait chalibé,le matin à jeun , 
Sc elle le continuera pendant dix à douze 
jours. Après elle fera encore purgée dou¬ 
cement , & pour 4 ors elle commencera 
l’ufage du lait d’ânelTe le matin ; à midi 
elle prendra une loupe au lait de vache, 
& le, foir de même pour fpuper. 

A Montpellîer.5/^iî7e. F i l z g e r a l d. 


^CONSULTATION XXIX. 
Sur une vomicjue de_s poulmons. 
Mémoire. 

M Adame eut il y a quelques années 
une fluxion fur les jointures, qui 
lui caufa de grandes douleurs ; cette 
douleur fe jetta enfin fur la poitrine, & 
faivant les fymptpmes apparents , lui 
caufa une peripneumonie., Depuis ce 





iî4 Consultations choisies 
tems-la elle a rendu une grande quan- 
dcé.de pus , confervant toujours fon 
einbonpoînc, & eft devenue enceinte j, 
comme lî elle étoit en parfaite fanté. 
On ne peut pas dire que ce pus vienne 
d un fchirre qu’elle avoit dans le poul- 
mon , qui fiippure à préfent, comme 
quelques Médecins de cette ville l’ont 
prétendu 5 puifque, fi cela étoir, elle au- 
roit eu difficulté de refpirer, avec fievre ^ 
& foiï embonpoint n’auroit pas fubfifi. 
zé. Le pus ne vient pas non plus d'un ul¬ 
céré du poulmon , puifqu’il eft impoflî- 
ble qu’il y ait un ulcere, & que la maf- 
fe du fang n’ait pas été infedée , depuiy 
que cette dame rend une quantité de 
pus fi confiderable, & fi puant. Le ma-^ 
rafine l’auroit bientôt iuiviCj & elle 
n’auroit pu réfifter long tems. Nous 
croyons donc que c’eftune véritable vo¬ 
mique occaiîonnée & produite par une 
acrimonie du lang , Sc par la mauvaife 
difpofition du poulmon. On ne fçau- 
roic douter que lé pus ne foie dans un 
kifté qui empêche que la maflè du fang 
ne foît infedée ; on peut même afturer 
que dans le tems que le dépôt fe fit fur 
îa poitrine, quelque ^véficulé du poul- 
mon fe rompit, & le fang qui s’extra* 



DE M E D E C I N E. 
rafa alors, duleiidanc les autres, & fou 
cours fe trouvant trop gêné, il le fît 
une poche , où il s’épancha dès qu’u¬ 
ne fois le fac fut formé ; le fang s’y 
déchargea de fes impuretés , ainh on 
ne doit pas être furpris de l’embonpoiiit 
de Madame , puifque la vômic^ue eft 
comme l’égout de tout le corps. 

REPONSE. 

. Nous fommes d’abord d’avis qu’on 
s’en tienne aux conjectures de Mon- 
fieur Fabre , que nous croyons três-vé^ 
ritables , & très-conformes à l’indifpo- 
fîdon de Madame. La toux dont elle 
eft travaillée depuis trois ans ou envi- 
ion , & qui lui fait cracher du pus nuit 
Séjour, vient réellement d’une vomi¬ 
que quelle a dans le poulmon. La gran¬ 
de puanteur des matières qu’elle rend 
en touftant fans maigrir , lans fîevre 
îente, & fans oppreiTion , en font des 
marques évidentes. Les mauvaifes dif» 
pofîtions quelle a d’origine dans fou. 
poulmon , ont bien donné lieu à cet 
abfçcs,mais celles qu’elle a dans fon fang^ 
fin font la caufe principale , à raifon 
des humeurs corrompues qu’il a depo» 



lié Consultations choisies 
fées fur cette partie au commencement 
■de fôn mal, èc de celles qu elle, re- 
(çoit tous les jours , & qui fortent pu« 
rülentes des vailTeaux, comme il arrive 
ordinairement à toutes les humeurs reii, 
fermées dans-un kifte. Comme le pus du 
kifte eft extrêmementpuant^ilfaut qui! 
ne fe vuide pas abfolument, Sc qu il y 
ait divers linus dans lefquels il croupit. 
La malade fe maintient dans fon em¬ 
bonpoint , & elle eft fans fievre, par¬ 
ce que le pus ne fe mêle pas avec la 
malTe du fang. Si elle fênt quelqueop- 
■p'r'effion , en le couchant du côté droit, 
cela vient des lobes oppofés du poul- 
ïnon qui compriment fabfccs & le-s 
bronches vqifins, que le cotjrs du fang 
a déjà rendus moins libres que les au¬ 
tres. 

Le mal étant tel que nous venons de 
l’établir , nous jugeons qu’il eft très-dif¬ 
ficile de le guérir; mais qu’on doit pour 
tant l’entreprendre , puilqu on a vu des 
perfonnes qui ont été heureufement dé¬ 
livrées , en mettant en ulkge les reme- 
des que nous voulons emploier dans 
l’ordre qui luit. 

La malade commencera par un lave¬ 
ment fait avec parties égaies de lait 8c 



i5i Medecïhï. ilf 

le l'eau d’orge , une once de moelle de 
caflè, & du miel rofac. 

Le lendemain du lavement on lui ti¬ 
rera huit à neuf onces de fang du bras» 
un ou deux jours après elle le purgera 
avec deux onces de manne , une once 
de moélie de calïe , dans un bouillon 
fait d’un poulet & d’herbes rafraichiflan- 
tes. ^ ■ 

Après la purgation elle prendra dix 
matins un*bouillon fait avec un pou¬ 
let , de un morceau de veau , des écre- 
vifles de riviere , avec trois drachmes de 
racine de guimauve , des feuilles de 
chicorée fauvage , d’aigremoine,de pim- 
pinelle^ôc de buglotTe, en tout une pei¬ 
gnée ,& une pincée de mille-feuille. 

. De deux jours l’un elle prendra une 
demi-drachme de térébçnthire avec 
deux drachmes de caCTe en bol dans du 
pain à chanter. Elle fe purgera à la fin 
des bouillons comme ci-deflus. 

Si le lait peut fe concilier avec la foi- 
blelTe de fon eftomac , elle prendra de 
celui de vache le foir à fept heures avec 
un morceau de pain, ou de la crème de 
ris, d’orge , ou d’avoine , qui lui tien¬ 
dra lieu de feuper & , fi elle s’accoir- 
tume au lait, elle le prendra enfin pouc 
Tome IL K 



CONSULTATIOKS CHOISIES 

toute nourriture jelle ufera pour-Iors.^ 
de deux jours Tun , de lopiate fuîvanl 

te. 

O P 1 ji T E. 

Prenez çonferve de capillaires trois 
onces -, corail rouge préparé, quinquina 
en poudre, & yeux d’écrevifks de ii_ 
viere, de chacun trois drachmes ; faites 
une opiate avec le fyrop de rofes fei- 
çhes.. 

Elle prendra aufll après le dîner trois 
verres d’hydromel fait de deux parties 
d’eau de fontaine , & d’une de miel de 
Narbonne , deux fois^la femaine,& plus 
fouvent s’ils fe peut, ou s’il le faut. On 
pourroit lui ordonner, Ci elle avoir des 
infornnjes, trois ou. quatre drachmes de 
fyrop de pavot dans un petit verre d’caa 
d’prge. 

A Montpellier. Signé, Vergneî 
G A U T E B. O N , L A Z E R M E. 



[CONSULTATION XXX. 

Snr un Priapijme continuel. 

L ’Envie forte & prefque continuelle 
qu’on a de connoître les femmes , 
(Se la néceffité prerque indifpenfable, oà 
l’on eft tous les jours de goûter de leurs 
embraffèments, font une fuite ncceflai- 
re d’un vice de iafemence , & du fang. 
Cette première étant ramaflee dans les 
réfervoirs qui lui font deftinés, ayant 
un caradece d’acrimonie , qui irrite & 
a^ace comcinueilement ces parties, & y 
détermine une plus grande quantité de 
fluide nerveux, Fétend & leroidit, pré¬ 
cipite & avance ainfi le plaiûr de Fa- 
mour. Mais la ièmence ne fçauroit être 
capable de ce défordre , fi le fang qui 
eft la fource de tout ce qui fe paftê dans 
les réfervoirs particuliers , n etoic d’une 
même nature, &: s’il ne produifoit lui- 
même en roulant dans tout le corps des 
irritations, des échauffements, & des 
ardeurs, qui contribuent à animer les 
parties, & à préparer le cerveau & Fi- 
luaginadon a s’ébranler à la moindre imw 





2.2.0 Consultations choisies ’ 
preflion du fexe. Nous fomtnes même 
perfuadés qu’en combattant cette der-, 
niere caufe , le vice de la femence ne 
tiendra pas long tems , de maniéré que 
nous réduifons nos principales vues 
à rafraichir & à calmer le mouvement 
du fang, pour pouvoir, enfuite 1 adou- 
‘ cir 8c lui redonner les particules douces 
& balfamiques, dont il paroît manquer. 
Nous comptons même qce ce ne (eroit 
pas une afFaire de longue durée, fi l’on 
nous avoit prévenus à tems j mais com¬ 
me on a aidé & foutenu cette difpofition 
en fe préfentant volontiers à ces efforts 
qui ont dû nécelîàircment épuifer le 
corps, qu il fe réduiroit même à un 
état de langueur, & de defièchement, 
fi on ne fe hatoit d’employer les reme- 
des fuivants. On commencera par une 
faignée' du bras ; on prendra quelque¬ 
fois un verre d emulfion avec une once 
<îe fyrop de nymphéa , & le jour, de la 
ptifanc de cette racine. Après s’être ain* 
fi humecté quelques jours, on fe purge¬ 
ra comme il fuit. 

TV RG AT I O N 

dPrenez pulpe de tamarins une oncej 



DE îiÎEDECiNE. 211 
faites la bouillir dans un fuffifante quan¬ 
tité d’eau de fontaine 5 infufèz dans la 
colature deux drachmes de fenné rhon- 
dc, fleurs de pêcher une demi poignée ; 
coulez avec expreflion, & diflblvez dans 
flx onces de colature une once & demie 
de manne de Calabre. Faites une potion. 
Le lendemain de la purgation on 
commencera des bouillons de poulet 
farci de ris & graine de pavots , dans le¬ 
quel on mettra les feuilles de chicorée , 
d’endive,& de laitue. Apres ces bouil¬ 
lons on fe purgera comme ci-deflus , 
pour en venir aux bains dot;nefl;iques,& 
aux eaux de Camarez , qu’on prendra 
à l’ordinaire.. 

Nous fommes d’avis qu’on fe mette 
inceflamment à l’ufage du lait, qu’on 
pourra couper au commencement avec 
la décoétion d’orge , 5 c qu’on prendra 
cnfuite entier, &légérement écrémé, fup-. 
pôle que l’eftomac du naalade s’en accom¬ 
mode. S’il eaufoit quelque défofdre, on 
pqurroit y remedier par quelque prife 
d’opiate abforbante, ou une drachme de 
corail préparé , avant d’avaler le lait. 

On n’obfervera pendant ces remedes 
aucuns jeûnes ordonnés par l’Eglife ; on 
fe nourrira avec des aliments doux 5c 
K iij 



x% 2 . Consultations choisies 
&: ragoûts faus épicerie, évitant les fritu, 
r.es;oii aura fur-tout foin de boire le vin 
trempé , & de. ne faire aucun exerdce 
confîderable, co;mme auflî de fuir le 
eommercedes femmes dont lâipréfence ' 
pourroii éveiller Jes premières ardeurs 
encore mal éteintes. 

Délibéré à Montpellier ce i. mai 1731. 

Signé ,”M O N T A G n s , H a g u e n b t^ 

f O U B. N I E R. 


CONSULTATION XXXI. 

Snr me Jaunijje avec f de fimg - 

l^^riadiqnt, , 

I L paroît par le mémoire qu^on nous 
a remis que la jaunille dépend des 
embarras qu’on a remarqué dans le foie. 
Or les obftrudions de ce vifcere.dépen¬ 
dent du dérangement des dîgeftion.s j 
de forte que le chyle étant 'aigre & 
greffier a épaiffi- le fang , & la lym.-„ 
phe,qui ont produit à leur tour desem.- 
barras dans les vifeeres. C^elt encore, 
à cet épaiffilTement des liqueurs qü’on 
doit rapporter le piffiement de fàngpério^ 



,'BE M.E D I C I N E. -lif 

dique que fouffre le malade. Il y a tou¬ 
te apparence qu’il s’eft forme quelque 
varice dans les organes qui fervent 
à la fécretion des urines ‘ ces varices lè 
rempliiTant & fe defempliffànt -pàr in¬ 
tervalles , font le retour périodique du 
piflement du fàng. 

Pour prévenir les fuites de cette ma¬ 
ladie , & redifier les digeftioiis, il faut 
déboucher les vilceres obftrüés, & re¬ 
donner aux liqueurs la fluidité iiéceP- 
faire pour quelles circulent librement 
dans ces parties. Le malade fe fera donc 
tirer deux palettes de fang du bras. Le 
lendemain il prendra quinz-ê grains d’i- 
pécacuanha en poudre. 

^ Deux jours après on purgera le ma¬ 
lade de la maniéré qui fuît, 

F V R G A T l O N. 

Prenez fenné mondé trois drachmes^* 
rhubarbe concaflfée & fél véptal,de 
chacun une drachme* fommités d’abfyn- 
the , & femences de conande , de cha¬ 
cunes une pincée j faites bouillir danè 
l’eau de fontaine , & dîflbIvez’- dans 
douze onces de colaturé trois onces de 
manne de Calabre. Faites uire potiô» 
pour deux dofes. ' . " 

K iiil 



iii4 Consultations choisies 
Le malade lailTera palTer une greffe 
heurè d’une prife à l’autre. Quatre jours 
après on le purgera avec la même mé¬ 
decine , & deux jours après il prendra 
à jeun le bouillon fuivant. 

B OV I LL O N. 

Prenez racines de chicorée fauvagc 
te d’afperges, de chacunes une once *, 
racines d’aunée & d’ache de chacunes 
une demi-once; faites bouillir le xout 
pendant une heure dans du bouillon de 
veau / ajoutant fur Ja fin de la coétion 
feuilles d’aigremoine, de chicorée fau- 
vage , de capillaires, & de fcolopendre, 
une poignée en tout ; faites bouillir léi 
gérement, & coulés avec cxpreffioiK 

PO V DRE. 

Prenez tartre martial, poudre de 
cloportes, &^rhubarbe en poudre,’de 
chacun une demi-drachme ; faites une 
poudre. 

, Le malade prendra cette poudre.avec 
quelques cuillerées du bouillon ci-def- 
fus , 8c boira le refte immédiatement 
après. Ces bottillons feront çontinuéi 



©ï MEDECINE. 22,f 
petKÎant une huiraine, & le malade, s'é¬ 
tant repurgé, fe mettra à l’afage de l’o - 
plate luivante. 

O P I A TE. 

Prenez fafFran de mars apéritif une 
demi-drachme ; fenné mondé , & rhu¬ 
barbe en poudre, de chacun deux drach¬ 
mes ; cajfia lignea , fel d’abfynthe, de 
chacun deux drachmes ; jalap & dia- 
grede de chacun une drachme ; canelle , 
fel ammoniac , & fafFran oriental, de 
chacun demi-drachme 5 mettez le tout 
en poudre 5 c faîtes avec le fyrop'des 
cinq racinces une opiate , dont la dofe 
fera de deux drachmes. 

Il faut continuer cette opiate pendant 
huit à neuf jours, après lefqueîs oh fe 
purgera comme ci-defTus. 

Si cependant par fufage des apéritifs , 
le pifîèment de 4 ng augmentoit, il fau- 
droic les fufpendre pendant ce tems- 

là. 

Après l’opiate , le malade prendra îe 
petit lait de vache bien clarifié, dans; 
lequel on aura fait infufer à chaud pen¬ 
dant une demiO heure mi gros de: faf- 
fcan de mars apéritif dans un noüet af» 
Ky 



*■^6 CoNSir^LTÆTîONS CHOISIES 

fèz lâche , & cela pendant douze jours- 
confécntifs. Il fe purgera enfuite & re¬ 
prendra l’opiate apéritive pendant neu£^ 
jours. Les quinze fuivants ,, il- prendra 
vingt grains de fafiFran de mars dans la 
première cuillerée de foupe j enfuite iî 
prendra dés, eaux coiivenablesdont on 
laiffe le choix au Médecin ordinaire ^ 
&, comme cette makdie fera opiniâtre » 
îkutomne prochain ïe malade prendra 
les mêmes remedes. 

Il fera toujours gras, skèffiiendra de 
îpus les aliments falés , ou indigeftes 5 , 
vivra de bonnes foupes , de bouilli, de 
ïoti ; boira de bon vîn trempé -, évite¬ 
ra les veilles, les excès , ôc les trop vio^ 
lents exercices» , ' 

Donné à Montpellier. , Lazermk 


CONSULTATION XXXII. 

Sur me Epilepjte^ 

L Es accidents dont Monfieur eft'at¬ 
teint , ou il a perdu la connoiflan- 
ce & eu des mouvements convulfîfs 
fcne des attaques d^épilepfié» La c,aaf® 





B t M 1 B E C I lî ÊV 117 
ie cette maladie eft une mauyaifè con¬ 
formation des vaifîeaux fànguins du 
cerveau qui fe trouvent trop dilatés én 
certains endroits , de forte qu’ils vien¬ 
nent par fois à s’engorger inégarement: / 
fçavoir iorfque le fâng devient trop 
-abondant, ou trop épais , ou trop raré¬ 
fié ; ;par la fubftàhce du cerveau eÈcom- 
priméednégalement , d’où vient la per¬ 
ce pâlTagere dé tous les féiis avec les 
inouveménts eonvulfîfs dés bras .3 ôt en" 
care d^autres parties, qu’on n’à peut-être 
pas obfcrvés. : ' 

Gétce maladie elt très - dijfficile à 
guérir, & on defofpérèroit àbToluiïiènc 
d’en venir à bout , fi lé füjet avoir at- 
reint vingt-cinq ans j mars . comme fort" 
corps croît encore , puîfqu’il n’en a pas" 
dix-fept , il y a lien d’erpérer quedès' 
varices j ou les anevryfmes de fon cer-" 
veau poÉrrfont fe corriger par raccroiP 
fèment , dé maniéré que fort fang- né 
fera plus ainfi expofê à s’arrêter dans la" 
fobffancé du cerveau. 

Les vues que l’om doit avoir font dé' 
maintenif 1er digefaons en' bon état\ÿ 
d^empêcber la furabondancé du fong ^ 
St rentrcténÎT' continueliemeiït dansi 
Boe fulSfonte fluiditêy Four remplis 



îaS Consultations choisies 
toutes ces indications^ on fe comportctà 
de cette manieie. 

On fera d’entrée une fatgnée du pied* 
Le lendemain on fe purgera comme U 
fuit. 

TV K G AT 10 N, 

Prenez fenné monde , deux drach-*- 
mes ; fel végétal une drachme j, faites 
înfufer le tout dans une fufEfante quan¬ 
tité d’eau de fontaine J. dilTolvez dans fîx^ 
onces de colature deux onces de man¬ 
ne de Calabre , & quatre grains de tar* 
îre ftibié foluble. Faites mie potion qiiî 
fera prife le matin. 

Le lendemain de la purgatiqu on /è 
îepofera, & le jour fuivant on com¬ 
mencera Tufage de bouillons qui feront 
faits avec un morceau de maigre de 
mouton , avec demi-drachme de racine 
d’énula campagna > deux drachmes de 
racine de valériane fauvage , & un£ 
drachme de racine de pivoine mâle* 

I Aïant pris ces bouillons dix m.âtias, 
on fe purgera comme cï-deflus, en 
iuppriraant le tartre ftibié j enfuite on 
fe contentera de purger une foisJemois,^ 
|u%u’avi commeneement du mois d’â>5 



DE Médecin Ei 225 
■’frîl, où ron fera une fàignée ùu pied , 
recomnaençant les remcdes? marqués 
ci-delTus ÿ mais après la purgation qui 
fuir les dix bouillons on ufera de l’opia- 
le füivante. 

O ? I A T E. 

Prenez fâffraii de mars apéririf trois 
drachmes ; racines de pivoine mâle , 

& de valériane fauvage , en poudre ^ de 
chacunes deux drachmes -y cinnabre 
d’antimoine une dracbrhe& demie ; dia- 
grede & jalap, de chacun une drach¬ 
me ; trochifques alhandaî douze grains ; 
faites avec le fyrop de chicorée com- 
pofé une opîate , qui fera partagée en 
neuf dofes égales. 

■ On prendra -cette opiate le matin à, 
jeun, & une heure après on avalera 
un bouillon fait avec un jeune poulet 6c 
un poignée de chicorée amere. 

Deux jours après avoir fini l’opiate 
on purgera avec la potion marquée,fans 
émétique j on prendra enfuîte pendant 
vingt matins , environ douze onces de 
petit lait clarifié ^ auquel on aura ajou¬ 
té deux onces de fuc de fumeterre ; oie 
purgera après le petit lait j & l’on pxenç 



CôNStJLTATÏONS CÏÎOlSrîS 
dra enfuite vingt jours le lait d’ânef]^ ’ 
purgeant après qu’il fera fini. 

. Mais Tarticle eirentiel , eft d’obfer- 
ver un régime exact pendant plufieurs* 
années, laiis quoi on ne (e tirera pas 
de cette fâcheufe maladie j on mangera 
fobrement, & feulement pour foute- 
nir ; on évitera les ragoûts, les aliments 
groffîers , ôc ron boira le vin trempé, 

. A Montpellier , , F i z e si 


Consultation xxxiil 

Siâr me Hydroÿifie ^fcke, 

I L paroît bien par le volume du bas- 
ventre , par ,1e gonftement qUou y 
fent en frappant dellus ^ qu’il y a des 
eaux épanebées 5 mais auffi o-n a lieu dé 
foupçoiirrer une tumeur dans fa matri¬ 
ce , ou les parties voifines, par h 
douleur que la malade a de ce coté di^ 
bas-ventre, depuis le commencement 
de fa maladie, aiant perdu fe& réglés de¬ 
puis plufieurs années j dé forte qrfo» 
doit regarder cette maladie corauie 
Compliquée , & par-là','di^ciie à guérir f 




B î Me d te in I, 
èc fore dâiigereufe j ôc comme la tiî- 
iiieür doit être la caufe de 1 épanché- • 
ment des eaux , il faut auffi travailler à 
la refoudre , s’il eft polîible, fans pour¬ 
tant négliger les remedes qui peuvent 
évacuer les eaux. 

Pour cet effet, on purgera la mala¬ 
de avec la médecine qui luit. 

P V RG AT ion: 

Prenez fènné mondé deux drachmes; 
îhubarbe concafTée une drachme; fel de^ 
tamarife une drachme ; faites bouillir 
dans une décoction de chicorée rauvage. 
Dans huit onces de colature exprimée 
dîlfolvez deux onces dé manne de Ca¬ 
labre ; ajoutez fîx grains de jalap en 
poudre ,& faites une potion. 

Deux jours après la malade ptendrâ 
le bouillon fuivant, 

BOVIL LO N 

'Prenez une livre dé maigre de veau 
coupé par tranches ; de rhubarbe en 
poudre, & de tartre martial, dé chacun 
une demi-drachme ; de fel admirable de 
Glauber, une drachme ; des feuilles de 
chicorée hachées une poignée ; du cer- 



iji Consultations cîtoisiïS 
fet^il deux pincées ; faites une couche 
avec les herbes , mettant par defTus une 
tranche de veau faupoudrée avec la 
poudre cLdefTus j continuez de meme 
jufqu’à ce que vous ayez emploie tou¬ 
te la matière', c^eft-à-dire les herbes, 
la viande, & la poudre, obfervant que 
la derniere couche foit faite avec les 
herbes ; ajoutez cinq ou fîx cuillerées 
d^eau de fontaine , bouchez bien le pot 
avec un parchemin & le couvercle; 
faites bouillir au bain-marie pendant 
cinq heures ; palïèz à travers une fer- 
viette, & exprimez fortement. 

Le tems de l’üfage de ce bouillon 
fera de neuf jours , après lefquels on' 
purgera la malade avec la médecine or¬ 
donnée ci-delTus. Deux jours après elle 
prendra le fuc préparé de la matière 
qui fuit. 

S V C. 

Prenez feuilles de chi-'orée lauvage 
&: d’api fauvage de chacunes une poi¬ 
gnée ; hachez, bien ces herbes, & ajou¬ 
tez vingt cloportes Javés dans le vin 
blanc écrafés en vie j & use drachme 
de faifr an de mars apéritif à mêlez le 



DE MEDECINE. 
tout enfemblc , & kifTez eu digeftion 
toute la nuit entre deux plats, & le 
lendemain on le mettra fur un peu 
de feu , le remuant avec une fpatule. 
Dès que les herbes feront allez échauf¬ 
fées pour rendre leur fuc , il faut paf- 
fer le tout à travers un gros linge , & 
& exprimer fortement. On partagera 
le fuc en deux prifes -, la malade en 
prendra une à jeun , & Tautre à qua-t 
tre heures du foir. 

Il faut continuer ce remede pendant 
fix jours, repurger la malade à la fin , 
la mettre aux bouillons au bain-marie 
pendant neuf jours , & lui redonner le 
fuc pendant lîx jours. Setant repurgée 
à la fin , elle prendra un mois de fui¬ 
te , tous les jours, eii fe mettant à ta¬ 
ble pour dîner , dix grains de falFrati de 
mars apérifs, qu elle avalera entre deux 
foupes. 

Délibéré à Montpellier , ^tgnl , 
Lazerme» 


Consultations choisies 




CONSULTATION XXXIV, 

Sur me Gonorrhée virulente, 

M Onfîeur prendra pendant trois fe- 
rnaines 5 ou même davantage, s’il 
,efl; néçeiTairc , la ptifane faite avec l’al_- 
thea , le nymphear, &, le fraifier ; ulànt 
dans l’intervalle des émulfions cuites, 
avec demi-once de fyrop de pavot ou 
dé nymphéa , fuivant que . la douleur 
fera plus ou moins forte. Lorfque h 
cuiiîon fera palTée, que la matière ne 
fera plus épailïe , ni verdâtre , mais au , 
contraire qu'elle Ce trouvera blanche ^ 

& lympide il ufera des ptifanes fa- 
dorinqucs , mais n’en prenant que trois 
ou quatre verres tout au plus par joue. 
Un des verres fera pris le matin à fus 
lever, le fécond deux heures ayant le 
dîner-, le troifiéme quatre heures après, 
& enfuite le quatrième en fe couchant. 

Il continuera cette ptifane fudorifîque 
faîte avec la falfepareiiîe, la fquine, 
le gayac , le Ufïàrïfas , & un noüetd’a- 
cier & de mercure ^ en ohfervant qu’il 
entre environ demi-once de bois , ou 





Medïcikï. 

èc racines prifes enfemble , fur chaque 
pot de pciiane 5 après quoi on pourra 
lui donner quelques pilules mercurielles, 
mais fur-tout obfervant de donner fur 
la fin quelques fridions avec ronguent 
mercuriel fait au tiers. 

Il obfervera pendant l’ufage de tous 
ces remedes un bon régime de vie, en 
évitant les ragoûts , tout ce qui eft falé 
ou épicé. Après avoir ufé des fridions , 
s’il reftoit un petit écoulement, on pour- 
roit prendre vingt gouttes de baume de 
copahu dans un peu de fyrop de capîllab 
re , avalant par delTus un verae de petit 
lait clarifié avec le blanc d’œuf.. 


CONSULTATION XXXV. 
Sur une Hydrof ifie afche^ 

L ’Élévation de tout le bas-ventre de 
la malade, qui s’eft formée peu à 
peu depuis environ fept mois , & la 
Iluduation qu’on y fent en dedans lorf- 
qu’on frappe deiTus avec les mains, ne per¬ 
mettent pas de douter ici que ce ne fi>΀ 
une véritable afcite. Cette hydropifîe 
s’efi: formée, félon toute apparence, pag 



xi 6 Consultations choisies 
le fimple deffechementdes tuniques des 
boïaux, & de la veffieurinaiie, lefquels 
n’âïant pu recevoir la tranTpiration des 
parties voifines, ont donné lieu à cet 
excrément de feramalTer en gouttes fen- 
iîbles pour produire infenfiblcmcnt cet¬ 
te quantité d’eau répandue dans toute 
la cavité du bas - ventre. Ce qui nous 
donne lieu de foiipçonner ce -deflècbe- 
ment des tuniques, & cet amas de tranf-' 
piration, c’eft que la malade qui eft d’un 
tempérament fort vif & fort fec, na 
jamais eu aucun dérangement dans les 
vifeeres de cette cavité , qu’elle eft na¬ 
turellement fort conftipée, & que l’hy- 
dropîfte a fait beaucoup plus de progrès 
, ces deux ou trois derniers mois, que 
dans fon commencement \ ce qui rend 
bien fenftble l’amas de tranfpiration , 
puifqu’en cette faifon on tranfpire 
plus, & on urine moins. D’ailleurs la 
malade a depuis quelque tems. des en- 
ries d’rfriner, fans rendre beaucoup d’u¬ 
rine , parce que la veffie, deflècbéc & 
rétrécie., eft obligée de fe contradcc 
fort fréquemment, par le ftmple contaét 
du peu d’urine' quelle peut contenir. 
Get excrement fe fépare aujourd’hui 
en petite quantité par les reins,non- 



DE MEDECINE. 
feulement parce que la tranfpiratioii eil 
pins abondante vers le bas-ventre, mais 
encore parce que l’eau manque dans le 
fang, à proportion quelle s’extravalè 
dans la cavité. 

Si les obftrudions des vifeeres du bas- 
ventre , qu’on a coutume de foupçon- 
ner dans cette maladie, en étoient la 
caufe J les differents apéritifs qu’on a 
emploies jufqu ici , auroient du dimi« 
nuer la tumeur, ou en empêcher le 
progrès ; ce qui n’étant point arrive, 
nous avons lieu de foupçonner le deC- 
fechement ci-delTùs établi, & nous fe¬ 
rions d’avis qu’on commençât la cure 
de cette hydropiùe , par l’opération de 
la paracentefe , dans la vue de vuider 
d’abord les eaux répandues , qui pour- 
roient par leur long féjour produire de 
Êcheux accidents , qu’il .Reçoit bon de 
prévenir. On pourroic enfuite travail¬ 
ler plus âîfémenc à-rétablir le tiffü des 
boïaux , & à donner aux urines leur 
cours naturel J par le moïen des pur¬ 
gatifs hydragogues, & des diurétiques 
appropriés. Nous craignons même que 
ces remedes , emplbiés avant l’opéra¬ 
tion , ne -déçcrminent une plus grande 
quantité d’eau dans la cavité, parce qu® 



COKSUITXTIOKS CHOISIES 

les inccftiiis Se les reins ne fçauroîent 
être libros pour leurs fécretions, tandis 
qu’ils feront preiTés de toutes parts par 
les eaux extravafées. 

Cependant fi, nonobftant toutes ces 
railons, la malade ne peut fe réfoudre 
à l’opération, pour laquelle elle nous 
paroît avoir beaucoup de répugnance, 
on tâchera de remplir les indications i 
marquées par le long ufage des reme* 
des fuivants. ' j 

L A r E M E N T, , 

Prenez décodion ordinaire pour la* 
vements raffiraichilfants & laxatifs une 
livre; catholicon pour l’ufage interne, 
une once ; miel violât une once ; faites" 
an lavement qui fera pris à la com¬ 
modité de la malade, & réitéré toutes 
les fois que le ventre fera pareflèux. 

On fe purgera le lendemain avec ce 
bol & cette potion. 

BOL. I 

Prenez poudre de cloportes quinze j 
grains ; diagrede fix grains ; faites avec . 

. peu de pulpe de calTe un bol qui j 



SE M e D S C I K 1. 10 

fera pris le matin à jeun , buyant paf 
deûas ia potion fuivante. 

POTION. 

Prenez rhubarbe choifie concaiîec 
groffiefement une drachme j faites in- 
Bafer pendant la nuit dans une fuififan- 
te quantité de décoétion de tamarins ; 
dans cinq onces de colature faite avec 
expreffion diflfolvez deux onces de man¬ 
ne de Calabre , faites une potion pour 
iufage fufdit. 

Le lendemain dé la boilîbn ^ on com¬ 
mencera d’ufer pour boilTon ordinaire 
daine ptifane faite avec parties égales 
de pîmpînelle, de capillaire, & de poly^ 
trie , qu’on mettra infufer dans une 
fufEfante quantité d’eau de fontaine 
bouillante ; le pot étant refroidi, on 
vçrfera la liqueur au clair, pour s’en 
fervir félon la foif, non - feulement 
pendant le repas, mais encore dans 
Tentre-deux la continuant auffi long- 
tepQs qu’on s’en trouvera foulagé par 
la voie des urines. On commencera auf- 
fi dès le lendemain de la purgation à 
î^endre une drachme de racine de pa- 
iitjcus réduite en pDudre très - fine 



,^40 Consultations choisiïs 
délayée dans un verre de la fufdite 
ptifane , le matin à jeun pendant dix ou 
douze jours , au bout defquels on fiibf, 
tituera à cette poudre quinze ou vingt 
grains de fel admirable de Glauber, 
dillbut dans - la même ptifane , qu’on 
continuera pendant quatre ou cinq ' 
jours, inûûant fur celui des remedes qui 
aura rendu les urines plus abondantes. 
On peut auffi emploïer dans cette vue, 
îa poudre des cloportes, ou feule, ou 
mêlée avec les fuflits remedes. 

Après les chaleurs de fété , on fe 
tournera du côté des* hydragogues qui 
pourront convenir le mieux j le jalap, 
la feammonée , la coloquinte, & fur- 
tout i’eâU'de*vie allemande , dofés fui* 
Tant l’état de la malade. 


A Montpellier , Signés ^ B e zac, 


D E11) I E R . 



CONSÜLTATIOK 



ët MEDECî'H-E. 141 


CONSULTATION XXXVL 
Sur une Haemqphtypi^e périodique. 

L e crachement cîe Êang que Monlîe^t 
a eu -par intervalle depuis quelque 
temsmarque la délicateflè des vàif- 
feaux du poulmon-qui doivent être foi- 
blés -, ôc par-là peu propres à réhftec 
au fang, lorfquhl eft poulfè avec pluif 
de force , & en plus grande quantité, 
dans les poulmons. Le vice peut être 
naturel aux petits vaiflèaux du poulmon , 
mais auffi on ne peut pas difeonvenir 
-que la conftitutiondu fangacrimonieux^ 
Sc le tHïufoibie & trop lâche de ce vif- 
cere , n'ait augmenté cette difpofitiondes 
vailTeaux. Outre cette dclicatelFe des 
vailîèaux du poulmon, & cette mau- 
vaifc conftitutioiî des humeurs , le ma-^ 
làde a encore reftomac .foible &: déli¬ 
cat , qui digéré avec peine & fouvent 
fort mal, de forte quil faut commen¬ 
cer par rétablir les digeftions , & don¬ 
ner un peu plus de vigueur à l’efromac, 
. Pour cec effet, dès que Monffeur fera 
, chez lui, & qu’ii fe.fera repofé quelqu^es 
Tome IL ' . L 





24 i Consultations choisies 
jours , il fe fera faigner du bras , & fe 
purgera le lendemain comme il fuie. 

TV RG AT I O N. 

Prenez rhubarbe concaiTéeunedrach- 
me ; fleurs de violettes & fommités 
d’ablynthe; de chacunes une pincée • 
faites bouillir légèrement, & diflblvez 
dans flx onces de colature deux onces 
de manne de Calabre 5 faites une po¬ 
tion. 

Deux jours après il prendra l’opfate 
qui fuit. 

O T J AT E. 

Prenez conferve de kynorrhodon une , 
demi-once j eonferves d’aunée & d’ab- 
fÿnthe , de chacune crois drachmes ; 
cachou brut, deux drachmes ; antihec¬ 
tique de Poterius une drachme ; faites 
avec le fyrop de rofes feches une opiate 
dont la do(e fera de deux drachmes. 

Le malade prendra cette opiate le 
matin à fin lever , & le foir en fe cou¬ 
chant. Il prendra uii bouillon de poulet 
à la chicorée une heure après la prife 
du matin , ôtle foir il foupera avec un 



©eMedecînî. 245 
potage à la viande , & un morceau dé 
pain après , trois heures avant de pren¬ 
dre i’opiate, Lorfqu’il en aura pnV fix 
jours il fe repurgera , & le lendem'aia 
il prendra le matin au lit un grand ver¬ 
re de lait d’ânefe, adouci avec un peu 
de lucre -, &, afin que le lait ne-s’ai- 
griffe pas, le malade prendra en fe cou- 
ehanc Topiate qui eft ci-delTus 

Dès qu’il connoitra que fon eilomac 
fupporce le lait, il en augmentera la , 
doîe , & foupera avec une foupe au 
iait. 

L’été il prendra des bouillons faits 
avec un jeune.poulet & fix grenouilles j 
on y fera bouillir un moment une pin¬ 
cée de fommicés &de fleurs d’hypéricon, 
de centaurée, de feuilles ce méliirej ôc 
il continuera ces bouillons dix ou douze 
jours. Il les prendra pendant le même 
tems fur la fin d août. 

En automne le.malade repurgé pren¬ 
dra le matin un bouillon de poulet 
comme ci-deflus » il paflera enfuite au 
-lait d'ânefle , & àla dicte blanche, s’il 
eft pofEble 5 il pourroit cependant à 
, dîner, manger une foupe grafle aux 
écrevifîès. Afin de foucenir reflomac, 
on confeille au malade de boire de l’eau 
Lij 



2.44 Consultations choi-sies 
.pendant Tufage du lait. .On invite beau, 
■coup àce dernier, parce .qu il n’y a rien 
de plus propre pour engraiflèr le fang ^ 
U fortifier les petits rcfaux du pouL 
mon ; il le continuera donc jufqû’aux 
grands froids, parce qu’alors il ne con¬ 
vient pas -J & pendant cette faifon le 
pialade fe nourrira avec des viandes, du 
bouilli, du rôti, non Talé .ni é^icé.. 

Délibéré à Montpellier , S’il»/ , 
L A Z E K M E , F I Z E s , M jO N T A .G N E. 


CONSULTATION XXXVIL 

Sur un ^flhme humide, 

L ’Aftbme .glaireux & humide dont le 
malade eft attaqué depuis l’âge de 
•quinze ans luppofe une grande mollef- 
3 ou plutôt un relachemenjt du tilTa 
Au p.oulmon , un grand épaiffilTe- 
menx du lâng & 'de la lymphe- H pour- 
,roit bien y avoir aufli des embarras* 
.dans -les glandes de ce vifiiere , qui ne 
oontribuent pas peu à cette inaladie. Il 
eft vrai que le dérangement des digef- 
xions -y concourt auffi j & on ne peut 



D£ MeDEGINÏ. 24:^ 

en douter , fi on fait attention-^ au fou- 
îage-ment que les émétiques ont procu- 
îé au malade dàîis le tems de lès atta-* 
qaes. Cependant il eft- certain que la 
caufe principale de cette maladie eft le 
relâchement du poulmon , de maniéré 
que les vaiiïèaux de ce vifcere, aïant per, 
du leur relîort, donnent oecafion aui 
liqueurs de s’y arrêter , & même de s’y 
épaiffir par un féjour trop long jor com- 
medanschaque attaque d’afthmeles’i?aif- 
lèaux' du poulmon fe relâchent de plus 
en plus 3 on doit craindre aulïi que les 
humeurs ne s’y arrêtent en plus grande 
quantité ^ Sc ne caufent- quelque épan¬ 
chement confîdcrabie. 

On ne peut pas corriger Te vice dur 
pouîrabn ci-deflTus mentionné, & par 
conféquenc il neft pas polSblc de güé, 
rir radicalement cette maladie ; tout ce 
' qu’on peut faire par l’ufage-des reme- 
des , eft de diminuer le retour & la vio¬ 
lence des attaques, & de prévenir les 
fuites, fàchèufesque cette maladie pour- 
' îoit avoir. 

Pour remplir ces vues, il eft néceflâîê 
re de nettoyer l’eftomac, de rectifier les* 
dîgcftions, '&: d’attenuer doucement les^ 
BtuttieurSi. 

15 j' 


24 <> Consultations choisils 
Pour cec effet: dès que le malade fera 
arrivé à Paris, il prendra pendant huit 
jours de fuite ^ le matin à jeun , ui> 
bouillon fait avec un morceau de mai¬ 
gre de veau, dans lequel on fera bouih 
lit un peu de chicorée amere. Après l’u. 
fage de ce bouillon on le faignera, & 
on le purgera de la maniéré qui fuit, 

P V R G A T 1 O N. 

Prenez feuilles de fenné mondées deux 
drachmes j rhubarbe concaflée & fel 
végétal, de chacun une drachme 5 fom- 
mité d^abfynthe une pincée. Faites bouil¬ 
lir dans une fufSfante quantité d’eau de 
fontaine , & diffolvez dam la colatüre 
une once de manne. Faites une .po¬ 
tion. 

peux jours après cette médecine, 
il prendra pendant neuf jours quinze 
ou dix-huit verres, en cinq ou fix re^ 
prifes , des eaux de Balaruc ; le quatriè¬ 
me jour il fe purgera, & il reprendra 
cnfuite les bouillons rafraichilïànts pen¬ 
dant cinq, ou fix jours, après le.fquets 
îi prendra à jeun l’opiate fuivante'. 

O ¥ î A T B, 

Prenez faf&an de mars apéritif Sî 



dîMedecine. 147 
rhubarbe en'poudre, de chacun un 
fcrupule J poudre de cloportes quinze 
graiiis ; faites avec le lyrop de chicorée 
compote une opiate pour unedofe. 

Il prendra immédiatement après cet¬ 
te opiare un bouillon rafraichif^nt , & 
en continuera l’ufage pendant neuf 
jours / après lefquels il _ fe purgera une 
fois le mois 5 & en décembre il prendra 
pendant vingt jours de fuite vingt grains 
d’acier préparé à la rofée, & bien tami- 
fé, qu’il avalera à dîner entre deux fou- 
pes. Pendant les mois de janvier & de - 
février , il prendra trois fois la femaine 
la poudre qui fuit. 

P O V D R E, ' 

Prenez fleurs de fouffre & de ben¬ 
join , de chacunes vingt-cinq grains, tû- 
cre roïâl autant qu’il en faudra -, faites 
une poudre. 

Il faudra prendre cette poudre à jeiin ^ 
& par detTus deux talfes d’infufîon des 
vulnéraires de Suiflè, ou de çitronelle/ 
On eft aufll d’avis que le malade s’accou¬ 
tume à fumer. Si le malade a quelques 
groflès attaques pendant l’hiver, on le 
raignera , & on lui donnera une po-; 


j 4:8’ CcmstrîiTATiONS, cHOîSîts. 

©on cathartico-émétique , pour, déchar¬ 
ger l'eftomae des glaires quij pafTant dans 
Je fang , Ce jettent dans le poulmon. Le 
rnalade nous apprendra fon état dans 
le printemps... Il ne mangera que des; 
aliments de bon fuc ; il fe privera; des. 
ragoûts j^patifferies , &c. il boira le vin- 
lien trempe, & évitera le grand froid., 

I>élibc:ré à Montpellier , , 


C 0 :H:S IL L T A T'I-O^N XXXYLL. 
me- Hemoptyfie. 

L is fréquentes attaques dè crache¬ 
ment de fâng furvenues au malade 
depuis le mois dernier , font une fuite 
du rhume négligé qiiJl prit vers la'fiiidü» 
mois de novembre de Tan née derniere^, 
après s’être long tems expofe aux inju¬ 
res-d’ün air froid à la campagne , fans 
afer d’aucune précaution. Ce rhume- 
commençà par un fimple enrouement 
parce que la tranfpiration arrêtée dans 
le tillù du larynx gêna d’abord le cours 
des. li^ipeur.^, dans les. mufcles- de, 




D ï M E D'E CINE. 'z49 
partie , & les empêcha de fe contrac¬ 
ter librement. 

A cet enrouement fucceda bientôt 
une toux forte & fréquente , fui vie de 
crachats vifqueux, parce que fhumeur 
bronchiale fe. ramalTe dans la trachée 
arcere, ^ont elle ne peut fortir que par 
reprifes , Ôc avec de violens efforts. • 
G’eftpar ces violens efforts fouvent réi¬ 
térés que quelques petits vaiffeaux fan- 
guins font forcés de s’ouvrir de fois à-, 
autre dans b cavité desbronchesjOÙ 
fournifïènt au crachement: de. fang. Il 
y a même lieu de foupçonner que ce- 
crachement eft entretenu par des coiii-- 
erétions skirrheufes du poulmon , (fou¬ 
tre Icfquciles les vaifîeaux fangjiins peu¬ 
vent fe déchirer lorfqu’ils font psuffés - 
rudement par la violence de la toux.. 
Ges concrétions paroiffent défignées 
par lè mairquc-de refpiratioB où fe trou¬ 
ve le malade, dès qu’il s’eft fatigué à- 
marcherdans des lieux élevés & dtASci-- 
ies‘, & par les attaques d’afthmè.&-, de: 
goûte auxquelles il écoiî fuiet.,. 

Là plupart des-crachemeni de ' fang; 
négligés ÿ,ou fouvent réitérés^ dégéne- 
lænt en phthifies lorfqu’ùne -partie det; 
mifîeaiîs: fanguihs; déchirés. tourne eiai 


z^9 Consultations GHOrsiEst 
fuppiiiarion 5 que le pus ,qui ne peut 
tout à fait fortir par les eraehats fe 
lucle dans le fang pour exciter une fiè¬ 
vre lente j & que celle-ci produit enfui, 
te la maigreur de tout le corps. Dans 
l’expofé qu’on nous a remis pour for¬ 
mer notre confultation, on ne mar- 
que pas fi les crachats font purulens ^ 
ni s’il y a fievre lente j on expofe feule¬ 
ment une maigreur anterieure au cra¬ 
chement de fang 3. qui peut avoir été 
produite par la longueur d’une toux vio¬ 
lente , & Ton parle de l’abondance des 
crachats que le malade rend, fur-tout le 
matin 3 à fon lever , & après le repas j 
ainfi nous ne feaurions aflûrer que la 
phthîfîe-foit encore formée. Mais, com¬ 
me il y a tout lieu de la craindre, nous 
tâcherons delà prévenir , en nouspro- 
pofant de modérer la violence de la 
•toux, de faciliter la fortîe des crachats ^ 
de calmer, ou de prévenir la fievre 
lente i & de rétablir rèmbonpoinr j in¬ 
dications _qu’on tâcltera de remplir par 
une dicte convenable, & par le long 
ufage dearemedes-fuivans:.. 



B B M 1 B E e I K iÿr 

t A r E M E n t: 

Prenez déco 6 tion ordinaire rafraîchir- 
fante & laxative pouf des lavcmens , 
nne livre ; calTe récemment extraite,deux 
onces miel rofat une once j Melez , 
faites un lavement, qui fera réitéré tou¬ 
tes les fois que le ventre fera parefleux, 
La faignée ne convient ici que dans 
îe cas où le crachement de fang fe trou¬ 
vera excefSf, que le malade.|era prefle 
de la douleur dont il fe plaint quelque¬ 
fois dans rexrcricuf de la poitrine avec 
difficulté de refpirer, & que le pouls-fe¬ 
ra affez plein & élevé. Il fera bon pour¬ 
tant d’ouvrir une fois feulement la vei¬ 
ne de l’un des bras , pour en tirer tout 
au plus fix onces de rang, Gn commen¬ 
cera par fe purger le lendemain du la¬ 
vement avec cette potion.. 

fVRGATION. 

' Prenez rhubarbe choifie concaiïeff 
groffierement , & enfermée dans un 
îïouëtjun demi gros -, poîypode de chê- 
_me un gros ^ faites bouillir légèrement 
«ne fuififante quantité de dé- 
L vj 


Consultations cHOîsïîSs 
codion de tamarins 5 coulez avec fortes 
expreflioii, & diffoivez-dans trois on^ 
ces de colature deux onces de manne/ 
choifie,; faites une potion ^ qui fera pri-^ 
fe le matin avec, les attentions: conve. ' 
nables.. 

Le lendemain dé là purgation on„ 
prendra le matin à. jeun , deux heures; 
avant fortir du lit ,.une. épuelléede bon 
Iait.d’âneflè, frais, tire, & un peu chauf-' 
fé>^dans. lequel on aura fait fondre deux 
drachmes de fucre candi réduit en pou¬ 
dre. On fe nourrira le. refte- du jour 
avec.deux. bons, potages-à la viande^,, 
l’un à, dîner avec du mouton bouilli 
©u de là poule bouillie , ,fuivaat lapps- 
tit , .& l’autre, à foupe.r avec la. moitié- 
d’un poulet rôti ; & l’on ufera peur 
feoilTon ordinaire .d’uneptifane faiteave-c,: 
la fimple racine de la grande confoude,., 
flippolé queje crachement fubfifte ,.oa* 
bien avec lé C4mphbrata Mdnjpelir/^fm 3 .^ 
fuppofé qu’il n’y ait point de crachementr 
de fang, & qu’on foit fort pre0e de ki, 
toux &.deroppreffion. On pourrafuf— 
pendre quelquefois., la violence, de k: 
toux pendant.la nuiten prenant le foh 
avant,, fecouchep: demi-once de.fyrop' 
dé payoLbkac, avec, trois.,cuiik,rées;d’.c»tti 



B r M'E P E C î'H Fi 25^ 
âb- fleurs d’oranges, ou bien un grain. 
de laudanum enveloppé dans de la cou— 
ferve de rofes j .infîftant fur celui dé ces-; 
narcotiques dont on s’accommodera lô:; 
mieux, au jugement' du Médecin ordî^ 
naire ,, qui en augmentera la.dofe, lors¬ 
qu’il le jugera néeeflâire,: 

Si l’eftomac; du malade smcçommo^- 
de du lait d’âne de entier après en avom" 
pris le matia'pendant quinze jours, ©115 
en reprendra quinze autres jours le ma¬ 
tin & le fpir en fe mettant au Ht , fe - 
contentant ppur-lors, dé prendre un 
feut potage à la viande au fouper, qui fe 
fera deux heures avant la prife du lait 
dû ibir ; on fe privera auffi pour-Iors’^;., 
autant qu’on le pourra-, de l’ufage des ^ 
narcotiques.' 

' _Après avoir ainfi ufe pendant un mois^ 
du lait entier d’âneffe, une ou deux fofs- 
par jour , . on prendra le matm à jeurir; 
lé lait de vache coupé , tantôt avec une 
légère infüfion dè plantes vulnéraires dé- 
Suilïè , pour faciliter la fortie descra-^ 
chats tantôt avec- une pareille infu- 
fion des feuilles d’ortie j pour calmer le- 
crachement de fang. L’on coupera auf¬ 
fi ledit lait avec une fimple décoclioix 
^rge 5 Jorfqu’U fera queflion de. dé^ 


454 COîïSULTATlONS CHOISIES 

terger , llippofc que les crachats parufl 
fent purulcns , Sc àans ce dernier cas 
on pourra ufer Je fois à autre de quin¬ 
ze à vingr gouttes de b iUme bUnc de 
copahu , verfées fur une demi-cuillerée 
de fyrop de capillaire & avalées enfem- 
Ble un moment avant la prife du lait 
coupé , qu’on prendra immédiatement 
tprès cebaume.Ceîui-cî ne doit être pris, 
que trois jours de fuite,faof à, y revenir 
quelque tems après jdî Ton s’en eft bien 
trouvé du côté des crachats , & q^u’oii 
n’en ait pas été échautfé; eonrinüanç 
pourtant ledit lait coupé autant de tems 
que le Médecin ordinaire le trouvera 
convenable ^ îaiiïant à fa fage conduke 
îe foin de varier, les infufîons ©u décoc¬ 
tions marquéeSj/uivant Fétat du malade,. 
Si malgré tous les fecours ei-defus 
marqués II toux continue , îa maigreur 
fübfifte , ou que k fîev re lente loit de 
îa partie, il faudra néceflfairement re¬ 
courir à îa diete blanche , c’efï-à-dire 
que Ton prendra le lait entier de vache 
én foupe quatre fois par jour ^ fca^oirle 
matin deux heures avânt fortir dû lit j. 
environ à midi ^ vers les quatre ou cinq 
heures du foir ^ & en fe mettant amlk^ 
;Gtiacune de ces fbûpes d®k fe 


D i M E D 1 è I K ï, îjç 
svec environ chopine de bon lait de va¬ 
che frais tiré , & fimpleroent chauffé 
dans un poêlon fur le feu fans y bouillir, 
& fans en rien oter. Ou y fait fondre 
une fuffifante «quantité de lucre, fuivant 
le goût du malade Ton verte ce lafc 
ainfî chauffé dans une écuelle , où Toa 
a placé des irancbes trcs-fines de boa. 
pain blanc, en quantité plus ou moins 
grande, eu égard à fappetit du malade,, 
& à la portée de fon ellomac» Lorfqu’il 
ne fe trouvera pas alTez nourri, par ces 
quatre foupes, il mangera un morceau 
de pain fec , ou quelques bifcuits,oiï 
bien il avalera un ou deux œufs frais 
cuits à la coque, fur-tout avec la foupe 
du midi, qui tiendra lieu de dîner „ otî 
^vçc celle du fôir qui conftîtuera le fou-. 
per. Il faut abfolument bannir toute 
autre forte d’aliment tant Iblide que'li¬ 
quide , à la réferve de l’eau panée ,, oiî 
des ptilanes ci-deffus marquées , fuppo- 
fé qffon foit prelTé de la foif, & non 
autrement. Il n’eft du tout point nécef- 
fàire d’ufer d’aucun purgatif ^ ni d’au« 
cune opiate ftomaebique , pendant le 
cours de cette diece, à moins d’une ex-^ 
trême néceffité ^ & il faut la continuer 
aulfî long £sms qu’on pour-ra s’en 



Coï^sjltations choisies 
commoder, évitant du reftc avec attciiîi 
don toutes les fatigues du corps & de, 
Bcfprit qui ont.donné oceafion au prcr-- 
aiier rhume,. 

Délibéré! Montpeîlièr ce 17. décerné 
iie. lÿiS, Signé, YEiî.Ny,DtiD. 


C O N SUX T A T ï O N X XXIX.'- 

Sny dès mMx de tête , avec engoHrdijfe^ 
ment, de tentes U s,parties dncorp. 

L Es pefanteurs de tête, les-aiToupiflè- 
ments avec douleur que le Frète; 
Eouis relfent^de rems ùautrC j marquent: 
évidemment un fang épaiffi 5, dénué de? 
partîcules .fines dont le mouvement, 
fe rallèntit plus, confidérabîemen-c dans-. 
îà tê:e , que dans lès autres- vifeeres 55 
de man ere qu’y étant porté par les artè¬ 
res carotides , & ne pouvanrétre repris- 
avec aifance par lès veines, jugulaires ,, 
il doit néceirâirernent: féjourner dans?- 
dès vaifTeaux. fanguins. Or ceux-ci 3, 

• ffe- trouvant e sgorgés de liqueur ^ doi¬ 
vent nécelîâiremeùt comprimer lés fX- 
Brilles., nerveuies s!tini:siit,uiae.di£i* 




ni MiDîciîfF. i-)T 
tenffon douloureufe avec un léger af- 
foupilTement qui eft caufépar un défauC 
de liquide nerveux , dont le cours eft 
interrompu par le gonftsment ei-def- 
fus marqué. 

La foibleflè' du corps, la refpiratioiT, 

& l’expectoration,qui ne font pas toue.; 
à fait libres , confirment nos conjectu.* 
res fur ce même épaiiîilïcment, &' nous.. 
prouvent que ce même fang croupit en¬ 
core dans plufieurs autres, parties, com¬ 
me dans le pottlmon , & dans Ictilîù de- 
plufieurs-mo/cles. Pour ce qui eft der 
pituites épaifles faillies , âcres , que le 
malade rend , Bc dü goût amer qu’il 
trouve àda bouche, ce font des fuites 
certaines dès- indigeftions ^ qui, étant 
favorifées par cet épaiffiflemcnc de fang 
grolEflèni les molécules qui fe trouvent 
dans ce liquidé ^ èc celui ci s’épaiflilTant- 
dc plus en plus lailïè échapper la férofi- 
té qui l’accompagne. D’ailleurs- l’àgC' 
que le malade atteint' favorife beau¬ 
coup ces excrétions pitüiteufes, puifquc 
le fang fe trouve alors dépourvu de ces 
particules douces êc balfamiqucs qui- 
ont entretenu pendant- le cours de 1 é^ 
vie le relTort, & lé jeu des parties. 

Pour rejïicdier autant, qu’il, elî: poS?»- 



1 


i<;S Consultations choisies 
ble à ces Inconveniens , on doit avoir 
en vue deux chofes, la pre-miere dé ré¬ 
tablir les digeftions , par ralceratioa 
defqueiles rcpaifTiiremenc du fang eft 
toujours entretenu , ôc même augmen¬ 
té ; & la fécondé de fondre peu à peu, 

8 c à la longue, ce même faag , après 
avoir diminué le volume de celui | 
qui fe porte à la tête. Cefl: ce qu’on 
obtiendra par l’ufage des remedes fui- | 
vans, 

L J FE ME NT, ' 

Prenez décodion ordinaire rafaî- 
chillante & laxative pour des lavemens, [ 
une livre ; caihoiicon , miel rofat,'dc 
chacun une once j mêlez; faites un la¬ 
vement qui fera pris à l’heure la plus 
commode , & réitéré toutes les fois 
que le ventre fera parelTeux. 

Après le lavement rendu , Ton ouvri¬ 
ra la veine de l’un des pieds pour en ti¬ 
rer huit à neuf onces de fang , ôc on 
fe purgera le lendemain avec la potioa 
&i vante. 

f V R G A T I O m 
. Prenez polypode de chêne deux onces % 



B K Médecin î. 
faites le bouillir dans une ruffifance 
quantité d’eau. Faites infofer dans fix 
onces de colature deux drachmes de 
fenné mojidé ; rhubarbe & Te! végéta! 
de chacun une drachme ; coule? une fé¬ 
conde fois, & diOTolvez dans la liqueur 
une once & demie de manne de Cala¬ 
bre , ôc une once de fyrop de fleurs de 
pêcher. Faites une potion, qui fera pri- 
fe le matin. 

Deux jours après on paflèra àî'ufage 
des bouillons , quon fera avec demi- 
once de racine, d’anonis ; autant de cel- 
ie d’éringium ; demi-poignée d’aigre- 
moine , autant de chicorée , autant de 
pimpinelle , fîx écreviflès de riviere, & 
un morceau de collet de mouton ; 8c 
pn y mettra un nouer de vingt-cinq 
grains de tartre chal^hè , & de vingt 
grains dcirhubarbe. On continuera ces 
bouillons, pendant neuf ou dix matins/e 
purgeant à la fin comme ci-devant. Leg 
bouillons étant finis , on vieiadra à l’o- 
piate fulvante. 

OTJATE. 

Prenez conferves d’abfynthe & de 
Icynorthodon ^ de^ chacune une demi- 



s.êo Consultations choisies 
once 5 ïeux d’écievitre de riviere une 
drachme j opiate de Salomon & écor¬ 
ces de citron ^ de chacun une drachme & 
demie 5 feLd’abfy.ntheune drachme - fai¬ 
tes avec le fyrop d’abfynthe une opiate ^ 
dont la dofe fera d’une drachme & de¬ 
mie, buvant par deffus un peu de viu 
modérément- trempé. 

Si l’eftomac ne. fe raecoraode- poiiir 
par tous CCS remedes , ik que les di- 
geftîons ne foient pas entièrement 1 éta¬ 
blies , OH prendra immédiatement après 
le dîner une taffe de cafFé fans fucre. 

On n’obfervera aucun des jours d’abf- 
tînence ordonnés par l’Eglife , & on fe 
privera des aîimens cruds, épais ; &de 
difllcile digeflion ,, ne mangeant aucune 
fritures ni Herbes,&, faifant toujours un 
fauper fort leger^ 

Délibéré à Montpellier ce odbi*- 
bre 1-72,^, Signés^ Eazirmb, Four> 


35'’e Médecins.- ' t 6 i 



CONSULTATION XL. 


Sur m refie de Gonorrhée. 

L ’Ecoulement qui fait le fujct de cet¬ 
te confultation , porte avec lui ua 
caradere d’indéciiîon qui fe trouve ra¬ 
rement dans des pareilles maladies.. On 
pourroit dans le fonds le confîdercr 
comme une fuite de la première chau- 
depilîe qu on fuppoferoit mal guerie ^ 
& par conféquent en état d’avoir laif- 
fé dans le fang une caufe fourde ,«^ui 
fe ferqit développée après quatre annéesj 
inais comme les conféqueiKes tirées fur 
ces fortes de faits demandent des éclair- 
ciflemens particuliers qui nous man¬ 
quent pour nous déterminer ^vcc fon¬ 
dement on va prendre cette maladie 
fous .une autre idée. ^ ■ 

On compte qu’avant le dévelopement 
du nouvel écoulement, le malade a 
connu quelque femme fufpeûe, dcTon 
■regarde cette avanture comme une fé¬ 
condé chaudepiffe , mais plus déguifée 
que la première, parce que Tes accidens 
paroiirent plus doux ,6c plus capables 






tët Consultations choisies 
d’impofer. L on voit cependant dans U 
pratique journalière beaucoup de chau, 
depllVes bénignes en apparence, & qui 
par les événemens font très-mauvaifes 
Sc cfès-diftîcilesa terminer par rapport 
à l’écoulement. Il s’agira donCjpuifque 
tous les balfaroiques, les adoucilfans, 
& les injedions, ont été inutiles, de 
fuivre d’autres indicarions, & de tra¬ 
vailler a l’extiiidion du virus j de deCfe- 
cher Tulcete qui fournit la matière de 
1 écoulement ; & de donner du' reflbrt 
aux parties afroiblies. Nous efperons 
qj^eces indications feront remplies par 
le rabïen des rcmedes que nous allons 
confeiller. On pourra commencer par 
une faignée du bras , & le lendemain 
de la faignée , on fe purgera fuivanc 
cette formule. 

P V RG AT ION, 

Prenez mercure doux vingt grains ; 
faites un bol avec un peu de conferve 
de rofes liquide , & que le malade boi¬ 
ve par deffiis la potion-fiiîvante. 

Prenez pulpe de tamarins une once > 
fel végétal une drachme j faite.s bouillit 
dans Peau de fontaine , Ôc infufer dan* 


lîE MEDECINE, Z<35 

îluîc onces de liqueur deux drachmes de 
fenaé -, diil'olvez dans la colature deux 
onces de manne de Calabre. Faites une ^ 
pot'on qui fera pnfe le matin. 

IiTimédiatemeiït après , il prendra 
pendanc dix huic ou vingt jours la ptL 
•faune qui fuit. 

P T I S A N N E, 

' Prenez racines de falfeparcille coupées 
menu hx onces > rapure de bois de 
guâïac trois onces j faites infufer è 
chaud pendant fix heures dans vingt- 
quatre livres d’eau de fontaine , puis 
bouillir , jufqu’à diminution du quart , 
& gardez pour Fufage. 

Gn aura foiir de garder cette ptifanne 
dans des beuteiHes bien bouchées, & 
le malade en boira trois verres par j6ur, 
c’eft-à-dife, un le matin à jeun , le fé¬ 
cond vers les quatre heures de i’après- 
tnidi, & le troihéme en fe couchant. Il 
fera purgé après avoir bû cette première 
quantité.de ptifanne , que l’on compte 
hiffifaace pour neuf à dix jours ; oiïea 
fera alors une fécondé dofe qu’il fau¬ 
dra boire de même, réitérant la même 
purgation à la fin. 



CoNSUtTATïONS CHOI-sraS 

Pendant Tufage de cette ptifanne , c 
donnera de deux en deux , ou de trois 
«n trois jours, une petite fridion fur le 
|)érinée éc les bouiTes avec la pommade 
mercurielle compofée fuivant la mani¬ 
pulation <}ue fon employé pour les fric- 
ÆÎons du grand4-ecnede. La quantité de 
^cette pommade qui fervira pour chaque 
iiiélion ne doit pas exceder une drach¬ 
me & demie ou deux. On appliquera 
:furles endroits fridionnés une eompref 
€e qui fervirÆ toujours ; pn pourra J’af. 
Cujetir par un petit bandage , ii on le 
juge nécelïâirc. 

Après ce remède le malade boira pen¬ 
dant dix mâtins les eaux de Camarcts ^ 

■ de Vie en Auvergne ; on purgera 
avant & appès la bbitlon de ces eaux. 

Ces remedes étant finis,, ie malade fc 
réglera fur Pétât où il fc îrouvera, fi 
Técoulement fubfîfteon fe fervirad’u¬ 
ne opiatc compofée fuivant cette for¬ 
mule. 

O P I ^ T E. 

Prenez térébenthinè de Venîfe fis 
-drachmes; fang dragon en larrnes, aluni 
de roche ^ terre figillée, de chacun deux 
drachmes Sc demie j fuccin blanc pub^' 
îifé, 



D E Me DE CI ne: s.g-p 

tifë , & cachou brut , de chacun deux 
drachmes 4 camphre deux fcrupules ; 
faites une opiate pour lufage , avec un© 
fufifante quantité de fyrop de rofea 
fcches. 

Il prendra le matin à jeun , & le foie 
enfe couchant, une drachme de cette 
opiate, & boira pardeffus chaqne prilè 
une talTe d’infufion de plantes vulnérai¬ 
res de Suilfè préparée a la maniéré du 
thé. On pourroit aufli employer l’in- 
jeélion fuivante. 

JJ^JECriON. 

Prenez dëcodion de rapure de bois de 
lentifque dix onces ; faites-y fondre 
miel de Narbonire deux onces ; mer¬ 
cure doux réduit en poudre impalpable 
■une drachme & demieîj faites une in- 
jeélion pour l’ufage. 

On employera cette injeâ’on tiede. 
On aura foin de la troubler avant de 
s’en fervir,j5c l’on laidera un peu fé- 
journer dans le canal la liqueur injec¬ 
tée, ' 

Suppoféque tous ces remedes demeu¬ 
rent in luffifans , il y. aura tout lieu de 
croire aue fécoulement nouveau eft' 
Tome J /. M 



tSS Consultations «hoisies 
une fuic.e de la première chaudepilîè • 
-qui ayant écé cordée entraînoic avec 
elle un caradere de malignité 5 & dont 
la caulè a travaillé fur les folides qui re- 
tiennent la femence i mais il y a d aîL 
leurs tout lieu de penfer que ces folides 
âSbîblis font hors de la portée des in> 
jedions, puilque celles qui ont été pra^ 
tiquées font devenues inutiles. 

Le malade pendant ces rcmedes évi¬ 
tera lés alimens de haut goût, cruds, pe- 
fants fiir reftpmac ,, & propres à échauf. 
fer. Il fe nourrira avec les potages à la 
viande, des crèmes de ris ,- du bouilli ^ 
êc du rôti ; il doit éviter pendant tout 
ce tems-là le commerce des femmes. 

Délibéré à Montpellier ce ad. mai 1719, 
Signé y ■Mo N T A « N E , F O O R N1 E 


CONSULTÂTiON;X L !. 

• ■' Sur me rêîenüon D’uritie^ 

H Ous ne pouvons pas douter que 
la-rétention ribdne que- rMonheur 
fou0fedètems à;aurre, & qùiéft accom¬ 
pagné de doukuL&defievrej ne lois 





9 1 Ml B 1 C 1 H E» l(3f 
ae véritables attaques iecoiique^éphré- 
tique 5 qui font , félontoutes les appa¬ 
rences , oGcafionnées par des matieref 
glaircufès Sc épaiiïès qui, tirant leut 
fource de la maSè du -fang , & étant 
portées par la voie de la -cireulation auE 
tuïaux|urinalress les engorgent, les dif- 
tendent , empêchent la féctetion de cet 
excremeiit , & prodaifent tous les f⬠
cheux fymptdmes que le malade rcf- 
fent. Il y a même lieu de croire que 
ces matières glaireufes étant fournies 
depuis fi iong-tems , ont altéré le tiiîu 
des reins , 6c que le vice de cette par« 
tie efi: préfentement de concert avec la 
dîipofition du fang , pour produire ces 
attaques fi vives & fi fréquentes | de 
maniéré que, fi nos conjectures fe trou- 
voient juftes furie vice de cette.partie, 
on ne pourroit jamais fe flatter d’une 
parfaite guéri-fon. Qn ne peut encore 
l’attendre qu à la longue , quand bien 
même- la feule difpoution du fang y 
contribueroît entièrement. Nous devons 
donc réduire nos vues à deux chofes , 
la première de fecourir efficacement le 
raatade dans i’étatle plus preflànc ,c’efi:- 
à-dire dans le paroxyfme , la fécondé 
d’en diminuer la violence autant qu’il 
Ml) 



téS Consuj,tations çhoisiês 
feiiâ poffibie,, & d^n prévenir le retour 
autant que le vice des reins, Sc laçoiÆ 
titutiondu fang paurron.t le permettre* 
indications,-qu’on tâchera de remplir 
par Tufage des.iemedes fuivans,. 

A la première attaque que le mala,. 
de aura, le lècours le plus efficace eft 
celui de la faignée, quon réitérera plus 
ou moins félonie danger de l’inflamma^ 
tion. On prendra enluite le laveipent 
fuivant, 

, L A r E M E N r; 

Prenez déeodîoa d’orge une livre I 
^iflôlvez-y pulpe de oaffe récente une 
.once , huile d’anrandes douces tirée fans 
feu trois onces ; faites un lavemenr qui 
.fera donné à l’heure la plus commode. 

Le maladevufera euffiite de la pcifauff 
fulvante, 

? T I S A NE. 

I 

Prenez fommités de pariétaire iine 
poignée ; graine àq lin conçalTéc trois 
drachmes ; faites bouillir pendant un 
quart d’heure dans fix livres d’eau de 
fontaine j ajoutez fur la fin de l’ébulli¬ 
tion une poignée de fleurs de meUt^tj 
coulez avec exprelEom 


Dï MeDICINÏ. 

Comme les attaques ne font pas de 
de longue durée , autant que nous en 
pouvons ju2;er par la relation qu’ont 
nous a adreflee j le malade fera bientôt 
en état d’être purgé avec la potion fui- 
vante^ 

FVRG JTIO N, 

Prenez rhubarbe concalTée & tartre' 
foluble ,de chacun une drachme • moelle, 
de cafle fraîchement extraite , une on-, 
ee & demie 5, graine ôe lin & fleurs 
de mauve, de chacunes une pincée ; fai¬ 
tes bouillir légèrement dans une fuffi- 
fante quantité d’eau de fontaine, & dif- 
folvez danslacelature faite avec exprefo 
fion deux oiïces de maiiné de Calabre^ 
Faites une potion. 

Dès que les accidens du paroxyfme' 
feront entièrement calmés , on doit 
s’attacher à en prévenir le retour ; ainfi^ 
après avoir donnné quelque relâche au 
malade , on lui fera prendre les bouil¬ 
lons luivans pendant une neuvaine» 

B O V I L L O N. 

Prenez racines de petit houx & d’afo 
pctges , de chacune une once , un jeune 
poulet faites bouillir pendant deux 
M iij 



27®' CoNSVÏ,TATlOî<fS CHOISIES 

heures , ayant foin de bien écutnen 
Ajoutez enfuite écorce mo'ienne desra. 
ci nés de chauiTètrape fechées,, pilées, 6c 
enfermées dans un nouet, une drach. 
me *, ajoutez fur la fin de îébullition 
feuilles de chicorée fauvage ^ de boura- 
che, & de capillaire, une poignée en 
îout J coulez, exprimez, & kkes pren* 
dre. 

Après l’üfage de ces bouillons, fi I^ 
malade étoit toujours tourmenté de la 
même maniéré , ou qu’il ne pilTât que 
difiicilement j. Se que les urines fufietît 
îroubies èc tarcareufes , il uferoiî 
tems àautre du remede fuivant.. 

/ NI V S 10 - N. 

Prenez écorces de chaufifetrape dêf- 
léchées êc concalïéesune drachme; fii- 
ses infufer'pendant la nuit dàns huitonces 
de bon vin bbiie ; coulez le matin avec 
sxpreffion, ôc faites prendre au malade. 

Mais on ne doit point s’attendre à. 
une guérifou parfaite, fi le malade ne 
fcnge amener un régime de vie conve¬ 
nable , ôc â-Ce priver de toute forte de 
mauvais alimens. 

Délibéré à Montpellier ce 20. j“lii 
17 5 0. Sigxé J F ï T Z G s B. A 2^ O J f 9 ^ 
îî I 


» È M ï D ï”c I N e; 


â7ï 

CONSULTATION XLII. 

Sur m Vertige. 

N Ous femmes perfuadés que les 
viôleus maux de tête précédés 
-de vertige donc la malade a été attaquée 
en deux occafîons depuis (îx mois, font 
les fuites d'un faiig épaiflî , 5 r en trop 
grande quantité, qui roulant difScile- 
ment dans le tilîù du cerveau,, occafibn» 
ne par fa lenteur ^ fon gonflement une 
eomprelEon dans les fibres nerveufes ^ 
qui doit produire néceffairement une 
-douleur gravailve dans cette partie, & 
Hii mouvement irrégulier dans les vaif= 
iêaiix nerveux qui compofent la reti- 
ùe. Nous croyons encore que tout ce 
dérangement dépend de deux principa¬ 
les caufes , la première des embarras 
de la matrice , qui, empêchant fécou- 
Ibmeiit menftruel, doivent néceflaire- 
ment augmenter la quantité du fang 
dans tous les vailïeaux , & occafios-'* 
ner par-là des dîfirenfions 8 c du trou¬ 
ble dans la circuiadon r la féconde dci> 
digeftions , qui ,,étanr mal travaillées j,, 
Tourniflènt au fàng; un chyle épais, acU 




VJ% CoNStrtTATIONS CHOtISîEf 

(de, qui épaiiEt tellement ce liquide 
qu’il ne fçauroit enfuitc trouver avec 
fon aifance ordinaire le pafl'age difficû 
le des tuïaux du cerveau..: L’heureux 
fuccès des purgatifs qu’on a employés- 
(dans le tems de ces-deux attaques a(Fu- 
re nos conjedures , & nous détermine 
à remplir deux indications principales 
la première de détruire les mauvais le¬ 
vains des premières voies, & d’en tarir 
îa fource ; la fécondé de redonner fa 
première fluidité au fang ^ & d’empor¬ 
ter les embarras de la matrice^pour que 
les liqueurs y circulent à l’ordinaire ^ & 
puiflenc s’échapper dans le tems maE- 
que. C’eft ce qu’on obtieu-ira par l’o- 
fagè des remedes fuivans. 

Comme la. fâifon ne nous permet par 
d’employer ajauellement les remedes 
que nous' prefcrirons plus bas , & que 
Fon a été faigné depuis peu ,.on com¬ 
mencera d’abord par la potion fiiivantc- 

WR G AT ION. 

Prenez fènné mondé trois drachmes j 
fel végétal une drachme fommit-és 
d’abfynthe & de petite centaurée , de 
chacunes une pincée» laites bouillir leT 



DE MEDECINE. 11^3 
géremeut dans une fuffifante quantité 
d’eau de fontaine. Diflblvez dans fix 
onces de colature deux onces de manne 
de Calabre , éleftuaire diacarthami une 
demi-drachme ; faites un potion qui fe¬ 
ra prife le matin. 

On commencera le lendemain de la 
purgation les eaux de Vais, qu’on pren¬ 
dra pendant une neuvaine , ayant foin 
de mettre dans la derniere verrée une 
prife de fel polychrefte. Comme il faut 
enfuite attendre la fin des chaleurs pour 
paflfer à f’ufage des- renaedes fuivans , 
BOUS fommes d’avis que le malade ufe 
trois.fois la fcmaine de l’opiate fuivante, 

O F I A T E. 

Prenez racines d’aunée, une demi- 
ôiice j quinquina en poudre , une drach¬ 
me & demie ; corail* rouge préparé , & 
ïeux d’écrevilfes de riviere de chacun 
une drachnae ; fel d’abfynthe un fcrupu- 
îe ; faites avec le fyrop de chicorée 
compofé uneapiate,qui iéra diviféé en 
trois parties, lefquelles feront prifes en 
une femaine - lailfant un jour d’inter¬ 
valle entre chacun^. 

Dès que les-ehaleurs auront diminué 
M V 



2.74^ ÇoNStrLTATÏO’NS CHOÎSIES 

& que le tems fera, rafraîchi,on rciiouw 
vellera la faignée du pied , prenant le ’ 
lendemain la médecine ci-deiTus mar¬ 
quée, &on palTera enfuice à l’bpiatc fuf 
vante. 

O PL AT E, 

Prenez faftran de mars apéritif pré^ 

paré à Ta roféê de mai, une demi, once 
rhubarbe & fènné en< poudre , de cha- k 
cun deux drachmes ;.jalàp èc diagrede , ' 

de chacun une drachme;-, fels d’àbfyntlie j 
& de tamari{c,, de chacun un fcrypulc;; ( 
faites avec le fyrop de chicorée compo- ! 
ieune opiate dont on prendra tous les , 
|ours depuis un gros jufqu’a deux à 
jeun g, buyant-par deflùs un bouillon à la? 
chicorée, fauvage , & le promenant fui- 
vant l’ufage. ^ 

Onfe repofera pendant quelque tems. 
après cette opiate, & nous fommes d’a- i 
vis que la malade boive enfuke les eaux 
de Balaruc avec les précautions ordh 
naires. , 

Pendant Tufage de ces remedès om 
tfobfervera aucun des jours d’abftinen- 
ce ordonnés par TEglife -, on éviteras 
iés ragoûts , les fritures, &' les alirnens- 
de: difficile digeftion oa.fe. con tentera. 




D I M I D ï c ï N E. lyj 
de fouper très-légércmenc, & nous ne 
{^aurions afîez recommander un exer¬ 
cice modéré qui ne puifle pas fatiguer 
h malade , mais qui foit en état de 
donner un- peu de mouvement à foii 
.f&ng , & de diffiper la raélancholie. 

Délibéré à Montpellier ce i. août, 
î7 lo.Signé ,:C h î-c o y n e A u , Fou 
N-I E R,- 


consultation Lxin, 

Sm uns cbal-eur dsnîràilles ^ & de poitm- 
ne , uvsG des bmtons au vi/age, 

L Ès boutons qui ont commencé à 
paroitre furie vifage de la malade, 
ëc qui s’y font foutenus la derniere fois 
pendant toute rannée, dépendent^ félon: 
toute apparenceVTuii fang épais,,acri¬ 
monieux, & chargé de particules grqf. 

. .feres, qui, étant psulTées cfeiiE toutes 
les parties, fe foiu.d’abord' Mr|tées atix; 
glandes- de la- peau du- vifage. On ii£‘ 
doit pas être fürpris que cés mêmes par-- 
îicules ,.ayant ce caraétere d'épaiîïïTe-- 
-ment Sc- (Facrimonit Sc ayant - étf 



17 ^ Consultations choisies 
mêlées dans la malTe du fang,aient pro^ 
duic un mal d’eftomac , des chaleurs de- 
poitrine,des démangeaifons,& des dou¬ 
leurs confiderables dans les extrémités ^ 
fjlon qu’elles fe font plus ou moins ar¬ 
rêtées dans difl'érens vikeres ^ ou dans 
les parties extérieures» 

Nous ne Içauxions déterminer e» 
conféquence du mémoire qu’on nous a . 
adrefle , fi c’eft la mauvaife conftitutioii 
tîu fang' de la malade qui fe trouve l’o¬ 
rigine de tous ces défordres , ou fi ceft 
quelque évacuation fupprimée qui lés ait 
produit. Dans cette incertitude mous ab 
Ions propofer les remedes que nous ju¬ 
geons, néceflaires. dans L’un & dans l’au¬ 
tre cas» 

Suppofé que la mauvailè qualité du 
fang fut la feule caufe de tous les acci- 
dens donc fe plaine la malade , & quelle 
ne fut pas encore fort épuifée on 
commencera d’abord; par la faire fai- 
■ gner de run des-bras, pour en tirer fept 
à huit onces de fang- , & on la purgerat 
' le léademain avec la potion fuivante.- i 

?V. RG AT J O N: 

ftenez pulpe de tamarins fix draefi-^ 



B E M' Ë D E C' I N £. 
ïces ; graine de lin & dé coriandre, de 
chacune une pincée ^fleurs cordiales 5 c 
fleurs'de mauve , aufîi de chacune uae 
pincée; faites bouillir dans Feau de fon¬ 
taine , êc dilToudrc dans iîx onces de co- 
làttire paiïée avec expreflîon ,,une oncer 
& demie de manne de Calabre une 
once de fyrop de chicorée compoféi 
Faites une potion qui fera prife le matins.. 

Que ft le feu delà porcrine fe txou- 
voit extrêmement confideraÉle , on fe 
contenteroit dé faire un feuf bouillon 
de poulet, d’y ajourer une poignée dès- 
feuilles de cEicoréé\^, & d’y faire diffou-»' 
dre deux onces de manne.. 

Le lendemain de' la purgation on; 
Êommencera tés bouillons fuivaiis.. 

BOVILLOM 

Frenez un feune poulet écorche l. 
dont on remplira lé ventre avec une' 
poignée d’orge mondé deux gros de- 
graines dé pavot blanc ; écumez foi— 
^neufement, & après deux Heures d*une- 
ébuliition douce, jetrez dans le pot feuil¬ 
les de chicorée fauvage , dé capillaire 
& de taffilage , de chacunes une poi¬ 
gnée ; coulez avec expréffion pour um 
Souillon^. 



278 CoNSUtTATrONS CHGISÏÎS 

On pourroit même , (1 l’ardeur de- 
poicrine n’étoic pas conlîderable , ajoue 
ter trois écrevil&s rougies-dans l’catt 
Bouillante & écrafées dans un mortier 
de marbre. On continuera ces bouillons^ 
pendant dix à douze jours on pren¬ 
dra tous^ les foirs en fe couchant un de¬ 
mi verre dè décodion de coquelicot tié¬ 
die , avec une. once: de iyrop de tuffila- 
ge 5,àda: place duquel on metttoit derai-- 
once ou fix drachmes deTyrop dé' pa¬ 
vot blanc', fuppofé que la malade ne re-' 
pofât point' dans îà nuir. 

Après qu’on aura fini,ces- bouillons: 
©n fe: purgera.comme cii-delBsi,! &,fi 
chaleur de poitrine &' Textindion de- 
voix continuoienr toujours ,, nous ne; 
fçaurions cbnfeiüer rien de mieux que- 
de fe mettre à':l’üfàge: du lait pour tou¬ 
te nourriture avec les- précautions or¬ 
dinaires , c’eft-à-dire qu’on retranchera 
les foupes,. les panadés , & les- autres: 

' alimens à mefiire qu’on augmentera la- 
dofe du lait, ©n peut donner le matin: 
celui d’ânelTe , & fair e en fuite les fou- 
fes Se le ris avec celui de vache ,,00 de' 
âievre , recommaadant qu’on ait feim 
dès animaux dont on tire le lait y.i^ pre-- 
na.nt garde quuis ioient- nourtis- 
4 è bo-iis-he-rbages* 


9'E M E B E C IN E, 

Que fî au contraire la fuppreffion de 
i’évacuacion ordinaire au fexe produiroit 
les accidens- de la maladie,, on feroit 
an bouillon de poulet , avec les racines 
de brufeus, deringium y ajoUtancr 
des feuilles: de capillaire & polytric „ de 
chacunes une demi-poignée,,dans lequel 
on feroitdiiroudre v-ingucinq gmins.de.’ 
tartre chalibé».. 

Après- l’iifage dé cès bouillons on par" 
liera ineeflàmraent à l’ùfage d'uL lait cha- 
libé , c’èft-à-dire a un.: lait'écrémé com=^ 
me àirordinaire g,,dans lequel'on met¬ 
tra un fer rougi au feu,.. On pourrofe 
auffi ië couper avec parties, égales de- 
décoétion dè faffirairde mars apéritif 
préparé à la rofée. du mois-de. mal; 

On fera: ufer pour boiflon ordinaire;- 
d’une ptîfane faite avec le fer qu’onlaif- 
lèrain fia fer dans Teau Grdinaire,& mieux, 
encore dans de l’eau-de. Meyne fup»^'- 
pofé qubnfe trouve à porrée d’en avoiro. 

Oh emplbyera ces remedes pendant, 
lès chaleurs de cette année., après les¬ 
quelles , fuppofé que /es chaleurs & le 
feu de là poicrine fuirent un peu calmés , 
oh tenteroit.q'uelquesgra'ins d’acier dans;- 
la foupe , & afin d’en prévenir les moin=- 
dres. fuites , on fe déterminerok à. une- 



%%h CONSUETATIONS CHOISIES 
alternative & d’acier, & de lait pte» 
nant deux ou trois jours Tua,revenant 
en fuite à l’aurre. 

Suppofé que l’eftomac de Ta malade 
ne s’accommodât pas du lair,pn feraufer 
de tems à autre de l’opiate fuivante^ 

cpiate:. 

Frenez conferves d'e rofes une once5-. 
corail rouge , &' ïeüx d’ëcrevilTes de ri¬ 
vière ^prépares ^efè chacun deux drach¬ 
mes ; poudre de quinquina une drach- 
me & demie rhuBat&e en poudre une 
drachme 5 faites avec le fyrop db'rofes: 
feches,ou de tuffilage y, une opiate^doiic 
îa dofe fera jufqu’à une drachme & de¬ 
mie. _ , . ' 

On n’bbfervera- aucun jour d’ahfimen-- 
ce marqué par l’Eglife ; on fe privera 
de tous- les aîîmens faîés & épicés , de 
fricures,.& de légumes 5011 évitera toute 
forte de violeiit exercice , & de travaux: 
fatiguans». 

DélibéréràMontpellier ce rs. fuîfiëc 
Signé 5, V E B.N Y J E O XJ I E 





ht M Ê ô i c I N F,- 


aSf 


consultation: xliv. 

Sur une mélanchoUe joinfe à ta vérole, 

A Près avoir exaniiné avec toute PaC- 
tenrion poffiblc les accidents rap¬ 
portés dans le mémoire qui nous a été 
remis , on a connu qu’il- y a une corn» 
plication de maux , & qu’outre la mé- 
lancholie , & la difpofition fcorbucîque ,, 
lé malade avoir auSî la vérole-. Le téms 
que le virus a eu pour agir fur le fâng du- 
malade, ta difpofitiôn naturelle que le 
malade a eue dès fa jeunelïè à la mé-' 
îancholie , Ton jetté dans l’état ou il 
fé trouve à préfent, & dont on ne peut 
le tirer que par une'fuite de remedes^ 
continués pendant quelque tems. tl- 
nutilité de ceux qu’il a faits jufqu’ici 
prouve qu’on a jamais attaqué la caule 
principale de cette maîadre ; c’eft ce 
qui a déterminé le Confeil -à prefcrire 
un autre remede plus efficace & qui 
puiflè combattre le virus vérotique donc 
te fang efl; infeélé» Mais comme la fai- 
fon n’eft pas encore favorable pour cer 
remede que d’ailleurs, on ne peut" pas» 





â’Sii Consultations ch'olsîls 
«fperer de réudîr fans une préparation» 
convenable , on eft d’avis que le mala¬ 
de falTe incefrarament les remedes qui 
fuivcnt, tant pour rétablir fon eflomac 
qui eft fort dérangé que pour humedet 
& adoucir fon fàng. Pour cet effet on lui 
tirera deux palettes dé fang de l’un des 
l>ras, & le lendemain on le porgers 
avec la médecine qui fuit. 

V V R G A T I O K 

Prenez fenné mondé deux drachmes j 
rhubarbe concaffée & fei végétal de 
chacun une drachme fommités d’afa- 
fynthe Sc ie petite centaurée, de cha¬ 
cunes une pincée faites inftifèr pen¬ 
dant la nuit dans une décodion chau¬ 
de de pulpe de tamarins j diflblvez dans 
douze onces de cblature trois onces de 
manne de Calabre, Faites une potion 
pour deux prifes, 

Ott donnera ces deux prifes à deux 
heures de diftance l’une à l’autre, Si 
un bouillon ordinaire une.heure après le 
dernier verre,, Deux jours après il pren- 
le matin le bouillon qui fuit, - 

B'OV IL L O N. 

Prenez trois écreviffes de tiviere lavées. 


ÜE M £,» S C r N E. iîf 
^ans l’eati bouillante , & écrafées dans 
un mortier; faites les bouillir doucement 
pendant une heure dans un bouillon 
de poulet ou de maigre de veau ; ajou¬ 
tez fur ta fin de la codion une poignée 
de crefibn ou de feuilles de chicorée 
:âuvage, des fommités de petite abfyn- 
îhe, & de petite centaurée'", de chacunes 
une pincée ; laiflez bouillir les- herbes- 
un moment, palTez à tra vers une fervie- 
ts 8 c exprimez fortement,. 

Prenez demi-drachme de tartre cha- 
Kbé 5 faites 4 e avaler avec deux cuille¬ 
rées de ce bouillon,prenant le relie par 
delTus. 

Le tems de ce bouillon fera de dou¬ 
ze jours , après lefquels le malade fe- 
repurgera, & deux jours a^rès il pren¬ 
dra le marin au lit un grand, verre de 
petit kit tiré du lait de vache clarifié 
avec le blanc d’un œuf^ & adouci 
avec un peu de fucre, dans lequel on^ 
éteindra deux ou trois doux rougis au 
feu ; enfuke en y ajoutera trois- onces 
de fiiG de cerfeuil dépuré. Le tems du? 
petit lait fera de. douze joursaprès lef. 
quels oit repurgera le malade avec la 
médecine ordinaire deux jours après 
il reprendra le bouillon. ci-delTus. avec 



GoÿîSULTATlONS CHOISIES 
k tartre, chalibé pendant douze jours 
après lefquels il fe repiirgera. 

Deux jours après cette derniere itié- 
decine , le malade prendra le matin 
au lit un gtand verre de lait d’ânef- 
fe fraichement tiré , & adouci avec un 
peu de fucre. Dès que Ton eftomac fera 
accoutumé au lait , on en augmentera 
l'a dofe jufqu’à une écueliée , & quel¬ 
ques jours aprèsil foupera à iîx on 
fept heures du- -foir avec une foupe de 
lait de vache. Il pourra manger après 
la foupe’ un morceau dé paru ou ün 
bifcuit, & il pourra manger de la vian¬ 
de au dîner , du rôti ou du bouilli. Il 
faut continuer le lait jufqu’a la fin du 
mois de mars, purgeant le malade lorf- 
qu’on le jugera néceflaire. 

Dès que nous ferons au mois d’avïil 
le malade prendrà le matin du lait d’à- 
neife, & le foir avant fouper le bain l 
domeftîque où il reftera uiie heure. 1 
Quelque tems après qu’il en fera forti] 
il mangera une foupe à la viande & un 
morceau dé pain pour boire un copp. 

S’il aime mieux prendre lebain le manu, 
il pourra lé faire', fe remettant au lit 
en fortant du bain; & on lui donnera 
ïe lait d'ânelTe. Il faut continuer le lait 



B E M ï D E C î M 2 . ' 2 §,J . 

^ânefîé julqu a la fia du snois d’avril | 
de fiorte que le malade prenne vingt- 
cinq QU trente bains domeftiques. Après 
ce tems il fera purgé avec la médecine 
ordinaire, & en foire il fe rendra ici pour 
faire les autres remedes. 

,On doit voir par :cecce préparation 
quels font les menagemens qu’il faudra 
garder pendant le cems des friétions, 
fans quoi le mercure, qui peut être 
d’une grande milité au malade ^ com¬ 
me nous rerperons ^ léroic .non - feule¬ 
ment inutile i mais encore dangereux, 
pa.r les rayages qui! pourroit faire , s’il 
n’étoic donné avec beaucoup de prudence 
& de ménagement. 

,On ne dit rien du régime de vie, 
parce qu’on eft perfoadé .que le Méde¬ 
cin ordinaire en fait garder un c-onve- 
nable^ 

Délibéré à Montpellier le décem¬ 
bre 17} I.» V,£ R.îiî I , L A Z :E R JT E J 

Fourni Eja_. 



CoNSUî,TATÎOKS CKOîSÏES 


CONSULTATION XLV. 
Sur m tintement £ oreille^ 

L Es tînEcmens & bourdonncraehs 
qu’oti reffent dans les oreilles ^ & 
.qui rendent le fentiment de l’ouïe obC, 
■cm , font pour l’ordinaire des fuites 
de quelque fluxion qui s’eft faite fur 
cette partie. Quoiqu’on ne nous déter¬ 
mine point , fi le malade étant fort 
échâüiïe s’eft expofé aux injures de 
l’air s, nous penfons que c’eft un Ycm. 
un peu froid qui a d’abord rallenti le 
mouvement du fang qui fo diftribue 
.dans cet organe par un rameau de la 
carotide, & que ce fang, un peu épaif- 
li , n’aïant pû être repris par les ra¬ 
meaux de la jugulaire, a produit peu 
à peu un gonflement, êc une diften- 
fion qui .ont gêné Bc comprimé les nerfs 
de Cüîte partie , & par conféquent di¬ 
minué la fenfibilité de cet organe. 

Si nous étions aflùrés du tempérament 
du malade, nous pourrions con},edu- 
fer ^ fi c’efl: un fang un peu trop épais de 
laLmême, fujet d’ailleurs à produire 






D S M É P S c S N g. . %tj 
fluxions, qui a formé celle-ci; mais 
ûQ ne nous marque rien de pofîtif fur 
cela. Il n’eft pas même poflîble de dé* 
cider fl, cette fluxion s’eft formée en 
deçà ou au de-là du tambour, à moins 
qu'on ne remarquât quelque élévation 
vers les parties extérieures de l’oreille ^ 
qui fit ioupçoiiHer que les vaiflèaux . 
euflènt plus prêté en dehors qu^en de¬ 
dans.. Mais comme ces éclairciflèmns ne 
dérangent point les indications , &. la 
route qu'il faut tenir pour la maladie 
en queftîon J nous fommes d’àvis qu’on 
le mette inceflamment .à l’ufage des re*. 
medes fiiivans. 

L A r E M E N T, 

Prenez décoÆion ordinaire rafrau 
chtflaate & laxative pour les lavemens ^ 
une livre ; catliolicon pour l’uCage in- 
cerieur une once & demie ; miel Viola.c 
une once ; faites un lavement qui fera 
pris à la commodité du malade. 

Après le lavement r.éndu l’on ouvri¬ 
ra la veine de l’un des pieds ^ pour en 
tirer huit à neuf onces de fang , oii 
fc purgera le lendemain avec une po-; 
flou ordinaire. 



iSS CoNSULTATïONS ' «HÔISIEi 
Gomme ces remdes ne font prefcrics 
que pour diminuer un peu la fluxion 
de l’oreille , en diminuaiit le volume du 
;fâng , & lui donnant un peu plus de li¬ 
quidité J i>QUS fommes d'avis que pour 
emporter en entier ces bpurçlonnemens 
on Ce rende inceffammenE à Balaruc 
pour y prendre la douche , aïant un 
foin particulier de fe tenir la tête 
chaude. On évitera au.ffi de s’expofer 
aux tems pluvieux^ Du xefte on Ce pri- 
/vera de tout aliment gcoflTi.er , & de dif¬ 
ficile djgeftioii , capable de fournir au 
iàng un chyle épais, êc dénué de par^, 
ticules fines, & on n’obfervera aucun 
Jes jours maigres ordonnés parTEglife^, 

Délibéré à Montpellier le 30. pdo’- ' 
bjc 1J17. Signé , FIZ e 


CONSULTATION XLVL 

S«r me ab£ces an col de la vefie., 

L ’Ardeur,.d’urine, les enyïes fréquen¬ 
tes d’uriner, la douleur que Monfieuf 
telîèntoit depuis long-tems au bout de 
M verge ^ fur-tout lorCqu’il achevoit de 
pi (Ter J 





©Ï Medecïms. 1S5 
pifïer , nous firent foupçonner , ou des 
urines âcres & ardentes , ou une ten- 
fioft inflammatoire de l’urechre ,ou une 
pierre dans la veffie. Les figues de la 
oaufe de cette maladie étant équivo¬ 
ques , nous nous déterminâmes à le faire 
fonder, ce qui fut fait par Monfieur 
Barancy , qui întroduifit diverfes fois 
des fondes d’argent Sc de plomb avec 
fa dextérité ordinaire fans trouver au¬ 
cun corps étranger dans la vclSe ; ce 
qui décruifît le premier foupçon que 
nous avions du calcul. On continua 
i’afâge des fondes de plomb pendant 
quelques jours pour tâcher d’emporter 
les embarras de Turethre qui s’oppo» 
foient au libre palTage de la fonde ^ 
pour dilater ce canal , & fraïcr aux. 
Urines un chemin plus facile. Pendant 
ce tems-là on n oublia pas les laignéeso 
On doiinoit au malade des étnulfîoas* 
des bouillons rafraichilTans & adoa- 
ciflans faits avec.les femençes froides,’ 
la femence de pavot blanc., dç on lu! 
faifolt ufer d’une ptifane faite avec les 
racines d’althea, de nymphéa^ les fleurs 
de mauve , & le criftal mméral. Ge« 
pendant les accidens fo foutinrent à 
peu près les mêmes, jufqu’à ce qu’en-, 
Têms IL N 



^^0 CoNSU-LTÂTIONS CHOISIES 
hn le malade rendit une grande quan^ 
iicé de matières épailTes , gluantes , & 
blanchâtres, que nous jugeâmes avoir 
le caradere de pus, avec .d’autant plus 
•de vraifemblance que l’écoulement de 
ces. matières s!efi: arrêté peu à peu , & 
qü’il.avoit été précédé d’un pifTement de 
iang. Nous ne doutâmes plus alors que 
,1e malade n eût un abfcès vers le col 
de la véffie ^ qui^ a'iant .crevé j foit par 
par rintrodudion de la fonde , ou par 
la troprgtande dilatation du kifte , avoir 
,fourni les matières purulentes qui for?. 
roient .avec les .urines, & qui étoient 
la caufe de tous les accidens dont il 
étoit travaillé. J e çpnfeillai pour - lors 
au niaia.de de prendre le lait de vache 
coupé avec beau d’.orge , .ou là décoc¬ 
tion de iairepareiil.e de prendre auffi 
dit -thé n’^ec du lait j & de continuer 
ufage de la ptifane , aiant foin de fe 
pàrgeoxer .de t.ems en tems avec la dé^ 
cocHon des herbes rafraichiirantes, la 
-cadès la rhubarbe, la manne , le crif- 
îâi minéral, & la femence de lin *, aïanf 
loin auffi de lui tenir le ventre libre 
par de fréquens lavemens faits avec la 
£aSh P l’huile d’amandes douces ^ la 
^écQÛio.n des.ir!,auves. le malade a pris; 





D =E M E D E € î N E.' £ 9 * 

^nfiii vingt ou vingt - cinq gouttes de 
baume de copahu dans une cuillerée de 
iyrop de capillaire , avalant fon lait par 
delTus. Il Te fero.it allez bien trouvé de 
ces remedes s’il ne lui étoit furvenu une 
enflure aux pieds, & aux jambes, ac- ' 
.compagnée de douleur & de petites ta¬ 
ches rouges-livides., noirâtres , mar¬ 
quées & bien diftinétes ; en un mot 
c’étoit du pourpre qui avoir un caraéte- 
jc éryfipelateux. Je crus devoir omet¬ 
tre la faignée -, de peur de faire rentrer 
trop vite ces éruptions, & j’ai toujours 
■infîfté aux remedes adoucilfans, balfa- 
iniques & rafraichilTans , que le mala¬ 
de a condnué jufqu’à préfent. Je crois : 
même qu’on doit les continuer encore j 
afin de rendre les humeurs douces & 
favoneufes , fur-tout les urines qui doi¬ 
vent déterger .^^ulcere en palTant par 
deflus , & le mener à cicatrice. Il fau¬ 
dra donc que Monfieur prenne le 
lait d’âneflè pur & fans mélange com¬ 
me ii fort de la mamelle, & qu’il le 
prenne un moisou un mois & demi 
de .fuite ^ fe purgeotant tous les quinze 
jours , & ufant trois fois la {èmaine 
i’opiate fuivante.* 



CoKSULTATïONS CHOiSiSé 

OP l A TM. 

Prenez moelle de caffe récemment 
excraite & tcrcbenthine de Venife de 
chacune une once & demie 5 corail rouge 
prépacé, ïeux dccreviflès de rivière^ 
rhubarbe choifîe, de chacun trois drach¬ 
mes ; fei prunelle deux drachmes ; maf- 
tie J fuccin , & baume de Judée fec , 
de chacun une drachme ; faites avec le 
fyrop de rofes feches une opiate, dont 
on ufera trois fois la femaine, buvant 
du lait par delTus. ' 

Si on ne trouvok pas du baume, de 
Judée , 011 y fobftitueia trois drachmes 
de baume de copahu. 

On pourroir elfayer de mettre le ma¬ 
lade au lait pour toute nourriture, en le 
donnant par degrés. Il pourrok prciir- 
dre le matin le lait d’ânelTe, ou de va¬ 
che coupé, à midi une foupê au lait de 
vache , après midi une bouillie du mê¬ 
me lait, & le loir un gruau , ou un ris 
nourri avec du lait, & quelques jaunes 
d’ccufs. 

.Suppofé que fon eftomac puilîè le ‘ 
Apporter 3 on le continuera de la forte 




2>1 MsDECINï; 2^1 
pendant un mois. Si le lait s’aîgrk, 
<^ail caufe des tranchées, des diarrhées ^ 
des naufées ^ ou des vomifTemens, on 
ie quittera d’abord , & le malade pétant 
purgé 3- prendra des bouillons faits avec 
l’orge entier, les femences froides , une 
.pincée de femence de pavot blanc, & 
altérés avec les racines d’althea , de 
nymphéa, les feuilles de chicorée, les 
fleurs de mauve , &c. qu’il contiHuetâ 
pendant quinze jours le matin à jeun , 
fe purgeant au commencement & à k 
fin» 

Les eaux minérales froides tellés que 
font'celles de Camarets, & les bains do- 
mcâiques d’eau douce tiède, pourroient 
ctre emploies pendant les grandes cha¬ 
leurs de l’été. Les lavemens rafraichif- 
fan 5 .adoucî{ïàns,& rendus purgatifs ave* 
îa moelle de caiîè , ne doivent pas être 
négligés ÿ fi le malade eft conftipé, ou 
qu’il fente des chaleurs d’entrailles. 

On n’^obfervera aucun des jours d’abf- 
îincnce ordonnés par l’Eglifc j on fe 
nourrira avec de bons potages, dt| 
bouilli j du rôti. Oa foupera légère¬ 
ment, & on s’abftiendra des ragoûts ^ 
des herbes crues, des fritures , &.<k& 
- N iîi 



294 Consultations choisies 
épiceries , ne faifant aucun exercice; 
Tiolenc. 

Confeillé à Montpellier le io. mars^ 
^729. Signé :, Margot. 


C O N S L L lU M XLVII. 

Mro Ægro qui feri^netmontA affeÜm fam 
&' qHsm nunc phîhljî Uborare 
JUJplcio- efi. 

Si- •’^lmendüm- -eft ne peripneumonîis 
X quam jam palKis eft æger in ve- 
âj ram phthifiln couver fa fueritcum^ 

» jam tuffis, febris , 8 c. macies totius. 
5 > corporis-^aliaqüe fytnptomata, ægrum- 
55 lacelïant : quapropter utatur reme¬ 
ss diis. rcfrigeTantibus 8 c detergeiiti- 
55 tibus , 8 c vidüs ratione ad eundeai: 
«tofinetn tendentei Hoc modo slyfterriiis-' 
» jiciatur. . 

C L T STE R. 

« Of. Hbrd., integr., 8 c furfur macr;- 
^ a. m. j. liquîric. roC rubr. p. 

a deeodum ad ibj. in quo dilîbiv,.«ielU' 
îj^violac,. |iC £ clyfterc. 




S E Me S E d î- N É l'9 / 

Non aperienda eft vena ex eo qüod 
îèger a prægreffb longo morbd viri- « 
lus deficiat, & macie afFedus fit, « 
a qua gravior impendet afFedus. <«’ 
Poftea æger pur^bitur cum pulpæcaf- 
fiæ & fyrup. de chicor, cômpof. a « 
di(ïblvaiitur in jufculo réfrigérante. « 
Purgatus æger utatur fero ladis pjæ- 
parato cunifucGolimoiiüm,& faccbaro k 
per xij dies , fi ftomachus ferac. Dein- 
de utatur opiata fequenti. « 

O P î A T 

Conictv^. fymph. major. ^ j, «r- 
corall. rubr. præparar. §iij. rhab. pul- «- 
verat. 51 * cum Tyrup. de chicor. f. 
©piata ad ufùm didum. «« 

F^inito féri ladîs uFu 3. & ptsaiifTa «- 
pürgatîone , capiet jejuno ventriculocf 
îadis afîiiini ^viij cum ^vj. decodi « 
liordei, ne lac corrumpatur. S tuffis ««• 
ægrum ftimület, vigilîafque paciatur ^ « 
julepum fequentem^ vefpertinis hotis 
Mmet. « 

rVLEPV'S. 

Âq. plantag. & rofar. a. fij. S 
N iiij. 



■Â.f >6 Gonsvltatiohs choisies 
» fyrup. spâpav. alb. rn. f. juiep» 
» Q^od ad diætam fpcftac , fbbrîe 
SJ manducabitj&eptimis utetucalimeiï- 
» tis , ut carne vitulina , Tervecina j 
» hædina ^ pullîs juvenibus , vitando 
»imprimis falfa & piperata. Parvum 
» erit exercitium , &: decodum hordci 
a» pro potu ordinario propinabîtur. 

Datum Monf|)clii die 21. menfîs 
feptembris anni 1728. BizAe, 
Chicoyneau, Lazermï» 


TRADUCTION 
'3ïi LA Consultation XLVIÎ. 

F sur m malade attaqué d^ pênÿntumome , 
& qu'en foupçenne aSluellement l'être 
de yhth'tjte. 

T L y a tout îieu de craindre que îa 
J. péripneumonie que. le malade a ef- 
füïée ne foit dégénérée en une vraie 
phehifie , puifqull eft fatigué de toux , 
de fievre , & d’autres iymptômes, & 
que tour le corps eft émacié. Il fauç 
donc qa’il ulc de remèdes rafraidiif» 



s E M Ï B Ï e I w s. 
fants & détcrfifs , & qu’ii fuivs un ré¬ 
gime qui aille au même but. On com¬ 
mencera par lui faire prendre le lave- 
mène fuivant. 

L Ar E M EJSf T. 

Prenez ©rge entier , & fon de fro¬ 
ment de chacun une poignée ; regliflb 
une once j rofes rouges une pincée. 
Faites une livre de décodion dans la¬ 
quelle vous ferez fondre une once & 
demie de miel violât y pour un lave¬ 
ment.- 

Il ne faut point faigner îè makde , 
parce qu’il eft affoibli par k maladie 
précédente, Bc qui! eft amaigri, çe qui 
îc ménace d’une affedioa bien plus fâ- 
cheufe. Mais on le purgera avec la caf- 
fe mondée & le fyrop de chicorée com- 
pôle y de chacun une once, fondus dans 
unbomllon rafoaîchiiïaat,. 

Le malade aïant été purgé ufera pen¬ 
dant douze jours du petit lait tiré avec 
le fiic de limons y & adouci avec le fu- 
cre y fi fon eftomac s’en accommode- 
prendra cafuite l’opktc fiiivante,- 



Consultations choisie»; 

O P I A r E.. 

Prenez conferve de grande confoncTè* 
une onêe ; corail rouge préparé trois; 
drachmes J rhubarbe en poudre une; 
drachme -, faites une opiate pour l’ufa- 
ge avec le fyrop de chicorée.,, 

Aïant fini l’ufage dü lait, & s’étaiiE:- 
repurgé ,.le malade prendra le matin à: 
|eun huit onces de lait- d'anefic coupé; 
de fix onces de décodion d’orgef,. pour; 
empêcher le lait de; fe gâter. Si la toux 
fatigue le malade ^ qu’il nait pas les; 
nuits bonnes, 5, il. prendra, le fbir ié; 
fulep fuivant.- 

} V L B f: / 

Prenez-eaux de plaiitain 8 cAs rofës^f. 
de chacune deux onces j fyrop de pavot ; 
blanc , trois,drachmes ; mêlez..^ faites; 
an julep. 

Quant au régime, le maladé mangera ^ 
fobrement, & ufera de bons aliments^,, 
comme du veau , du mouton, du chs'-- 
Yreao.j du poulet; & évitera foîgneu- 
fement ce qui fera falé & poivré. Il 
^ra,un,exercice modéré:3,&,fc fervi^- 



D E l^ÎE D E c ï’N-E. 
ÿa d’eau d’orge pour boiffoii ordinaire. 


Délibéré à Montpellier le ü, feptem- 
bre ijz 8 . Signé^B£ zac\ ChicoyneaUj 
Lazerme. . 


€ ON S U L T A T I O N X L VI IL 
Snr me fluxion fur le Todrnom 

L a Dêmoifèïle pour laqüêîîe on de¬ 
mande avis a une fluxion fur le 
poulmon , qui la jettera infailliblement 
dans la phthifie elle ne la prévient 
par l’ufage des remedes fuivans. On lui 
donnera une fois-la femaine le lave'^- 
mentfuivant.- 

tAV^ÉMENT:^ 

Prenez feuilles de mauve ^ de vîo- 
îèttes& de bourrache , de chacunes 
une poignée ; des quatre femences froi-' 
des majeures mondées &: pilées-, un®- 
once - fon de froment une poignée ; re« 
glilTe trois^ drachmes- faites hcuiliiïr 
fùfflfammenr, Sfediflolvez dans-une lî--" 
We-de-eolatus^ 3^càtholicon"'pour Tufa-g^ 





^30® CqKSUL¥ATîONS CHÔÏSÏÎi ‘ 
incerne une once j miel violât deux 
onces ; faites un lavement ,qui fera pris 
la commodité de la malade. 

Après le lavement on lui tirera huit 
onces de fang du bras , & , fi le fang 
paroît mauvais , oii la rcfaignera le 
îeademain. On la purgera cnluite avec 
la médecine fuivante» 

P V R G* A T I O N. 

Prenez pulpe de caflTe une once y rba- 
hzthe choific une demi - drachme ; ro- 
fes rouges une pincée. Faites bouillir 
dans Feau de fontaine , & difelvez 
dans, huit onces de colature fyrop de 
îofes folutif compofé une once faites 
sine potion. 

Si la fluxion iiétoic pas diminuée 
©n la refaigneroit du pied & elle pren- 
droic le lendemain une écuelîce de, lair 
d’âiieffe avec, le fucrc rofat. Si elle-é toit 
preffée de la toux,, elle prendroit de 
îems à autre quelques cuillerées de 
fyrop de pommes , ou de tuffilage , & 
lorfqu’elle ne pourra pas dormir h- 
mlep fuivant. 


Ms »ECî. N 


1 V L E P. 

Prenez eaux de coquelicot & de pîaiv 
îâîn, de chacune deux onces ; fyrop 
de pavot blanc trois ou quatre dracl£- 
Kies ; mêlez faites un julep. 

Elle ufera pour boifon ordinaire de 
de la ptifaiie d’orge, dans laquelle on 
fera bouillir deux onces de racine d’aL 
thea fur chaque pot. Elle fe nourrira 
avec quelques foupes, & de la volaille j, 
& évitera toute forte d’aliments faiés. j, 
épicés, & de difficile digeftion^- 

Délibéré à Montpellier le 17. août 
1728. Sigfû\ C H I c O Y K E A Ü-J 
Margot. 


CONSULTATION XLIX^. 

Snr me Pardyfie^ 

L a paraîyfie de la moitié du corps 
la tumeur cedémateufo du bras , & 
de la jambe du côté droit, les douleurs 
que le malade a fendes dans les articu.» 
étions ^ & tous les autres accidens rap^^- 




ComutTÀtTONS CHOISïEr 
portés dans la relation de fa maladie; 
cju on nous a remife , montrent évidem¬ 
ment la conftitntion épailîe &■ acre de-" - 
fes humeurs ; & ceft fans doute le 
grand'appctîtdu malade , & les mauvaK- 
aliments dont il fe noürrifToic ,.qiii eni 
font la caufe éloignée. L'apopléxie quf 
a précédé les intommodités que le ma¬ 
lade a aujourd’hui a été produite par làî 
même caufe. Les humeurs trop épaif- 
fés roulant avec peine dans le cerveau,, 
elles- s’y: arrêtèrent, & par leur réjour 
comprimèrent les nerfs& comme le' 
fèjour des humeurs-fut plus‘confidéra- ■ 
Me à la bafe dùrcrâiie qu’à la partie fii-' 
pérîeure du cerveau , à caufe de la quan¬ 
tité des- finus quoii' y remarque , les' 
nerfs furent preffés dans^ leur origine,, 
mais l’iiîteriear du cerveau- refta plus 
libre , ôc le malade conferva le juge-- 
ment , & la-mémoirc,- Et parce que Ics^ 
battemens de la düre-mere & des arté-- 
res carotides-font-continuels , les hu-- 
meurs épaiffies furent peu-à peu divU- 
wfées elles-reprirent la- route de lai 
©rrculation ,.fans pourtant que le fahg: 
perdît abfolumenîia vifc-ofi'té qu’il avoiî^ 
eontradée,&’elles ont été dépofées par le> 
@3ttrs=. des- humeurs dans, les. parties^afr 


B2’ M'ï^ D'E C Fiî’-Ii' 
fëctées.-A toutes ces caufes il faut en¬ 
core ajouter le dérangement des digef-- 
rions marqué par les goûts difïèrents - 
que le malade trouve aux-aliments& 
la quantité dé vents- qu’il fait par la; 
bouche, qui lui donnent quelquefois des** 
défaillances, .& des batîemens^decœuro. 
Pour- délivrer le malade de fes in-- 
commodités, & prévenir lè retour de^ 
l’apoplexie qu ôii doit appréhender , iP 
fëut.redifier les-digeftions , divifer le-: 
fang,,& le:rendre plus.fluide & plus- 
doux ; & enfin réfoadre la- lymphe ar¬ 
rêtée dâns'Ie- bras 5c: la- jambe du côtér 
droit j c’qft ce qu on efpere défaire par;, 
laifage dés reraedés fuvans^ 

lie maladé fe. purgera avec la potions 
füivante,. 

P v:b, g A TI O n: 

FrenezPenné mondé trois drachmes 5:; 
rhubarbe concaffee .& fel de tamarifc,,,. 
de chaGon une. drachme j .fommités de 
petite centaurée une pincée j faites bouil¬ 
lir dans l’ëâU 'dè fontaine j, ôc diflblvez: 
dans fîx. onces de colâture palTée aveu;’ 
expreffion- deux- onces de manne de:; 
Calabre , & une desni-once d’élecluaire- 
dîacarthâmi. -Faheâ-uiieporioUc., 



^04 CoNSTytTATîONS CHOîSS-ïS 

Deux jours après cette médecine , ü 
prendra le matin à jeun l’opiate fui- 
"^antc, 

0 FIA T E', 

Prenez fâfFran de mars apéritif prl- 
paré à rofée du mois de mai, vingt 
grains rhubarbe en poudre une demi- 
drachme j; jalap, diagrede , de chacun 
J^p.t grains -, antimoine diapho^dque un 
depai fcrupule -, trochifques alhandal, 
cannelle, fleurs dé fel ammoniac mar¬ 
tiales , de chacun fi.x grains extrait 
d^elleWe noir trois grains faites une 
opiate pour une dofe avec une ûiffifaa- 
se quantité de fyrop de fleurs de pêr 
cher. 

Le malade prendra une heure après; 
cette opiate un bouillon de poulet ^orr 
dé veau, à la chicorée, &, s’il peut fe pro¬ 
mener , il fera.quelques tours, de cham¬ 
bre, Il prendra ce retnede pendant dix 
jours ySc jS’il ne purge pas aflez onaug- 
ffiîentera la dofe des purgatifs j s’il vui- 
doit trop J, on retrancheroit rextrait-d’èl*- 
lébore. 

Après Pufage de cette opiate le.ma- 
fede fc tepurgera cosiipae deflus ^ (M 



-DE M E B 1 C I N i. 3 0 J 

retranchera l’éleduaire de diacartharai 
fl l’opiace Tavoit beaucoup purgé ; après 
il prendra te matin à jeun un bouillon 
préparé comme il fiik. 

EOVILL O isr. 

Prenez environ une, livre de maigre 
de veau , une vipere écorchée , dont on 
coupera la tête & la queue-, aiant 6té 
les entrailles , on la coupera par mor¬ 
ceaux -y une poignée des feuilles de 
bourrache& un peu de cerieuil ; met¬ 
tez le tout dans un pot de terre vernif- 
fé , que vous boucherez avec un par¬ 
chemin , ou un papier double *, ajoutèK 
auparavant fêpt ou huit cuillerées d’eau 
de fontaine , Sc faites bouillir pendant 
quatre heures au bain-marie ; palTcz en- 
mite à travers un linge, & exprimez 
fortement, pour le faire prendre» 

Il faut continuer l’ufage de ces bouil¬ 
lons pendant vingt jours , & purger 
Ie|palade à la fin-avec fa médecine or¬ 
dinaire. Si après ces rcmedes la tumeur 
œdemateufe du bras SC' de la jambe 
n’cft point emportée , il faudra donner 
tous les matins pendant quinze iouts 



56 g' Consultations choisies 

line once d’eau-de-vie allemande ^ & 
repurger le malade à la fin comme au¬ 
paravant. 

Pendant l’été le malade fe purgera de 
quinze en quinze jours, & en autom. 
ne il reprendra Topiate apéritive, & 
enfuite les bouillons de vipere au bain- 
liiarieo Oh appliquera fur les tu¬ 
meurs osdémàteufes des feuilles d’hye- 
ble paflees au four ibn en enveloppera 
lès parties malades le foir lorfque b* 
malade fe- mettra lit obfervant de les 
appliquerchaudement.On fera le reine- 
de pendant dix ou douze jours , & , s’il 
foulage le malade, on le continuera plus 
liong-tems'; mais s’il ne produit aucuiï 
effet , on dilToudra le fei ammoniac dans^ 
une décodion de racine de. brioine, 
& -rn fdmentéra là’ ^pàrtîe avec cette’ 
dé ^dion , laiiTant par. delTus un linge 
trempé dans laonême décodion j.quon 
couvrira aY.ec une fèrviette chaude. 

Et comme tous les accidens que le 
malade a à' préfent foiit^ venus du^dé- 
rangement de fon eftomac , & de fa 
mauvaife maniéré de vivre, il faut qu’il 
garde un bon régime , s’il veut que les 
remedes fal&nt quelque efîèt» 



MSDECIN-E.. ^'ôJ- 
èoarrîra avec du rod ; il mangera peu- 
de foupe , 8 c jamais de viande falée^ ni^ 
de chair de cochon,. 

Délibéré à Montpellier ce 12;. rnai’ 
$7 i ^. Sipié , Y ERH Y 5, LAZEB-MEi. 


GONSU LT ATIO N L, 

Sur des ^hfl^m^ions au 'Sole. 

I L paroît patrie mémoire qu’on nous« 
a remis que la jaunifle dépend' deS' 
embarras qu’on a remarqué dans le foie..^ 
tes obftruétions de ce vifcere déjjendenc 
du dérangement des^digeftions^ de forte' 
que le chyle aigre & greffier fourni par 
l’eftomac a épaiffi le fang & la lymphe g, 
qui ont produit à leur tour les embarras 
des vifceres.. C’efl; encore à cet. epaif- 
fîflèment des liqueurs qu’on doit rappor¬ 
ter le pilTement de fang périodique qu’a le: 
malade il y atout lieu de croirequ’il- 
s'eft fait quelque varice dans les orga¬ 
nes qui fervent à là fecretion de l’uri— 
rine, Gcs varices fe rempiîlïant & défem-=^ 
plîffànt par intervalles font le retour: 
gériodiqug du.pilïement. de fang,. 





5o8 Coîtsultations choisies 
Pour prévenir ies fuites de cette ma¬ 
ladie s il faut nettoyer l’eftomac, & rec¬ 
tifier les digeftions , déboucher les vif» 
ceres obftrués,& redonner aux liqueurs 
la fluidité néceflaire pour qu elles eircu- 
îcnt librement dans les parties. 

Le malade fe fera tirer deux palettes 
de fang de l’an des bras •, le lendemain 
il prendra trente grains d’ipécacuanha 
en poud're, ^ 

Le lendemain on le purgera atec la 
médecine qui fuit. 

r V R G AT 10 N. 

Prenez feuilles de fenné mondées trois 
drachmes 5 rhubarbe- concaflee , fel vé¬ 
gétal , de chacun une drachme ; fomrai- 
îés d'abfynthe & graine de coriandre j 
de chacunes une pincée j. faites bouilMr 
dans feau de fontaine, & diiTolvez dans 
douze onces de colature trois onces de 
manne de Calabre ; faites^une potion 
qui fera ptife en deux fois. 

Le Malade lailTera une groffe heure 
d’intervaUc d’une prîfe à fautrc. Qua¬ 
tre jours après on le repurgera avec ia 
même médecine , 5c deux jours après 
il prendra le matin à jeun le bouillua 
qui fuilr 


g) £ M £ D £ C I M .1. |0ÿ 

BOVII^LON. 

% 

Prenez racines de chicorée üauvage 
& d’afperges, de chacunes une once j 
racines d’aunée & d’ache , de chacunes 
une demi-once ; faites-les bouillir pen¬ 
dant une heure dans un bouillon de veau. 
Ajoutez &r la fin de la coétion feuilles 
d’aîgremoine j, de chicorée fauvagé, de- 
capillaires, & de Scolopendre , une poi¬ 
gnée en tout ; faices-boüillic légèrement 5 
,& palTez avec expreffion. 

F O V D R E, 

7Prenez tartre martial foluble ,poudre 
de cloportes, & rhubarbe en poudre 
de chacun une demi-drachme. Mêlez j 
& faites une poudre. 

Le malade prendra cette poudre 
avec, quelques cuillerées du bouillon 
ci-delTus , & boira le refte immédiate¬ 
ment après. Il continuera cette poudre 
avec les bouillons pendant dix jours, 
fe repurgera avec fa médecine ordinai¬ 
re. Deux jours après il prendra le ma¬ 
tin à jeun fopiacé fuivante , prenant 
immédiatemeiK après un bouillon de 
^naigre de veau à la chicorée* 



|io . «Consultations chqîslsi 
O P 1*A T E. 

"Prenez fafFran de mars apéritifprépa^ 
Te à la ro fée du mois de mai, une demi- 
once”,.feuilles de fenné mondées, & rhu- 
Æiarbe en poudre^de chacunes deux drach¬ 
mes ; xaffia lignea , fel d’abfynthe, & 
faffiran des indes, de chacun une drach¬ 
me & demie .5 jalap diagredede 
■chacun une drachme.; canelle,, fel am¬ 
moniac., & faffiran oriental, de chacun 
,'Une demi-drachme ; mettez tout en 
poudre , & faites avec une fuffifante 
^quantité de fyrop des cinq racines ape.^ 
lîtives unc|opîate , dont la dofe fera de 
■^deux drachnaes. 

Il faut continuer cette opiate pendant 
neuf jours, après lefquels 011 fe repur- 
.^era comme ci-deflus. Si pendant l’ufà- 
ge des apéritifs le piflTement de fang de- 
venoit un peu fort, on en fufpendroit 
, Tufage pendant ce tems-là. 

A près Topiate le malade prendra pen¬ 
dant douze jours Gonfécutifs un verre 
de petit lait tiré du lait de vache bien 
/clarifié, dans lequel on fera infufer à 
chaud pendant une demi-heure une 
drachme de faffiran de mars apéritif 



,®E MEjPECÜÎE. 

âans un nouet à Taife. Enfuite il fe re- 
.purgera avec fa médecine ordinaire, & 
reprendra pendaiu neuf jours l’opiate 
^peritive. Il prendra enfuite pendant 
,quinze jours vingt grains de faffiran de 
mars apéritif dans la première cuille¬ 
rée de foupe, & ^ s’étant repofé fept ou 
.Euit jours,, il le reprendra quinze aUf- 
très. 

Pendant les chaleurs de Pété on Id 
;fera boire les eaux de Cranfac avec les 
_pr:écautions ordinaires 3 &, comme cette 
maladie fera opiniâtre,, il faudra repren- 
,dre l’automne prochain les bouillons 
apéritifs,, l’opiate, & le petit dait cha- 
libé, avec les précautions mentionnées. 

,jLe malade ne fera pas maigre,, il fe 
privera de tous les alimens falés, & iu., 
idigeftes-comme fruits, .&-c. On le nour¬ 
rira avec de bonnes foupes , du bouilli 
!<. du rôti,, en préférant la chair des 
jeunes animaux & le gibier. Il boira le 
vin bien trempé ^ il.évitera les veilles 
les excès, & les exercices trop confîdé^ 
rables.o 

Délibéré à Montpellier ce 5. janvier 

î'f 17. Si^ ^ Y £ B. N Y , L> Z -E R M U 



ÿiri Consultations choisiis 


CONSULTATION L ï. 

S HT me Pardyjîe. 

L Ttat fâcheux où fe trouve îe mâla<îe 
ne nous permet pas de douter qu’il 
ne Toit une fuite nccelTaire d’une atta¬ 
que d^apolexie fanguine un peu for¬ 
te qu’il eut il y a environ un an & de¬ 
mi', qui fut occàfionnee , félon toute 
apparence , par une véritable pléthore, 
ic par de mauvais levains qui, ayant 
été fournis des premières voies au fang, 
caüferent un engorgement fübit dans le 
cerveau , capable de lui ôter le fenti- 
ment , & le mouvement des parties. 
Les fecours qu’on lui donna dans fou 
paroxyfme furent affez efFedifs pour ar¬ 
rêter rengorgement qui s’étoit déjà fait 
dans ce vilcere, mais ne purent empor¬ 
ter l’engourdiUement , & dilîîper ic re- 
iâchemenr qui avoir faifi les autres par¬ 
ties ; & ce fut prccifément celles qui 
furent pour-lors les plus engorgées de 
liqueurs, & le moins en état de les ren¬ 
voyer , qui fe trouvent préfcntement 
attaquées d’une véritable^ paralyfc; 





» ï 'M E B E C I H E. 5 
qui empêche le mouvemenc & le jeut 
<les muicles. 

Comme le malade a négligé :fdn mal, 
< 3 ue rindirpohcimi fubfifte/depuis quel¬ 
que tems, nous ne fcaurions lui pro_ 
metcrenne parfaite guérifon , mais nous 
■comptons bien qu’onnelçaurolt lui ebn- 
leiller-rien de mieux que de fe rendre 
incIlTamment aux eanx Ae Balaruc, qui 
pourroient peut-être par leur chaleur, 
& par leur adivité, divifer ce iang en¬ 
gourdi qui croupit dans le tilïù des muf- 
des, donner un peu plus de relïôrt aux 
vaifleaux de ces parties , & les mettre 
par-là en état de fe délivrer de la quan¬ 
tité des liqueurs qui y coulent, & qui 
leur font à charge ; ayant foin de faire 
précéder les remedes qui fuivent. 

On commencera donc de faire-faigner 
le malade de l’un des bras pour en tirer 
neuf à dix onces de fang, & on donnera 
le foir le lavement fuivant. 

hArEMBN T, 

Prenez décodion ordinaire pour îâ- 
vemens rafraichiffans & laxatifs une li¬ 
vre; catholiepn une once ; miel violât : 
une once -, faites un lavement qui, ièra 
Tome IL O 



f-ï4 CONSULTATÏ-ONS CHOISÎIS 

pris à la commodité du malade réî. 
reré toutes les fois que lôii ventre fera 
parelïèux. 

Gn le purgera le lendemain avec la 
potion fuivance. 

f V RG A T I O N. 

Prenez feuilles de fenné mondées deux 
drachmes -, fel végétal & rhubarbe choi- 
fie, de chacun une drachme ; fommî, 
tés d’abfynche & de pecice centaurée 
de chacunes une pincée 5 faites infufer 
dans une fufiîfante quantité d’eau com- 
mune , & difiblvez dans huit onces dè 
colature manne de Calabre une once & 
demie, tablettes diacarthami une demh 
once,. Faites une potion.. 

Le lendemain de la purgation,ou après 
s’êire repofé une journée , le malade 
prendra pendant trois matins les eaux à 
la maniéré ordinaire , failanc dilîbudre 
dans les deux premiers verres une priiê 
de fel polychrefte. Il pourra prendre en 
même tems vers les quatre heures un 
bàin entier , & une douche fiir la tçte, 
la nuque ^ & Tépine du dos,. Quand les 
trois jours feront palfés, il prendra en¬ 
core trois bains & trois douches , & 



fl fe repofera 4 eux jours, après lefquelg 
îi renouvellera les bains & la douche 
de la même maniéré , à cela près qu’au 
lieu de fix bains & fix douches , il ne 
prendra que quatre de chacun ; & ^ s’é¬ 
tant repofé deux jours encore, fi les for¬ 
ces le permettent , il preudra trois 
bains & trois douches. 

Délibéré à Montpellier ce.. ^. Signé^ 
Chicoyneau. 


C O N S I L I U M LU. 

De dolore Nephrhico, 

»17 X dolore renum gravativo , & 
» excrecione præfertim urinæ fa- 
bulofæ cum aegrotancis levamine , ver- 
»bo conjicitur Equitem nobiliffimum 
»» dolore nephritico laborar .Tria inpri- 
»>mis ad hune proiucendum afFeebum 
"concurrunt , temperamentum aegri 
» fanguinco-biliofum, regio quam inco- 
M lit câlidiffima, & navigatio diururntor. 
s» Ex his ultima praecipua eft. Abfumpta 
«fanguinis ferofa , b^l^^m'caque parte , 
» tartareas in iànguine kxuriare necef-. 





51^ • GdKSULTATIOîîS C-HOISIES 

« le eft . quæ paulatim in dudus ren'um 
** uiiiiofos intruræ moranturmora ve« 

»ro corapiaguiKur & quiefcunt, un, 

« nam que pone fe-quencem fiftunt. Di^ 
latati, nimis rcpleti , urinofi dudus 
fangmferos comprimuni; undedifiSd- 
« Uo.r fanguinis per renes circuitus , ip_ 

« fins mora & ftagnatio , renumque 
« diftradio dolorifica , unde gravaïiyu? 
«dolor. 

«Uîhuk morbo afferatur medela, 
convenir iis quæ rangu'inem dilueiv 
do & edulcando -parces ejuidemcarta- 
« reas folvunt dividüntque j fie urina 
« priftinæ refticucafluiditati libéré & ex- 
« pedire fiftulas .urinarias permeabir, 

M Exiiide fane ratio cur jufcula pulli , 

« balneaque domeftica prias, ufiirpata,- 
tanrum ægrotaïui .attulerint levameu 
« quapropter iifdem infillentes indicatio- 
» nibus , diiuentibus inprimts utendum 
« diè cenfemus, quibus diuretka quæ- 
» dam , & buic morbo quafi Çpecifica, 

« addemus,. 

Quapropter celebrata purgatione . 

« quam medulla caffiæ recenter extrada, j 

» rbeo, & manna, in aqua pulli infufe 
folutis' parandarn cenlemus , fe- 
» guens præfcribimus jafculum per dies 
« decemcontinuandum. 



*■£ M E rr E C I N ï. 317 
J VS C V LV M. 

A 'yL. Pullum juniorèm gallinaceuna 
n exenter, cujus venter quatuor femin. 
» frigidor. eontuf. \ f. implearur ; coq. 
wper defpurriationem per duas horas in 
^3 aq. font. Q. S. deinde add. cortic radicis 
acalcitrap. exfiecat.» coiituf. & in nodui. 
«fufpenf § j.rad. enul.eampan. coiv 
MtuC 5 - ijv coq. per hor. fub. fin.- cod. 
» add. folior cichor. borrag. & capillor, 
jsvener. ex omnib. m. j. eoq. ievit. col,- 
3» & exprim. Cap,. 

33 Elapfo jufculoruni' tempore, atque 
» iterata purgatione ut fupra ^ nobilîS' 
3) Ægrotaiis afiumet mane per dies vw 
» ginti hauftum feri.ladis vaccini o-vi 
» albumine clarificati, & facchari caiv' 
M didi unciis duabus edulcati ; alternk- 
3j vero diebus pi ulam fequentem aisr 
te hauftum feri ladis- aflumet. 

P I LV L A. ’ 

» Lign. nephritic. pulverat. g j. bal-- 
»fam. de copaiva gutt, xX. cum (yrupi- 
» capillor. vener. f. pilula ro una dofi, 
» Succedet deinde balneum d'omefti-- 
» cum per dies quindeciai continuan- 
s* dunî, Elapfis odo auc dedem diebus 
Oii} ' 



CoiîSVLTATlOitS CHOISTîS 
» poft balneatioiiîs tempus, Æger noBî- 
»> iiflîmus aquas Vallenfes , gallice de k 
» Marquife de dies novem po- 

» tabit, fîngulis dicbus novem vel decei» 
hauftus tribus aut quatuor vicibus aC. 
» fumet J prima die folvendo mânn^Ca- 
» labrin. ij. in primo kauftu^ 

«Fînito aquarum VaUenfium tcmpo- 
« re purgationem eelcbrare neeeflè eft, 
5» Demum ut primum calor æftatis rc- 
3> miferiî aerque temperatîor fadus 
« fuerit, fuâdcmus ut Eques nobiliffi- 
« muslade afinino utUvUr per unum aut 
» alterum menfem^ut, fie mafia fanguinîs 
» edukata, minor tartarearum partium 
copia generetur ^ fervatk tatnen 
âs fervandis, rd efi: præferipta idemtidein 
» purgatione , ac fervato eonvenienti 
» vitæ regiminei Tandem ut is affkàm 
» radicitus debellccur fequens præferibi- 
^ mus remedium quodÆger n0biliflîine& 
» per annum & ultra fingulis meufibus 
a» afîiimer» 

FO T J O. 

, J» ; 5 <i’.Cortîc,.câlçitrap„exfîccat. & con» 
' » tuf 5^ )• infund. per nod. in. vinjilk 
» optimal, vii|. man.colet. & exprimai» 



BE M î B ï 6 ï H E. f 15 

» Altéra die fequens exhibebitur de-f 
f» codum* 

DECO CTV M. 

>> ^Fol. parietar. m. ]. lign^ 
a coiituf. .& fcrn. anis a. ]. cmnamoHrf 
wcoiituF g. f bull.levit. in,aq. font. x. 
Si dcin per nodem. infund. mane kérura 
»» levit, bulliantjdifTblv. facchar candid» 
» ij. coL&: exprim. Çapiat, 
s> Hoc enim efi: potens diureticam ^ 
SS cartareas partes fiftidis urinoiis inapaiC'f 
» tas folvens, 

JS Verum nul la expedanda ranatîo,ni-r 
SJ fi Eques nobiiiffimas coiivenienti vitæ 
SJ regimijae eifedus remediomm adja- 
sj vet 5 aç propterea coiivenic ut abfti-* 
JS neat a piperatfs , faîfis, ^ribus ^ car- 
» nibus falevel famo induratis , ab ufa 
SJ acetariorutn c^ei ladiciniorum ^ 
SS uno yerbo ab iis quæ partes fanguinis 
JJ cogurit &partiam tartarearam c^pifeîn 
ssaugcoc.- Vefcemr carnibus Imniorui» 
■jj animaliiim ^ & inpritnis quadragefi- 
s> malibiis cibis fe abftinebk, yinuna iKOr 
JS dice & multa aqua temperatutn pota- 
ss bit. Vigiliasf motafque nimios vitabic,, 
» ac inprimis navigatioiienQ quæ aftèc^ 
d iiij. 



Ho CoiîSUtTATIOKS CIÎOISIÎS 

lîcphritici caufa prarcipua videtur 
tum ob motum affiduum , eutn pra- 
” vatn vidus radonem qua. navigatores; 
» uti cogumur. 

Monrpellii die xy. menfis februarü 
anni lyaS, ^ Lazerme'^ Fitzge* 
R ALB, Fournier. 


: T R A D U C T I a N 

®E EA CONSUSTATION PRECEDENTE; 
Sur une douleur Néphrétique. 

L a douleur gravative des reins, & ^ 
fur-tout-Fexcrétion d’une urine qui 
eharie cîes graviers au foulagement du 
malade , font conjedurer avec raifbii 
que Monfieur le Chevalier eft attaqué 
d’une douleur néphrétique. Trois cau- 
iès principalement concourrentalapro- 
dudion de cette affedion le tempera^ 
ment cholérique-fanguin du malade,, 
-la chaleur du païs qu’il habite , & fés 
longs voï-ages fur mer. Nous regardons 
la première de ces caufes comme la prin¬ 
cipale. La déperdition de la partie fé- 
ïêufe & balfamiq^ue du fan g rend nécef-^ 





ié È M £' » 1 C I N E. ^21 

l’amas des parties tartareufes, lef- 
quelles s’arrêtant infenfiblement dans les 
eananx urinaires des reins , forment 
avec le tems des concrétibns qui arrê¬ 
tent l’urine qui vient par derrière. Les 
canaux urinaires , étant dilatés ôc trop 
pleins , compriment les vaîfTeaux fan- 
gains 5 d'e-là' vient l’embarras- de la cir¬ 
culation du fang dans les reins , fon re= 
taidement, fà ftagnatioa dans ces vif- 
ceres , & leur gonflement douloureux 5,. 
qui produit le. intiment de pefanteur. 

Pour remedier à cette maladie , il 
convient d’employer les remcdes qui 
agiflent en délaïant &■ adoucilFant îe 
iàng,refolvene & divifenc (es parties ta^- 
careufes. En confequence l’urine aïant 
recouvré fa première fluidité , paflèra; 
librement Sc fans peine au travers des 
canaux fecrétoires des reins ; & c’e'fb 
fans doute la» raifon-pourquoi le bouil¬ 
lon de poulet',, & les bains domeftiques',. 
dont le malade a déjà fait ufageg l’ont 
fl fort foulage. C’eft pourquoi fui vaut 
les mêmes indications,, nous eftimons 
»qu’ilfaut fur-tout employer les délaïans^ 
âufquelles nous ajoutetons' quelques- 
diurétiques^, qui font quafl fpécifîqueSj 
dans cette maladie.. 


& w 



. j2:2; Comm.TArwT^t cji&îsm- 

Auffi-tôt donc que le malade aura été' 
purgé avec la moelle de caiTe récetn- 
snent extraite ^la rhubarbe , Sc la mai- 
ne, infiilees & diffoutes- dans.Teaudé 
poulet , nous fommes d’avis-qu’il prenne 
pendant, dix jours le bouillon fuivanfc. 

B O V L Q: N:. 

Prenez nn jeune- poulèr vuidé,, dont 
-VOUS remplirez le ventre d’ime demi-Qn. 

' ®e des quatres femenees froides pilées j; 
Jàites le bouillir pendant deux heures, 
daiisune ruffifantequàntité d’eau^de font 
taine , éemmant foigneurement 5* ajoa? 
îez alors écorce dé la racine dé chauîîè.- 
trape concaflee & enfermée dans üm 
lîoiièt, une drachme 5, racine d’aune- 
concaflee ,.deux drachmes 5: faites Bouil- 
lir encore pendant une heure , ajou¬ 
tez frir la fin de'la-coélion ,,, feuilles de- 
chicorée fauvage, de bourrache-, & de 
xapillaire, une poignée en tour f faites 
bouillir légèrement, coulez avee expre.fr- 
lion , pour un bouillon^, 

jLs malade ^aïâiît été repurgé'après 
lés boailions finis , prendra tous les ma- 
lâns pendant vingt jours une écuellée de 
périt lait, de, vache, clarifié avec, le blanc 



DI MiDîCï'Hi. 

^cEuf, & édulcoré avec deux onces de 
fucre roïal, & il avalera de deux jours 
Tun avant le petit lait la pilule fui van¬ 
te. 

FILVLE. 

Prenez bois* néphrétique en poudre;., 
îan fcrupule ; baume de eopahu vingt 
gouttes ; faites une pilule pour une do- 
fe avec le fyrop de capillaire. 

Il prendra enfuice pendant quinze 
Jours le baindbmeftique , & huit ou dix 
jours après le dernier il boira tous les 
matins pendant neuf jours, neuf ou dix 
gobelets des eaux de la Marquife de 
Vais , lai (Tant quelque intervalle tous 
les fois ou quatre jours , & diflolvanc- 
fe premier jour dans le premier verre- 
deux onces de manne. 

Il terminera Tulage des eaux de Vals^ 
par un p ngatif; &,,dés que les chaleurs: 
' de Tété feront calmées , & que l'air le— 
îâ‘devenu- plus tempe é\ nous Confeil- 
îbns au malade l’uiage du lait d’anelïe' 
pendant un ou deux mois afin que ,da 
mafife du fang; étant adoucie par fou 
ufage ,,ih s’engendre une moindre quan¬ 
tité de parties^ tartareufe^. Le malade? 
«îca- fiain de fe conduire comme il 0011=-: 

>©■■4 ; 



3r2’4 CoiKtîil'ATICrNS CHOISIS 
vient dans le tcms du lait, c’eft-à-dn*- 
de fc purger de tems en tems, & de fuK 
vre un régime convenable.. Enfin, pour 
détruire radicalement la maladie nois 
coiifeillons au malade, d’ufer chaque? 
mois pendant un an cntiér. du, remede: 
luivknti, 

F O T I O NI 

Prenez, écorce dé k racine de chaufTe 
trape- feehe ôc concafTée une drachme 
faites-la infufer pendant la nuit daiîs 
huit onces du meilleur vin blanc , cou¬ 
lez le matin^avec expreflion 3, & faites 
prendre en. une fois. 

Le lendemaiu on luldonnera la dé— 
codion fuivantei 

3 EGO C TI O ISt. 

Prenez feuilles de pariétaire, une poF 
gnéee ; bois, de fairafras concafTé., grai" 
ne d’anis.,, de chacun une drachme 5 cau- 
nellc eoncaflfêe, une denn drachme ; fai¬ 
tes bouillir légèrement, dans-dix. oiiees. 
d’eau de fontaine, puis, infufer pendant 
toute la nuit j,enfin bouillir encore un 
peu le matin. Diflblvez-y pour-l©rs- 
deux onces de fucre roïal ; coulez avec 
exprefïïon faites,avalerJa cplaruxc- 

«11 une. fois.. 


nt Me d e c I » r,. p,-^ 

€e remede eft un diurétique puiflant: 
qui réibut les parties cartareufes qui; 
ont formé des concrétions dans les ca¬ 
naux usinaires^.. 

Mais il ne faut point que Je - malade* 
s’attende a guérir fi le régime le plus; 
■exaél: ne vient anfeconrs- des-remedeso^ 

Il convient em conféquenee qu’il s’abs¬ 
tienne de tout ce qui. eft poivré , fàlé 5, 
âcre,, des- viandes, falées ou fuméesdes 
-falades , du fromage 5, du: laitage , ea. 
un mot de tout ce qui épaiffif le lang, & 
augmente la quantité dé-fes parties tari-- 
tareufes. Il fe nourrira de viandes de- 
jeunes animaux , & ne fera aucun ufage 
du maigre.,11 boirai peu de vin;, encore- 
bien trempéï il évitera de veiller & de 
-&ire de grands-exercices; ,. &'fur-tout, 
de voïager fur mer -, ce quenous regar¬ 
dons- , comme la principale caufe dè- 
taftèétion néphrétique qui le-îourmeiî-- 
te, tant à caufe du. mouvement con- 
tiiiuel,qu’à caufe des mauvaifes nous?-- 
ritures auxquelles ce genre de vie expofe,. 

Délibéré à Montpellier le 17. fevriec' 
i- 7 Z 8. Signt \ L A- Z E R M E, F ïcr Zi=r- 

&£ R..A LD s F O V B..N1 



•^X(3 CoNSUlTATTONS morSIES 


CONSULTATION LIIL 

Sur me Perte hlmche.- 

P A r tout ce qui eft rapporté dans Ib 
relation communiquée il nous pæ. 
ïoîc que la Demoifelle pour laquelle m 
nous fait l’honneur de nous çonfulter 
été fujecre depuis Tige de pube-rté à. une- 
perte blanche alTez confîdérable , & 
quaprès, s’être- mariés , & avoir fait 
flufieurs cnfans,, cette perte a vérita^ 
blementdiminué , mais qu’il lui'eft fur-- 
■venu dès douleurs au bas -ventre avec: 
une chaleur excraordinaire- qui s’étenft 
. jufqu’aux parties génitales en der-» 
nier lieu que le-feu s’eft fait fentir dans- 
Tînterieur de la poitrine avec une grofe- 
fevre pen-dant la- nuitprécédée par uiï 
grand froid & par fe ferrement des cô¬ 
tés y & par une refpirarion gênée, 8c 
que la malade eft au furplus d’un tempé¬ 
rament bilieux , ôc fort maigre. 

Sur cet expofé il-eft alfez évident que^ 
,îa lymphe n’ayant: pu circuler dans & 
naatrice & dans le vagin par rapporté 
épaiffilfement àliobitrudioivdê: 




S t M t B: ï e T K 1: ' 

©c? parties ^,en a diftencules vaifTeaux ^ 
ëc les a fait crever, ce qur a donné lieiE 
à Ton épanchement ,, & l’entretient en¬ 
core.. 

Les obftrudion? & l’épaiffiiremene; 
des liquides arant augmentés’étanE: 
pour ainlî dire multipliés,dans les vifce- 
res du bas-ventre, & dans les, vaiflèaux: 
de h poitrine , ont auffi arrêté & gênéi 
le cours du fang d’ans toutes ces parties 
ce qui fufÊc pour rendre raifon des; 
grandes chaleurs , des douleurs „ des: 
üefremens v&r même de là ficvre , en ce* 
que tous ces embarras n’ont pas permise 
.au fang'de fe dépurer , & qu’ils’èft trou¬ 
vé fur chargé de beaucoup de particules 
étrangères qui ont. excité le mouyemeriK 
Lebrile. 

Enfin les embarras 8c répaiffiffemenc: 
des liquides viennent -fans doute des cru*- 
dités des premières voies , ou d’un dé^ 
feue de dîgeftion qui eft d’ailleurs indi¬ 
qué par le cours de ventre & le gon¬ 
flement d’eftomac que la malade ciiuya, 
îî y a quelque tems ; de forte que, pour 
remédier à toutes fos indifpofitions , jL 
■cft néceflàire de détruire les obftruc— 
dons ^de redonner au fàng & àla lyna— 
..^hé leur, fluidité ïiâtu|.elle 8 l de. ré,Sâà- 



JviS’ CoWSTTlTÀTlONS CfiorsTIS 
blir les digellions. Mais comme la mé:- 
lade eft d’un tempérament bilieux, qu’eb 
Ife eft fort exténuée, & quele fentiment 
de douleur & de chaleur dénotent un^ 
^iig aifé à s’enflammer , 6c une grande' 
acrimonie des humeurs , il eft de Im¬ 
prudence d’employer feulement de lé¬ 
gers apéritifs en forme de liquidé , qui 
puilfont réfoudre peu à peu les embarras,, 
fans trop- animer ni échauffer , & qui 
fuient en même tems propres à répan¬ 
dre beaucoup d’humidité dans les vaif- 
féaux. 

Nous fommes d’àvis que' pour pré¬ 
venir le danger dé quelque inflamma¬ 
tion intérieure, dont cette^ perfonne eft 
menacée-, & pour faciliter i-effet des- 
remedes convenables, on réitéré la fai- 
gnée qui n’à été faite qu’üne fèulc fois ,- 
& qu’on commence par tirer fept à huit 
onces ffe fàng ded’ùn dès Bras , & que 
le lendèmain on donne une purgation 
eir deux-verres de ptifàne' laxative faite 
avec deux drachmes dé fenné,une drach¬ 
me de'fel- végétal, autant d’anis', & un: 
sitrom coupé , mettant le- tout infufer' 
pendant là nuit fur les cendres chaudes- 
avec une once dé polypode de, chêiîe; 
^üs.dêux-' grands verres-., 4 ’eau-dê fo^ïr 



BS M E fi 1 c î M E. 
taiae, pour deux dofes, qu’il faut prea~ 
dtc le matin, à jeun à la diftançe de qua¬ 
tre heures l’une de l’autre^ ajoutant à la 
pçemiere deux onces de manne , & à la 
fécondé , une once de fyrep des^ fleurs 
de pêcher 3, & entre les deux dofes un, 
bouillon de poulet altéré par une poi¬ 
gnée de chicorée. 

Si après lapurgatbn Bc cette première 
faignéc, les chaleurs , 5 c les douleurs ^ 
auffi-bien que les ferrements,fefoutien- 
nent, ,, il faudra réitérer la faignée de 
l’un des pieds jufqu’à louable teinture » 
& réitérer eiiiuice la purgation en deux 
serres, faîfant auffi précéder la veille du 
purgatif, après la faignéeun lavement 
avec une Ample décodion émolliente 
à laquelle on. ajoutera quatre' onces 
d’huiles d’amandes douces, lequel lave¬ 
ment, pourra être réitéré par intervalles;,, 
comme étant très-propre à appaifer les 
feux 5 c les douleurs. 

Après ces remedes généraux , qui' 
font les plus convenables pour tempé¬ 
rer, chalfer ou éteindre le levain de 
la fievre 5c qui doivent être renou- 
vellés félon, les loix de l’art , 5c de la 
prudence, tandis que la fievre fc foiii- 
tiendra 3.011 s’attachera à,réfcmdre gcia 



CoKStTLTATlONS CHOÏSÏÏS 
à pea les embarras des vifccres par 
fage d’une ptifanc compoféc des racine? 
de fraiiier , de Upathum acmum , & de 
garcnce, de chacunes trois onces, qu’on 
fera bouillir pendant une heure dans 
neuf à dix livres d’eau ^ & fur la fin on 
dilToudra dans ]a colature deux gros de 
eriftal minéral , pour en boire chaque 
jour quatre grands verres de dix à dou- 
2C onces chacun dans le cours de la 
matinée , & autarvt l’après dîner à deux 
heures de diftanec de la nourriture , 
à une heure d’éloignement l’un de l’au" 
tre J obfervaiit. de les faire chauffer& 
de les boire auffi chauds qu’il fe pourra, 

L’ufagc de cette pcifane fera continué 
pendant dix à douze jours,après lefquel& 
il faudra fè repurger avec la ptifane 
xative ci-defTüs. 

Après, le premier remede la malade 
prendra tous les matins à jeun unbouih 
ion fait avec un poulet farci d’une poi¬ 
gnée en tout de chicorée & de crefTon 
d’eau y& d’une pincée de cerfeuil haché 
fort menu,ajoutant cinq à fix écreviffe^' 
de riviere lavées dans l’eau bouillante ^ 
écrafées & mifes en pâte , qui ne bouil- 
iira que trois quarts d’heure,avec fix on- 
(fc racines d’ozcille & autant‘de eel- 



BE MïDEcrKî. 55^1 
îes d’^aigrcmoinc, & après l’avoir coulé 
on y délayera quatre onces ou environ 
de ujc de bourraelie bien dépuré, & on 
y dilToudra vingt grains de nitre puribé, 
pour un bouillon qu’^il faudra avaler le 
matin à jeun , continuant pendant doo» 
ze à quinze jours, & fe repurgeant à la 
fin ; ce qui étant fini, je ne vois rien de 
plus elficace pour achever de détruire 
ces embarras, pour rendre les humeurs 
plus coulantes , & pour adoucir leur 
acrimonie , rur-toat dans la failon des 
chaleurs où nous Icrons pour-lors , que 
ïaboiiîon des eaux minérales rafraiehif- 
fantes,qu’il faudra boire non-feuîemenç 
une neuvaîne mais même deux ou trois,, 
de forte qu'mon commencera par des 
eaux un peu plus chargées de minerai,, 
telles que font celles de Vais , & de 
Camarets , paflànt enfuîte aux plus lé¬ 
gers , fçavoîr aux eaux de Meyne ou de 
Lodeve ; lailïànt an intervalle de huit k 
neuf jours entre une neuvaine Sc l’autre^ 
pendant lequel la malade prendra tous 
les matins un bouillon de veau ou de 
poulet altéré avec une poignée de ca¬ 
pillaire ; obfervanc p'r rapport aux 
eaux que chaque neuvaine doit être pré- 
cédée & fuivied’un purgatif médioareij, 



f)Z ConSUITATIONS CH'bl'flES 

qu’il faut boire chaque marin quinze à 
dix-huit verres ,, ou environ trois pots 
d’eau minérale dans une heure de tems- 
Sc finir la boi{Ton par un bouillon altéré 
par une poignée de bourrache, gardant 
au furplns un régime exad , eu égard à 
k quantité & à la qualité des alimenS j 
comme auffi par rapport aux mouve- 
mens du corps & de refpîit qui doi¬ 
vent être modéré^s ■ ce que nous laiflbns. 
à la prudence du Mcdeciu ordinaire, qm 
jugera aifément par les effets de la mé¬ 
thode fufidite de ce qu’il conviendra 
faire pour parvenir à une entière gué'- 
rifom 

Délibéré à Montpellier ce it. md 
17 3 O . , C H I C O V N ï A U. 


CONSULTATION LIVL 

Sur m F'omijfemem de fang, 

L Es vomiCfemens de fàngexC'efiif^ 
dbiit le malade a été attaqué plU' 
ficurs fois depuis ciiiq à' fix ans étoi'eiit 
occafionnes par! le gonflement fchirreux 

de-la rate ,;doat le volume mqutoit juf- 




s :E MeIÎECÎNï. 53-5- 
qtî’aa cartilage xiphoide& s’écendoic 
jiiiqucs à l’ombilic , d,e maaiere que la 
veiae fpleriique trop tiraillée 11e pou^ 
vaut recevoir le fang qui lui doit venir 
par le -vai brève de tout le fond du ven^ 
tricule, ce vifeere membraneux -s’engor-^ 
geoit à fake ouvrir dans -fon intérieur 
quelque vailTeau fanguin jcenliderable 
qui foumillpit au vomi{ren3.eiît toutes 
les fois que par quelque -violent effort 
les liqueurs étoient portées avec violent 
ce dans les vifeeres du bas ventrecom¬ 
me il arriva lors du violent effort que 
le malade fit pac -une rude ebute, après 
laquelle le premier vomifiement parut. 
Les enflures cpiifidecables des jambes, 
des cuiffes , & du bas-yentre , qui pa^ 
rolflent après Içs grandes attaques de 
vomilîèmenc , font une fuite n.éceflàire 
des pertes de fang , qui devpicnt être 
exceffives, puifque non-fèalement pn le 
vomiflbit en affez grande quantité pour 
remplir de grandes baffines , mais qu’il 
fortoic encore une bonne partie par 
les fcl'es de celui qui paffoit de l’efto- 
mac trop plein dans les baiaux, C’efl à 
raifon de ces grandes pertes de fang 
que les vaiifeaux fanguins vuides &trop 
affailfés ne pouvant recevoir toute Iç 



534 CONSULTATIOIÎS CHOISIES 

iymphe qui leur devoir venir dés vaîî- 
feaux lyrti'. hatiques ceux -ci étoient 
-obligés de s^engorç^ec au point de pro- 
<luire CCS enflures. Cellcs-cife diffi^oicnt 
d’elles-mêmcs au commencétnent à me» 
ilire que le malade reprenoit des forces 
parce que le fang réparé obligeoit la 
lymphe arrêtée dans lès propres con¬ 
duits de pourfuivre fon cours natureL 
Lorfqu apres plufîeurs enflures réité¬ 
rées les vaiflèaux lymphatiques trop 
pleins , trop fouvent diftendus, ont 
entièrement perdu leur reflbre naturel, 
il n’a plus écé poffible de les voir fè rcf. 
'ferrer par eux-mêmes, fur-tout des que 
les forces Sc la v'gueur du fang n’ont 
pû fe rétablir , à raifon du trop grand 
gonflement de. la rate, dont les propres 
•vaiflèaux lymphatiques qui rampent fur 
la fîirface ont été. forcés de fe rompre , 
Sc de répandre leur liqueur dans la ca¬ 
vité du bas. ventre , ou il s’écoit enfin 
formé une véritable hydropifie afeite 
pour Liquelle^aprés avoir employé avec 
fucccs plufieurs bons remedes , nous 
avons été obligés de recourir à l’opera¬ 
tion de la paracentelè , par où nous 
avons fait vmder tout de fuite trente- 
trois livres d’une lymphe cîaircjîmpidc, 
&. fans aucune piavaile odeur. 



' DE M e pï c r »ï. 

I es eaux tipandues dans le bas ven¬ 
tre ayant été totalement vuidécs tant 
par les hydragogues que par roperatioh, 
le malade s'eft d’abord trouvé la rcfpi- 
ration libre dans toute forte de iîtnacion, ' 
î^ous avons ajifli remarqué par le taéfc 
^ue la grolleur de la rate avoir diminué 
de plus de la moitié de ee quelle étoit 
avant rhydropille ; cependant, comme 
ce vifeere ell encore fort gros, il y a 
Meu de craindre de nouvelles enflures 
Sc un nouvel épanchement d’eau dans 
la tréme ca-vité,ce qu’on tachera de pré¬ 
venir en réitérant les memes reraedes , 
& dans le même ordre qu’on les a déjà 
pris fous nos reux four-tout les apéritifs, 
îes diurétiques , & les hydragogues., 
comme il s’enfuit. 

Le malade , étant arrivé chez lui , 
après sfo être repofé deux jours tout au 
plus, recommencera de prendre le ma¬ 
tin fon opiate aperifive fîmple à la dofe 
d’une drachme & demi julqu’a deux 
drachmes félon qu’il fc trouvera l’cfto- 
mac plus ou moins fatigué, avalant pat 
deflus tantôt un verre de petit lait de va¬ 
che clarifié & ferré , & tantôt un demi 
bouillon ordinaire ,& quelquefois un 
verre de ptifanne ordinaire j il dînera, 



3^6 Consultations choisies 
avec une bonne foupe de mouton-bouîî, 
ii » avec une poule & quelques bifcuics 
ou d’une compote pour delîert, fe pri- 
. vaut abfolument de toute forte de ra- 
'gouts_,, de patilïerie, d’herbes crues 
-des fruits crads & aigres , du fromage 
.& des châtaignes, des légumes, &.ic 
:îout aliment indigefte. 

Après avoir pris pendant huit jours 
rladite opiacé le matin à^eun , il efîayeta 
d’en prendre une fécondé dofe par jour 
fur les quatre heures du foir , avalant 
par delTus un verre d’une ptilàne qui 
fera faite avec la pimprcnelle , le capil. 
Jaire le polytric , en tout une poi¬ 
gnée,qu’on aurajettée dans deux pintes 
,d’eâu bouillante pour in£ufer, fans qu’il 
foit befoin d’y faire bouillir lefdites 
herbes, fe conrentanc de verfèr la li- 
.qaeur au clair des quelle fera tout à 
fait refroidie. 

Délibéré à Montpellier ce 14. mai 
E730. Si^né jChicoyneau-. 


consultation 



® E Me© e c 1 n t, '^5^ 


CONSULTATION L TT. 

'Swr.un Rachitts. 

L Ts fymptômes capportés dans la re¬ 
lation, tels que font la g.roffeur de 
ia tête , les protubérances ôc gonfle- 
-mens des apophyres des verteSres du 
dos, comme auffi des bouts des os aux 
jointures principales ^ rétroitefle de la 
poitrine, rélancement &la groilèur des 
eôtes,la difficulté de refpirer , l’intumef- 
eence du bas-ventre qui augmente par 
fois ,1a maigreur des,parties., le vifage 
demeurant en bon état:j la foiblefle des 
•încmbres , & fur-tout des jambes^ tous 
ces fymptômes pris enfemble établiflènc 
fi bien l’kiftoire du rachitis qu’il iieÆ 
pas permis de douter un moment que 
cet enfant n’en fok atteint. Cette mala¬ 
die paroit même fort avancée en ce fu- 
jet, puifque les -obUrudions. des vifce- 
res du bas-ventre , ôc fur- tout du foie 
font bien marquées , Ôc que Monfîeur 
le Médecin ordinaire infinue qu’il s’ap- 
çerçoit d’une difpofition à la phthifie , 
ou à i’hydropifie. De plus cet enfaac 
Tùme J L P 




5 Gonsuitations CHoisn« 
lent des douleurs de tems eu tems à 
l’épine du dos,,ee qui marque que les 
^pophyfesdes vertebresibnc fort viciées, 
,& que le vice de nutrition y va à grands 
;pas , de façon que le péritoine & les IL^ 
gamêncs fe trouvent fort tiraillés ,5 en¬ 
fin on remarque un petit mouvement 
fiebrile , quoique moindre qu’il n’etoit 
ci-devant , la fievre ayant été diminuée 
par Fufage des .lemedes.quon a enir. 
ployés. 

Il eft'certâin que le rachitis eft un vi- 
ce de la nutrition gén.éraiement répan,. 
,du & dans les parxies oiTeufes, & dans 
les parties molles, foit mufculeuiès oa 
membraneufes , foir viieeres , le feul ' 
cerveau en eft exempt pendant quelque 
tems à caufe de fion cilîù unifoime , Sc 
.que fa confiftence varie moins par Tac- 
' CroilTement que celle des autres parties'j 
dei-là on déduit comment les opérations, 
<ie l’ame fe font bien , Sc comment ces 
pauvres malades ne manquent' pas d’ef- 
prk. On voit encore par là que., le cer¬ 
veau eroiiîànt librementla tête , dont 
les parties olTeufes font fi fouples & 
obéiiïantes dans les enfants, doit acqué¬ 
rir auffi plus de volume, & que la face 
•doit être en embonpoiiic dans le tefflS 



MsBEiCÏN.E. 35^ 
queles autres parties du corps., ic nou4r- 
riflànc infuiEiament & inégalement , 
doivent fe flétrir, ou prendre des figu¬ 
res peu convenables, d’où s’enfui vent 
^ien des incommodités. 

La caufe générale de ceîte maladie eft 
tine lympbe mal mixtiounée , fereufe.. 
ôc chargée de concrétions, qui ne peut 
{q diftribuer uniformément dans les vaif. 
féaux nourriciers des os, & qui relâche 
le tilfu des parties molles, ce qui donne 
lieu à leur engorgement , & aux obC 
îruéiions qui fe forment enfuite, fur^ 
tout dans les vifceres^ d’où s’enluivent 
des fuppurationsclandeftines, des ép.aii- 
'chemens de férofité , & par conféquent 
des hydropifies , des phthifies , &c. 

Le vice de la lymphe que nous ve¬ 
nons d’établir , peut avoir été occafioiii, 
né en cet enfant par le mauvais ufagg 
des fixchofes non naturelles,principale- 
ment parunemauvaife nourriture , tel¬ 
le qu’efl: un lait féreux, froid, mal tra. 
Vailié -j de la bouillie faite avec de la fa_ 
rine , de l’eau bue froide trop fouveht 
-&c, mais ce même vice peut auffi avoi^ 
été porté dès le ventre de la mere, foij. 
cque cette dame fe foit trouvéecachetique 
foit qu’elle fe £bic nourrie pendant fa groC 

P ij 



34^ CoNSULTrATlONS CHOISIES 

fèfle d’alimeiis dcmauvaisruc, &c. Enfîil 
^11 virus héréditaire , Toit fcorbutique 
foit vénérien jfoit fcrophuleux, donné 
feieii fouvent lieu au vice de la lymphe 
qui produit le rachitis. 

Cette maladie eft très-fâcheufe ; car ’ 
outre les vices de conformation qu’elle 
â caufés à cet enfant, elle fe trouve at¬ 
taquer les vifceres d’où fenfuit un 
grand danger pour la vie , pouvant fe 
faire quelque fuppurarîon , ou quelque 
hydropifie dans la poitrine , ou dans le 
bas-ventre j en un 'mot cette maladie|fe 
trouve en ce cas en un haut dégré ^ & 
hors d’état d’être corrigée par la feule 
nature , qui pour rordinaire eft fulEfan- 
te pour cet amandement à mefure que 
Fenfant croit, mais feulement dans le 
cas où le mal n’a pas fait de grands pro- 
grès- ■ 

Les vues que l’on doit avoir en ee 
cas font de tenir les digeftions en bon 
état, de divifer les concrétions delà 
lymphe , d’en ôter la ferofitç fuperflue, 
éc de lever les obftructions. 

C’eft pourquoi je fuis d’avîs de faire 
les remedes fuivants. L’on purgera 
bord le malade de cettç mahierej, 


© E M E D î C I N 1, 3 . 4 ^ 

PV RG AT ION. 

Prenez rhuBarte hit fcrupule ; cafîîâ 
îignea fîx crains -, diagrede trois grains y. 
mercure doux dix grains ; foires avec 
îa conferve de rofes un bol qui iera pris- 
le marin ^ bavant par delTus une once 
de fyrop de chicorée pur,ou délayé d’un 
peu d’eau. 

On le mettra enfuîte à Fufage de 
bouillons Faits avec un morceau de collet 
{îe mouton ,, deux poignées de fumetcr- 
re, autant de creflbn d’eau, deux drach¬ 
mes de racines d’énula campana^Se deu^ 
écrevilTes de riviere, 

Aïant pris ce bouillon neuf matins ^ 
on le purgera comme ci-devant pour 
pafiTer immcdiatemait après à- 
<h cette opiate. 

O P I A T É. 

Prenez conferves de racines d’^énulà» 
campana , 8c extrait de rhubarbe , de 
chacune trois onces ; caffia Iignea, clo¬ 
portes préparés, borax, faffran de mars 
apéritif, àntihedique de Poterius , de 
chacun une drachme êc demie ens de- 
Piij 



Consultations choisies 
venus une drachme 5 faites une opiate- 
molle pour Tufagc avec une fuffifante’ 
quantité de fyrop de chicorée compofé.. 

On donnera une bonne drachme de- 
cette opiate le matin à jeun ôc un peu - 
apr^son fera avaler au malade un bouil¬ 
lon fait d’un morceau de collet de- 
mouton , une petite poignée de chicorée.; 
amere , & quelques.feuilles de meliflè.. 

L’on continuera l’ufage de cette opia¬ 
te jufqu’à ce qu’elle foit finie,,purgeant: 
îe malade avec la médecine marquée de- 
cinq en cinq jours,, Pendant l’été on fe 
Gontentéra d’un bon régime de viej,&- 
de purger le malade une-fois lè mois :: 
i-aucomne prochain on réitérera les re-- 
me.desdéia peferits,. 

Pour ce qui e.ft dés fômentatîbns îE 
convient d’en faire avec des-vins aro-- 
matiques , étant d’avis, d’éviter les fubf. 
tances huifeufes. Pour cet elFet on fera, 
îkiuîllir de la-fauge de montagne, du 
tîhim j^du-romarin 5,de la favende j.,diiï 
trifolium bituminofum des feaïes de 
laurier écrafées des baies de genievre 
écraféeSyScc. avec une quantité de gros, 
vin rouge,. On fomentera avec ce vim 
chaudement toute Tépine du dos & les> 
ipintures,, mais fur-tout, i’épine 


'É t M 1 D E C î N ÿ. 5 4 ^ 
jlu furplus on doit s’attacher extrê->" 
ünernent à regler cet enfant pour le ré¬ 
gime de vie , lui réglant Tes repas, qu’il' 
|rrendra^ fobrement & à des heure?' 
marquées lui faifan: éviter toute force' 
d’alimeus gluans. groffiers, & de diffi-' 
eile digeftion, falés ,,&£»• le aôurrilîànt- 
avec de bons potages de petits oiféaux-: 
r-otis, quelque peu de volaille , & lui: 
donnant un peu de bon vin mêlé avec' 
de l’eau. 

Délibéré- a M'ontpelïier le zzv avrîli 
Signé, Fizes^ 

€0 N S F t TA T 10 N LT li 

SHr me mêlanchoUe avec rnmuemenÿ 
involontaires^- 

L Es vapeurs convuliîves donc le Con^* 
fulcant eft fréquemment atteint de¬ 
puis près de deux ans , ne doivent être 
attribuées qu’à la confticucion d’un fang;: 
épais & réfîneux , & qu’à la mauvaife 
■difpolicion que les tuniques des vaif**' 
féaux oiu contraftéc,- 

Puîij; 





|,•44' Consultations cïioisîss 
Le tempérament mélancholiquc dir 
Confultant qu’il a apporté du ventre de- 
famerej. & qui a augmenté toujours 
avec râge, puifque dès fa plus tendre 
enfance il s’eft éloigné du commerce du 
monde y & s’eft privé des plaifirs les 
plus innocens & a préféré la folitude 
à la compagnie , ne prouve que trop la- 
difpofitionde fes liquides ; & la grande 
attention qu’il a eue à. remplir fes fonc¬ 
tions , & l’application continuelle à la 
îeéture , ne permettent pas de douter 
qu’un fàng' gluant & vîfqueux n’ait été 
forcé de féjourner fouvent dans, leav.aif^ 
féaux du cerveau , & qu’il n’en ait trop: 
diftendu les tuniques , & ne les ait ren¬ 
dus y-ariqueux.-. 

De forte qu’à préfent le fang ne dr* 
calant qu’avec peine dans les, vaifleaur 
îoEtueus du cerYeau y & y féjournant 
trop long - tems , comprime telle- ' 
ment ce vifeerè, & preflfe fi fort le^ 
principe des nerfs, que leur fluide ne 
fçaüroît fuivre fon cours naturel & ré¬ 
gulier , & fe diftribuer dans les parties^ 
forcé donc de s’arrêter dans le cerveau,, 
fl s’entrechoque J & fe met dans une 
çonfofion qui eft fuivie du. trouble. de& 
idées» 


Tit Médecins. -54^ 

Mais parce que les principes de tous 
îes nerfs ne font pas également com¬ 
primés , l’efprit animal paflè dans Tou- 
verturc de ceux qui font les'moins fer¬ 
rés, & fe porte en fi grande quantité 
dans les mufcles où ces nerfs vont 
aboutir , qu’il y excite des- mouvemens 
violens , involontaires & déréglés, en 
un mot les convulfions les mouve¬ 
mens convulfifs qu on y apperçoit. 

Gette infirmité ne menace le Gon- 
fiiltant sl’aucune fuite fîunefte quant à 
préfent elle n’eft. pas meme ineurablè 
dans un homme de £bn âgemais il 
faut en prévenir les fuites, & tâcher' 
d’en faper la racine par le moien , èc par 
fe long afage des- remedes. On tirera^- 
au malade huit onces de fàng de l’mi 
des bras , & le lendemain de la faignée 
il fera purgé avec la médecine qq|; 
fuit,- 

Iiy R ’ G A T l 0 N... 

Fteirez pulpe de tamarins une once 4: 

. fenné- mondé deux^ drachmes ; faite# 
houillir légèrement', puis-infuièr. daus- 
une- livre d’eau-- de fmuaine 5. diilblvez- 
i^nij|a<..eolkîïi:e;înmïaexhoiûe'trois-o-i^ 



CÔNSülTAVIONS CHOISIES 
ces ; fyrop de rofes pâles une once; mêl¬ 
iez , . faites une potion pour deux- 

dofes.. 

Il prendra un verre de cette médecin 
ne à fîx-heures dù matin,l’autre à huit „ 
à dix il avalera un bouillon , ,& il dîne¬ 
ra à une heure après-midi. 

Le furlendemain de la médecine om 
lui tirera la .même quantité de.;fang de: 
l’un dés piédso . 

Il prendra enfuite- pendant douze* 
purs fix. grands verres d’eaux de Vais; 
de la fontaine la-Marquife , Je matin ii 
3éun,en trois reprifes dilfcrentes', à un, 
quart d’heure dé diftanea.- LoEfqull au-- 
ra fini les eaux- de Vais, il prendra pen¬ 
dant neuf jours lé matin à jeun le demi— 
^in dans Peau douce un peu plus: que 
*tiéde ; ,il refedra une bonne heure cha¬ 
que fois, & lorfqu’il fera fort! du bain, 
& qu’on l’aura eflùyé , il avalera I^’ 
bouillon ci-après décrit.'. 

B^o v îL,Lon: 

Prenez' un jeune poulet ;, racines de " 
gîvoine mâle, & de valériane fauvage,, 
de: chacune deux drachtnes ; coupez les 
racines par tranches ^ &, faites bauilhc 


le tout îe foir 
lïne fuffifante 
ine ; & faîceswy bouillir le matin pen¬ 
dant un quart d’heure une poignée de 
chicorée (auvage. , ' 

Après rulage du bain il prendTa tous ’ 
lès jours le matin à jeun demi-drach¬ 
me de poudre de guttete détrempée danS' 
une cuillerée d^ëau , & il avalera par 
deflTus deux- tafllès d’infuEon de feuilles • 
de mélidè feches en forme de- thé avec - 
mi peu de fucreo - 

Aianc fini ce rémede il prendra le 
demi-bain , & le bouillon de la même- 
maniéré que nous l’avons marqué , & , • 
lorfqu’il aura fini le bain „il reprendrai 
la poudre &; rihfufiôn, lé tout autant ■' 
de tems - , ôê- de la même ' manière que - 
îïôus l’avons ordonné.,. 

L’automne prochain on îe fàignera-î - 
du bras, on le purgera ^ & on le dai- . 
gnera du pied il prendra enfùitè -* 
pendant douze jours le matin à jeun i 
i’bpiace ci- defibus 3,.avalant par defTus - 
chaque prife un bouillon fait avec une ■ 
demi-livre de collet de mouton une ' 
poignée en tout des feuilles de chico-- 
corée fàuvage , & de crelfon d’ëau , 0 C~ 
©li -le-repurgera la- fin. J 


pendant trois heures dans 
quantité d’eau de fontai- 



^48 CoNSVlT'ATïONS éHOÏSH&; 

O ? IA T M. 

Pfeneziiconfervc de îtynorrhodèn ■,. 6^- 
extraie de rhubarbej. de chaeuu fîx, 
drachmes ; faffran demars apéritif une' 
demi-once J racine de pivoine mâle , & 
de grande valériane, de chacune deux 
drachmes -poudre de guttete trois drachi 
mes ; feites avec une fuffifance quantité 
-^e fyrop de chicorée eompofé une opisi 
, pour douze dofes. 

'.orfqur’il aura-fini cette‘opiare, iP 
i, Soulies-, où il prendra pendant 
oeu mois le matin à*? jeun un grand 
verre de lait d’ânefie tout: chaud avec 
une drachme & demie de fucre rofat, 
& comme.' il fort des- mamelles, dé 
®n ne le purgera.qu au milieu 
, fcide rufage-du laito- 

Si' fon eftomac s’en accommode îî^ 
prendra non-feulement le lait d’âaelTe ' 

' le matim, mais il . mangera une foupe 
faite avec dm lait de vache- à. la place- 
dui louper; 

iLdoit obfervcr : un-boiY régîine da 
vivre, ne fouper que très-légérement 
jae.fe., no.urrir.quc de foupe à la viande-,. 
4e bomlii .de rnti,ne, manger. 



c- F M" F D E C r H S. 

€[ue de la viande de boucherie, de la vo¬ 
laille , Sc du gibier, & boire le vin bierr. 
trempé.. 

Délibéré à Montpellfer, lè 17. maf 

T73 1. Si£f^e , Y E F« N- Y , M A R c O T 3, 

jLazermb. 


e O N S I L I U M L-V LL^ 
Dyfdria cHm tumore fcreù,. 

« 'CX iis quæ in hiftoria mprbi contîA- 
w nentur ^ notum cft ægrum duplicf 
» aiFeélu laborare, quorum prior tumor 
«'eft in fcroto ab aquis veV flàtibus fimut 
» colledis produétus , eu jus caufa non 
M fatis innocefeit, ob“ brevem & non 
» fatis accuratam ejufdem expofitio- 
» nem , quem tamen manu chirurgica 
î> lànandum cenfemus. Ejufdem metho- 
« dum curandi hic non proponimus, 
3 > quia non fatis natura U e-aufæ.mor- 
a> bi patent; 

33 Alter & præcipuas afFèétus pro quai 
33 æger a nobis conhlium petit, dyfuriar; 
« qua a duobus circiter annis per inter^- 
» vaiiâi divesâtupj, eum urina. sraeiKi^ 





5^0 CÔNSULTATÎÔH-S CHOrsIES;' 
œcJoloritica, & aîTiduo mhigendi cîefi^i 
5> derio dolore. ipfius urethræ quali-i 
sr pundorio qui ad gràiidem potiffimumv; 
»»extenditur. Hæ,c idpra laudata fymp-- 
w tomata primo poft equitacionem in. 

«• valere , recrudèfeunc:- quoties ægerr 
a»aut equicat velcurru vehitur;,âuEqupdi 
w’dam aliud exercicii genus facic, & vi— 
w ta tranquillâ & quiere evaneTcunt; 

» Hanc dyfuriam anteceffic calcule-^ 
»rum & materræî-areiiulofæ exc-retio,^ 
3’=qiiæ jam ab aliquot'lnnis æger fat fa- 
s>î cile, ot' fine labore per incervalla excer— 
nebac ; ex quibus rite perpenfîs & pro- • 
»be conrideratis fufpicari raerito pof— 
5>: fumus calcuium in veika latere 5.qui ■ 
w identidem ( & pvæfertim dum ^ger- 
âj:equicat, aut quovis alio modo fe exer- 
cet) ad coUum veficæ accedens ner— 
J5-VOS fua duritie , & afpera imprimk; 

fiiperficie acritet pungit vellicac j,, 
3}- dudufque faBgaiferos capiilares hanc"' 
» partem permeantes aperic dilace-- 
w'rac, uiide dolorifiG-a , èç affidua min— 
>5- gendi' cupiditas \ , 8c eruenta urinæv“ 
33'excredo oîiuntut ‘ quae- perfeverantît 
» donec calcutus ad fonduna veficæ^ 
®»=tepüiius^,. ac in fpatio ampliori con^r 
«j’-ceiîtus J yedeam- lacei&rexiêfinat.-. 


T3 i: M ï; îï F G'î !€■: Si ^ U 

ïx-Dolor autem qui in extreinirater 
» glancjis perfentitnr ulcus in urechra.; 
» fâitum minime fupppnit ^ cum nuîîa - 

»> fit in hiftoria morbi depuris exere_ 

»-tione- mentîo ; hic veto pendet a iieBr' 
M'vis in coîio veficÆ. irritatis qui perr 
s> ureth'ram eontiimati in extrema glan-- 
» de terminantar , eodem fëre modo'^ 
M quo vidëmus percuflo cubito dolorem > 
jifcin extremis digitisvmanus referri,. 

Qiianquam quai Jupra - allata funt : 
». fâtis certa & admodum yerofimiliai 
5* videantur-, figna tamcn fnat ealculi ' 
»-in vefiea latentis æquivoca ,..cum ea ; 
SJ’fine calenlo aliquoties fuerint obfer-- 
ss^vâta t'puapropter ad cxplorationem ? 
SS ope catbereri faâiam deveniendum , 
sj^ de qua certiffima poteft reddi diagno- - 
s» fis. üt primum morbus hic innotuerjt ^ 
»ad,Ghirurgum in hâc operaüone pe— 

rirum, exerdtatum , confugiendum 3 , 
sscum nullum adhuc repertum fit 1:-^ 
s:t thontripiicum , qaidquid de illius vir— 
s»ture nonnuili autores dixerint. Cal=- 
»j culi extradioncm fuadént ægri ætas 
s);& opdma conftimtîo - ëidém favec. 
»s. ventura mitiffima annh tempeftas , 
SS ejüfdem neceffitatem probat conti- 
îSi-iiuus urinæ.ad yeficaiaadventusL 5 cd“- 



CoH«VLTÀTioNs eîîoîSïîr 
w jus tartareæ partes calculo continu©! 
•» adhærentes moleni ejufdem citiflime. 
» augebunt , iu ut,, fi mora ejufdem, 
’> fiat,.e)ufdenîextra£tio impoffibilis fit,. 
«Hanc operationetfi feliccm haber efuc-» 
« cefium quotidiana nos docet expe- 
»» rientia^ ^ modo a Ghirurgo perito &. 

exercitato fiat : quapropter cætera re- 
» media non præferibimus, utpote inu- 
» dlia , quæ- vix calcul! fymptomata. 

mirigare valent J minus adhuc ejuf- 
» dem incrementum prascavere^. 

» Intérim a cibis. falitis piperatis^, 
«►vel fâle condins , crudis , acidis-, ter— 
a> reifve partibus gravidis,æger abftinere 
»' debet,. Pariten potus vini nirnius aut- 
» liquorum-ardentium calculi incremen- 
âj-tofavere poîeft-, exercina vero dyfiiriæ 
w paroxyfmos frequeutiores efficient,, 
« vira veto tranquille &. otiofa, opti- 
9> mumque viârus regimen. fervanda.,, 
» dônec celebrata operatione æger 
» morbo cortYaluerit,. 

Datum Monfpeiii die ijv. meiofif 
^bcuarli aani 1730, Laz 


DF M I B É C I K E. 


5Tr 


TRADUCTION 

m LA Consultation precedenteT 

une Hyfurie avec tumenr 
fcrotm.. 

I L paroît par THif^oire de îa maîadie* 
que le maiade.en a deux, donc la pre- 
laiere eft une tumeur du. fcrocum ,.pro- ■ 
duice ou par des eaux feules , ou par 
des vents qui y font joints -5 mais rieir 
ne nous conduit à la decouverte de la. 
câufe de cette tumeur fur laquelle oit 
ne s’explique pas- fufKfammenc. Nous 
croïons pourtant quelle demande une 
opération chirurgicale , fans pouvoir- 
rien dire de plus , ne connoilFant pas- 
ailèz la nature- & les caufes de la mala--’ 
die en que-ftion» 

La fécondé & la principale maladie 
pour laquelle on nous fait f honneur de 
nous confulter efl: une dyfurie , qui de*- 
puis deux ans ou environ tourmente lé 
malade de tems en tems, St qui elt 
accompagnée de réxerétien douloureu-. 
& d-une urine fanglancc ^ d’une envie 






354' CONSUITATIONS CHOÎSï?® 
continuelle d’uriner, & d’une douleur 
comme poignante de rdrethre qui fe faic 
fenrir principalement au gland. Ges ac- 
cidens, qui ont commencé après un 
voïage fait à chevalfe renouvellent; 
toutes les fois que le malade y monte , 
©U va en voiture , ou fait quelque au¬ 
tre efpece d’exercice fe diffipent pas 
le repos y,& par une vie fédentaire. 

La dyfurie a été précédée de l’excré¬ 
tion de calculs & de graviers , qui for-- 
toiént depuis quelques années de tems- 
à autre alTez^. aifément%, ôc fans dou¬ 
leur.. 

Tout bien pefé, & Bien confideré^ 
il y a tout lieu de foupçonner l’exiften- 
ce d’une pierre dans la veffie , qui s’ap- 
prochaiit de tems à autre de fon col.j* 
ce qui arrive fur-tout lorfque le malade' 
monte à cheval ,ou qu’il fait quelqu’au* 
rre exercice, picotte y, & tiraille vio- 
. lèmment les nerfs ,.tant par fa pefan- 
teiir que par l’afpérité de fa fiirfacei; 
& déchire lès capillaires languins qui' 
fe diftribuent dans cette partie. De-là- 
viennent' la for de douloureufe. & fan- 
glante de l’urine , & l’enviè continuelle' 
de la rendre , qui durent jufqu’à ce que- 
îà pierre, repeuifée vers, le, fond-de-la- 


B 1 M S D S C I K 

rci£e , 5 c fe trouvant plus à l*aife, ceflè 
d’irriter ce vifcere.. 

Il ne faut pas croire que fa douleur 
qui fe fait fentfr à l’extrémité du gland” 
foppofe un ulcéré de l’urel&re puiC 
que dans l’Wftoire de la maladie on ne* 
dit pas un mot delà fortie du pus. Elle 
dépend ici dé Hrritation des nerfs, quE 
du col de la veffie fc contiiiuenr le long' 
dé l’urethre , & fe terminent au gland'5; 
comme l’bn fent de la douleur à l’extié- 
mité des dbigtslorfqu’bn fe heurte hs 
coude. ' 

Bien que tes figues cî-d'elîùs rapportés 
paroiiïenc des figues allez certains Sc 
aflez vraifembiâbles de l’exiftence d’une' 
pierre dans la veffie,.iis ne font pourtant: 
que des fîgnes équivoques ^ puilqu’ils 
fe prcfentent quelquefois fans qu’il y: 
ait de pierre. On ne peut donc connoî— 
tre' au julte la caufe de la malàdié que* 
par le moïen dé l’algalie.. 

Dès qu’on aura fça que le malade eft 
réellement attaqué de la pierre, il faut; 
Eè mettre entre les mains d’un lîtho- 
tomifte habile & expert ; puifqu’on ne; 
Gonnoït jufqu’à préfent aucun lithon- 
îriptique, quoiqu’en dlfent quelques: 
swtêurs.. Kaus. confeilierons. d’autânrr 



CôNStJLTATlONS CHOÏSItr 
plus au. malade de ne point difFeret ^ 
que fon âge , la force de Ton tempera^ 
ment ^ & la faifon. favorable où nous, 
allons entrer , y invitent ; & la néceC. 
fitc de faire promptement cette opera¬ 
tion fe prouve par l’abord continuel de 
Furinc dans la veffie ^ qui augmente 
£rès-promptement les- pierres qui y fé- 
journcnt par Fadherenee fucccffive de 
fes parties tartarcufes ; de forte quefi' 
Fon tarie trop long-tem-s, Textradion 
devient impaüible. L’expérience noùs- 
apprend tous les jours que cette opéra¬ 
tion réulEt parfaitement quand' elle; 
cft faîte par un Cbirurgien haîaile &. 
expérimenté, Cefi: pourquoi nous ne 
confeillons point cFaUjtres remedes, les 
regardant comme inutiles , puifqu’à 
peine peuvent-ils adoucir les fymptôincs; 
du calcul, & qu’ils faut encore moins, 
en état d’empêcher, fon accroilTement. 

Cependant îc malade s’abftiéhdra de.’ 
tous alimens fàlés-, poivrés-, épicés ,, 
cruds , acides , ou chargés départies- 
rerreftres,.Une trop grande quantité de 
vin ou. de liqueurs^ ardentes, peut enco¬ 
re augmenter le volume de la pierre,- 
Les exercices rendent' plus fréquentes, 
iés .attaques de dy furie j,, il faut doue: 


beMebicinî. ^0 
il mene une vie tranquille & féden- 
îaire & garde un régime de vie exaét , 
jufqu’à ce que fa fanté foit rétablie par. 
4 e moïeiî de ropératiqn. 

Délibéré à Montpellier le ferrie* 

'J 7 3 O. Lazermi. 


O N S I L I U M LVIIL 
Marcor cum dolore mmbromm. 

^ ¥ N appetentiam, doiores înèrachi©, 
3> Â fcapulis, ôi-dorfo, cum proftratîa- 
» ne virium , etfî alFcdus prorfus diffi- 
33 miles fint ab eadem tamen caufa ori- 
»> ri exiftimamus, nempe humorum fîe- 
«.citate & acrimonia. Hæc demonffccate 
33 videntur. Temperies ægrotantis 
33 tenera & delicata mmis. z®. Naviga» 
» tio longior. 5®. Mosrores domefticL 
33 4®. Mutatio aéris craffi humidique 4 n 
U ficcum &- fubtilem ; liis enim ( ad- 
33 auda iiimis tranfpiracionisinfenfîJis 
r» excretione ) fanguis ficcitatem Sc acri- 
39 moniam contraxk, totumque fyftema 
33 vâforum aridum & excorrugatum fac- 
jssiom eft^ acpropterea non Iblum dr^ 




CoNSüLTÂTI©NS CHOÏSflS 
« cuitus humorum turbacus & alteràtiis 
fuieverum & fecreciouis ratio nota- 
» bilicec alcerata , ac propter^a in vea- 
45 triculo defuit fucci ftomachaiis fe- 
« cretio unde appetitus praftracio 
« ptavaque ciborum aflutnptorum di- 
»> geftio. Verum liquida quæ ex plurL 
•« bus organis ad inxcft-ina confluunt fo- 
55 lito acriora fibras inteftinorum ner- 
•*» veas validius irritaïuiadiarrhæam pro- 
» duxere. 

» Rurlus quoniam indefînens corpo» 
î5 ris huraani jaûura non nifi chyli pro- 
véntu ad fanguinem reparatiir , eo 
» déficiente , déficit quoque parcium re- 
53 paratio,ac perconlequens vires ægro- 
;S3 tantis proftratæ fuere : demum , cnn- 
as fumptis ac diffipadspartibusfanguinis 
» fpirituofis & bâlfamicis , maflTa hu¬ 
as morum fîecitatem &âcrimoBiam con- 
35 traxit, unde dolorcs in brachiîs, fea- 
sj pulis & 4orfo lub&rti foere , ob ii- 
.45 quidorum in-dolem membranas muC- 
53 culorum his partibus adjacentium , 
as permeautiutn, 

>5 Is afiedus nobi-s ^videtur periculo 
svplenus, quia a pluribus annis perfe- 
35 yerat, pluribus irritis mcdicamentis, 
as quæ tamen oportune præfcripta fuit» 



■ :® E M E B E :C I -N E. -3 

rj> îe videiitur. Præcerea humorum in- 
31 dole&peiErnagraviflimainlaBemeriata 
,s3 partibus iuternis afferre poteft, adeo- 
33 que periculum eft ne iuppuratio ia 
39 parce q'Jadam interna excLtetur -, nihi- 
^3 lominus tamen cum non liquide conC- 
^ tec de fuppuracione interna, ut ex 
-^3 abfentia'febris conjkerfi poflTumus 
& hurnor-um fiedeas , &c acrinaonia 
33 convettiencibus adhibicis remediis éx- 
i33 pugnari poffit ^ ita decence experieii- 
. 3» tia-^ idcirco confidimu-s hune mor- 
M bum raedeiam iufeipere poiïe, dum- 
33 modo remedia ftomachica, fangui- 
il nem diluencia & edulcantia y adhi- 
â3 beaheur , quem in finem pr^emitteenr 
puxgaxip-fub fèquentc formula, 

PVR G AT 10. 

•SJ Rhe. contuf. & tartar. foluK aj 
33' 5 -j. km., bn. p. j. bullianc leviter in 
33 aq. pulhg.viij.didôlv. mann.Caiabrin, 
33 |.ij.in coiat. Se expreflîon.diluefyrup. 
33 de cichor. corapohe 3. j, f. poo, 

33 Altéra a purgacione die ieq. p.ara- 
M bic,ur juièulunLî» 



1^0 ConsultAtï-cks êHoim» 

3 V S C V L V M 

» Pull. Junior, exenterat. cujuj 
« Ycnter implebitur 4. feni. friq. major. 
95 mundat. g.C defpum. & cog. per hôc, ^ 
3> ij, in aq. font. f. q. dein. add. ca«-' 
» cror. fluviatiL ad rubedin. cxtinâor. 
» & in morcar. marmor. contuf. n®, y, 
39 olla opcimeclaufa ballianc per horam 
» j. fub fin. codion. add. fol. nafturt. 
J* aquat. vel borrag. m. j. poft levem 
.cod:ion.^Gola & exprira. f. juldilum. ' 
» tJfus borum juiculorum erit duo- 
^ decim-xiierum , quibus elapfîs purga- 
-3» lio ut fupra iterabitur. Aloera a pur- 
^3 gatione die ægra fumet mane in Jec* 
33 to hauftum iibræ circiter unius ladis 
afinini fuffickçfî Cacchari quantitate 
» edulcati. Verutn ne lac in fiomacho 
» Ægrotantis acefeat , fumet ante ladis 
Æj bauffurn pulverem fequentem. 

j> V L r I S. 

M Corail, rubr. præparat & ocu-.- 
4» lor. cancror. fluviacil. a,, g. j,. anîfiied. 
33 Pocer. g. fimifee f.pulvis pro unadofi. 
j>üt prinaum patebit ftomacfium zgd 


6 S M E 'D î 'C I Nï^ Jgt 
3 > la(îH fui 0 e affu^fadtumàker exht» 
a» bebituE lâdis haùftu s fero, dum Ægta. 

33 àd fomnum fc componet, & idcirco 
.«) circa horam quintam ccKiiabic cam 
-33 ofFa vel oriza jure ca'rnium parata, ' 
33 P”fus ladtis afîninierit duorum cifciter 
3» n^enfium , {)ræfcripta pui^atione in 
. 33-iïiedio uius-èc fine, 

33 Ut pririmm ver redicrît præfcriban* 

, *3 tur jufGula cancrorum fluviatilium ut 
,33 fupra. Finito horum ufu, ac celebrata 
33 purgatione , exhÜïebitur fero & mane 
33 lac vacciimm ebutyratum ad Ife j. pro 
33 quolibet hauftu, augendo dein dofim 
.33 qua proportione ftomachus iadli ail 
,33 fuefcet, ac tandem intra -paucos dies 
« diætaîadea utetur, ita- ut prandeat Sc 
,33 ccenetcumofFaex ladeparata^vel oriza 
33 ^ hoîdeo mundato in lade vaccina 
33 decodis. .Sumere tamen poterit iden- 
33 tidem ovum forbile cum fruHulis pa- 
33^^, nis. Ægra perfeverabk in diæta ladea 
■33 donec æftatis calor accefièrit , cèle- . 
» brata purgatione quoties neceflè vi- 
33 fum fuerit, 

33 Per æftatem Ægra balneabitur ia 
33 aqua tepida per dies duodecim aüt 
33 quindecim.üt ptimum ex balneo exie- 
*3 rit in ledo fc componet , & - fumet 
Torne IL 



1 

CowsultAtîox-s choisies 
■» jurculum foliis nafturtii aquatici alte- ’ 
.-3’ ratum.. Poft balneadonis tempus aquas 
acidulas levker aperiences balneo- 
M inari^ ealefaûas per dies decem po- 
» tabic , ita uc ûugulis diebus quinde- 
cim cyathos potet, quatuor partitis 
» vicibus^ Prima die potus folvemr ia 
^3 primis duobus cyathis falis anglid I 
« I i,. Fînito aquarum acidularum tem- 
9» pore præfcribatur purgatio uc fupra, j 
» Sub finem menfis augufti kerabitur 
3J potus earumdem aquarum cum üL 
i> dem Câutionibus. Tandeni remiflb æf- 
tatis calore ,, & aummno redcuntc, 

93 præfcribetur icerum lac afininum fero 
93 & man.e fumcnd.urn , vel lac vacci- 
33 iium pro Omni cibo alTumendum g 
33 proue alterutrum Ægrç magis profit 
33 cuum erk , quod Medici ordinarii 
93 çonfilio relinquitur. 

39 Perutile quoque futurum exiftima- 
93 mus uc Ægra accedente æftate ad regio- 
93 nem minus calidam le conférât, ubi 
33 a^'rem frigidiorem & bumidioreju ref- 
33 pirec cum çalidior regiohis quam iiv 
35 colle temperieSjporoscutis nimis refe- 
30 rando^humorumæftum arque fervorem 
33 inducendo^ fanguinem partibus fpkk 
» tuoÇs humidis ik balfamicis orbet, fier 


Bï MîDÏCÎNî. 

«rque caufam morbi foyeat, Sr effedue 
^ rcmediorutn impediat, Ægra diætaia 
convenientem fervabic, abftinendo a 
» cibis fâiitis, |>iperads, abufu pifeium ^ 
» legumiiiam, olerumve5 utetur dbîs bo- „ 
» ni fucci., & facilis codionis , uti carne 
3j agnina, yitulina , vervedna , pullis ^ 
» capenibus, pcrdicrbiis, aliirque avi¬ 
so bus fimilis iudolis j irricamenta gulæ 
M rejiciet, nec yinum , nec liquores ar-' 
« dentes pocabic , fed aqua tantum foii- 
« tana pro potu ut-etur. Vjgilias nti 
» exercitia nimia vitabit ; a mœrore, 
» cætedfquc anîmipatbematibus immu- 
» nem fe præftabit,cum fanguinehi par- 
» tibus humidis orbent, vaia exficcent 
» nimis, & tendant ^ vimque domacM 
^ digeftivam frangant. 

Datum MoiTfpelii die 13, . menfij 
i®ïgtilli anni 1730. L azêrme, 

'#' 4 ' 

4 ' 


Q-ij 



5<j4 Cousu.liations .choisies 


TRADUCTION 

;p E LA COKSULT ATION PR ECEDEKte 

,me maigreur avec douleur dms [es 
membres, ■ 

B ien quela perte delappétît^lès dou.- I 
leurs dans les bras, les épaules, & le ^ 
■dos, & l’abbattement des forces, n’aient 
aucun rapport imnnédiatj feftime pour¬ 
tant que ces accidens font produits par 
la même caiife , c’eft^-à-dire par la f§- 
.cheredè & l’acreté du fang. C’eft Cjsqui i 
jpiie paroît démontré par le tempera- | 
ment tendre & délicat de la malade, 
par les fatigues d’une longue naviga- 
Rion^ par les chagrins domeftiques;,qu el¬ 
le a eduïés, & enfin par le change¬ 
ment d’un air épais & humide en ak' fèc' 

& fubtil. Car ces caufes, augmentant 
trop la tranfpiration infènfible , n’ont 
f>û que produire la ^echerefle & l’acri¬ 
monie du fang ,;defiècher & râccornir 
tout le fyftême des vailfeaux 5 & par, 
.conféquent non-feulement la circula¬ 
tion du ,fàng en a été trouMée & dé- 


è'Ë MId’ecinî,'' 
iâïigée, màis les fécredons ont dû fouf- 
frir des altérations confidérables. Celle 
du fuc ftomachat a donc dû manquer 
dans reftomac,& de là-la perte de i’ap-j 
petit, & une mauvaife digeftiondes alh 
mens qm ont été pris & comme les? 
liqueurs que plufieurs organes verfenr 
dans lés inteftins font devenus plus 
âcres, elles ont krité-puiiTamment les fi¬ 
bres de ce canal, & produit k diarrhée. 

Comme les pertes continuelles que 
fait le corps humain ne peuvent être 
réparées que par l’abord d’un nouveau 
ehyle dans le fang', s’il vient k y man-»’ 
quer , il Faut cpe la nutrition ceffe de 
fc faire ^ & que les forces diminuent 
à proportion. Enfin les- parties fpiri- 
tueufes & balfamîques du fang étant 
dîffipées , la maflè des liqueurs-sft de=^ 
venue fèche & acrimonieufe, ce qui 
produit les douleurs des bras, des épau¬ 
les , & du dos,à caufedu caraétere des 
liquides qui arrofent les membranes des 
mufcles qui font contiguës à ces parties^, 

Cette maladie nous parok fort dan- 
gereufe, parce qu’il y a plufieurs années» 
qukllè dure’, malgré l’application ds 
beaucoup de remedes qui. paroîiTenC 
pourtant appropriés. D’ailleurs^ un ca« 

Qjil. 



T 

Consultations chotsîîs 
radere auffi mauvais des liqueurs e(^ ' 
fort capable d’avoir porté un préjudice 1 
notable aux vifceres internes par 1 
confequenc il eft à craindre qu’il ne fe | 
falïè quelque fuppuration dans les par- I 
sies> internes. Cependant comme il n’y 
a point de figne de cette fuppuration 
puifqu’il n’y a point de fievre 5,& qu on. 
peut remedier par des médicamens con- 
Tcnables à la fediereflTe & à l’acrimo-. 
nie des liqueurs, nous croïons ,d’àc- 
feord avec l’expérience , qu’on peut 
guérir radicalëment la maladie par l’u-- 
fege des remedes'ftomachiques, dé- 
îàïans adbuciirans..Pbur y patvenît 
®n com-mencera par purger le maladt 
£ïivantda formule ei-jointe. 

f V: R a A T I O m 

Prenez rhubarbe concalTée , 5 c fet 
■«légétalde chacun une drachme ; graiî. 
ne de lin , une pincée ; faites bouillir 
légèrement dans l’eau de poulet j difTol-. 
vez dans huit onces- de liqueur deux 
onces de manne de Calabre j coulez 
avec exprelîîon , & délaïez dans la co«- 
làture une oncê: de. fyrop de: chicQréê: 
tompofc». 


&-E M E 6 E C I N ï. 3:^7 
te lendemain on mettra la malade' 
âtufage des bouillons fuivans»- 

gOV ILL O iV. 

Prenez un jeune poulet dont on rem^ 
pîira le ventre d'une demi - once des^ 
quatres femcnGes froides rnâjeures mon¬ 
dées & concairées faites-le bouillir’ 
pendant deux heures ^ en écumant fow 
gneufement, dans une fuf&faiite quanti-- 
té d’eau de fontaine; ajoutez alors cincj 
écreviflès de riviere cuites jufqu’à rou¬ 
geur , & pilées dans le mortier'de mar-^ 
bre ; faites bouillir encore une heure' 
dans un pot bien fermé ; ajoutez fur la; 
fin de la coÆion une poignée db feuilfcs 
de crefïbn de fontaine , ou de bourra- 
ehe ; coulez avec expreffion après une 
îégere ébullition, & faites un bouillon,. 

Après avoir pris ces bouillons pen-. 
dànt douze jours, on repurgera là ma-- 
fade arec la médecine précédente 
Te lendemain de la purgation, on leA 
fera prendre le matin au lit une chopi-- 
ne de lait d’ânelïè où l’on aura dïtfous 
une fuffifante quantité de fucre. Mais 
de peur que le lait naigriffe dans Tel- 
ëomac de la malade , on lui fera prene- 
Qiiij; 



jéS. Consultations choisies 
«îre auparavant la poudre fuivaiite», 

P O V D Z E.. i 

Prenez corail rouge préparé , ïeux: 1 
d’écreviCfes de rtviere , de chacun ûn 
ihrupule antihedique de Poteriu& uii, 
demi fcrupule mêlez 6c faites une pou-, 
dire pour une dofci 

C^and on verra que Pèftomac de U, 
malade efti accoutumé au lait , on lui 
en donnera le foir une quantité pareille k 
celle du matin ,.un moment avant qu el¬ 
le s’endorme ^ & pour eet effet la ma-., 
lade foupera à. cinq heures avec uhej 
foupe ou un ris au Bouillon dejviande., 
Elle continuera' le lait d’ânefTe pendant 
environ deux.mois, fe. purgeant, au mU 
£ieu ^ & à la fin.. 

Le printems prochain elle, recom¬ 
mencera les bouillons, d’écrevidès ci- 
defl’us preferits., 6c. s’étant purgée à la 
fin dé leur ufage., on lui fera prendre 
foir & matin une chopine de. lait de 
vache écrémé, augmentant, fucceflive- 
■ ment l'a dofe autant que foneftomac le 
permettra ; afin qu’en peu de jours elle 
fe mette au lait psur toute nourriture^ 
Sllè prendra dojic au dîner 6c au foupet 



D î MEDECINE.’ 5 <59; 
une ieîipe, du ris , ou de Torge mon¬ 
dé , au lait de vache ; çe- qui ne l’empê-; 
ehera pas d’avaler detems à autre quel¬ 
ques œufs frais avec quelques morceaux 
de pain. La malade continuera la. diete^ 
blanche jufqu’aux chaleurs de l’été, fe- 
purgeant"toutes les fois qu’il^ fera né- 
eeflâire,- 

Pendant l’été on la baignera pendant' 
douze ou quinze jours dans l’eau tiède. 
Elle fe mettra au lit en Portant du bain 
Re prendra un bouillon de creflon d’eau»^ 
Le rems des bains étant expiré, elle 
boira pendant' dix jours des eaux miné- 
r-ales froides, légèrement apéritives, êC 
chauffées au bain-marie- elle en boira 
tous les j'ours* quinze verres en quatre 
fois. Le premier jour on fera fondre- 
dans le premier verre une once de fel 
d’Epfom. Le tems des- eaux- minérales: 
éranLpaffé,onréiterera la purgation ci-- 
deifus'décrite.à.la finda mois d’aoûc- 
on recommencera les eaux avec les 
mêmes précautions. L’automne on re¬ 
viendra au lait d’âneife foir & matin 
cm au lait de- vache pour toute nour* 
riture futvant lé bien qu’aura produit 
lïun ou l’autre à la malade , Se dont on' 
kiffe juge- Mqafieur le-Médecin ordl*-. 
saire,. ’ 



17®^ CôNSOTT-ATî©NS^ CHOISIES' 

Il nous paroît qu’il fera encore trèsi 
utile à la malade à l’approche; de l’été' 
d’aller dans un pais moins chaud que 
le lien , où’ elle refpire un air plus froid- 
& plus humide *, parce que la.trop graii-. 
de ardeur du çlimas qu’elle habite ou¬ 
vrant trop-, les-pores de la peau-, 
caufant une trop grande chaleur dans: 
les humeurs: , dépouille le-fang: de fouv 
humidité:^. & de fes.parties.fpiritueufes 
êc ballaraiqués , entretient en confé-, 
quence là caufè de la maladie, .& fait: 
©bllacle au fuccès des remedeSo, 

La malade -fuiv-ra un régime convena-- 
îsle, s’abftenant dé tous alimens-.falés . 
& poivrés 3 dèl’üfage des-^poilTons , des, 
ilgumes- , dés plantes potagères. . Elle • 
ne prendra que des-nourritures^ de boii; 
fuc ôc dé facile digeftîon , comme- 
Eâgneau , le veau > le -moutoti', lés - pou- 
ilts 3., chapons , perdrix , & autres, 
oifeaux dé même nature..Elle évitera;' 
les ragoûts 3, &;ne boira ni ^nn ni li¬ 
queurs Ipkitueufes ;-fa boilTôn ordînai-. 
re fera ded’eau de fontaine. Elle évite¬ 
ra les veilles, les exercices trop forts ,., 
lé chagrin toutes lès autres paffions. 
de l’àme , parce que tout cela dépouil-- 
JéJe rang;dè. foa huEnidicé.r, défléche.&;: 



D E M É D S"C I'N'E'. 
tend trop les val(Teaux détruit la force 

digeftive à l’eftomac. 

Délibéré à Montpellier le a 3. ao^ 
P730. Lazerm.e. 


G O N S I L lU M LIX. 

, Jws namm dctts. 

E X his quæ in hiftoria^ morbi ex- «î- 
ponuntnr fatis fuperque patet no- « 
iilem adolefcentem ozæna five ulcéré « 
narium laborare , quod a variolis con- « 
îaraxifle credimus , eum ah eo præeife 
tempore Hoc morbo corripiatur. Nam,«- 
tametft variolæ copiofam fuppuratio- 
nem in cute efFccerint, nihilominus ta- « 
'îîien tota virus variolofî quantitas quo «- 
fanguis eo tempore feetu&*erat non po- «* 
mit in cute deponi, ac per confequens «- 
perfeda &■ integra non fuit fanguinis «- 
dèpuratio. Qtiapropter verofimile efi; 
variolarum viru&;:in membrana pitoi- «> 
îatiafuifle dèpofîtumvibique cümores «« 
pblegrnonodæos-- produxilîe 5,qüi ,„in «' 
îüppuratum'a beuates-i uieus membra- «j 
cât-ietn» farfanÆffium" vicino-'«^‘ 



^72. CcNSÜLTATIOHS CHOISIES- 
ai rum produxere ; olTa.veto carie fiiiCl 
» fe erofa indicare videtur morbi ; diii», 
î> turnitas qui a deo pertinaeiter rcme- 
ivdiis oportunepræfcripris jefiftic jcutn- 
experientia nos doceat offium cariera 
JJ adeo difficile fanari. Præter morbi - 
3 »;dmturnitatem,_ textus partis affed^' 
JJ non levem cariéi fufpicionem movet,, 
» cum fuppuratio tam diu in partibus. 
» membraaofîs fieri nequic niiî olïà fub-- 
»jeda erodantur. Id autem ulcus 
aj iiarium depjeffione repetendutn 
«^ minime nabis, videtur , cum quidpiam 
» fimiïe adalefcentulis,conci,gi{]fe nee ra^ 
JJ tio fuadet,„nec experientiæ demunH, 
jatrat J qu.apropter,.is marbus.a variolia 
JJ: tantum natales accepit, , 

JJ QuonLani verb membrana pituftaW ' 
»-ria non tantum, narium cavitatem, 
JJ: fed &Jîhus, offis coronalk. obveftit,^ 
SJ fieri ig.itur, poteft- ut .ulcus fedem ha^ 
JJ. beat. in narium cavitate, , vel in fini? 
jî: bus offis coronalls. Si primum ,mor-r 
jj-bus cur-atu paulo. facilior yidétur ; fi 
», fecundu-m , ejus curatib difficilior., 
as quiâ reme.dia .-ad taies, fimis difficilius 
sj^duci pofiùnt,.Ih quacuœque tamen 
». parte fir, eum difficilem ' fore fiahatà 
?j.exiûiînâmus oK offium cariem ^ adep^ 


DB M'e-d E-C. I îjie;. 3 ,7^- 
non ihregra expeftanda eft fana- 
nô donec offa^^orrup^ca decifàfuerint, » 
feu exfoliata. Ad id iane obtine.ndum 
ztas nobilis ægrotantis non pariim «■ 
conducet ; fàvebit quoque. ejjjfdem 
conftitutio quæ fat bona videcur vcum ««- 
îpfc liée macileiitus*, ,nec febricitans , <«- 
neque alio quovis, marbi genere la- «*- 
Boret. « 

Ut intégra ©btînerî'polîit.hujus «fc- 
morb'i folutio dùo remedîorum gene- 
ra faut adhib’enda ,,,extcnia.fcilicet& <*- 
mterna, ifta ad fanguinem diluendum «*. 
^ edulcàndùm, iîfa ad ’ulcus-detergen* 
dùm, mundandùm , & confoUdandum. «■ 
Quapropter. fequens parabitur pqtia «s^ 
pUTgans' ftatim fùmeiida,^», 

ZVKGATIO: 

^rSénn. mundâc. J. j. rhe^contuf. <*•' 
«It tàrcar. folub. a. ^.,f. coq.; in_decod,ï«' 
îamar.ping. ^v. in colat. & expjeffion. q 
dîflblv. mann. Calabdn. §. ij. f. poo. q- 
enm regîmiiie feiîTienda,^ - 
Altéra a. potione purgante dié æ.ger 
Kauriét maire in ledô ladis afinini xe- 
cens mulfi, & tantillo facchari edul- « 
cati circiter |.viîj.üfûs ladis.per mea- 




CoNSULTATIONr CÎTOTSÎET 
” fem integcum continuabicur, &, ur 
” pdmum Æger ei fueric atruefadds,, 

" ad |-xîj. vel ife; j. exhîbebitur. Finita- 
” ladis afîiiini tempore purgatio ite- 
» rum celebrabitur ut fupra , & altéra-: 

» a pürgationc die Æger fumet mane’^ 

» in ledo hauftum ladis ivacciiii debi- 
» te ebutyrati 5;addita tertia parte infufti 
^ plantarum vulnerariarum SeneveA— 

» uurri^.Sero ,.düm ad fomnum fecom- 
» ponet 5,, alterum hauftum ladis fimi:- 
» liter præparad fumet - cnm hac cau- 
» tione ut hora< quinta ferotina offam-: 
^ tantum jurercamiura paratam. corne— 

» dato- < 

» Elapfîs aliquot dîèbus, fi ftomaehus: 
» ægrotantis majorem ladis quanti- 
» tâtem ferre poffic ,..prandet offa lac— 
»tis;ccEnabk pariter ofïa Tel brizaex: 
»’lade parata.-Porerit tamen panis fruf- 
» tulum comed-ére , vel ovum quod— 
» dam-^. forbile , & in diæta ladea pef’ 
S5 duos aut tres-rnenfes perfcverabit 3, 
» celebrata identidem purgacione j-quo- 
âï ties ita. ne'celEûs -poftülabit. Verumî 
t> Ci æger ndbilis tantum, ladis quanci-*- 
» tatem haurire:- nequeat , fumet-tan-- 
»itum bis in die mane &'fero.' 

quoniam- v-irus^variolofaEP 


nr.f M'E'-D'B c rN-Fi» 

fiiccos quofdàm acres in.Tanguîne po- a 
tuit generare qui hune naorbum for-.«^ 
fan fovent, idcirco exiftimamüs fonça- « 
nellam cibiæ eflfe applicandâm ,,uL-ibi 
emuiidorium parecuc quo fanguinis 
depuratio. abfolvi poffit,, iCccédènte**- 
æftatis, calore balnea dome{lica5. & « 
deiii potum aquaruni àcidùlârum ^ utî-- 
lia fore ppihamur r aucumao vero re- 
deunte lac afininum 5,, vel vaccinura 
ebutyratum , uc;fuprâ ad duos menfes 
præfcribetur. œ 

Ut decergatur ulcus fequens paraBi- 
£ur decodum. « 

i: N r E c r 10, . 

FoliDr,,plântag..m. j..rcord. m. 

Û. abfynth. p. j.. coq. per hor, 4àni. 
part, in decodo.hord. îB. iij.fub. 
Godion; add. fumîttat. byperico-flori. 
dar. Sc flor^ melüoî. p. ij. rofar. ru-**^ 
brar.. m..f, poil levem ihfufion. col. « 
êc exprim.in coiàc. expreffion. dif- « 
Ibly. nnell. rofac.,.§. iij. lapid. medica- «« 
HicntofiCroî. pulyerat. 5 .ij,deco.dum.s&t 

feryecur ad ufunî. 




y]& Coî!rSTJLT:A.TÏON§ CMOlSÎES 
” Hoe decodum pluries iii die Ope 
*» fiphoiiîs minoris-tepi-de iii nares iiijî- 
V cietiu'.Si neque ab his fublevetur Æger 
» fequÊiis iiijcdio parabitur,- 

I^NTECtTÎO. 

^ Æris virid. 9^ f. in fond ^ in de-- 

w eod. fupra prærcript. vi. colaturj 
» ferveturad' nfanci. Hoc decôdum ter 
« apc quater in nares tepidc injiçiet;. 
wECjii ulcus attingi poffèt, goiTypium. 

» eodem decctdo .' imbüEum repbnen—, 
» dum.. » 

» Si néque hæc fat profoerinc, fuade-- 
mus injicere. aquas Bbüiiùcanas fer-r 
ventes fæpius in die -, hæ entra aquæ* 
?» cercfffiraura nonnuHis foere pr.æiidîûm' 
?» qui hoc raorbo affligeba«tur, -Tan^ 

» dera in hac furaus- opinione ut ægro^ 

»» tantis. caput - radajur, ftcque- augea^ 

?» tur ejufdera rranfpiracTo- , Guj'us co- 
A» piofâ^exorecîo^ taies ægrotos non fe^ 
?» mel levavit. Ab ufu reraediorum iti'^ 
P ternorum exfîccantium abftinendutn 
Aï ctediraus j, ne; humerum- actimonià 
» His iatendatur.- 

Üâtum Monfpeîiî die raenfis^ 
||jmatii anni 17 3 1, ■ ti- a z eji 


à: E Me- ml c !■ N'S* 3 -jŸ 


TRADUCTION 

lyÆ LA Consultation erecedentec-' 

Sur une OxJène^ ou ulcéré ford^de des 
narines,, 

I L parort évîdèmmenî par le détMÎ^' 
qu’on nous a- communiqué que le' 
jeune malade' efi: attaqué d’un ozêne ^ 
ou d’un ulcéré des narinesr, dont nous' 
croïons- devoir rapporter la caufe à la 
petite vérole qu’il a eue , puirque cette' 
makdie a-commencé précifément dans' 
ce tems. Car, bien quela fuppuraEion de 
la petite vérole ait été fort abondante , 
la matière morbifique n’a pu fe dépofer 
touteeiiticrerâ la‘peau,& par eonféquenr 
le fang n’en a pas été entièrement puri- 
fiéi C’eft pourquoi il'eft vraifemblable 
qu’une partie du venin s’eft dépofée fur 
la membrane -pituitaire , ou elle a pro¬ 
duit des tumeurs phlegmoneufes , qui'^ 
venant à- fiippuracion ont- ulcéré lac 
membrane J., & peut-être carié les or 
voifins. Ce qui indiqué la-Gariè de ces os,^ 
c’eft k longueur de la maladie j^qui réé 
fifte ayec.tâiit.d’opiiiiâa:eté, auxiemedcr^ 




af78 Co'KiîirLTATioKs cktoîsies' 
appropriés donc on a fait ufage -, caf 
Texpérience nous apprend que rien ne 
fe guérie plus difficilement que la carie. 
Mais ce qui nous détermine encore plug; 
que l’opiniâcrecér de læ m dadic à juger, , 
que les os font cariés, c’eft qu’il n’eft pas> 
pofîible qu’ily ait une fi lon^efuppura- 
tion des parties membraneufes fans carie 
dbs os du' voifinage.. Nous ii eftimons< 
point que Tulcere vienne de l’applatifiè- 
îïîcnt. du nez. Car l'expérience ni la rai- 
fon ne nous apprennent pas qu en confé-^ 
quence de cette dirpofition il foit jamais; 
arrivé rien de femblable aux enfaris 5; 
d’où nous concluons que la maladie ac- 
Suelle eft une fuite de la petite vérole. 

Or comme la membrane pituitaire 
ne recouvre pas feuFement les os. du nez^ 
mais qu’elle revêt les finus de l’os fron¬ 
tal, il eft poffible que le fiége de l’ul— 
cere foit dans là cavité des narines,,ou 
dans les finus frontaux. Au premier 
eas la|maladie paroîtplüS'âifée à guérir- 
au fécond il eft bien plus difficile , par¬ 
ce qu’il n eft rien moins qu àifé de por-* 
ter les remedes jufqu’à la partie malade;. 
Quelque foit au refte le fiege de la ma- 
■îadic , i’éftîtne qu’il eft très-difficile de' 
fe. guérir., à^eaule de la carie des.os,, &. 


S I Ki F H 1 C r N 57Ç= 

^ubn ne doit s'attendre à une cure ra-' 
dîcale qu’après i’exfoliation acHevée j ce 
que l’on peut efperer de l’ag.e du mala¬ 
de , & de fà conftitution qui' paroît 
allez bonne , puifqu’il n’eft, point mai¬ 
gre , & qu’il n’a point dé fievre ^ ni d’au¬ 
tre maladie.. , 

Pour parvenir à la- cure radicale , il' 
■faut employer deux fortes de remcdes ,, 
les uns externes , les autres- internes 
ceux-ci pour délaïer êe adoucir le fang j, 
eeux-la pour dérerger j.mondifier ci»; 

. Câtrifer l’ulcere. ©n commencera donc 
par purger le malade avccleremedefui- 
'i:anE. 

P V R G A T I O N: 

Prenez feuilles de fenné: mondées «ne* 
drachme ; rhubarbe eoncalïee & fèb 
végétal, de chacun une dèsni-drach— 
mej faites bouillir dans une fuffifante 
quantité de décoction de tarnarins , &: 
dilïblvez dans cinq onces de colàture* 
£iite avec expreffion , deux on,es de- 
manne de Calabre. Faîtes une potion.. 

Le lendemain de, la purgation le ma¬ 
lade prendra lé matin au lit environ^ 
Luit onces dc-lait d’âneflê nouveau traie 
avec un gen. dcfucre. ^ il eii-continuê- 



fSo C©>}SÜLTaxions'GHO rSTES' 
ra l’ufaoe pendant uir mois entier & • 
dès qu il y fera^ accoutume y, on lui en 
donnera douze ôiices ou luïe livre. On, 
filiira rufàge-dü lait par le purgatit ci- 
dclïlis décrit ', & le lendemain de la pur- 
gàtion le malade prendra le matin au lit 
huit onces de lait de vache coupé d’un 
tiers dinfulion de vulnéraires de SuilTe; 
Le foîr avant'd'ë ÿéhdbrmir il prendra 
pareille quantité du m’crneTait ainh pré¬ 
paré , avec la précaution de fouper k.. 
cinq heures après midi avec une feula, 
fbupe à la viande. 

Si l’on s’apperçoft aù Bout dé quel¬ 
ques jours que l’eftomac du malade 
peut fupporter une plut gtande quantité: 
de lait ,.il prendra au dîner & au fouper 
une foupe oü du ris au lait ; il pourra ce¬ 
pendant üfer de queKpues morceaux dé 
pain , & de quelques œufs frais. Il con¬ 
tinuera îa diete blanche pendant'deux 
ou trois mois-, fe purgeant toutes leâ 
fois qu’il fera néceffaire'; Mais h la 
malade ne'peut prendre Uile’fî grande 
quantité dé lait , if fe réduira à-n’eit 
prendre que lè foir & le mâtin. ^ ; 

Mais-comme lé veniii de la petite vé^' 
rolé à pu engendrerdans’le'farîg de's fücs:' 
actes qui entretiennent la maladie ^Jious^ 



P E M E P .S C I N E. 
fommes a’avis qu on lui oûv.re un cau¬ 
tère à la jambe , afin de procurer ua 
;ëgout qui terve à purifier le fang. Nous 
iomm£s auffi d’avis que pendant l’étc 
iil premie le s-ijains domeftiques ^ & lés ' 
eaux minerajes froides , &: qu’au retouc 
de l’automne , il reprenne pendant deux 
mois le lait d ’ânefie ^ ou c^elui de vache 
écrémé comnie il faut. 

On fe fervira de la décoûiqii fuiyan^ 
'Vante pour déterger i’ulcere. 

, iN] EcrioN, 

J’renez feuilles de plantin une poignée 5 
feuilles de fcordium uqè demi poignée^ 
feuilles d’abfynthe une pincée 5 faîtes 
bouillir pendant un quart d’iiçure dans 

■ trois livres de décoéfion d’orge^ ajoutanji 
fut la fin de rébuUition , fommités fleu- 

■ îies de mlUepertuis,de fleurs de mélitop, 
de chacunes deux pincées, rofes rouges 
une demi-poignée ; coulez avec expref- 
flon après une légère infufion ; & dif- 
folvez dans la colature trois .onces de 
miel rofat ^ pierre n\édicamenteufe de 
Çrollain en poudre deux drachmes, 
■Gardez cette décoction pour l’ufage. 

il faut inieder plufieurs fois le jour 
cette décodion tiede dan^les narines ,a 



^8 Z 'CONSTJLTÂTIONS CHOISIES 
îïioïen d’une petite feringue. Si elle ne 
foulage pas le malade , on lui fubfâtuert 
dafuivanEe. 

INI EC 7 I O 

Prenez vert de gris un demi fcrupui 
le-, faites-i’infufer dans fîx onces de dé- 
coftion d’orge, & gardez la oolaturc 
your Tufage. Il faut injeétcr trois ou 
‘Quatre fois par jour cette décodion tiede. 
idans le nez, & fi l’on peut aiteindrc à 
î’ulcere, laiflèr deffus du cotton qu’on 
-en aura imbibé. 

Si cette décodion ne produit pas l’ef¬ 
fet qu’on en attend, je confeille dé fai¬ 
re desinjedions d’eau de Balaruc tiedcs, 
-qu’on réitérera fouveat chaque jour, 
Nous fçâvons quelles ont été fouvent 
très-utiles à des malades attaqués de 
cette maladie. Enfin nous femmes d’avis 
qu’on rafe la^tête du malade pour aug¬ 
menter la tianipiration dé cette partie j 
moïen qui a fouvent réu0î dans ce cas. 
Nous eftimons qu’il ne faut faire uiage 
înterfeurement d’aucun remede défîcca- 
tif, de crainte d’augmenter l’acrimonie 
du iang. 

Délibéré à Montpellier ce 04. janvier 
SJ 31, Signé , L A Z E B. M 




® ,E M ;E D E C î N E. ■ 385 


consultation L X. 

Sn>' une Dyfun-e jointe k Cafthme^ 

L £ malade qui nous confulte a deu* 
maladies , Pafthme &une dyfurie 
qui revient par périodes, & qui eft fi 
^grande qu’il rend du fang mêlé avec les . 
«rines. La première maladie efl habi¬ 
tuelle , & nleft pas guerifiàble à caufè 
^e la difpofidon des poulmons. Tout 
ce qüon peut faire eft; de diminuer la 
•violence des attaques. La fécondé, qui 
eft la dy furie ,3 eft plus récente , & quoi 
qu'celle paroiflè differente de Tafthme , 
on ne doute pourtant pas quelle ne 
vienne de la même cajife , c^eft-à-dire 
d’une Gonftitution du fang feche &: acrî- 
monieufe ^ qui rend les urines tartareu- 
fes & picquantes , & qui a occafionnc 
quelque gonflement des veines qui ram¬ 
pent au col de la veffie ; Ce qui parole 
marqué par les hemorrhoides auxquelles 
le malade eft fujet^ 

Le tempérament vif & ardent du 
malade , fa profeflion qui l’a ©biig'é de 
travailler long-tems fur le feu ^ de rei^ 





^g 4 CONSTJLTÀTIONS, CHOIStlS 
pirec la vapeur du chardon., & celle' 
.gui s’élève de l’étain dans le tems de ‘la 
fonte , ont fans doute produit la difpo- 
fiaon des humeurs ‘ïscntionnée^cûdeC. 
■fus,.de,forte qu’il faut àpréfenx la cor¬ 
riger par des remedes délayans, légère¬ 
ment incififs , & enfin adouciüants. 
'Pour cet effet le malade -fé fera ,tirer 
•deux palettes de fang de l’un des bras, 
&c le lendemain -il Jeta .purgé avec ia 
;ÆiédsGine qui .fuit, 

TV RG AT 10 U. 

Prenez pulpe de ca.(ïè récemment 
;moiidée,j une demi-once /, fel végétal 
une drachme ; ,graine de lin^concaflee 
une pincée - laites .bouillir légéEemeiit 
idans une décoélion de feuilles de chico¬ 
rée fauvage ; düTolvez dans fîx onces de 
coîature deux onces de manne de -Ca¬ 
labre , faites -une potion. 

Deux jours après il prendra le-matin 
au lit un isouillon fait avec un jeune 
poulet, ou nn morceau de collet de 
mouton , dans lequel on fera bouillir 
pendant une heure quatre écreviffes de 
riviere lavées dans l’eau bouillante <Sc 
ecrafées dans un mortier de marbre.,'de 
demi- 


M'B'D'E C I ^ 

^éfïiî-once des quatre féineiices froides 
coocaflees, & enfermées dans un nouée 
fttfpendu dans le bouillon. Sur la fin de 
Jâ coctionnny ajoutera une-poignée de 
feuilles de bourrache , & une pincée de 
cerfeuil, quon lailTera bouillir un mo- 
inent. On paflera le bouillon à travers 
une ferviette.j & -on exprimera forte- 
in ent. 

L’ufage de ce. "bouillon fera de dix 
jours, après Icrquels le malade fera 
purgé avec fa médecine ordinaire , ÔC 
<deux jours après il prendra le matin an 
lit un grand' verre de petit lait tiré dti 
lait de vache , clarifié avec le blanc d’un 
çeuf , & adouci avec un peu de fucre 
candi. Le tems du petit lait fera de quin¬ 
ze jours , après lefquels on repurgera 
,1e malade avec fa médecine ordinaire. 

Dès que les chaleurs feront venues ’ 
c^eft-à-dire vers la fin du mois de juin 
ou de juillet, le malade prendra 'le de¬ 
mi ' bain domeftique peu daiit deux j our s, 
après lefquels, s’étant repofe cinq ou 
fix jours , il fe repurgera & prendra 
tout de fuite les eaux de Lodeve pendant 
neuf jours confécutifs à la maniéré or¬ 
dinaire , c’eft-à-dire à quinze ou dix- 
huit talfes par jour en plufieurs reprl- 
TomelL K 



^5:8<î Consultations choisies 
les, & afin que les eaux paffent mieux 
doii les fera dégourdir au bain - marie. 
Après le tems des eaux le malade fe re- 

Œ , & à la fin de réréil reprendra 
-bain domeftique pendant ,dou^ 
ze jourS;. 

Dès que nous ferons en automne il 
reprendra les bouillons d'écreviflTes com¬ 
me ci-defTus ^ & , après s’être purgé, le 
lait d’âneffè pendant deux mois ,, fe pur¬ 
geant au milieu& à la fin. 

Si les eaux de Lodeve donnent la dy.. 
lûrie au malade, il les quittera , &nous 
le fera fçavoir. Il eft abfolument nécef- 
faire que le malade ne travaille plus à h 
fonte , ôc on croit avec raîfoii que la 
vapeur du charbon , & fur-tout de l’é* 
tain , n a pas peu contribué aux incom¬ 
modités qu’il fouflFre à préiènr. On ne 
parle pas du régime de vie, on eft pet- 
fuadé que le Médecin ordinaire en à preC- 
erit un convenable, c’eft-àr-dire humée- 
faut & délayant,, tel que le tempera’' 
ment du malade le demande. 

Délibéré à Montpelli.e^ ce 19, février 
Siÿflè ^ L aZE B. ME ,1^1 AB-eo T. 




a E MEDECINE. 




CONSULTATION LXI. . 

Sur des ‘Vapeurs , avec pinceurs fâcheux 
fymptômes, 

A Près avoir examiné avec beaucoup 
d’attention le mémoire qui nous % 
ité remis, & confidéré tous les fymptô- 
mes ou accidens qui y font énoncés ^ 
on a été pleinement convaincu que la 
malade a des attaques de vapeurs qui 
caufent la peur de mourir qu’elle a. 
Quoique cette maladie ne foit pas mor¬ 
telle 3 elle ne lailTe pas d’allarmer beau- , 
coup, &, fi la malade ne fe rafiure en 
fe perfuadant que fa maladie n’éft pas 
mortelle , elle en fera attaquée long- 
tems, quelque fecours qu’on lui donne.. 

Cependant outre les vapeurs elle a l’efi. 
tomac dérangé, & elle digéré avec pei¬ 
ne , ce qui.eft marqué par les cojiques g 
fenvie fréquente d’aller au baffin , & 
principalement par l’excrétion des vers 
qu elle a rendus. De plus elle fent des 
douleurs rhumatiques tantôt vers les 
mamelles, quelquefois aux faufles cô¬ 
tes , & meme à région des reins 5 c© 



Co'tWILT axions CHOKIES 
qui marque l’épaiffiiTement, Sc un pea 
d’^cdmonie j.des humeurs ^ & fur-tout 
de la partiedymphatique du fang. Pour 
remedier à ces inconvéïïiens on purger» 
la ,m,alade de la maniéré qui fuii:, 

, ?v R G J T îo n; 

li^renez rhubarbe concalTée & fél .vé¬ 
gétal , de chacun une drachme ; fom- 
înités' d’abfynthe & de petite centau¬ 
rée , de chacunes une pincée ; faites 
bouillir dans Feau de fontaine, & dif- 
folvez dans foc onces de Mqueur coulée 
avec expreffion deux onces de manne 
de Calabre. Faites une potion. 

Deux jours après cette médecine elle 
prendra le matin Fopiace ^ui fuir. 

Q P I AT E. 

Prenez conferve de kynorrhodon 
une demi-drachme j conferve d’aunée & 
excraic-de rhubarbe ^.de chacun un fcru- 
pule ; faites avec une fuffifante quaii- 
tiré de fyrop d’abfynthe une opiate pour 
une dofe. 

On donnera àda malade imméd'iate- 
sncHt après qu’elle aura pris Fopiate m 



DEC! N E. 58^ 
|)Ouilloir^e poulet ou de veau à la dhi- 
corée & elle eoiitinuera ce remede pen¬ 
dant dix jours, après lefquels, s’étanS 
lepurgée avec la médecine ordinaire , 
elle prendra le matin au lit un- grand 
verre de lait de vache'fraîchement tirait ^ 
©U bien écrémé,ajoutant une taflè d’in- 
fufion de thé?, ou de citronelle ,. dite 
mélilïè. Il faudra continuer l’ulàge du 
lait écrémé- pendant trois fèmaines- ^ ëc 
ayant purgé fa malade après ce tems, 
on la mettra à l’ufage du lait d’âncl^ 
fe. Elle en prendra le matin au lit un 
grand verre fraîchement trait, adouci 
avec un peu de fucre , à mefure 
qu’on connoîtra que fon eftomac fou^ 
tient le lait, on- en augmentera peu è 
peu ladolè , jufquace quelle en prenne 
sine écuellée chaque matin..- 

Il feudra continuer le lait d'ânelTe 
|ufqu’aux chaleurs de l’été , & purger la 
malade une fbis le mois. Cependant li 
la malade fe trouve bien du lait d’âneC* 
&ôc que fon eftbmac le foutienne fans 
aucune inquiétude', on pourra- la pur^ 
ger plus- rarement, êt renvoyer la mé-i. 
decine Jufqu’à ce quelle quitte lé lait. 

Pendant l’été elle prendra le demi-bain 
dbmeftique pendant douze ou quinze^ 


J 90 CoNSUXTATTONî CHOISîEt 
jours au mois de juillet ; elle pourra 
prendre des bouillons de poulet pendant 
le refte du mois. Au mois d’août, elle 
prendra le demi-bain doraeftique en- 
fuite les bouillons de poulet, comme il 
eft dit ci-delTus ^ & dès que nous fe¬ 
rons au mois de feptembre , & que les 
chaleurs de l’été auront fini , on repur-^ 
géra la malade avec fa médecine ordi¬ 
naire; & deux jours après, elle fe met¬ 
tra au lait d’âneflfe , qu elle prendra juf. 
qu’à ce qu’il faflè bien froid:. 

Si l’eftomac de la malade ne peut pas 
foutenir le lait d’âiiefTe, on lui donnera 
celui de vache écrémé , qu’elle prend'ra= 
deux fois le jour , le.matin & le foir en 
fe couchant,& quelle continuera au¬ 
tant de tems quelle devoit prendre le* 
lait d’ànelïè ;,obfervant de fouper qua¬ 
tre heures avant de prendre le lait, 5c 
de ne pas manger de viande à fouper ^ 
de fe contenter d’une foupe, 5c d’un 
morceau de pain. 

Il faut que la malade fë diïïîpe ,qu’èl“- 
îe évite la triftelle, 5c la mélancholie , 
qu’elle fréquente les compagnies , qu’el¬ 
le fe perfuade bien que fa maladie n’elf- 
pas dangereure,& que le feul moyen d’en 
être délivrée eft de ne pas la craindre. 


ïÿE M E » E e I N E. 

Eïîe otfervera un bon régimC'de vie y 
m faifanc pas maigre , ne mangeaiié 
d’aucune viande Talée ou épicée j rien de 
crud , d’aigre, ou de venteux, comme leS 
légumes y le fromage, &c. elle fe nour¬ 
rira avec du bouilli & du rôti. 

I5élibéré à Montpellier ec 20 . fevricï? 
175,1. , L A-Z E R w E. 


CONSULTATION LXIt 

Sftr une perte blanche avec enflure des 
extrémités. 

L a conlïicution valétudinaire & ièi 
licate de ,1a rrialade, &la colique; 
^u’efle a eue fréquemment dans fa jeitr 
nelTe, marquent répaiffilTement des hu-- 
meurs-, &: le dérangement des digeftions.. 
La perte blanche quelle a depuis Ta cou»' 
ehe y les enflures qui ont preTque tou¬ 
jours accompagné cette perte , Tur-toue 
dans les extrémités inferieures^marqueiut 
des embarras dans la matrice, & dans; 
les parties voilînes, & que le Tang, M 
principalement la lymphe ne remon-- 
tent cL^’s^vec peine de ces extrémités-* 




^91 CoNSUlTA-TliONS eHOiSÎES 
ce qui fait craindre que les enflures 
n’augmentent, & que les, férofités ne 
fe jettent enfin dans, le ventr-e^ On ne 
peut pas- même alTurer qu’il ny a pas. 
d’embarras dans les glandes, du mefen- 
terre „&• cela.,,joint à, la délicateflè de la 
poitrine , fait craindre une fievre lente. 

. On ne peut pas diffimuler que; cette 
maladie ne foit dangereufe -, i® . par rap¬ 
port au tempérament délicat delà ma¬ 
lade J a?, au nombre des accidens qui 
l’accompagnent ; 5^. à la nature de cet¬ 
te-maladie & à Popihiatrecé avec- la¬ 
quelle elle a réfifté jufqu’iei à difiPereot&- 
remedes qu’on a. fait. Cependant com^ 
me la malade eft encore d’un bon âge 
qu’il n’y a aucun épancfietnent de féro¬ 
fités dans les cavités, que lès embarras 
ne font pas des plus confidèrablés, ou 
peut fè flatter de foulager la malade , Ôt 
de rétablir fa fanté, en fe fervant des re¬ 
medes propres à redifier les digeftions 
à détruire l’épaifliflement dès humeurs, 
êc les -embarras dès vifceres, & enfin à- 
adoucir le fang-. 

Pour cet effet la malade fe purgera 
de. la.maniéré fuivantê,. 


as-®- s iN-Ei 

RG A TI 0 N: 

Prenez rhabarbe concaflee & fel vé-- 
gétal^ de chacun une drachme ; fommU 
rés d’abfynthe une pincée ; faites bouil- 
Mr légèrement d^ns l’eau de fontaine; 
di0blvez dans fix onces de colature fai- 
te-avec ex'preffiôn deux-onces de manne 
de Calabre, & une once de fyrop de 
ehicorée compofé ; faites une potion. 

Deux jours après la malade prendra 
un bouillon fait avec un jeune pouletr. 
©U un, morceau .de collet de moutoii', 
dans lequel on fera bouillir doucement 
pendant une heure quatre écrevilTes de 
riviere lavées dans l’eau bouillante ,, & 
écrafées dans un mortier de marbre ,, 
ajoutant fucla fin de la-coftion du cref- 
fon de. fontaine & des feuilles de bour¬ 
rache^, de chacun une demi poignée. Oa 
laiflfera bouillir les-herbes un moment.,, 
on paflTera à travers uneierviette oa. 
exprimera, forteraent:- 

La malade prendra avant le bouif-- 
Edii vingt g-rains de tartre- ehalibé 
quinze grains de cloportes ,.v quon- dé-- 
layera. avec quelques cuillerées de bouil- -, 
ïm..poaps faitea-mikr. La malade, conû-- 
E-.v/ 



Consultations choisies'- 
nuera ces rèmedes pendant dix jours ” 
après lefquels elle .fe repurgera comme- 
deflîis.. Le lendemain de là médecine- 
elle prendra le matin au lit un verre de 
petit lait préparé de la maniéré fuivancci. 

P E T I T L . A I r. 

Prenez un pot de lait dé vache fraî- 
cRement trait ,-,que vous ferez prendre 
avec là préfure ordinaire. Partagez le 
caillé en quatre ou cinq morceaux q e 
vous mettrez dans une ferviette dont 
vous lierez les quatre bouts à'des chai- 
fes pour le fufpendre mettez un plat: 
delTous pour recevoir le petit lait qui- 
. en dégoûtera, pendant la nuit clarifiez 
ce petit lait avec-le blanc d’un oeuf ;: 
palTéz à'travers une rervrette,iteignez y 
deux ou trois clous rougis au feu : reti¬ 
rez les clous , & ajoutez, quatre ou cinq 
cuilléréss de fuc dé furaeterre. dépuré ou 
de celui de cerfeuil un peu de fiicre 
pô ir l’adoucir , & faites le prendre.. 

Le tems du petit lait fera de quinze: 
jours , après lefquels on repurgera la 
malade avec la. médecine ordinaire ; 
deux jours après elle, prendra le üiç: 
préparé, de l'a maniéré qui fuit. . 


Prenez- une poignée dé feuilles de 
efiicorée amere.hachée, & demi-poignée' 
dé cerfeuil aulîi haché ; demi-drachme 
de rhubarbe en poudre ; une drachmede 
faffran dé mars apéritif bien puiverifé j, 
vingt cloportes lavés en vie dans le vin 
BlanCjen fuite écrafésjmetrez-letout dans 
an plat'de terre ; remuez un peu afin 
que les drogues fe mêlent bien ; couvrez 
avec un autre plat, & lailTez mitonner , 
ce mélange pendant la nuit ; mettez- 
le lendemain la matière fur un petit feu 
remuez: de tems en tems , 8c lorfque 
les herbes rendront bien leur fuc,,ren- 
verfez la matière dans une ferviette , &. 
exprimez. 

Il faut partager ce- fuc en deux dofes », 
en faire prendre une le matin , & don¬ 
ner Tautre quatre heures après le dîner,. 
E’ufage de ce fuc fera de douze jours , 
après lefquels- on repurgera la malade- 
avec fa médecine ordinaire ,, & deux 
jours après- elle- prendra les bouillons 
d’écrevilîe ordonnés ci-dellus fans tartre 
chalibé & fans-cloportes, pendant fe 
purs'^â.présd.e%uers 3 ,s’étant repurgé. ^ 



'39<^ Consultations cjîoîsilS’ 
elle prendra le matin une piife de Tq*. 
piate qui fuit. 

O P 1 J T E. 

Prenez conferves de kyiiorrhodbn &' 
d’aunée , . de chacune 'une demi-oncé ; 
extrait de rhubarbe fix drachmes ; ex¬ 
trait de baies dé genievredeuxdraGhmes>. 
faites avec, le fyrop d’abfynthe une 
opiate qui fera prife. à. la dofe d’une 
drachme &: demie.. 

Il faut prendre un bouillon dé'poulet 
à la chicorée par deflus cette.opiate , & 
la continuer pendant neuf jours , après, 
îefquels la malade fe repurgera, -, & com^ 
me on-a tout lieu d’efperer que ces re^- 
medes auront diffipé- les enflures , 
que l’eftomac de la maiadê^fera-en meil¬ 
leur état ^ 911 croit auffi quelle pourra 
foutenir-le lait- d’âne{re;v,,qu’il faudra lui- 
faire prendre tout, de fuite; jufqu’aux 

f raudes chaleurs de l’été,.la purgeant: 
e tcfflseiTtems avee fa.médejcine.ordi- 
na’re. 

On ne, prefcrit pas-le régime'de' vie 
|>arce qu’on eft perfuadé que le Méde¬ 
cin ordinaire lui. en fait garder un con¬ 
venable.. 

, Délibéré à Montpellîer'ce.-iji^mars, 

.. Sig^é ,-.V, JE R N y ,• L A Z t R M , i. 


© £ M'e D E: C I N Eî'. 




€.0 N S U LT AT I ON IiXXLlli- 

S.m me' Mélaneholle.. 

O N ne peut'pas" douter que l’étudé^ 
forcée de Monfîeur, les grandes, 
contentions* d.’erprit, & l’applicatiotî 
qu’il a eu à; remplir les devoirs, de fou 
miniftere, ne foit la véritable eau fe de la 
mèlancholie dans laquelle il eft plongé 
& de tous les accidens= qui raecompa.i 
gpent.Xes humeurs ont perdu leurs par¬ 
ties douces Sc balfamiques , Sc les-lblk 
des , fur-tout le cerveau Sc les nerfs 
ont'été delïèchés peu à peu*, ôi ont ac¬ 
quis une tenfion contre nature , un vé^ 
ritable éréthifmei. 

Il eft;inutile-de déduire de cette cau- 
fo tous les accidens rapportés dans le 
mémoire,, ils en. coulent fi ■ naturelie- 
ment qu’à la moindre attention qu’on -ys 
falïè,il eft facile dèlesconnoître. 

' Cette maladie n eft nullement dan^ 
gereufe à préfenc là poitrine qui paa. 

ïoît la partie la plus attaquée par la toux^ 
êc par la-chaleur que le malade y fent 
fhaleur qui paroic û grande que le ma*- 





CoNSÜITATÎOfNS CH<5T$I2S 
l'ade feiit fou haleine btûianre ^ 
pourtant point endommagée , puifque-, 
lé malade eft fans fievre qu’il n’a;, 
pas maigri. On doit pourtant en crain¬ 
dre les mites, parce que la conftitutiom 
des humeurs feche & acrimonieufe, &' 
la tenfîon des foUdés peuvent augmen¬ 
ter caufer de plus-grands défordres,, 
qu'il faut prévenir en 'fe fervant des re=- 
medes humeétans-, & adouciïTans., 

Pour cet effet on eft d’avis de faire* 
■feîgner le malade du pied. Deux jours; 
après on réitérera la faignée, & le len¬ 
demain on le purgera avec la médecine- 
qui fuir. 

FVRGATÎOI^.. 

ffenez- feuilles de fenné-mondëésR ' 
deux ■ drachmes ; tartre foluble une 
drachme graine dé lim & fleurs de- 
mauve , de chacunes une pincée ; faites* 
Bouillir légèrement dans une décoétioîi' 
de tamarins 5-. difl'olvez dans- douze on» 
ces de colature exprimée deux onces de;* 
manne de Calabre 5 faites une potion? 
pour deux prifés.- 

On donnera ces deux prifés à dam 
heures, de-dilîance l’une fàüt3K 5, ^ 



B S' M 1 B E G T N ï; ■^9^5 

ün Bouillon de poulet une heure après-. 
Ùi derniere. 

Deux jours après le mal’ade prendcsï 
^ matin le bouillon fuivant^ 

B O V IL.RO m 

Prenez-un jeune poulet plumé& vuî'de^, 
ferci avec une demi-once des.quatre fe-- 
mences froides-majeures concairées.Faî-, 
tes le bouillir pendant deux heures dans^ 
Peau de fontaine pour une prife debouiît 
ton';, ajoutez trois écrevirfès de. riviere,^, 
fi elles font grolTes j, & quatre fi elles 
font petites, lavées & écrafées laiffez 
bouillir doucement pendant une heure 
ajoutez une poignée de creflbn de fon¬ 
taine , lailîez bouillir un moment j.pafo- 
fcz le bouillon à travers une ferviette ,, 
& exprimez. 

Le tems de ces bouillons- fera de dix- 
purs, après lefquels on repurgera le* 
malade comme ci-défiùs, 8c le lende¬ 
main on lui dcnnera un grand verre de 
îait d’ânefiê fraîchement trait.. Quel¬ 
que tems après, fi fon eftomac foutienf: 
le lait, il en prendra une prife en fe cou¬ 
chant, &, fi fon eftomac foutient bien 
le lait il foupera fur les ciaq^ heures- 


^■OÔ. CoNSUlTA-TIONS GMOISlEr 
avec une foupe de laie de vache, 
fin quelques jours après il dînera avec 
uiîè loupe au-lait, & quelquefois: il 
avalera après.la foupe un ou deux- c&ufi 
mollets J dès qu’il prendra le lait trois.- 
fois le jour,, on ne lui donnera plus de-' 
viande à dîner. 

ïl continuera kfdieïe blanche jufques 
aux. grandes' chaleurs & fs purger^ 
avec la médecine ci-delTus.. 

Lorfqu’il quittera le. lait pendant 
llété il prendra dix bains domeftiques , 
prenant un bouillon de poulet enfortaiit- 
du bain.-.Quelques jours après les'bains 
il boira les eaux de la Marquife de 
Yals, pendant neuf jours de fuite. Il en 
prendra une bouteille, chaque jour , en 
cinq ou-fix. reprifes-, laiffant un quart, 
d’heure, ou un peu plus j d’üne prife à 
Fautre. Il les boira dégourdies au bain-^ 
marie,. pour qu elles fe. mêlent mieux 
avec le fang , fi les eaux de Vais le 
vuident trop ,.on les affoiblira en mâ- 
lant le tiers, ou. le quart d’eau-de fon¬ 
taine.- On dilToudra trois o.ices de man^. 
ne. dans la prife du premier jour y, 5 $: 
autant dans le.deruier du neuvième.. . 

Quelques joucs api es les. eaux de ¥alf' 
lbïiâlade-regr.endr.-t le.baui.d©mêfl:ique;j^ 


DE M E B E C I N E=. ^01 

Sc îè bouillon de poulet pendant dix- 
jours 5 enfuite les-eau'x de Vais avec les-' 
précautions- ci'-delîiis; 

Si malgré ces remedes la chaleur-in.. 
commode le malade ,,011 le fera faigner 
du pied , ou du-bras. Dès que nous fe¬ 
rons en automne, on réitérera- la faignée 
du pied J enfuite la purgation ordonnée 
si-deflus. après laquelle on- lui fera- 
prendre lès bouilîoiîs d’écrevilfcs ordon¬ 
nés ci-delTus, 8 c ayanrécé rcpurgé oit 
îe mettra-au lait de vache écrémé. Il en 
prendra le- matin une grande écuellée; 
^elqties jours après il en prendra* le- 
&ir autant en fe couchant ; n ayant man¬ 
gé qu’une foupeà la. viande quatre heu¬ 
res avant le lait ; 5 c enfin dès qu’on? 
connoîtra que fon eftomac foutient bien 
le lait on le lui donnera pour toute 
nourriture , c’ell-à-dire quatre fois le- 
|our, ou écrémé,-ou en foupe. Pendant- 
Pufage du lait le malade le mettra à* 
l’eau. On eft même d’avis qu’il s’y m^t- 
te dès-à préfent, le vin étant très-con-* 
• traire.à fon état.. 

On ne pourra gueres le palier du aar-- 
cotique nous fbmmes d’àvis-de lui' 
donner les gouttes tranquilles,ou anody- 
nss 3 commençant par- quinze ou • vingt ^ 


Consultations choïsieS' 

& augmentant la dofe félon la néceflîtéi 
On les lai donnera’pcndant le cours deÿ 
lemedes ^rexcepté pendant le tcms des, 
eaux. Il eft abfolument néceffaire que 
le malade abandonne la chaire, l’étude^ 
le confeffional ,, & toute application 
d’efprît qui entretiendra fon mal ou 
Taugmentera, îl faut encore qu’il fré¬ 
quente les compagnies ^ & fur-touc 
quil aille fourent à la promenade , 
qu'il évite la triftelTe, Bc la trop grande 
réfléxiôn fur îm-même ; mais auffi pii 
ne peut Fen délivrer^ s’il,ne met ïbi® 
efprit dans une ficuation tranquille , eiî 
faifant ufage de fa raifon & banniiTanr 
routes idées fâcheufes & chagrinantes. 

Délibéré à Montpellier 14, avril 
27 3 a. , Signé , LazïrmH;^ 
Montagne,. 


CONSULTATION LXTV... 
Sur des Naufees & ‘vomjfement,. 

L Es naufées- Bc le yomiffement font 
FefFet delà fenfibilité, & du rétré- 
Êifièoaeut de l’eftomac s^occafionnés par 




» E M E B E e I N î. 40*1 
la tumeur qui paroît à la région épigafl- 
trique , & qui s’étend dans rhypocon- 
dre gauche.. If n’eft pas aifé de déter¬ 
miner quelle efE la partie affeétée , mais 
îes douleurs que la malade y fent dès 
qu’on touche cette partie font foup- 
Gonner que les mufcles droits, & peut- 
être les tranfverfes font ai^âés. Il y a 
même apparence que la rate & le foie 
ne font pas éxerapts d’embarras & que 
îe ventricule prerfe de tous côtés ne 
peut fe dilater pour recevoir lesalimensv 
D’ailleurs la quantité du fang qui y eft 
déterminé doit le rendre extrêmement 
fenlîble» 

On a tout lieu de foupçonner des 
embarras dans les glandes du méfente- 
re, & encore plus quelque fiippuratiou 
dans la région épigaftrique ; ce qui fait 
qu’on ne peur porter qu’un prognollic 
fâcheux de cette maladie j & qu’il ne 
paroît pas aifé de concilier les remedes 
qui peuvent déboucher les parties obt. 
îruëes, & adoucir la malTe des humeurs 
qui paroît être acrimonieufe- On tache¬ 
ra pourtant de remplir ces deux indica-- 
dons par les remedés fuivans. 

On eft 4’àvis de faire une petite làW 
gnéfi du bra^ à la malade^ Le lendemaiïfc 



.'■•1 


404 Consultations choisics 

011 la purgera avec la médecine^ quf. 

iùit. » 

fVRGATION:- 

Preiiez feuilles de fenné mondées^ 
(âeux drachmes ; tartre- loiuble & grai¬ 
ne de lin,,de‘chacun une drachme 5 far¬ 
tes bouillir dans une fuffifante quantité 
de décodfeion- de tamarins-, diflblvez- 
dans douze onces de eolature faite avec* 
exprefîîoii deux onces dé manne deGa- 
labre; faites une potion pour deuxdofeS;^ 
dans la première defqudles VOUS'délaie- 
tez dix grains d'ipecacuanha en poudre^ 

On donnera ces deux verres en laif* 
lant un intervalle de deux heures de 
l’un à l’autfe& quelque tems^ après le 
fccond verre on fera prendre un bouil-^ 
Ion de poulet. Deux jours après cette 
médecine la. malade prendra le matin à 
îeuiiiapomdrequifuit.- 

F Q U D R Ei 

Prenez faffran de- mars apéritif prépa" 
T& 3L la. rofée du mois de mai, douze 
grains ; rhubarbe &' cloportes en pou¬ 
dre, de*chacun quinze grains faites une 
poudre poux une grife^- 


T) tE M î D E , C I -ü %. 40 ^' 

On donnera par deffùs cette poudre 
tin bouillon de poulet, dans lequel oa 
fera bouillir pendant une heure trois 
écrevilTe^s .de tiviere lavées dans l’eau 
bouillante ,^ .&écrafées dans un .mortier , 
de marbre, & fur la fin on y ferabouil'» 
Ik un moment une poignée de feuilles 
de chicorée fauvage. 

Xe.tems de cette poudre &: -da bouil¬ 
lon fera de" neuf .jours, après lefqiiels 
on repurgera la malade avec la médeci¬ 
ne qui eftci-delTuSjdont on retranchera, 
l’ipecacuanha. Deux jours après laraala- 
,de prendra le bouillon fuivant. 

^ O P I L L O 

. î’renez-une livre de maigre de veau 
coupée par tranches ; de rhubarbe en 
poudre demi-drachme ; de cloportes 
vingt grains de tartre martial folubl^ 
un icrupule 5 de feuilles de chicorée fau- 
-vage bâchées menu une.poignée 5 de cer- 
' feuil auffi haché deux pincées», faites une 
couche dansnn pot de terre vermflTé avec 
-les herbes ; mettez enfuke une couche 
de tranches.de veau faupoudrées par 
defius, enfuite une couche d’herbes, & 
par delTus la tranche de veau faupou- 
drée ÿ continuez de même jufqu’à cê 




4'OS CcWS'tJlT'ATIOWS CHOISIES 
<iue vous ayez employé le tout j eb, 
fervaiit que la première , & d'erniere 
touche foit faite avec les herbes. Ajou¬ 
tez trois ou quatre cuillerées d’eau de 
fontaine J bouchez le pot avec un par- 
«chemin mouillé & Ton eouvércle ^ fai¬ 
tes bouillir pendant cinq heures aa 
bain-marie , palTez enfiiite à travers 
lïneferviette, & exprimez fortement.. 

Le tems de ces bouillons étant fini on 
repurgera le malade. Enfuite on lui fera 
prendre pendant quinze jours confécu- 
tlfs un verre de petit laît tiré du lait de 
•tache clarifié ayec le blanc d’un œuf, 
ians lequel on éteindra un fer rougi au 
feu , & on y ajoutera uns cuillerée de- 
. fucre avec deux cuillerées de fiic de men¬ 
the de jardin bien dépuré. 

Après le tems du petit lait on repur-, 
géra la'malade , & on obfervera du¬ 
quel de ces deux .remedes elle s’eft 
■ mieux trouvée , afin de le lui faire re¬ 
prendre. On obfervera encore fi les tu¬ 
meurs œdémateufes n’ont pas fait de 
grands progrès, H on n’a rien à crain¬ 
dre pour l’hydropifie. Si la malade mai¬ 
grit de plus en plus , & que la petite fiè¬ 
vre qu’elle a pendant la nuit s’étende 
même durant le jour, comme alors on 



E MEDECINE. 407 

tout lieu de craindre une fiippura- 
tion des parties afFedées ^ il faudra fai- 
le prendre le lait danelTe fraîchemenc 
■fraie à la maladej & ,fi fen eftomac n’eiî 
peut pas fupporter un verre ordinaire ^ 
•pn le partagera en cfeux prifes , les lui 
^ionnant à deux heures d’intervalle Tune 
^ie Pautre. On le lui fera continuer pen- 
^apt un ou deux mois * & , comme on 
De doit pas perdre de vue l’embarras 
4es vifeeres, on lui fera prendre dix 
grains de faffran de mar s apéritif en fe 
mettant, à table pour dîner^ Dès qu’on 
.pennoîtrâ que fon eftomac foutient le 
lait , oiî lui en donnera un autre verre 
le foir en fe couchant. 

Pendant Pufage du lait on purgera la 
malade de tems en tems , c’eft-à-dirc 
une fois le mois ., ou plus fouvent, ft fon 
Médecin ordinaire le juge à propos. On 
ne lui parlepoint dediete parce qu’on eft 
perftiadéquelle enobferveune bonne. 

Délibéré à Montpellier ce 1. août 
Î7|I- %».C,La?EPvME, MoNfAGNÊ, 



4oS CoNSTTITATIONS 'CHOISIES 


CONSULTTATIOja LXY. 

■ Sur une mfimme-^vec mmx /^eftomac. 

L Esitnaux d’eftoaiac., l’infomnie , & 
le grand feu que Madame feue dans 
les reins, la poitrine j& jufqu’à la gor¬ 
ge , fout l’eftèt -de la fecherelTe ^ & de 
'racrimonie d.e‘ fes liqueurs , dont le 
<ours n’eft pas entièrement libro dans 
les vife^res du bas-ventro. -Ce vice des 
îiqueurs eft pour ainfî dire.démontré par 
la diarrhée qui a précédé & fur-tout 
par les fluxions que la malade a tantôt 
;aux ïeux ; quelquefois au nez, & ‘même 
à la bouche^ dans le tems de .fes réglés ^ 
fi on ajoutevà tout cela la maigreur 
où elle eft , on ne pourra point douter 
de laxaufe que l’on-vient d'afligner. 

Moft bien à craîndreque oe vioe des 
liqueurs ne produite quelque altera¬ 
tion confiderabîedans les parties inter¬ 
nes, -êc que le làng , trouvantde la îéfîf-- 
îance à fon cours , n’engorge quelque 
par rie , & ne deeflire les •vaifleaux où fl 
s’arrêtera j ce qui jetteroit infaillible- 
fnent la malade dans .une maladie de 
langueur < 


^ DE M E D E C I M £. /{Of 
langueur. On fe flatte pourtant de pou¬ 
voir prévenir ces fuites par l’ufage des 
remedes fuivans. 

On efl: d’avis de faire une petite iài- 
gnée du bras à Madame , & on la pré¬ 
féré à celle'du pied à câufe du grand 
feu quelle fentdans le bas-ventre , ôc 
du retour trop fréquent de fes réglés. 
Le lendemain elle prendra le lavemcnc 
qui fuit. 

LAVEMENT, 

Prenez orge entier bien nettoyé, & 
îôn de frotaentbienfec , de chacun une 
poignée*,regliflèconcalféedeux drachmes; 
graine de lin une pincée ; faites bouillir 
dans une fuffifante quantité d’eau de ri¬ 
vière ; mettez infufer à la fin de la coc- 
tion une demi - poignée de fleurs de 
mauve ; coulez avec expreffion , & 
mettez dans une livre de colature huile 
d’amandes douces tirée fans feu j» trois 
onces ; faites un lavement qui fera pris 
à la commodité de la malade. 

Madame fera purgée le jour fuivant 
avec la médecine qui fuit. 



410 CoNStTLTATIOKS CHOISIES 


1 


P V R'G A r î O N, 

Prenez rhubarbe choifie, & mirpbo- 
ians citrins concalles de chacun une 
'drachme j faites infufer pendant la nuit 
dans une décodîon chaude de feuilles 
.de chicorée fauvage ; dilTolvez dans 
:huit onces decolature après une légère 
ébullition , une once & demie de man¬ 
ne de Calabre j coulez avec expreiîîon, 
& ajourez une once de fyrop de chico¬ 
rée compofé. . 

Le lendemain la malade prendra à 
ion lever le demi-bain domeftique , ou 
elle reftéra une petite heure. En fortant. 
du bain elle fc remettra au lit, où elle 
reprendra üh bouillon fait avec un jeu» 
jie poulet farci avec deux drachmes de 
'ffemence de pavot blanc , & deux cuiL 
lerées de ris du levant bien lavé , y fai- 
faht bouillir fur la fin demh-poignée de. 
piimprenelle, & autant de feuilles de 
piantin. Le tems dû demi-^bain , & da 
bouillon de poulet fera de dix jours -, 
après lefqucls la malade fe repurgera 
avec la médechie ci-dehus. Pendant Tib- 
Tage de ces'remedes on prendra garde 
que la diarrhée ne revienne pas, & û 



B E M E . D E C I N E. 41 f 
ledévoyement revient, on cefTera les 
demi-bains, &: les bouillons de poulet, 
pour pafièr aux remedes fuivans. 

' Le lendemain du jour de la médeci¬ 
ne ôn fera prendre à Madame le matin 
au lit un verre de lait daneflè fraîche¬ 
ment trait, adouci avec un peh de fu- 
cre , &, Il 011 ne peut pas trouver une - 
âneiïè, ou quelle airiie mieux le lait de 
vache , on lui en donnera un verre 
bien écrémé ; & afin que le lait ne s’àî- 
grifie pas dans Ton eftomac , elle pren¬ 
dra le foir en fe couchant l’opiate qui 
-luit. 

O P I AT É. 

Prenez cqnferves de, kynorrhodôn 
une drachme -, eoraîl rouge préparé , 
ïeux d’écrevilïes de riviere & os de fèi- 
che.en poudre de chacun un fcrupule j 
faites une opiate pour une dofe avec 
/ une fuffifante quantité de fyrop de rofes 
^feiches. . , . . 

Si rinfbmnîe perfifte on pourra ajou¬ 
ter à cette opiate , dix ou douze gout¬ 
tes de laudanum liquide. Dès qu’on 
, connoîtra que l’eftomac de Madame 
s’accoutume au lait , on retranchera 
Topiate , & à fa place dn lui fera pren- 


Consultations chotstes 
cire un autre verre de lait le foir en fc 
couchant, & pour cet effet elle man¬ 
gera quatre heures auparavant une fou- 
pe à la viande , & un morceau de pain. 
Elle continuera le lait jufcju’aux chaleurs, 
& on la purgera de tems en tems avec 
la médecine ci-deffus. 

. Si elle s’eft bien trouvée des demÎT 
bains, elle les reprendra au mois de juiU 
Jet, .comme ci-deffus., fe repurgeant 
avant & après. Enfuité on lui fera boi¬ 
re quelques eaux légères acidulés, com¬ 
me font celles de Meyne ; elle en boira 
depuis fon lever jufqu à Ton dîner fix ver. 
rées dégourdies. Entre le dîner & le 
fouper elle en prendra quatre autres 
ver rées ; elle en ufera à fes repas .potir 
fà boiffon ordinaire , & les continuera 
de cette maniéré pendant ûn mois, 
après, lefquels Madame fe repurgera 
. avec fa médecine ordinaire. 

. Dès que nous ferons eh automne., 
& que les chaleurs dé fété'feront finies 
on repurgera la malade §c deux jours 
.après elle prendra' lé mâtin à jeun 
. vingt-cinq grains, de tartre martial fo- 
^ lubie. 

On donnera après ce temede à la 
malade un boailloh fait avec un jeune 


© B M É D E C I N î. ' 413 

J 5 ouIet , dans lequel on fera bouillir un 
momencune poignée de feuilles de cref- 
fbn J on pourra même dilïoudre le tar¬ 
tre chalibé avec une cuillerée de ce 
bouillon. Le tems de Ce bouillon fera 
de neuf jours j après léfquels ^ ayant 
repurgé la malade ^ on la, mettra à l’u- 
fàge du lait de vache écrémé , & , fi fou 
eftomac le foutient bien , on la mettra 
peu à peu au lait-.pour toute nourriture , 
qu’elle continuera jufqu’au grand frôld^ 
fe purgeant de tems . en tems.. Si elle 
ne peut pas foutenir le lait pour toute 
nourriture , elle en prendra le plus 
qu elle pourra , parce qu on eil bien 
perfuadé qu’il n’y a qu’un long ufagc 
du lait qui puilfe parfaitement , adoucir 
fes humeurs. Pendant le- cours de ces 
remedes , on fera toujours attention à 
l’état du ventre, & , fi la diarrhée repa- 
ïoît, on en fufpendra l’ufage pendant 
quelques jours. 

Le régime de vie doit être doux 5c 
Iiumedaiit. Madame doit fe priver de 
tous les alimensfâlés, poivrés ou épicés ; 
elle fe nourrira avec des foupes j du 
bouilli, & du rôti, La volaille, & le gi¬ 
bier font les .meilleurs alimens dont elle 
puiffe fe nourrir. Elle mangera fur-tout 


414 Consultations choisies 
à des heures réglées ; elle foupera de j 
-bonne heure & légèrement ; elle évitera j 
. les pallions de l’ame les veilleslui font | 
auflltrès-nui fibles. 

Délibéré à Montpellier le 14. mars 
Ï750. , Verny , Lazerme. . 


■' CONSULTATION LXVL 
Sur me douîenr k un Genmil'^ 

O N ne nous a pas donné une re¬ 
lation fort précifè de l’incom- 
: mbditéde la malade, mais nous jugeons- 
par ce qui nous en a été préfenté que la 
, chute qu’elle fit il y a enyiron vingt- 
. fept ans , & qui lut procura une plaie 
alïèz Gonfiderable au genouil efi; là vé¬ 
ritable caufe de la douleur interne & 
vive qu’elle relTent de tems à^amre daiis 
cette partie. Nous ne doutons pas mè- 
me que les tendons des mufcles fle- 
chillèurs de la jambe h’aient fort fouf- 
fert dans cette occafion , ce qui les 
empêche de fe mouvoir librement, & 
félon toute leur étendue , & détermine 
la malade à étendre la jambe , parceque 



t>ï Médecine. 41^- 

êes mufcles fe trouvent pour-Iors dans 
un état dlnaLéEion. Nous pouvons bien 
d’avance fauver la malade de toutes les 
allarmes qu elle peut-avoir fur fou iudâf-. 
pofition • elles ne peuvent tirer tout aur 
plus à d’autre co.nféquence ^ qu’à cell©- 
de remuer dans la fuite la jambe avec 
moins de liberté , mais nous nçi J^u-/ 
rions lui promettre de remedier eu en¬ 
tier à cette douleur ^elle eft trop.ajicieii-. 
ne, & îe relfort des vailTeaux nous pa- 
roîî trop a^oib'â pour quoia puiffè le 
flatter de les ramener à leur état na¬ 
turel. Tout ce que foii peut efperet , 
& c’efl: à qdor nous réefuifons nos prra-^j 
cipales vues, c’eft- de calmer d’abord au-ü. 
tant qu’il eft polEble la douleur qu’oia 
re{ïent,dans cette partie, en relâchant les 
tendons qui en prorduifent les mouve- 
mens , 8c de remettre par couféquent. 
cette partie dans un état à fe mouvoir 
avec plus d’aifance. 

Pour en venir à bout îa malade ,ïè 
fera tirer de fun des bras huit à neuf 
onces de fang , & prendra le foir le 
lavement qui fuit. 

S iiij 


Consultations choïsiês 

L ^ V E M E N T, 

Prenez dccodtiion ordinaire pour la- 
Temens rafraichiffans & laxatifs une li¬ 
vre J pulpe de calTe une once & demie • 
miel mercurial une once j faites un la¬ 
vement. 

Le lendemain elle prendra la potion 
fuivante. 

' P V R G I 0 N. 

Prenez feuilles de fenné mondées deux 
drachmes ; rhubarbe choifieune drach¬ 
me ; fel végétal une demi-drachme j 
faités infüfer dans une fuffifante quanti^- 
té d’eau de fontaine ; diflblvez dans h 
liqueur coulée avec expreffion deux on¬ 
ces de manne de Calabre, & dix ‘grains 
de jalap en poudre. Faites une potion 
qui fera prife le matin. 

Après ces remedes généraux il faut 
avoir foin de froter la partie malade 
avec l’huile de laurier, de pieds dé mou¬ 
ton, l’huile de brique philofophique- 
quement préparée , l’huile de' petits 
chiens \ & fuppofé que ces huiles que 
noüs vêtions de prefcrire ne foulageaf- 


T>t MEDECINE. 4T7 
fent pas la malade on tentera une em,. 
brocation des eaux de Balaruc , ou de 
leur bouerecommandant d’éviter les 
iîcuations gênantes, Sc principalement 
celle de re&r à genoux. ■ 

Délibéré à Montpellier le xo. mai 
Signé ^ Margot. 


CONSULTATION LXVII. 

Sur me Perte blanche, accompagnée ds 
plufienrS''autres accidens avec foupçon 
de vérole, 

L ’Opiniâtreté de la maladie de Ma¬ 
dame , & fur-tout l’incertitude où 
i’on eft , fur la caufe de cette maladie , 
ont obligé Mondeur fon époux de ve¬ 
nir dans cette ville pour confulter 
■ fçavoir de nous , s’il n’y auroit pas un 
virus véroliqüe dans le fang de fon 
époufe, qui fût la -caufe des incom-, 
modicés quelle a , & qui la fatiguent de¬ 
puis pludeurs années. Or, pour mieux 
découvrir cette -Caafe ,, & ré.foudre;ia 
queftion propofée, nous avons crû de-' 
voir examiner J i Lesfincommodicés 
S y 




ifiS Consultations choisies 
de Madame ; %Q. L’état de Monfieur fotï- ; 
mari 5 j . Celui des enfans qui font nés ' | 
de ce mariage. 

Les principales, incommodités dé 
Madame font des douleurs vagues, & 
erratiques -, une fiuxion catharreufë qui 
fe fait fréquemment fur la narine gau- \ 
che, & qui enflammé la membrane 
pituitaire par l’âcreté de l’humeur ‘qui 
'en coule J une concrétion polypeufe 
dans la même narine ; une perte blan¬ 
che fale de toutes couleurs^jaunâtre „ 
verdâtre j des douleurs & des pefanteuis 
de tête par intervalle j. enfin une roai^ 
greur confîdérable avec dégoût j; & une 
petite fievre qu’on a obfervée par inter» 
valles.Ces incommodités ont été précé¬ 
dées par des pâles couleurs qu’elle a . 
eues dans fa jeuneflè , & qui avoient fl 
fort afFoibli fon tempérament,d’ailleurs- 
fort délicat, quéîle paroîfloit être mala- 
dehors défon mariage;,dë lotte que fairant 
attention à-fon tempérament déüçat dé 
mélancholique, & aux pâles eôiileurs 
qu’élie a eues pendant plufieurs années . 
à la nature des aceidens mentionnés ci- 
dcfliiSjOnne peut pas être'convaincji 
qu’il y ait un virus vérolique dans les- 
iiumeurs dé: Madame, puifque h conf- 


© E M E D E C r N Ê. 419 ' 
dtotîon feiche & acrimonieufe d^es hu¬ 
meurs peut feule produire les douleurs 
vagues, la fluxion eatharreufe fur la 
narine gauche , & les fleurs blan¬ 
ches, qui font les feuls accidens qui 
pourroient faire foupçonner Texiftence 
du virus vérolique. Mais d’ailleurs Ma¬ 
dame ne fçauroic avoir la vérole , fl el¬ 
le ne lui a été donnée par -Monfleur foii 
époux, 

Ceft à préfent l’étdt de Monfieur 
qu’il faut examiner. Or Monfleur a eu 
des maladies de galanterie , il a même 
emploïé les fridions , & a joui dans la 
fuite d’aune fanté parfaite s- jufqu’à ce 
qu’aïant beaucoup fatigué dans un voïa- 
ge qu’il fit à Paris& paflant par la 
Champagne pour s’en rétourner, il y 
but beaucoup de vin , ce qui fit paroi- 
tre une dartre confidérable qui s’étendit 
depuis les joues jufqu’aux . clavicules , 
& qui fuppura en plufieurs endroits. 
Cette. dartrë_,, qui céda aux remedes ra-* 
fraichiflans, reparok encore quelque¬ 
fois ,, mais moins confidérable , lorf- 
que le malade fatigue , &. fur-tout lors¬ 
qu’il boit du vin de Champagne J tour 
antre vin ne faifant pasde même effet. 
Il efl. suffi fu|er aux douleurs des dents'^ 
S vj 


4 ZO ConSTJLTATÏÔNS CHOISÜES 
à des tuméfadions, ou gonflemens des 
tefticules ; ôc enfin il fenc quelquefois 
comme d,es fufées de liqueur chaude 
qui coule dans le b/as'. Or de tous ces 
accidents on-^ne peut pas condurre po- 
fitivement que le malade .ait fon fang, 
infedé par le virus, i". Parce qu’il a 
déjà pafie par les fridions d’une maniéré 
méthodique, & telle qu’on peut la fou- 
haiter. 2®..,Parce que u les dartres qu’il 
a eu depuis venoient de cette caufe., 
elles nauroient pas cédé.aux feuls re- 
medes rafrakhiffans , & ne reparoî- 
trpient pas par la boifibn du vin de 
Champagne ; les dartres étant un des 
fymptômes de la vérole le plus difficile 
à guérir , qui réfifte très-lbuvent aux 
fridions mercurielles > & qui ne difpa- 
roiffient en un endroit que pour attaquer 
une autre partie. 3 ®. Parce que fi Mon- 
fieur avoit donné du mal à-Madame Ton 
époufe , la perte blanche feroit une 
véritable gonorrhée ; & par conféquent 
le mari & là feraiRe fe feroient commur 
niqués le virus dans l’ade vénérien jce 
qui auroit rendu la vérole fi-:Confîdé- 
i derable quelle fe découvriroit par des 
lignes univoques^ & tels qu’on ne 
pourroit pas la mécoanoître. 


B E M Efi EeiNÉ. 4xi 
Enfin les fluxions qu’ont quelques- 
uns de leur&enfans fur la levre , ni les- 
tumeurs froides dout quelques - unes 
font en fappuration qu’on remarque- 
dans un des enfans , ne nous paroifl- 
fent pas des raifons aflez fofres pour 
condamner les denx: malades & arfùrer 
qu’ils ont la vérole , puifque leur mere 
a été toujours' valétudinaire J que les 
pâles couleurs àïant gâté fon fang , elle 
a fourni un lait aflèz itiauvais à fes en- 
fans pendant fes grofliflfes ; & qu’enfia' 
la nourrice de celui qui a les tumeurs 
froides lui a fait manger des legumes y 
& d’autres alimens fort mauvaisdans; 
le tems qu’il tetoit, qui ont pour ainft 
dire ruiné le tcmperam.ent déjà mau¬ 
vais , & augmenté la mauraife eonfli- 
tution des humeurs qu’il avoic dans le 
ventre même de fa mere 5 de m-aniere 
quaïant bien confidéré toutes ces rai¬ 
fons & examiné les, ittcommodités de 
Monfieür & de Madame , on n’a pas 
trouvé alîez ,de fondement pour établir 
le virus véroHque» Ainfi on a été d’avis 
que les incommodités de Madame , ve¬ 
nant d’une conflitution du fang feiche Sr 
acrimohieufe , il falloit s’attacher à bien 
humecter , & adoucir fes humeurs j 


42 , 1 ^ CoNSÜLTATroHS CHoTSIES 
|our èet efFet on eft d’avis de mettre 
le plûtôt qu’on pourra la malade à la ; 
diete blanche. En conféqucnce fi elle n’a 
pas été purgée depuis quelque tems. y, 
on la purgera, comme il fuit. 

VVKGATlOn. 

Prenez pulpe de cafiê récemment 
extraite une once faites bouMlir légé-ï 
rement dans huit onces de petit lait 
diflfülvez-y deux onces de manne f fai¬ 
tes une potion. 

Si la malade a lin fort grand' dé-- 
goût pour la médecine , elle pourra lè" 
purger avec la médecine clarifiée avec 
laquelle elle, s’cft déjà purgée j, obfer^ 
vaut pourtant que cette médecine ne 
fok compo fée qu’avec des purgatifs très- 
doux &-bénins. 

Le lendemaiiî du jour de cette mé^- 
decine elle avalera le matin au lit une 
écûellée de lait de vache fraichemenc 
trait, & écrémé ^ y mêlant une talfe dln- 
fufion légère des feuilles de citronelle ou 
mélifie. A-dîner elle prendra une foupe 
à là viande „ -pourra manger un peu 
de rôti -, fi die veut à fix heures du foir 
die m-a-nger a, un ; potage à îa viandé j, Sc 


©s MlDECrNÏ. 
â dix heures en fe couchant elle avale-- 
ra une autre- écuellée de lait de vache 
écrémé , & préparé' comme celui dit' 
matin. Elle continuera de prendre le 
lait matiia Sc foir pendant îepe à huit 
jours ; &, fî on coiinoît qiie fon eftomae’ 
le foutient ^ on lui donnera a fîx heures 
du foir une foupe au lait à la place de 
celle de viande ,, êc on retranchera le 
peu de viande que Madame mangeoit à 
dîner. On lui- donnera feulement uiit 
morceau de pain après la^ foupe ; & 
quelquefois un e&uf frais. Quelques? 
jours après on retranchera k'foupe à 
la.viande du dîner, & ©n donnera à- 
Madame une autre foupe au kit. Tl faut 
qu elle prenne dan s-le jour environ deux 
pots dé lait,.Mais fi fon efîbmarne peut 
pas foutenir le lait pour toute nourri¬ 
ture on lui en donnera trois fois le jour, 
& on. Ja fera dîner avec une foupe à k 
viande, quelques oeufs mollets, ou quel¬ 
ques êcrevifies. Madame continuera la 
diete blanche pendant tout le priiitems ;; 
elle ne la quittera qu’aux chaleurs de- 
rété ; on la purgera lorfqu’bn le ju¬ 
gera néceflâîre, mais pourtant le plus 
.rarement qu’il fe pourra. 

fendant les chaleurs de Tété Madame* 


4^4 CoKÎSÜLTAtlÔNS ÜHOISÏES .. 
prendra les bains domeftiques peiidan 
dix à douze Jours- ; enfuice elle fe pur¬ 
gera avec fa médecine ordinaire. Elle 
prendra pendant quinze jours les eaux 
de Meyne. Après Fiifàge des eaux elle 
fe repurgera , Sc quelque tems apres el¬ 
le prendura les bains domeftiques, .& 
enfuite les eaux de Meyne , de maniéré 
qu elle palTera tout l été dans une alter¬ 
native' des bains domeftiques & des 
eaux de Meyne. Nous croïons même 
que Madame feroit bien d’aller paftèr 
à Meyne les mois de juillet & d’aoûr, 
pour y faire fes remedes plus commo¬ 
dément , & rerpirer- un.ak moins fec 
que celui d’Arles. 

En automne on remettra Madame à 
la diete blanche qu’elle continuera juf- 
qu’à ce que le froid foit venu , avec les 
mêmes précautions qu’on a- marquées' 
ci-deftùs. , - 

Nous ne preferivons pas le régime 
de vie , étant bien perfuades que fon Mé¬ 
decin ordinaire lui en preferit un con¬ 
venable 5 mais' nous iie pouvons faire 
à Madame , qu’étant fort trifte ,• & mé- 
'lanchoUque, elle a befoin de fe diffiper, 
& de voir du monde , & de ne pas.fe 
livrer aux idées triftes&r ficKeufes qu el- 


B I M E n î C I K E. 415 
le peut avoir fur fa maladie. Il nous a 
paru par le récit qu’on nous en a fait 
qu’elle eft fort allarmée, & nous ne 
doutons pas que cet état fâcheux de fou 
efprit ne s’oppofe au fuccès des reme- 
des , & îi’cntretienne les incommodi¬ 
tés quelle a ; & ainh il faut quelle fe 
rranquiliife , & qu’elle fe diffipe par la 
fréquentation des perfonnes propres à 
la réjouir. 

Pour ce qui eft de i état de Afonfîear 
fon mari. comme les douleurs mar¬ 
quent l’acrimonie de la lymphe, on fc- 
roît d’avis que, dès que la faifon fera prom¬ 
pte pour les remedes, il fe fallè ûigner 
du bras, ciifuite purger avec fa médeci¬ 
ne ordinaire ; qu’il prenne un bouillon 
fait avec un jeune poulet, quatre écre- 
viftès de riviere, & une poignée de crefr 
fon pendant douze jours, & que s’étant 
repurgé qu’il prenne le lait d’ânelfe , fe 
purgeant au milieu & à la fin. 

Pendant l’été il prendra les bains do- 
meftiques avec l’eau du Rhône pendant 
dix jours , enfuite les eaux de la mar- 
quife deVals pendant neuf jours, fe pur^ 
géant avant & après. Au mois d’août 
il reprendra les bains, & en automne 
le lait d’âneflè, s’il en a befoin > gardant 


4 ^(J CONSULTATÏONS CïiOÏSïÉS' 
un bon régime , évitant les excès, les 
alimens falés, & généralement tout ce 
qui jTeut entretenir la falenre du fang^ 

Délibéré à Montpellier le 16, février" 
1731. Si^né y V ERN y , L azerme. 


CONStJLTATION LX VII-L 
Sur me u^ffeüim Hyfochmiriaque-. 

L Es difFerens accidens qui faifillenr 
de lems à autre le malade , leur 
fource-,& leur durées, portent avec eux 
un véritable caraétere de vapeurs , & 
nous, les font regarder comme une vé¬ 
ritable affedion hypochondriaque,, qui' 
prend differentes formes. Nous eroïonÿ 
encore,quoiqu’il y ait des embarras con- 
fidérables qui entretiennent ce mal, l’i- 
raagination frappée,^ que la fra'feur en a 
été la première caufej E <, malgré lesaffu- 
rances qu’on nous donne qu’on n’eflr 
allarmé ni des accidens , ni de leur fui¬ 
te, nous fornmes toujours dang uiï juf- 
te. défiance des craintes qui en font in- 
féparables,,& nous ne içaurions. dou¬ 
ter que lors de cette chute, & de cé 




D B M E D E C I N E. ‘41:7 
ctagrin, les fibres du cerveau, êctous 
le Herfs i/aienc été fi violeiHent fecoués 
que feue propre mouvement, & celui 
de la liqueur quils contiennent îï’en 
ait extrêmement dérangé , & tfaît pro¬ 
duit peu à peu dans ces mêmes tuïaux 
un vice capable de déranger la circula¬ 
tion & le cours naturel des liqueurs dans 
toutes les parties. Nous fommes per» 
fuadés auffi que ce vice a pris de jour.à 
autre des nouvelles' forces par les digef- 
tions mal travaillées, ôc par un ehyre 
épais, Ôc -dénué de particules fines , qui 
a foutenu & , augmenté la maùvaife 
conftitutîon du fang. 

On ne fçauroit flatter le malade d’u¬ 
ne prompte guérifon , ne pouvant re¬ 
médier qu^à la longue, & à un dérange¬ 
ment du genre nerveux , Ôc à Tépaiffif- 
fement des liqueurs dirpofitions qui 
doivent être générales j & qui ne font 
que trop marquées par les accidens ci- 
deffiis décrits; mais il peut être afliiré 
d’avance que fbn îndifpofîtion ne le 
conduira à aucun mauvais événement , 
fur - tout iî la tranquillité de fon efpric 
agit de concert avec les remedes ^ ôc 
travaille d’intelligence avec eux ; car ^ 
malgré les fortes allùrances qu’on nous; 


Consultations choisies 
donne de ne, pas être allarmé des âCGÎ- 
dens ni de leur fuite , nous fommes tou^ 
jours dans une jufte défiance fur les 
craintes qui en font inféparablés. Ainfi 
le- malade fera tous fes efforts pour 
fe délivrer de toutes les fâch'eufes pré- ■ 
ventipns quü auroit pu prendre pour 
£bn mal, 5 c commencera d'abord j fup- ’ 
pofé qu’il n’ait pas été purgé de-puis 
quelques jours, par prendre la potion . 
fuivante , aiaot foin d’avaler le foir 
avant de fe coucher quinze grains de 
mercure doux , pour prévenir les violen¬ 
tes tranchées dont il eft tourmenté 
quand il prend le moindre purgatif, 

P V RG ATI O N,: 

Prenez 'feuilles, de fenné mondées 
deux drachmes P fel végétal une drach^ 
me ; fommités d’aofynthe êe. de petite, 
r centaurée, de chacune's une pincée ; fai¬ 
tes bouillir doucement dans une décoc-^ 
don de polypode de chêne ^ dilTolvez 
dans la colature deux onces de manne 
de Calabre, & deux gros d’éleétuaire 
diacarthami. Faites une potion qui fera 
prife le matin. i 

Le fuclendemaîtt de 1 ^ purgation il 
prendra les bouillons fuivans. 


9 E MEDECINE. 'J^ï^ 

BOV IL LO NS. 

Prenez racines âe chicorée fauvage 
gc d’afperges , de, chacune une once ; 
racines d^énula campana, & d’ache fau¬ 
vage, de chacune une demi-oncej fai- 
tes-les bouillir pendant une .heure dans 
an bouillon de veau. Ajoutez fur la fin 
de la coclîon feuilles d’aigremoine, de 
càpillaires , & de fcolopendre en tout 
une poignée;CGulez avec expreffion après 
vue légère ébullition. , 

Ces bouillons étant finis, ie ffialade 
fe' repofera une femaine*, pendant la¬ 
quelle pourtant il prendra trois' fois en 
fe mettant au lit deux drachmes de l’o- 
piate fuivante. ' 

OPIATE. 

Prenez conferves d^abfynthe & de ky- 
norrhodon , de chacune une demi-on¬ 
ce; corail rouge préparé, ïeux decre- 
viÆs de rîviere, aalÈ préparés, de cha¬ 
cun deux drachmes ; corne de cerf brû¬ 
lée, une drachme ; antimoine diapho- 
récique deux fcrupules. Faites avec une 
fufhiante quantité de fyrop d’abfynth 


450 Consultations choisies 
unc 'opiate dont la dofe fera d’une ou 
deux drachmes. 

Si les chaleurs commencent à être un 
peu confidérabies, on pourroit prendre 
les eaux de Vais, Sc après leur ufage fe 
mettre à celui de l’opiate d’acier qui 
fuir, 

O ? î A T E. 

Prenez fafFran de mars apéritif pré¬ 
paré à la rofée du mois de mai une de¬ 
mi-once ; lênné & rhubarbe en poudre , 
de chacun deux drachmes ; extrait de 
genièvre & antimoine diaphorétique j 
de chacun une drachme & demie ; co¬ 
rail rouge préparé deux drachmes; fel 
d’abfynthe, mercure doux , & jalap, 
de chacun une drachme ; faites avec une 
fuâifante quantité de fyrop de chicorée 
compofé une opîate qui fera prife pen¬ 
dant huit jours, buvant par deiras un 
bouillon à la chicorée fauvage. - 

On ménagera l’ufage de cette opia- 
te , par rapport aux chaleurs de la fai- 
ibn , & à lagîtation quelle pourroit 
caufer au malade., en ne la donnant 
dans ces circonftances que de deux 
jours l’un , & diminuant même la dolè 
des purgatifs. 


deMudecikï. 431 
On efïàyera enluice une écuellée de 
laie écrémé ôc coupé avec parties éga¬ 
ies d'eau de chiendent, ou de trois on-; 
ces de fuc de creflpn, quon continuera 
pendant Vingt, ou vingt-cinq jours, iè 
purgeant avant & apres avec la potion 
purgative ci-devant niarquée ^ de 
retranchant l’éleétuaire de diacarthamî 
qu’on y a mis. On aura foin auffi de 
n’obferver aucun des, jours d’abftinen- 
ce ordonnés par l’Eglife , & d’éviter 
foutes les fritures ^ alimenf faiés , de 
de difficile dlgeftioii. 

Délibéré à Montpellier le ï ï. février’ 
, Î7 II . Si^né ^ M A & c o x,- • 


; C O N S ü LT AT ION LX IX ' 
Sur me f mdjfie de ^(S-fo^hage. 

L a grande difficulté d’avaler les foA 
lides , comme le pain & la viande, 
dont le malade, pour lequel on nous 
; fait l’honneur de nous confulter, eft 
- attaqué depuis un mois & plus -, en forte ' 
qu’il fent les morceaux, quoique très^ 



4 J1 Consultations choisies 
petits , s’arrêter au gofier vers les mi¬ 
lieu de la poitrine , ou à leftomac , où 
étant parvenus ils lui caufent une fi 
grande irritation qu’il ne fçauroit les 
garder, & qu’il eft forcé de les rejctter 
fur le champ , tandis que les liquides 
defcendent ,&: palTent avec plus de faci¬ 
lité, de façon qu’il ne peut fe nourrir que 
de foupe ou pour mieux dire du bouillon, 
dans lequel on fait tremper du pain rô¬ 
ti & pilé , ou réduit en poudre, ou de 
la crème de ris bien délaïée, d’oeufs naol- 
lets , & de bifcuits, qui ne peuvent auffi 
être avalés fans être trempés, ou qu’à 
la faveur de la boifibii, fe lentant au 
forplus bon appétit , nulle "êevre, ni 
aucune autre incommodité, excepté que 
les forces paroilTent diminuer tous les 
jours ; cette difficulté, dis-je, d’avaler les 
folides ne dépend, autant que j’en puis 
juger , que d’une efpece de paralyfie 
de rœfophage, c’eft-à-dire du défaut du 
mouvement fuccefîîf des fibres de la 
tunique charnue de ce conduit , qui 
porte, ou par lequel pafTent & defcen- 
^cnt, les alîmens du fonds du gofier 
jufqu’à l’orifice fupérieur de l’eftomacî 
enforte que les fibres mufculaires de - 
canal étant dans le relâchement, & 


DE MEDECINE. 4;j 

ne pouvant le mettre en contradion 
pour pouller, Sc faire avancer les ali- 
mens folides , lefquels par cette raîfoii 
doivent nécelTaireracnt s’arrêter dans 
difîèrens endroits du même conduit y 
tandis que les liquides entraînés par le 
feul mouvement de fluidité , & par la 
pente ou fituation perpendiculaire, paf- 
fent & delêendent fans beaucoup de 
peine jufqu’à ce qu’ils foient pour ain- 
û dire tombés dans la cavité du ventri= 
cule. . \ 

Lorfque les alîmens folîdes font par¬ 
venus à l’extrémité de rœfophage, & 
qu’ils font obligés par le défaut de con¬ 
tradion de la membrane charnue de ce 
conduit de s’arrêter à l’endroit de l’o¬ 
rifice fupérieur de reftomac , qui eft 
d’une très-grande fenfibilité, & ne par» 
ticipe en aucune façon de la paralyfie , 
comme il eft aifé d’en juger par le grand 
appétit du malade , les alimens folides, 
dis-je, étant arrêtés , & s’appliquant 
aux parois fenfibles de l’orifice qui eft 
dans fon état naturel, ne peuv^it que 
l’irriter fortement , & l’obliger de fe 
mettre dans une violente contradion 
qui repoufle les alimens, & fait que la 
malade ne fçauroit les garder un feu|. 
Tome 11, T 



4?-4 Consultations choisies 
inftant fans (ouffirk de vives douleurs^ 
dont il iTcft dégagé que lorfqu’il les a 
totalement rejettés. Sur ces principes , 
qui me paroilTent aflfez bien fondés, il 
eft évident que nous ne fçaurions re¬ 
médier à cette indifpofition qu eïi réta¬ 
bli {Tant le reflfort du conduit relâché, 
par des fecours propres à ranimer le 
fangSc lesefprits,& à fortifier les nerfs, 
en un mot par des remedes antiparaly¬ 
tiques. îl eft vrai quaïant été fujet 
avant cette derniere indi^ofition à une 
efpece de crachement de fang par inter¬ 
valles /enforteque depuis l’année 17L5 
jufqucs au mois d’avril pafle il en a été 
attaqué cinq à fix fois , dans cette fituar 
don , dis je, il eft à craindre que les 
antiparalytiques, qui doivent mettre le 
fang en mouvement, & qui l’animent 
auiîi-bien que les folides,.ne renouvel¬ 
lent le crachement de fang ; mais outre 
que cette efpece d’expédoration , ou 
d’évacuation de fang contre nature , a 
paru être du genre des critiques, je 
vreux; adiré falutaire ^ ou plus propre à 
décharger les vaiftèaux du malade d’u¬ 
ne trop grande abondance de cette li-* 
queur , à prévenir par conféquent des 
inflammations ^ & à le foulager, qu’à 


O î M E D E C ï N E. 45 f 
îuî caufer aucun préjudice , puifqu’elle 
n’a eu aucune mauvaife fuite, qu’elle 
s’efl: arrêtée d’elle - même lorfque les 
vaiflèauxoïit été fufEfamment defemplis 
par les feules forces de la nature , & 
que le malade attaqué de ce crachement 
ne s’eft jamais mieux trouvé , & n’a 
gueres été en meilleur état, que lorf^ 
qu’il a fuivi le dernier confeil d’un Mé¬ 
decin de Lyon, fçayoir de n’y faire au¬ 
cun remede *, outre cette conudération , 
qui me paroit elTentielle , je croîs que 
nous devons remarquer aufli qu’il y a 
tout lieu de préfumer que le défaut du 
retour de cette évacuation ou du cra¬ 
chement de fang qui a occahonné la 
parai ; fie de l’œfophage ,1a portion fu- 
perflue du fang qui fe déchargeoit par 
cette première route s’étant félon tou¬ 
tes les apparences jettée , & s'arrêtant 
à l’extrémité des ruraux capillaires qui 
iè diftrîbuent aux nerfs de l’œlophage , 
de maniéré que ces nerfs étant compri¬ 
més , la tunique charnue de ce conduit 
doit tomber dans le relâchement , & 
que le malade n’en feroic que plus heu¬ 
reux , fi le fang reprenoic, pour ainfi 
dire, fes premiers errements , & la cau- 
fe de la preffion des nerfs étant par 



43 <5 Consultations choisies 
confcquent écartée k paralyfie difpa- 
roîtroit. Nous ajouceroiis enfin qu’in- 
dépcndament de ces confidérations , 
c'eft ici , fl je ne me trompe , le cas 
de fuivre la maxime faccurrendum ur^n- 
tiori , qu’il faut toujours obvier à cç 
qui prelîè le plus , & on ne fçauroit dif- 
convenir qu’il ne foit plus important 
de remedier à la paralyfie du conduit 
des alîmens , & d’en prévenir les fui¬ 
tes 3 que de s’attacher à garantir d’un 
crachement de fang, dont les effets, s’il 
en faut juger par le paffé ^ fcroient plu$ 
klutaires que dangereux. 

Venons préfentement aux remedes 
qui peuvent convenir , & qui font re¬ 
connus pour très efficaces ^ lorfqu’il s’a¬ 
git de rétablir le reffort des parties pa¬ 
ralytiques. L’un des plus approuvés, 
& dont l’expérience journellement prou¬ 
ve les bons effets , du moins lorfquc 
les paralyfies font récentes,eft notre eaii 
tfiermale de Balaruc^Sç mon avis eft non- 
feulement de conimencer par celui-là, 
mais même , s’il a quelques fuccès, 
comme il y a lieu de l’efperer , de per'* 
fevérer dans fen ufage , & d’en réitérer 
l’épreuve pat intervalles ,. autant que 
l’air , la faifon , & fon opération pour^ 


DE Médecine. 457 
ïôrit le permettre, faifaiit précéder une 
potion purgative , pour en faciliter le 
paflàge, & mêmeune faignée médiocre, 
n -letat des forces & du pouls ne s’y 
oppofe pas , par rapport à la raifon dé¬ 
jà rapportée , je veux dire à la caufe 
antecedente affignée ci-devant, fcavoir, 
le retardement du cours dü fang dans 
les tuïaux capillaires des nerfs de Teefo- 
phage,dont il faut par conféquent faci¬ 
liter la circulation. 

Je fuis donc d’avis de faire tirer fix à 
fept onces de fang de l’un des bras, Sc 
de purger enfuite le malade avec la po¬ 
tion fuivante. 

TVRGATiOl^. 

Prenez huit onces de décoétion de 
feuilles de menthe & de mélilTe j faites- 
y infufer feuilles de fenné mondées 5 
graine d’anîs, de chacune une drach¬ 
me 5 rhubarbe choifîe, & fantâl , de 
chracun une demi - drachme -, dilfolvez 
dans la colaturê f^te avec expreflîon 
deux onces de fyrop de rofes folütif j 
èc ajoutez fue de limons, & eaux de 
fleurs d’oranges de chacune une cuillè- 
rée J faites une potion qui fera prife le 
T iij 



438 Consultations choisies 
madn avec les actentions ordinaires. 

Après ces remedes généraux, il faur 
commencer l’épreuve de la boilTon des 
eaux de Balaruc , fuppofé que les cha¬ 
leurs ne foient pas exceflîvcs , quelles 
foient modérées comme elles-le font en 
ce pais , ou l’ont été du moins jufqii’à 
prêtent, pourvu dis-je , quelles ne fe 
fafïènt pas fentir auffi vivement qu’el- 
les le font ordinairement. Il faudroic 
boire vers les trois ou quatre heures du 
matin la dofe entière de douze ou quin¬ 
ze grands verres pour bien nettoïer les 
premières voies, dans une heure ou 
deux de teras, & une heure après la 
boiflbn un bouillon altéré par quelques 
feuilles de. menthe , ou de mélilfe ; mais 
les matins fuivans il faudra fe conten¬ 
ter de boire la moitié ,moins m-ême , 
de la dofe accoutumée jC’eft-à dire cinq 
à fix verres chaudement , laiflfant un 
quart d’heure de diftance de l’un à l’au¬ 
tre , pour que lés eaux féjournent plus 
long-tems dans l’eftomac , &. quelles 
aient, pour aiiifî dire, le loilîr de pro¬ 
duire leur effet. Eif les buvant de cette 
. façon le malade au lieu de trois jours 
de boidbn , ftiivant la coutume, pour¬ 
ra les boire confécutivement pendant 



DE MEDECINE. 43 ^ 

huit OU neuf jours. Suppofé qu’elles 
lî’eufl'enc pas bien paflTé, non-feulement 
il les rendra purgatives les derniers 
jours en y faifant difîôudre une ptife de 
fel polychrefte , ou une once de feld’fp- 
fom , mais encore il fe purgera- un jour 
ou deux après les avoir finies. 

Outre cette méthode commune d’u- 
fer de ces eaux , je trouverois à propos 
que le malade s’en fervit ^ & fréquem¬ 
ment , en forme de gargarifme, èn avar¬ 
iant de tems en tems quelque petite 
gorgée en fe gargarifant , pour que 
l’appliquant fouvent aux parois de l’œ- 
fophage/ elles puilfent exciter fon ref. 
fort, & faciliter le débouehement de 
fès petits tuïaux , en farte que. le gar- 
garifme peut être réitéré cinq à fix fois 
dans le cours de- la journée, ôc renou- 
vellé par intervalles , obfêr-vant toujours 
de faire chauffer l’eau au bain-marie de 
même que pour la boilfon. 

Après la première épreuve de ces 
eaux , & la derniere purgation, Mon- 
fieur prendra pendant douze jours le 
matin à jeun un bouillon fait avec une 
livre de gigot de mouton , & la moitié 
d’une bonne volaille, ajoutant cinq à 
fix écreviflè.s de rivière lavées Sc étaaf- 
T iii\ 



Consultations choisies 
fées dans leau bouillantejécraféesdans 
un mortier bien net, & réduites en pâte 3 
qui ne bouillira que trois quarts d'heure 
avec demi-once de racine d’éringium , 
deux drachmes de celle d’énula , & au¬ 
tant de celle de la véritable impératoire 
ou d’angelique, y ajoutant aufli quel- 
-ques feuilles de mélilTe ou de menthe j. 
Sc des fleurs de camomille , & de mé- 
liiot^de chacune une pincée , qui ns 
bouilliront qu’un quart d’heure, & le 
bouillon coulé on y mêlera dix à douze 
goutt&s de l’élixir de propriété de Pa- 
racelfe pour un bouillon qu’il faut pren¬ 
dre le matin à jeun ^ ne mangeant ^ ou 
ne dînant, que quatre heures après. 

Ces bouillons finis le malade fe re^ 
purgera , 5c renouvellera enfuite l’é-^ 
preuve de la boifibn des eaux de Ba- 
Iaruc,& de leurs gargarifmes dans lame- 
me forme que ci-devant. Nous obfer- 
verons que ,fl maintenant la chaleur 
étoit trop vive, ou que le premier & le 
fécond jour de la boifibn animalîènc 
trop la mafiè du fang , on fe conten» 
tera à préfent après la faignée & la pur¬ 
gation de prendre les bouillons que 
nous venons de prefcrire , y mêlant à 
la place de l’élixir de propriété trois 


» ï M ï B ï C I N E. 44! 

©nccs ou environ de fuc de crefîoii 
d’eau J & après le deuxième bouillon on 
ufera des eaux en la maniéré preC- 
crite. 

Mais lî le premier effai de ces eaux 
iiéçhaufFe pas trop, il eft encore mieux 
de les continuer jafqu au tems marqué , 
quand même on ToufFriroit un peu de 
chaleur, pourvu que ce ne foit point 
dans un certain degré 5 la principale 
attention devant être ' dé ne pas at¬ 
tendre que la Paralyfie fe confirme 
ou qu’elle falTe des progrès pernicieux. 

Si la faifon obligeoit d’en difFérer 
l’ufage , & de commencer par les bouil¬ 
lons, il faudroic’après la première épreu¬ 
ve des eaux reprendre encore douze ait- 
tres bouillons , palier enfuite à la Fed 
conde épreuve des mêmes eaux , mê¬ 
lant dans le deuxième ellai des bouil¬ 
lons l’élixir de propriété, & palier eiî- 
fuîte à l’ufâge de ces deux remedes juf- 
qu’à une troilléme épreuve, qui Fufiîra 
fans doute pour la guérifon. Nous de¬ 
vons aulïi remarquer que quand même 
■la première tentative procureroit le ré- 
îablillênient du conduit dans l’état,,na¬ 
turel , il ne fâudroit pas lailFer de la 



Ï42. CoNSÜLTATIONS CHOISIES 
réitérer au commencement de l’Au- 
tomne, pour prévenir le retour du mal , 
& pour bien confirmer la guérifon. 
Nous ajouterons en finifiant que Tufa- 
ge de l’infufion de la petite fauge pré¬ 
parée à la maniéré du, thé nous paroît 
être très-convenable dans cette occa- 
fion, & que le malade fera très-bien 
d’en boire journellement une talîe 
ou deux avec un peu de fucre , après 
avoir pris fon potage ou bouillon du 
midi. . 

J’approuve aulE dans le même cas 
l’ufage du chocolat, pour l’employer 
de la même façon , & l’expérience fe¬ 
ra voir lequel de deux doit être préfé¬ 
ré , bien que le dernier lèmble être en¬ 
core plus propre à foutenir , ou à ré¬ 
veiller les forces abbatues. 

Enfin on peut fubftituer utilement , 
& avec beaucoup de fiiccès, pour rem¬ 
plir la même indication , la gelée faîte 
avec une bonne volaille-, le jarret de 
veau , la corne de cerf , & le fuc de 
citron , en avalant journellement quel¬ 
ques cuillerées avant ou après la ibu- 
pe. 

Le fuccès de tout ci-deffus nous fe¬ 
ra juger fi nous ferons obligés d’a- 


B 8 M î B E c r N ï. 44| 
’Ç'oîr recours aux bouillons de vipere , 
ëc à la ptifane fudorifique. 

Délibéré à Montpellier le zo. juillet 
Signé y Chicoyneau. 


.CONSULTATION. LXX. 
Sur un Scorbut. 

L Es ulcérés des gencives, du palais, 
& du gozier /, les douleurs des gen¬ 
cives & du bras, la noirceur des dents, 
dont deux fe trouvent gâtées , tous çes' 
^mptomes reconnoiffënt pour caufe 
un fang groffier acrimonieux , ' très- 
cliargé de faleure , tel qu^’eft celui des 
fcorbutiqucs , en forte que la maladie 
donc cette Demoifelle eft atteinte eft 
vraiment une afîedion fcorbucique ca- 
raderifée par la pourriture & les dou¬ 
leurs des parties de la bouche dont il 
vient d-être fait mention. 

Si fon confidere le tempérament 
bilieux & mélancholique de la malade, 
É Ton fait attention aux maladies aux¬ 
quelles elle a été fujetie, telles que 




"444 Consultations choisies 
font des inflammations de gozier, des 
ophthalmies , des furoncles , la paffion 
hyftérique, la colique, Ton fe confirme¬ 
ra de plus en plus dans le fendment 
quelefang de "cette Demoifelle eftfec, 

. épais, vifqueux ôc Talé ; enfin la douleur 
de la poitrine qui fe fait fentir lerfque 
les incommodités augmentent, mar- 
qi^e encore racrimonic & réchauffe¬ 
ment du fang. 

Cependant la douleur d’eftomac, Sc 
la colique, auxquelles cette Demoifcller 
eft fujette , marquent auffi que les di- 
geftions fe font mal chez elle, & il y 
a lieu de penfer qu’elles entretiennent 
le mauvais état du fàng, 

Cêtte maladie attaque principale¬ 
ment la bouche ^ parc^, queda falive fo 
trouvant épaiflè &c falée, elle emlmur- 
be fes couloirs en dirferens endroits, 
comme dans le tilTu des gencives, au 
palais, au fond du gozier ; elle s’y cor¬ 
rompt par fon féjour-, & ''devient de 
plus en plus acrimonieufe. De-là les 
gonflemens inflammatoires de ces par¬ 
ties , les douleurs 6c les érofions avec 
exulcéradon , & la carie des dents , la- 
corruption de leur émaif , leur noir¬ 
ceur , ÔCC>- 



S E M E ©• E e I S ï. 44^ 
Cctre maladie ne ieauroit qu être re-' 
telle aux ciFecs- des remede& , la caufo 
s’^étant produite peu à peu ,, & venauc 
de longue main. Il né faut donc ateen-'; 
dre du /oulagemenc eu la guérifon j, 
que d’un long ufage de certains rcme-- 
des, 6c. d’un régime de vie obfecvé exac¬ 
tement 6c pendant très-long tems. 

Les vues que Ton doit avoir en ce- 
cas, font de reéïificr les digeftions ,, 6C- 
de les confervêîT en bon état-, de divi- 
fer doucement le fang , derhumeéter ,,, 
6c de l’adoucir. L’oii profitera de la- 
belle failbn pour faire fans përdre de 
tems ,.les remedes fuivansqui rempli¬ 
ront les indications que nous venons- 
d’énoncer^ • j 

P V R G A T 1 O B. 

Prenez^polypode de chêne, fix dracfi-' 
ïïies; faites-les bouillir dans une fuffi - 
fànte quantité d’eau de fontaine -, faites 
infurer dans une livre 4e colacure trois 
drachmes-de feuilles de fenné mondées 
trois tranches de citron, une pincée de 
fleurs de mauve; coulez pour deux dofes, 
dans la première defquelles on dilTou- 
dra deux onces de manne de Calabre 



^44^ CONSTJLTATÏO \ÎS CHOISÎÏS 
&C dans la fécondé une once de fyrop 
de fleurs dépêcher; faites une potion 
qui fera prifc le matin avec la préeau^ 
tion ordinaire. 

L’on prendra entre ces deux* verres 
un bouillon fait fimplenaent avec un 
jeune poulet, trois ou quatre écrevilTcs 
de riviere, une poignée de creflbn 
d’eau , & deux onces defuc de fume- 
terre. 

Aïant pris ce bouillon neuf matins ^ 
l’on fe purgera comme ci-devant, pour 
paflcr tout de fuite à l’ufage du petit 
lait de vache clarifié, dont on prendra 
une écuellée le matin à jeun , après y 
avoir éteint trois ou quatre gros clous 
rougis au feu , & y avoir ajouté deux 
onces de fuc de crelfon d’eau. L’on coiiï 
tinuera l’afagc de ce- petit lait une quin¬ 
zaine de jours,après lefquels on fcpur¬ 
gera avec la médecine marquée; 5c fans 
perdre de tems, on paflTera enfuite k 
l’ulàge du lait d’âneffe que Fon copti- 
îiuera jufqu’aux grandes chaleurs. S’il 
fe peut pendant l’ufage du lait d’ânef¬ 
fe , on prendra le foir en fe couchani 
ropiate fmvante. 



DE Me&ecinï. 447 
O F I AT E. 

Prenez cachou brut , ’leux d’écre-- 
viflesde riviere,&:trochifques de lacque^ 
de chacun trois drachmes écorces de 
citron feiches réduites en poudre fubtile' 
deux drachmes ; faites avec le fyroj^ 
de chicorée une opiate pour prendre le 
foir avant de fe coucher à la dofe d’une 
drachme & .demie. 

Aïant pris le lait cfâneflè vingt ou 
trente jours , û le lait a bien pa& , il 
ne fera pas néceflàite de fe purger, mars 
fi l’on fent quelque aigreur, ou pefan- 
teur J, ou douleur d’eftomac ^ Scc, oiî 
iè purgera avec la médecine ordinaire , 
mais s’il y avoir un commencement 
de cours de ventre, on le purgeroit de 
cette maniéré. 

F V RG A T I O N, 

Prenez rhubarbe choifie, une drach¬ 
me ; faîtes-la infufer dans une fuffifante 
quantité de décoétion de chicorée fau- 
▼agej & dilTolvez dans fix onces de 
coiature une once & demie de manne 
de Calabre 5 , & une once de fyrop de 



' 4 i ^’ ConduitAT ioNs choisieî 
chicorée compofé j faites une potion 
«jui fera prife le matin. 

Lorfque nous ferons arrivés aux 
grandes chaleurs defété,: il faudra boite 
une neuvaine de quelques eaux miné¬ 
rales acidulés, de force alTez médiocre,, 
obfervant d’ajouter au premier verre 
du premier jour deux onces de manne , 
& tout autant au dernier verre du der¬ 
nier jour, avec trente grains de rhu¬ 
barbe en poudre. Quelque Méde¬ 
cin du pars indiquera les eaux conve- 
nables/ 

Après avoir fini les eaux minérales ; 
il faudra prendre des bains domeftiqucs,^ 
On les prendra vers les quatre heures 
du foir , & l’on avalera eu fortant du 
bain uu bouillon de poulet altéré d’une 
poignée de crelTon d’eau ; l’on prendra 
de cette maniéré dix ou douze bains. 

L’automne prochain on réitérera les 
bouillons , le petit lait, le lait d’ânelfe, 
tout comme ils ont été prefcrits ce 
printemps ; & pendant qifon travail¬ 
lera à corriger le vice général des 
fluides par le moyen des remedes m- 
ternes , on appliquera à la bouche ceux 
qui fuivent. 

L’on aura toujours prêtes deux 


B £ M E D E C ï N É. 44^ 
îjaeurs pour en laver la bouche. La 
première fera de' la décodtion d’lar¬ 
ge ÿ avec une once de miel rofat fur 
une demi-livre de cette décoition. 
L’autre fera quatre onces de fuc de 
creiïbii d’eau avec trois drachmes de 
teinture de gomme lacque mêlées en* 
femble. On lavera la bouche trois fois 
le jour avec chacune de ces liqueurs 
emploïées alternativement , commen¬ 
çant par la première,. 

Si les gencives ulcérées font mo'îa.iïès, 
êc verfent uii fang purulent, en ce cas 
on les touchera avec la teinture de 
myrrhe , fans préjudice des fufdits la¬ 
vages. . - , 

Enfin ou obfervera un bon régime 
de vie, n’ufànt d’aucune viande falée ^ 
d’aucun ragoût , d’aucun fromage , 
d’aucun légume, d’aucun herbage crud^. 
fè nourrifiànr principalement d^e bons 
potages,.de bouilli de rôti, & fur- 
tout de jeunes poulets. Dans la faifon 
des raifias bien meurs , on pourra en 
manger , pourvu que ce ne foit pas 
pendant l’ufage du petit lait ou du lait„ 

Conièillé à Montpellier le 5. niai 
5^52» F îzES. 



^450 Consultations choisies 



CONSULTATION LXXL 


Sw un md aux yeux, 

L e mal aux yeux (^ont Mademok 
felle eft tourmentée depuis. envU 
ron cinq ans , fe déclara d’abord par 
une cphtajmie alTez confiderable au 
gauche qui réfifta à tous les remedes 
ordinaires, & qui, laiflànr dans la fuite 
un épanchement de féroficés affèz vif- 
queufes, détermina un leger épaiffilTè- 
ment dans le eryftallin. On tenta d’a¬ 
bord pour. lors les bouillons d'écre- 
Tdïès avec le tartre chaiybé & les clo¬ 
portes , qui parurent la foulager un 
peu ; après quoi on la mît à, l’uiage du 
lait d’ânefîè , qu’elle continua pen¬ 
dant un mois & davantage. Les cha¬ 
leurs de l’été étant enfuite furvenues, 
Comme on yonloit foutenîr l’effet des 
premiers remedes ^ & adoucir un peu 
la maffe de fes liqueurs , elle prit les 
eaux minérales, & meme les bains do- 
meftiques, qui lui firent palTer avec 
moins d’inquiétudes le refte de Tété & 
de l’automne , mais l’iiyver étant ve- 



SI Mei>ecîne. 4|i: 
nu, le mal recommença avec la même' 
violence , & les férofités fe débordé- 
lent, non-feulement dans fœil qui avoit’ 
été attaqué le premier, mais fe portè¬ 
rent encore à l’autre , qui n’avoit reC^ 
fenti aucune impreffion, & y cauferent 
les mêmes troubles & les mêmes defor- 
dres qui avoient paru dans la premier^ 
attaque du mal à l’œil gauche. La flu¬ 
xion qui paroiiîbit redoubler de tems à 
autre, & qui l’empêchoit de jouir de la 
plus foible lumière J jointe aux rigueurs 
de la fâiibn, jetterent bientôt la mala¬ 
de dans une trifteflè , & dans des in¬ 
quiétudes telles qu elle ne iè connoif» 
foit pas elle-même. Elle perdit l’appé¬ 
tit & le repos de la nuit ; fuites aflèz 
ordinaires des peines du corps de de 
l’efprit. Ce fut dans ces facheufes cir- 
eonftances que je commençai à la vifî- 
ter avec Monfieur Verny. 

Nous nous attachâmes d^’abord à cal-*^ 
mer le feu qui paroiffoit dans l’inté¬ 
rieur & dans le dehors de l’œil ; & 
nous appercevant que les férofités ac- 
queroient par leur fejour une eohfiften- 
ce d’un mauvais caraétere , nous em-^ 
ploïames le vin, l’eau-de-vie , ou feule- 
QU mélangée j les eaux de laiaruc ©is 



^54 Constations 6hotsies 
celles deBareges, félon que nous potr^ 
tions nous flatter d’un plus heureux 
fuccès, des unes ou des autres. Nous 
crûmes même que pour épuifer la four* 
ce de ces férofités ou pour les déter¬ 
miner vers les parties extérieures, un 
cautere à la nuque lui étoit abfolument 
rcceflaire. Peut-être auroit-fl répondu à 
nos intentions- fl le Chirurgien avoir pu 
l’entretenir , mais foit que la peau fe 
trouvât extrêmement feicheyOu qu’il ne 
l’eût pas bien pratiqué dans Tendroit 
ordinaire, cette fource qui fqurniffoiE 
aflèz de. férofltés manqua fept à huit 
Jours après, quelque précaution qu’on 
pût prendre, & me foulagea prefque 
pas la- malade. 

Rebutés cependant de ne rien ayan- 
, cer pour Ton foulagement, comme la 
tête efl: extrêmement grofle , chargée 
d’aiileurs de beaucoup d’humidités, je 
lui confeillâi la douche de Balaruc. Mon 
avis fut d’autant plus aifément fuivi que 
Monfleur Gauteron étoit de monienti- 
ment. J’y accompagnai la malade vers la 
fin-d’Oétobre. Les premières douches 
parurent lui faire beaucoup de bien ^ 
fes "ieux étoient moins chargés j elle 
diftinguoic mieux les objets, mais les 


JP E M E ,D E C l'N E. 455 ' 
fn'aüvais tems &" les grolTes pluies s’é- 
^ant un peu plus avauçéeiS dans c.etce fin 
«l'automne, & nous menaçant des ap,. 
proches de l'hyver , nous ne pûmes 
point fuivre ces premières lueurs de 
guérifon;.' 

La malade pafià cnfuice cet 'hyver 
comme les autres, ayant toujours de 
fréquentes fluxions, & ne pouvant fou- 
tenir la lumière mais l’efpérance d’al¬ 
ler au mois de mai aux bains de Ba- 
laurc lui fauva une partie de fes inquié¬ 
tudes. Elle y ,fut dans le tems marqué ; 
& n’ayant pas reçu dans le commence¬ 
ment le foüiagement dont elle s’étoic 
flattée & fe trouvant dans des grandes 
inquiétudes , elle prit bientôt le parti 
de la retraite. 

Dans ces fâcheufes cîrconftances , ôç 
yoiant le peu dcfuccès des remedes qu’on 
a employés, nous ne fçaurions mettre 
notre confiance que dans l’exécution de 
ceux que nous allons propofer. 

On commencera d’abord par faire 
une faignéc de l’un des pieds, & on 
prendra le lendemain la potion fufe 
yante. 



4j4 Consultations choisies 

TV RGATIO N. 

Prenez une once de pulpe de tama- 
dns ; faites la bouillir dans une fuffi- 
fance quantité d’eau commune j puis 
vous ÿ ferez infufer deux drachmes de 
feuilles de fenné mondées 5 fommités 
d’abfinthe & de petite centaurée dde 
chacunes une pincée ; coulez & diflbl- 
■vez dans la liqueur deux onces de 
manne de Calabre , & une demi-drach^ 
me de rhubarbe en poudre j faites une 
potion. 

Le lendemain de la purgation, ou 
deux jours après, la malade recommen¬ 
cera les bouillons de vipere j ou , fi fon 
fang fe trouvoit trop animé ou trop 
difpofé à la fougue , ceux de ferpents 
du pays,qu’on partagera en petits mor¬ 
ceaux , qu’on fera bouillir pendant 
une heure & demie , ajoutant fur la fin 
de la coftion une poignée de chicorée 
fauvage , de creflon d’eau 3e dé bour¬ 
rache. 

On continuera ces bouillons pen¬ 
dant quinze à vingt jours, après lef- 
' quels, s’étanï répurgée avec la potion 
ci-deflus marquée, la malade prendra 


0 E MEDECINE. 4^1 
i ôlixir blanc , pu les gouttes du Géné- 
lal la Motte , en commençant par huit 
gouttes dans deux cuillerées d’eau de 
&eurs d’oranges qu elle continuera peii' 
dant dix jours. Enfuite elle fe repofera 
quatre ou cinq jours, & recommencera 
d’en prendre jufqu’à dix gouttes dans 
deux cuillerées d’eau de fleurs d’oranges 
comme ebdeflus ; Bc après s’être ré- 
pofée pendant huit jours , elle pourfui- 
¥ra les gouttes jufqu’à la fin de la bouteil¬ 
le en augmentant la doze jufqu’à douze 
gouttes, obfervant pour^lors d’y met- 
£re trois cuillerées d’eau de fleurs d’o-» 
ranges. Nous nous promettons un 
grand fuceès de ce remede , qui a fait 
des miracles à Paris , & dont la bafe 
eft le çinnabre d’Hongrie, qui eft pap 
i’ôpéradon extrêmement divifé, Bc en 
état de pénétrer jurques dans les plus 
petits Yâiflèâux lymphatiques^ 

■ Délibéré à Montpellier le 4. mai 1732,’ 
Signé VERNy, Sîi>obre, G a ¥ t e b. o n, 
Epurnieb.. 


t Fm du fecend Tom?.